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Full text of "La vie de Pythagore de Diogène Laërce;"

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L/\  VIE 


DE 

PYTHAGORE 

<yjr 

DIOGÈNE  LAËRCE  '^^/^ 


ÉDITION  CRITIQUE  AVEC  INTRODUCTION  &  COMMENTAIRE 

PAR 

A,  DELATTE 


Mémoire  couronné  par  la  Classe  des  lettres  et  des  sciences  morales 
et  politiques  (Prix  Gantrelle,  XIV»  période,  1919-4920). 


^  1 1!  <ç>  e . 
Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


Digitized  by  the  Internet  Archive 
in  2014 


https://archive.org/details/laviedepythagoreOOdiog 


AVANT-PROPOS 


En  attendant  l'édition  complète  de  Y  Histoire  des  Philosophes 
de  Diogène,  qui  nous  est  annoncée  depuis  longtemps,  j'ai  pensé 
qu'il  serait  utile  de  donner  une  édition  critique  de  la  Vie  de 
Pythagore. 

Dans  une  introduction,  qui  m'a  paru  nécessaire,  je  me  suis 
eftbrcé  de  tirer  au  clair  —  pour  autant  qu'on  puisse  arriver 
sur  ce  sujet  à  des  conclusions  quelque  peu  vraisemblables  — 
une  question  qui  a  soulevé  bien  des  débats,  celle  de  la  compo- 
sition de  l'œuvre  de  Diogène.  En  outre,  comme  les  érudits  qui 
se  sont  occupés  jusqu'ici  de  la  tradition  manuscrite  de  cet 
ouvrage  ne  sont  pas  du  tout  d'accord  sur  l'importance  qu'il 
faut  reconnaître  à  tout  un  groupe  de  codices,  il  m'a  semblé 
que  le  texte  de  la  biographie  de  Pythagore  se  prêtait  mieux 
qu'aucun  autre,  grâce  à  l'appoint  d'une  foule  de  passages 
parallèles,  à  un  examen  détaillé  de  la  question  et  à  une  vérifi- 
cation des  diverses  hypothèses  émises  jusqu'à  ce  jour.  Aussi, 
ai-je  consacré  à  l'étude  de  la  tradition  manuscrite  un  long 
chapitre  de  cette  introduction. 

J'ai  recueilli,  sous  le  texte  et  l'apparat  critique,  tous  les 
textes  des  auteurs  anciens  qui  traitent  le  même  sujet  que 
Diogène.  Celte  collection  formera  une  sorte  de  répertoire 
bibliographique  qu'on  chercherait  vainement  ailleurs  et  qui,  je 


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_  4  — 


l'espère,  ne  sera  pas  sans  utilité.  Elle  permettra,  en  outre, 
d'embrasser  d'un  seul  coup  d'œil  le  développement  de  la 
Tradition  sur  un  point  déterminé  de  la  biographie  ou  de  la 
doxographie. 

Parmi  ces  citations,  j'ai  mis  en  relief  les  textes  qui  présentent 
une  tradition  particulièrement  apparentée  à  celle  de  Diogène  et 
qui,  par  conséquent,  peuvent  fournir  des  éléments  utiles  à 
l'établissement  du  texte  édité.  Les  autres  passages  parallèles  ont 
été  groupés  d'après  leurs  affinités.  L'abréviation  cf,  annonce 
les  témoignages  anciens  qui  s'écartent  sensiblement  de  celui  de 
Diogène. 

L'édition  est  suivie  d'un  commentaire  où  je  reprends,  pour 
expliquer  les  notices  de  Diogène  et  éclaircir  leurs  origines, 
certains  textes  cités  dans  la  collection  des  passages  parallèles. 
Dans  la  composition  de  cette  partie,  je  me  suis  inspiré  du 
programme  tracé  par  Sclmartz  (Pauly-Wissowa,  IX,  col.  750)  : 
réunir,  pour  chaque  point,  les  matériaux  biographiques  ou  doxo- 
graphiques  et  remonter  à  l'origine  des  traditions,  pour  suivre 
ensuite  leurs  développements  et  leurs  variations.  Ce  procédé 
permet,  mieux  qu'aucun  autre,  d'étudier  de  près  les  méthodes 
de  travail  de  Diogène  et  de  situer,  dans  l'ensemble  de  la  litté- 
rature biographique,  la  tradition  qu'il  a  adoptée  ou  la  variante 
qu'il  a  créée. 

Qu'il  me  soit  permis,  pour  finir,  de  témoigner  ma  recon- 
naissance à  Messieurs  les  Commissaires,  dont  la  critique  sagace 
m'a  permis  de  redresser  certaines  erreurs  et  de  corriger  bien 
des  imperfections  de  mon  mémoire. 

Liège,  le  1er  janvier  1922. 


INTRODUCTION 


I.  Nom,  époque  et  œuvres  de  Diogène  Laërce. 

Nous  ne  savons  rien  de  la  vie  el  de  la  personnalité  de  cet 
écrivain,  qui  a  tant  contribué  à  rendre  les  autres  immortels  :  son 
nom  nous  est  seulement  connu  par  le  titre  de  son  œuvre  et 
quelques  citations.  La  vraie  forme  de  son  nom  ne  nous  a  même 
pas  été  transmise  avec  exactitude  (^).  Les  manuscrits  de  son 
Histoire  p/iilosop/iiqîie  placent  les  deux  noms  dans  l'ordre  sui- 
vant :  Aa£pT!.oç  AwysvYiç,  de  même  que  Sopatros  le  Sophiste 
(Photius,  Cod.  IGi,  p.  104,  A,  ^)  et  Suidas  (s.  v.  ïeTpaAoy^a). 
Au  contraire,  Stéphane  de  Byzance  (s.  v.  Apjiôat.)  et  le  lem- 
matiste  de  V Anthologie  Palatine  (VII,  95)  intervertissent  l'ordre 
de  ces  noms.  Dans  d'autres  citations,  l'écrivain  n'est  désigné 
que  par  un  nom:  \ioyiv/]c,  (Stéphane  de  Byzance,  s.  v.  'Ev£to(), 
AaspTTjç (Eustathe,  Comm.  in  Hom.,ip.S96,  63).  Ailleurs  encore, 
il  est  appelé  ^ioytrf\<;  b  AaepTLeùç  (Steph.  s.  V.  XoXXeroaO,  ce  qui 
suppose  qu'on  le  croit,  déjà  alors,  originaire  de  Laërte,  ville  de 
Carie.  Cette  opinion  passa  chez  les  érudits  de  la  Renaissance  et 


(M  Cf.  sur  cette  question  les  conjectares  de  Stâhr,  dans  le  Dictionary  of  Biogr. 
and  Myth.  de  Smith,  s.  v.  Diogenes  Laertiiis;  de  Wilamowitz,  dans  VHermes, 
XXXIV  (1899),  p.  6-29  ;  de  Schwartz,  dans  la  Real-Encyd.  de  Pauly-Wissowa,  s.  v. 
D.,  IX,  col.  738. 


subsista  jusqu'au  XYIIP  siècle  (^)  ;  elle  n'a  pas  encore  disparu 
complètement  des  manuels.  Plus  récemment,  on  a  tenté  d'expli- 
quer le  nom  Aaip-r^oç  par  le  surnom  d'une  famille  romaine  bien 
connue  à  laquelle  aurait  appartenu  le  patron  des  ancêtres  de 
Diogène  (^).  Aujourd'hui,  on  croit  en  découvrir  l'origine  dans 
l'expression  homérique  qui  désigne  Ulysse:  Awyeve;  Aaspri-aSyi. 
On  sait  qu'à  une  certaine  époque,  la  mode  s'établit  dans  le  monde 
des  lettres,  et  spécialement  chez  les  philologues  et  les  gram- 
mairiens, d'ajouter  un  surnom,  souvent  d'origine  mythologique 
ou  héroïque,  au  nom  trop  commun  que  l'on  portait.  C'est 
Wilamowitz  qui  a  émis  l'hypothèse  (^)  que  le  o-TifjLeîTov  de  Diogène 
était  emprunté  au  Awyevkç  AaspriaSv)  homérique  :  comme,  dans 
Homère,  les  deux  noms  se  suivent  toujours  dans  le  même  ordre, 
il  en  conclut  qu'il  faut  admettre  la  même  succession  ici  aussi  : 
At.oy£vr,ç  AaépTioç. 

L'époque  à  laquelle  il  a  vécu  n'est  pas  mieux  fixée;  si  l'on 
consulte  les  enquêtes  des  érudits  modernes,  on  voit  qu'ils 
hésitent  entre  le  P',  le  IP,  le  IIP  et  même  le  IV^  siècle  de 
notre  ère  (^).  Nous  manquons,  en  effet,  de  témoignages  histo- 
riques, et  l'on  doit  se  contenter  de  fixer  des  bornes  chrono- 
logiques entre  lesquelles  se  place  l'activité  littéraire  de  Diogène. 
Nous  venons  de  voir  que  Sopatros  déjà  le  cite  :  il  a  donc  vécu 
avant  oOO.  D'autre  part,  on  peut  remarquer  que  Diogène  cite 
avec  complaisance,  et  d'après  ses  propres  lectures  (ce  qui  sera 
expliqué  plus  loin),  des  auteurs  assez  récents;  or,  la  période 
d'activité  des  écrivains  ou  des  philosophes  les  plus  tardifs 
qu'il  cite,  Théodose  le  Sceptique,  Sextus  Empiricus  et  Satur- 
ninus,  se  place  au  commencement  du  IIP  siècle;  on  en  a 
déduit  qu'on  pouvait  situer  son  àxjjiTi  entre  225  et  250.  On  a 


(1)  Fabkicius,  Ihhl.  gr.,  V^.  pp.       et  siiiv. 

(2)  Staur,  dans  le  Dirtionary  de  Smith. 

(»)  Ernstula  ad  Mnssinm,  PUL  Unters.,  III,  p.  163,  et  Hermès,  XXXIV,  p.  629. 

(*)  Voyez  sur  ce  su  jet  :  Stahh.  loc.  cit.  ;  Schwaijtz,  loc.  cit.,  col.  764,  et  M.  Tre- 
vissoi,  Diogène  Laerzio,  l'efa  in  ciii  visse.  {Rivista  di  storia  antica,  XII  [1908], 
pp.  483-505.) 


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voulu  aussi,  (|uel(iucfois,  tirer  des  conclusions  de  son  silence 
sur  la  renaissance  plalonicienne  el,  |)ytlia^oricierni(î,  niiisi  (jue 
de  son  ii»norance  des  travaux  de  Porphyre  et  de  Jand)li([ue  sur  la 
vie  de  Pvtl'îig^t'G  ;  mais  on  sait  que  les  arcjummla  ex  sllentio 
n'olïrent  pas  une  base  sure  de  discussion.  Dio^ène  peut  avoir 
eu  ses  raisons  de  ne  point  parler  des  néo-platoniciens  ou  des 
néo-pytliagoriciens,  s'il  niait,  par  exemple,  la  légitimité  de  leur 
succession.  On  peut  encore  considérer  ces  lacunes  connue  le 
résultat  d'un  défaut  d'information  dont  nous  avons  d'autres 
preuves  :  ainsi,  Diogène  ne  cite  pas  non  plus  les  travaux  de 
Nicomaque  et  d'Apollonius  sur  Pythagore,  bien  supérieurs  et 
bien  antérieurs  à  ceux  de  Porphyre  et  de  Jamblique.  Ajoutons 
que  le  genre  de  composition  de  son  ouvrage  peut  encore,  comme 
nous  le  verrons  bientôt,  fournir  d'autres  explications  de  ce  fait. 

Il  n'est  pas  de  tradition,  directe  ou  indirecte,  d'un  ouvrage 
de  Diogène  autre  que  ses  Biographies  des  P/iilosop/ies.  Mais  il 
cite  lui-mêuie,  au  cours  de  cet  ouvrage,  un  bon  nombre 
d'extraits  empruntés  à  un  Recueil  d'épigrammes  de  sa  com- 
position. Le  premier  livre  portait  le  titre  nàjjLjjieTpoç ,  à  cause 
de  la  multitude  des  formes  de  versification  que  l'auteur  y  avait 
employées,  et  il  y  était  question,  avant  tout,  de  la  mort  des 
philosophes  (I,  63).  Avait-il  publié  d'autres  ouvrages  encore? 
Au  livre  II,  65,  il  rapporte  que  Platon  détestait  Aristippe  et 
qu'il  combattit  ses  doctrines  dans  le  Tiepl  ^u/r^ç;  et  il  ajoute  : 
(b;  £v  aAÀo!.;  siprixauev.  Est-ce  une  allusion  à  un  ouvrage  antérieu- 
rement publié  ou  simplement  un  renvoi  à  un  autre  passage  des 
Biographies  (III,  36),  où  il  revient  sur  ce  sujet?  Dans  la  dernière 
hypothèse,  la  référence  est,  en  un  point,  inexacte  :  il  eût  fallu 
un  verbe  au  futur.  D'ordinaire,  les  allusions  de  Diogène  à 
d'autres  parties  de  son  livre  se  vérifient  avec  exactitude;  pour 
les  parties  antérieures,  on  trouve  habituellement  xa^cxuep  erpriTat., 
pour  les  livres  suivants  :  ).£iotji£v.  Cependant  on  peut  croire 
que  nous  avons  affaire  ici  à  une  simple  inadvertance  de  l'auteur. 

L'œuvre  de  Diogène  qui  nous  occupe  est  son  Histoire  des 
Vies  et  des  Doctrines  des  Philosophes.  Le  titre  qu'elle  porte 


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dans  les  plus  anciens  manuscrits  n'est  pas  uniforme  (^).  Le 
manuscrit  F  présente  le  titre  suivant  :  Xaep-iou  SwyévoL»;  p-wv  xal 

yvcojjLWv  Twv  év  cpiAoo-ocpta  euBoxt.p.ri(TàvTO)v  xal  Ttov  exàtTTï]  oi.lpé>7H  àpe- 
ffâvTwv.  P  offre  ces  variantes  :  (3loi.,  yvio|j.a^  év  exâo-Tri,  âpeo-xovTo^v. 
Dans  [le  manuscrit  B,  le  titre  initial  est  perdu,  mais  celui  du 
X®  livre  se  formule  ainsi  :  XaepTÎou  Sioysvojç  cpdoa-ocpwv  (B{ojv  xal 
8oy[jLàT03v  0-uvaywyfic;  twv  i  èizixoupoq  (^).  Les  citations  des  auteurs 
anciens  ne  nous  présentent  en  général  que  des  titres  raccourcis 
et  déformés  :  cp'.Xoa-ocpwv  plot,  d'après  Sopatros  et  Suidas  (cf.  le  titre 
du  XMivre  dans  B)  ;  cpùocrocpoç  Ic-Topla  dans  Stéphane  de  Byzance; 
(7ocpi<7Twv  [iioi  dans  Eustathe.  C'est  donc,  d'après  le  titre,  une 
histoire  des  Vies  et  des  sentences  des  philosophes  célèbres. 
En  réalité,  il  y  a  plus  que  le  livre  ne  promet  :  on  y  trouve  les 
rudiments  d'une  étude  de  l'évolution  de  la  philosophie;  les 
systèmes  philosophiques  sont  groupés  et  reliés  entre  eux  par  la 
série  des  successions  des  [)hilosophes  (oiaooyal). 

Il  appert  d'un  passage  du  IIP  livre  47),  où  Diogène 
s'adresse  à  une  dame,  qu'il  suit,  à  l'occasion,  les  prélérences  de 
cette  personne  dans  le  choix  ou  le  développement  de  ses 
exposés.  On  peut  en  conclure  que  l'ouvrage  lui  avait  été  dédié. 
Cette  dédicace  est  perdue  (^). 


(*)  Voyez  la  collection  des  liu^es  de  tous  les  manuscrits  dans  Mautini,  Leipziger 
Studien,l\\  (1899),  pp.  73-176. 

(2)  Forme  que  Sghwartz,  loc.  cit.,  col.  739,  préférerait  h.  la  précédente. 

(")  4>tXoTTXàTwvt  §É  aot  ôtxaiwç  uTcap^ouarj  xal  uap'  ovtivoijv  xà  xou  «ptXoao'cpou 
8oY(j.aTa  (ptXoTi'(j.'uç  CTjxouari...  On  a  cherché  à  mettre  un  nom  sur  celte  figure 
inconnue  :  certains  se  sont  arrêtés  au  nom  d'Arria,  dont  parle  Galien  {Ther.  ad 
Pison,,  t.  XIV,  p.  218,  Kiihn  :  ôtà  xô  <ptXoao(p£~tv  àxpi[3c5c;  xal  zoiç  nXdcxtovoç  |ui.àXtaxa 
^atpeiv  XoyoK;);  d'autres  ont  songé  à  Julia  iJorana,  femme  de  l'empereur  Sévère. 
(Stahr,  loc.  cit.) 


—  {)  — 


II.  L'histoire  philosophique  de  Diogène. 

I,    PllOBLÈME  RELATIF  A  l.A  (;O.MI»(>SITl(>-\  IH:  CKT  OLVKAGE. 

La  composition  des  biographies  de  Diogèiie  a  Courni  aux 
érudits  modernes  la  matière  d'une  foule  d'études  et  a  suscité 
de  longues  [)olémiques  qui  ne  sont  pas  encore  apaisées.  De 
semblables  débats  peuvent  d'ailleurs  être  engagés  à  propos  de 
la  plupart  des  œuvres  que  nous  a  laissées  l'érudition  gréco- 
romaine,  héritière  des  travaux  de  la  période  alexandrine;  mais 
la  critique  s'est  attachée  de  préférence  au  livre  de  Diogène 
comme  au  type  le  plus  caractéristique  de  l'érudition  de  l'époque 
impériale. 

L'ouvrage  se  présente  sous  la  forme  d'une  compilation, 
c'est-à-dire  d'une  collection  de  notices  empruntées  à  une  foule 
d'auteurs  d'époques  et  de  caractères  différents.  Elles  sont 
accompagnées  souvent  de  citations  qui  en  indiquent  l'origine 
exacte;  d'autres  fois,  elles  restent  anonymes  (w;  (farri  -rt-ve;)  ;  ail- 
leurs encore,  l'auteur  a  l'air  de  présenter  la  note  comme  un  exposé 
de  son  cru  ou  une  réflexion  personnelle,  alors  que  l'examen  des 
passages  parallèles  nous  révèle  des  emprunts  déguisés  à  des 
ouvrages  antérieurs.  Je  vais  tenter  de  donner,  en  choisissant 
autant  que  possible  des  exemples  dans  le  YIIP  livre  (Pythagore), 
un  aperçu  des  difficultés  qui  surgissent  à  chaque  pas  dans  l'étude 
de  Diogène,  afin  de  faire  comprendre  où  est  situé  le  problème 
et  quelles  solutions  en  ont  été  présentéès. 

Ce  qui  frappe  tout  d'abord  dans  cette  œuvre,  ce  sont  les 
pitoyables  négligences  de  la  rédaction.  Le  style  est  souvent 
informe,  obscur,  relâché,  déparé  par  une  foule  de  défauts  qui 
n'échappent  pas,  même  à  une  lecture  superficielle.  Il  en  est 
de  même  pour  la  composition.  Il  y  a  peu  de  développements 
suivis;  rarement,  dans  un  même  chapitre,  on  peut  établir  un 
enchaîneuient  logique  entre  les  diverses  parties.  C'est,  sous  une 


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même  rubrique,  une  accumulation  de  notices  empruntées  à  une 
foule  d'auteurs  qui  se  répètent  en  partie  les  uns  les  autres  ou 
qui  se  contredisent,  souvent  sans  que  l'auteur  essaie  d'expliquer 
les  divergences. 

Les  confusions  et  les  erreurs  sont  assez  nombreuses  dans  les 
citations.  En  voici  quelques  exemples  : 

IV,  4  :  la  citation  de  Plutarque  est  inexacte,  parce  que  mal 
placée;  Vit.  Syl.,  36,  5,  se  rapporte  à  Diogène,  I,  118. 

VIII,  2  :  wç  çp7i(7t,v  'HpôBoToç  ne  se  rapporte  pas,  malgré  les 
apparences,  à  Kpovov  voiJ.O:^oyTeç,  mais  uniquement  à  ce  qui  précède. 

VIII,  14  :  TipwTov  T£  "Ea-TTspov  xal  <ï>(î)o-(pôpov  Tov  auTOV  eiTzeiy, 
or^7i  Uapji.svioYiç.  La  comparaison  avec  IX,  23,  montre  que  la 
citation  de  Parménide  provient  d'une  méprise  :  les  sources  pré- 
sentaient probablement  le  texte  :  ol  U  cpatji.  nap|ji£v{8Tiv,  ou  quelque 
formule  de  ce  genre.  Casaubon,  Hûbner  et  Cobet  ont,  à  tort, 
voulu  rétablir  cette  leçon  dans  le  texte  de  Diogène  (^). 

VIII,  90'  :  yeYÔvaa-t.  8'Euoo;ot.  Tpeiç  *  auToç  oDtoç,  STepo;  ToBio;..., 
Tpiioç  E'.xeXiWTTiç. . .  ^^^^  cp'^a-t.v  'ATuoXXoBwpoç  £V  XpovuotT;.  Eup{o"xo|i.ev 
o£  xal  aXXov,  taTpov  Kv^Slov,  Tzepl  ou  cprio-LV  E'j8oÇo;  év  yïi;  7i£p!,68(j)... 
'G  S'aÛToç  cprio-!.  tov  KviSwv  Euoo^ov  (le  personnage  de  la  biographie) 
àxuiàa-at.  xaxà  tt^v  Tp^Triv  xal  èxaTOTTriv  dX'j|jiTr!.àôa.  —  'G  B'auTOç  désigne 
évidemment  ici  le  chronographe  Apollodore  :  la  notice  sur  le 
médecin  de  Cnide,  qui  rompt  si  maladroitement  la  suite  des 
idées,  est  donc  d'introduction  tardive.  L'auteur  en  est  Diogène, 
qui  se  met  en  scène  par  le  mot  £6p{c7xotj.£v.  J'en  vois  une  autre 
preuve  en  ce  que  Diogène  a  conservé  le  nombre  d'homonymes 
de  la  première  rédaction  {Tpziç)  ;  il  n'a  pas  songé  à  corriger 
le  premier  exposé  d'après  sa  propre  découverte;  il  s'est  contenté 
d'y  ajouter  une  note,  à  une  mauvaise  place  d'ailleurs. 


(1)  Il  est  difficile  d'adinellre  que  Diogène  ait  voulu  dire  parla  que  cette  doctrine 
astronomique  élait-anssi  celle  de  Parménide  (Diels,  Vors.,  P,  p.  145).  11  se  serait 
exprimé  tout  autrement  et,  en  tout  cas,  il  aurait  ajouté  xat,  qu'on  pourrait  peut-être, 
selon  Diels,  intercaler  dans  le  texte.  Dans  un  tel  contexte,  coc;  cpTjai  ne  peut  qu'intro- 
duire une  citation,  sans  aucune  ambiguïté. 


—  11  — 


1ioaii('()ii[)  (le  noies  ne  Irouvciit.  pas  à  la  place  (jui  leur 
conviondiail ,  si  réconoinie  du  livro  (Hait  bien  réf^Iéc. 

VIII, ^-^ri  :  la  note  xal  to  ixïv  Asjxôv,  etc.,  se  i'a[)p()rle  à  la  siijier- 
stition  relative  an  eocj  hiane  et  devi'ail  donc  ètn^  reportée  |)lns 
liant. 

VUl,  ^1  :  la  [)hrase  xal  To^a  no-z-ripia.,  etc.,  est  étrangère  an 
contexte  :  il  faut  snpposeï*  une  Ibrnie  plus  complète  el  plus 
ancienne  d'une  anecdole,  dont  il  ne  reste  plus  que  ce  débris. 

Le  texte  est  quelquefois  obscur,  parce  qu'il  est  formé  d'un 
extrait  mal  résumé  ou  trop  raccourci.  Ainsi,  A^Ill,  (récit  de 
la  mort  de  Pytliagore),  dans  la  phrase  avaipeGriva'.  os  xpeiTTov 
T,  XaXr.o-a'.,  à  quoi  fait  allusion  ce  dernier  mot?  Un  peu  plus  loin, 
la  notice  T.œ/oaKjiœ/  s'jpôvTa  KûXwvoç,  etc.,  ne  peut  être  expliquée 
que  grâce  aux  rapprochements  avec  des  passages  parallèles.  Les 
explications  de  l'abstinence  des  fèves  et  du  symbole  tôv  ocpTov  [xri 
xaTavvjsLv  (VIII,  34-35)  sont  des  nids  de  dilïicultés  qui  seraient 
insolubles,  si  nous  ne  disposions  que  du  texte  de  Diogène. 
L'éditeur  des  Epiciirea  (^),  Usener,  prétend  même,  se  basant 
sur  des  exemples  du  livre,  que  des  scholies  ont  été  intro- 
duites dans  le  texte. 

En  maint  endroit,  Diogène  signale  ses  propres  recherches  et 
trouvailles  scientifiques  ou  les  additions  qu'il  fait  au  reste  de  la 
biographie,  conmie  s'il  voulait  opposer  à  un  fonds  préexistant 
la  contribution  personnelle  qu'il  apporte  à  cette  œuvre  : 

I,  il '2  :  £yw  ô£  xal  aXATjV  eupov  èizKj^oX'fiv  ; 

II,  59  :  cupov  S'à).Aa^68!.  ; 

II,  97  :  xal  auTG'j  TC£pt.eTL)yo|j.ev  (Si^X^w  ; 

VIII,  53  :  syw  o'eupov  év  zoïç,  {jTzo^yr^^oL'jiy  <ï>a[3(L)p{vou. 

En  général  les  Testaments  des  philosophes  sont  introduits  par 
une  formule  semblable  (V,  11,  V,  5i,  V,  69,  etc.).  Ailleurs,  ce 
sont  des  exposés  doxographiques  ou  des  catalogues  d'ouvrages, 
que  Diogène  fait  précéder  d'une  remarque  personnelle  :  III,  47; 
IV,  1;  V,  21;  V,  42;  VII,  189,  etc. 


(*)  Introduelion,  pp.  xxiii  et  suiv. 


—  1-2  — 


Défaut  pins  grave  et  plus  fondamental  :  les  grandes  lignes  du 
plan  tracé  dans  le  prologue  ne  sont  pas  toujours  suivies  dans  le 
corps  de  l'ouvrage.  Ainsi,  Nausicydès,  qui,  dans  le  prologue, 
a  sa  place  dans  une  o-aBoy/i,  a  disparu  des  biographies.  De 
mèuie,  Xénopliane  n'y  est  plus  rattaché  à  Télaugès,  comme  dans 
l'introduction.  Quelquefois,  la  distinction  entre  un  Fonds  primitif 
et  des  additions  postérieures,  que  les  observations  précédentes 
nous  laissent  déjà  entrevoir,  est  confirmée  par  l'existence,  en 
certaines  parties,  de  plusieurs  couches  successives  d'exposés, 
dont  Diogène  n'a  pu  tirer  une  doctrine  bien  netle,  faute  d'un 
travail  suffisant  d'assimilation  et  de  critique.  Ainsi,  dans  le 
prologue,  comme  nous  le  verrons  plus  loin  en  détail,  Texistence 
de  la  philosophie  chez  les  Barbares,  admise  comme  un  principe 
et  longuement  développée  dans  le  fonds  primitif,  est  niée  par 
Diogène  (éyw  ok,  ^  o)  ;  mais,  soit  faiblesse  de  critique,  soit 
inconséquence,  il  a  laissé  subsister  tout  le  développement  anté- 
rieur et  les  conclusions  qu'on  avait  tirées  du  principe  admis. 
Nous  ferons,  plus  loin  encore,  une  remarque  semblable  en  ce 
qui  concerne  le  tableau  des  sectes  piiilosophiques  rapporté  dans 
le  prologue. 

D'autre  part,  le  nombre  des  ouvrages  compulsés  et  cités 
attesterait  une  lecture  formidable,  portant  sur  huit  siècles  de 
littérature,  et  une  vaste  érudition,  puisant  aux  auteurs  de  tout 
genre  et  de  toute  époque.  Or,  ces  deux  qualités  ne  sont  guère 
en  rapport  avec  le  manque  d'esprit  critique  et  le  peu  de  culture 
qu'il  nous  est  permis  de  reprocher  à  Diogène,  d'après  certains 
passages  où  sa  personnalité  se  dégage  mieux  du  fonds  antérieur. 
On  peut  donc  croire  que  Diogène  utilise  ou  cite  peu  d'auteurs 
de  première  main.  De  là  un  problème  :  quels  ont  été  les 
intermédiaires  entre  l'érudition  ancienne  et  Diogène?  Et  n'y 
aurait-il  pas  eu,  par  hasard,  un  seul  intermédiaire?  Ainsi,  c'est 
le  genre  de  travail  de  Diogène  qui  doit  être  soumis  à  un  examen; 
bien  plus,  le  caractère  personnel  même  de  son  œuvre  tombe  en 
suspicion. 

Nous  arrivons  à  une  conclusion  identique  par  une  autre 


—  — 


voie  :  rcliide  coinparalivc  de  la  lilléraLure  érudile  (h;  la  iiiènie 
époque  ou  des  dépôts  (pi'elle  a  laissés  dans  les  conipilalioiis 
byzantines  nous  présente  un  ^rand  nombre  de  développements 
analogues  à  ceux  de  Diogène  et  permet  de  rasseuil)ler  une  foule 
de  passages  parallèles  (pii  constituent  un  fonds  comuuni  à  tous  ces 
auteurs.  En  particulier,  la  comparaison  de  l'ouvrage  de  Diogène 
avec  les  notices  biographiques  d'Uésychius  est  pleine  d'intérêt. 
Les  concordances  abondent  et,  bien  que  le  texte  d'Hésychius 
ne  nous  soit  parvenu  qu'en  raccourci  et  à  travers  plusieurs 
remaniements,  elles  s'étendent  souvent  à  la  rédaction  même, 
aux  constructions,  voire  au  choix  des  mots  (^). 

On  pourrait  croire,  de  prime  abord,  que  l'auteur  le  plus  récent 
et  d'ailleurs  le  plus  bref,  Hésychius,  a  copié  Diogène.  Mais  un 
examen  plus  attentif  des  textes  nous  oblige  à  rejeter  cette 
hypothèse.  Le  texte  d'Hésychius  offre,  comparé  à  celui  de 
Diogène,  tantôt  plus,  tantôt  moins  que  lui,  tantôt  des  variantes 
considérables;  en  sorte  qu'on  se  voit  forcé  d'admettre  l'utili- 
sation, par  les  deux  auteurs,  d'une  source  commune  plus 
ancienne,  qui  leur  aurait  fourni  le  fonds  de  leur  érudition  (^). 

La  notice  d'Hésychius  sur  la  Vie  de  Pythagore,  qui  nous  est 


(1)  On  sait  que  le  texte  perdu  d'Hésychius  nous  est  plus  ou  moins  connu  par  les 
extraits  biographiques  de  Suidas,  qui  n'en  utilisait  d'ailleurs  qu'un  résumé,  composé 
dans  la  première  moitié  du  IX*^  siècle,  et  par  les  notices  biographiques  des  Scholies 
de  Platon.  C'est  ce  qui  résulte  des  travaux  de  Th.  Mettaueh,  De  PLatonis  Schol. 
font.,  i8S0,  pp.  57  et  ss.  ;  Krumbaghek,  Gesch.  der  byz.  Liler."^,  1897,  p.  562; 
G.  Wentzel,  Hesijchiana,  dans  VHermes,  XXXIII  (1898),  p.  275;  W.  Volkmann, 
De  Diogène  Laertio  et  Suida  {Jahresber.  des  S^^-Maria-Magd.-gymnasiums  in 
Breslau,  progr.  1890,  pp.  1-13).  Malgré  tout,  une  reconstitution  du  texte  d'Hésy- 
chius, telle  que  l'a  essayée  Flach,  par  exemple,  dans  son  édition  d'Hésychius 
(Teubner,  1882),  est  une  chimère.  A.  Daub,  Stuilien  zu  den  Biogr.  des  Suidas 
(Fribourg-en-B.,  1882),  a  essayé  de  faire  la  part  d'Hésychius  dans  Suidas,  les  Scholies 
et  quelques  autres  compilations,  pour  ce  qui  concerne  les  Vies  des  Historiens, 
Rhéteurs,  Sophistes  et  Grarnmairiens.  D.  Volkmann,  DeSuidae  biograph.  quaestiones 
selectae{àhs.  Bonn,  1861),  avait  déjà  entrepris  un  travail  de  ce  genre  sur  les  poètes 
et  les  musiciens  ;  nous  ne  possédons  pas  de  recherches  semblables  pour  les  parties 
qui  concernent  l'histoire  philosophique. 

(2)  Fr.  Nietzsche,  De  Laerlii  Diogenis  fontibus.  {Rhein,  Mus.,  XXIV  [1869], 
pp.  210  et  suiv.) 


—  14  — 


connue  par  une  scholie  à  la  République  de  Platon  (1.  X,  p.  600 B) 
et  par  Suidas  (s.  v.  HjBaydpaç)  (^),  qui  présente  d'ailleurs  quelques 
variantes,  se  borne  à  traiter  fort  succinctement  les  points 
siiivants  :  origines  (=  Diogène,  §  1),  voyages  D.  2  et  3), 
départ  pour  Crotone  et  fondation  de  l'École  (=  D.  3),  famille 
(=  D.  2  et  42),  ouvrages  (=  D.  6  et  7),  note  doxographique 
(=  D.  13  et  -20  ou  24),  mort  (=  D.  39,  40  et  44).  Voici  quelles 
sont  les  divergences  essentielles  qui  séparent  le  texte  d'Hésychius 
de  celui  de  Diogène  : 

1 .  Dans  sa  jeunesse,  Pytliagore  quitte  le  pays  des  Étrusques 
et  arrive  à  Samos  (cf.  Porphyre,  F.  P.,  2)  :  manque  dans 
Diogène. 

2.  Il  reçoit  les  leçons  de  Phérécyde  à  Samos  :  au  contraire, 
Diogène,  §  2. 

3.  Il  fut  aussi  l'élève  d'Abaris  et  de  Zaras  (cf.  variantes  dans 
Porphyre,  V.  P.,  12  et  28)  :  manque  dans  Diogène. 

4.  Il  eut  deux  fils,  Télaugès  et  Damon  (celui-ci  s'appelait 
Mnésarque,  d'après  certains  auteurs);  une  fille,  qui  s'appelait 
Muia  ou,  selon  d'autres,  Arignoté  (cf.  Porphyre,  P.  F.,  4). 
D'après  Diogène  (§§  42-43),  Pythagore  n'eut  qu'un  fils, 
Télaugès;  sa  fille  s'appelait  Damo. 

5.  Certains  rapportent  à  Pythagore  la  composition  des 
Xpuo-â  "Etcti  :  manque  dans  Diogène. 

Les  données  du  problème  apparaissent  plus  nettes  encore 
quand  on  envisage  à  un  autre  point  de  vue  la  littérature 
alexandrine  d'érudition  dont  je  viens  de  parler.  On  y  trouve, 
en  effet,  les  mêmes  défauts  de  composition  et  d'exposition  qui 
déparent  l'œuvre  de  Diogène.  C'est  donc  comme  un  vice  inhérent 
à  l'érudition  de  l'époque.  Non  pas  que  ce  soit  un  défaut  géné- 
rique de  la  science  grecque  :  la  vraie  critique,  méthodique, 
créatrice,  a  disparu,  ne  nous  laissant  que  ces  grossières  compi- 


(1)  Le  texte  emprunté  à  Hésychius  s'arrête  à  xuà[j.cov;  le  reste  est  copié  directe- 
ment dans  Diogène. 


lalions,  (l(''[)(Us  hoiiciix  du  IUmivc  (|ui  a  jiasst'.  i]v  nVsl  pas  non 
plus  un  vice  qui  lui  esl  spécial.  Hegardons  autour  de  nous,  nous 
retrouverons,  dans  des  ouvrages  modernes,  les  mêmes  caractères 
du  travail  de  compilation  :  je  veux  parler  des  dictionnaires 
encyclopédiques.  Si  l'on  examine  (piehpies-uns  de  ces  ouvrages, 
dans  leur  succession  chronologique,  ceux  de  Ch.  Estienne 
(Genève,  15()()),de  Juigné (Paris,  10^7),  de  Moreri  (Lyon,  1G73), 
de  Chaufepié  (Amsterdam,  17^)0),  de  Bonnegaide  (Lyon, 
1771),  etc.,  on  arrive  à  la  conclusion  que,  généralement,  ils  se 
pillent  les  uns  les  autres  sans  vergogne.  On  peut  dire  que,  dès 
le  XVIP  siècle,  il  existe  pour  les  biographies  ou  les  articles 
historiques,  une  sorte  de  fonds  commun,  dont  l'origine  est  assez 
vague  et  qui  semble  devenir  la  propriété  de  tout  le  monde. 
A  part  quelques  remarquables  exceptions,  les  dictionnaires  plus 
modernes  du  même  genre  ne  peuvent  se  targuer  d'une  plus 
noble  origine.  Les  autorités  sont  rarement  citées  de  première 
main  ;  la  copie  s'y  dissimule  souvent  sous  des  variations  de  rédac- 
tion peu  importantes;  les  données  antérieures  sont  dépouillées 
des  citations  de  sources  et  combinées  arbitrairement,  de  façon  à 
donner  l'illusion  d'une  utilisation  des  documents.  Bref,  ce  sont 
de  vraies  compilations  à  la  manière  antique,  où  la  part  du 
travail  personnel  et  critique  est  pour  ainsi  dire  nulle;  elles  ne 
sont  pas  sensiblement  différentes  de  l'œuvre  de  Diogène. 

Telles  sont  les  difficultés  que  l'on  rencontre  dans  l'étude  des 
biographies.  L'ensemble  de  ces  constatations  nous  force  à  poser 
divers  problèmes  qui  constituent  ce  que  j'appellerai  la  question 
de  Diogène.  Existe-t-il,  dans  les  biographies,  un  fonds  primitif, 
que  Diogène  n'aurait  fait  que  grossir?  Quel  est  le  genre,  quelle 
est  la  part  de  travail  personnel  qui  revient  à  l'auteur?  Quels  sont 
les  intermédiaires  qui  lui  ont  transmis  le  dépôt  de  l'érudition 
ancienne? 

Examinons  d'abord  comment  les  critiques  modernes  ont 
répondu  à  ces  questions  et  ce  que  valent  les  essais  de  solution 
proposés  jusqu'ici. 


—  10  — 


"2.   L'ÉTAT  DE  LA  QUESTION  d'aPRÈS  LES  RECHERCHES  ANTERIEURES. 

En  1854,  déjà, y.  Rose  (M  reconnaissait  que  Diogène  ne  pouvait 
avoir  compulsé  tous  les  ouvrages  qu'il  cite  et  il  pensait  qu'il  en 
avait  trouvé  les  extraits  dans  des  compilations  du  genre  de  la 
sienne,  comme  les  travaux  de  Myron,  Favorinus,  Pamphila,  etc. 
H  convenait,  selon  lui,  de  faire  une  large  part,  parmi  ces  auteurs, 
à  Dioclès  de  Magnésie. 

C'est  à  Fr.  Nietzsche,  au  philosophe,  que  ne  rebutaient  pas 
les  travaux  de  la  plus  minutieuse  philologie,  que  revient  le 
mérite  d'avoir  le  premier  envisagé  le  problème  dans  toute  son 
ampleur.  En  1868  (^),  il  s'attacha  d'abord  à  déterminer  avec 
précision  les  emprunts  faits  par  Diogène  à  des  auteurs  assez 
récents,  comme  Dioclès  de  Magnésie  et  Favoriniis,  et  il  jugea  très 
considérable  leur  part  d'influence.  C'est  ainsi  qu'il  attribuait  à 
Dioclès  (P'  s.  av.  J.-C.)  les  longs  exposés  des  doctrines  stoï- 
ciennes et  épicuriennes  et  une  foule  de  notices  biographiques 
dispersées  dans  l'ouvrage.  Dans  une  seconde  étude,  qui  parut 
l'année  suivante  (^),  il  s'ingénia  à  rechercher  ce  que  Diogène 
pouvait  tenir  du  Catalogue  cf Homonymes  de  Démétrius  de 
Magnésie  (P'  s.  av.  J.-C).  Cette  fois  encore,  il  en  grossit  déme- 
surément la  contribution.  A  l'en  croire,  non  seulement  les  listes 
d'homonymes  de  Diogène  proviendraient  de  cet  ouvrage,  mais 
encore  la  plupart  des  catalogues  des  livres  des  philosophes  et  une 
bonne  partie  des  notices  biographiques.  Ayant  observé  que  les 
sources  citées  par  Démétrius  dans  son  Catalogue  sont  les  mêmes 
qui  reparaissent  dans  les  Biographies  de  Diogène,  il  en  concluait 
que  la  plus  grande  partie  de  l'ouvrage  remontait  indirectement 
à  Démétrius.  D'autre  part,  comme,  dans  un  certain  nombre 


(1)  De  Aristotelis  libr.  ord.,  pp.  40-43.  Cf.  Hennés,  I  (1865),  pp.  307-397. 
(«j  De  Laertii  Diogenis  [onlibiis.  {Rhein.  Mus.,  XXIII  [1868],  pp.  632-653.) 
[^)  Rhein.  Mus.,  XXIV,  pp.  181-^224. 


17 


de  passades  où  Dioclôs  cl  Déniclrius  sont  cilés  côte  à  côte, 
Diogcne  se  plait  à  souligner  l'accord  ou  les  divergences  de  vues 
de  ces  doux  auteurs,  Nietzsche  exploitait  cette  coïncidence 
comme  une  preuve  ([ue  Dioclès  avait  joué  le  rôle  d'intermédiaire 
entre  Démétrius  et  Diogcne.  Bref,  d'après  lui,  Diogène  parais- 
sait avoir  résumé  l'exposé  de  Dioclès  en  y  insérant,  pour  le 
compléter,  des  notes  empruntées  à  Favorinus.  Parmi  les  sources 
de  Dioclès  figuraient,  à  côté  de  Démétrius,  Antisthène  et  Alexan- 
dre Polyhistor,  auxquels  il  faut  ajouter,  disait  Nietzsche  dans 
une  étude  postérieure  (1870)  (^),  Hippol)otos,  dont  les  citations 
apparaissent  presque  toujours  sous  l'aspect  d'une  addition  à  un 
fonds  antérieur.  La  même  année,  revenant  sur  ses  conclusions, 
Nietzsche  constatait  (^)  que  les  exposés  des  doctrines  sceptiques 
(IX^  livre),  pleins  de  citations  d'auteurs  du  IIP  siècle,  ainsi  que 
la  ^la^oyji  sceptique,  qui  descend  jusqu'à  une  époque  très 
récente,  ne  pouvaient  provenir  de  Dioclès  :  il  les  attribuait  à  un 
écrivain  sceptique,  que  Diogène  aurait  utilisé  seulement  pour 
cette  partie  de  l'histoire  philosophique. 

Abordant  aussi  la  question  des  rapports  de  Diogène  avec 
Hésychius  (^),  dont  on  peut  reconstruire  plus  ou  moins  l'ouvrage 
perdu  d'après  les  notices  de  Suidas  et  les  Scliolies  de  Platon,  il 
arrivait  à  des  conclusions  nouvelles.  Avant  lui,  Rose  et  Flach  (^), 
après  un  examen  trop  superficiel,  prétendaient  qu'Hésychius 
avait  simplement  utilisé  Diogène.  Ayant  soumis  les  deux  œuvres 
à  une  comparaison  méthodique,  Nietzsche  n'eut  pas  de  peine  à 
prouver  que  les  concordances  étaient  fort  incomplètes.  Tantôt 
Hésychius  offre  un  texte  plus  complet,  tantôt  un  développe- 
ment moins  abondant;  ailleurs  encore,  un  exposé  très  différent; 
il  y  â  même,  dans  son  ouvrage,  des  Vies  dont  on  ne  retrouve 


0)  Rhein.  Mus.,  XXV.  pp.  217-231. 

(*)  Programme  de  Bâle,  1870. 

(»)  Rhein.  Mus.,  XXIV,  pp.  210  et  suiv. 

(*)  Rose,  Comm.  de  Aristot.  libr.  ord.,  p.  48.  Flach,  (Jnters.  zu  Suidas  und 
Eudocia,  p.  50. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


2 


—  18  — 


pas  trace  dans  Diogène  et  qui  sont  écrites  sur  le  même  modèle 
que  les  autres.  Ces  remarques  s'appliquent  non  seulement  aux 
notices  biographiques,  mais  quelquefois  aussi  aux  catalogues  des 
livres  des  philosophes  que  ces  deux  auteurs  ont  conservés.  Bref, 
les  divergences  sont  de  telle  nature  qu'on  ne  peut  les  expliquer 
par  des  additions  d'Hésychius  à  un  texte  résumé  de  Diogène.  Il 
paraît  donc  nécessaire  d'admettre  que  tous  deux  ont  puisé  aux 
mêmes  sources,  représentées  surtout,  dans  l'hypotlièse  de 
Nietzsche,  par  Démétrius. 

Tout  différent  par  la  méthode  et  complètement  indépendant 
de  ces  recherches  est  le  travail  contemporain  de  Bahnsch  (^). 
L'auteur  se  proposait  moins  de  chercher  l'origine  des  biogra- 
phies que  d'examiner  les  caractères  du  style  et  de  la  composition 
de  l'œuvre  et  d'y  relever  les  traces  de  la  personnalité  de  Diogène. 
De  ses  nombreuses  observations,  il  croyait  pouvoir  conclure  que 
l'auteur  ne  compulse  pas  directement  la  plupart  des  ouvrages 
qu'il  cite,  pas  plus  les  œuvres  littéraires  que  les  travaux  d'érudi- 
tion, mais  qu'il  en  doit  la  connaissance  à  des  intermédiaires. 
On  ne  peut  supposer  que  l'ensemble  des  biographies  provient 
de  Favorinus  ou  de  quelque  autre  compilateur  ;  elles  sont  bien 
l'œuvre  personnelle  de  Diogène,  quoiqu'il  en  ait  puisé  les  élé- 
ments dans  deux  sortes  d'ouvrages  érudits  :  pour  la  plus  grande 
part,  dans  la  littérature  spéciale  au  sujet,  les  Recueils  doxogra- 
phiques  et  les  A!.aôo^a{,  et,  en  manière  de  supplément,  dans  des 
encyclopédies  du  genre  de  celles  de  Favorinus,  Pamphila,  etc. 

Les  philologues  qui  s'occupèrent  plus  tard  de  la  question  de 
Diogène  durent  songer  d'abord  à  réfuter  les  hypothèses  trop 
aventureuses  de  Nietzsche.  Les  défauts  de  son  argumentation 
n'échappèrent  pas  à  l'esprit  critique  de  Freudenthal,  qui  ren- 
contra le  problème  dans  son  étude  de  la  biographie  de  Platon  (^). 


(*)  Quaestionum  de  Laerlii  Diogenis  fontibus  initia  (diss.  Koenigsberg-),  Gum- 
binnen,  1868. 

(2j  Hellemst.  Stndien,  III  (4879>,  pp.  305-315.  Cf.  encore  quelques  noies  critiques 
sur  les  études  de  Nietzsche  dans  Diels,  Doxogr.  gr.,  pp.  161  et  suiv. 


—  1<)  — 


11  signale,  dans  la  rocoiisLiliil ion  des  sources  de  l)ioj»èiie  lenlée 
par  Nietzselie,  une  conl'usion  continuelle  entre  la  possibilité,  la 
vraisend)lance  et  la  réalité  :  reproche  i;rave,  adressé  à  un  j)hilo- 
sophe.  A  son  avis,  il  résulte  de  Texauien  de  nombreux  |)assages 
que  cette  compilation  ne  peut  provenir  d'une  seule  même 
source.  L'attribution  à  Dioclès  de  longs  exposés,  comme  la  doxo- 
graphie  stoïcienne,  ne  re[)ose  sur  aucun  aigument  décisif;  en 
oulie,  beaucoup  de  citations  de  Dioclès  se  piésentent  comme  de 
simples  variantes  ou  des  additions  à  un  fonds  préexistant,  en 
sorte  que  celui-ci  ne  peut  lui  être  imputé.  En  principe,  d'ail- 
leurs, l'auteur  proteste  contre  une  conception  assez  répandue 
à  cette  époque,  qui  représentait  Diogène  comme  un  simple 
copiste  de  médiocre  intelligence,  et  ses  Biogi^ap/iies  comme  une 
œuvre  impersonnelle.  En  maint  endroit,  la  personnalité  de 
Diogène  s'affirme  nettement.  Les  négligences  qu'on  découvre 
dans  son  livre  sont  les  mêmes  qui  déparent  aussi  les  autres 
compilations  contemporaines  :  elles  sont,  pour  ainsi  dire,  inhé- 
rentes à  ce  genre  d'ouvrages  et  aux  méthodes  de  l'érudition  de 
l'époque. 

Ces  sages  avertissements  eurent  peu  d'écho.  En  1880,  E.  Maass 
reprend  l'enquête  sur  la  question  de  Diogène,  mais  en  procé- 
dant selon  la  méthode  de  Nietzsche  (^).  Son  point  de  départ, 
c'est  l'étude  des  listes  d'homonymes  que  contiennent  les  bio- 
graphies de  Diogène.  Après  avoir  réfuté  aisément  l'opinion 
imprudente  de  Scheuerleer,  qui  avait  cru  pouvoir  attribuer  ces 
catalogues  à  Démétrius  de  Magnésie  (^),  il  rassemble  tous  les 
indices  qui  peuvent  fournir  des  renseignements  sur  la  person- 
nalité de  leur  auteur.  Relevant  ensuite  l'éloge  que  fait  Aulu- 
Gelle  (XIV,  6)  —  un  auteur  qui  offre  avec  Diogène  de  nom- 
breuses et  importantes  concordances  —  des  listes  d'homonymes 
de  YOmnigena  historia  de  Favorinus,  il  y  voit  une  indication 
précieuse  pour  l'orientation  de  ses  recherches.  Tout,  en  effet. 


i*)  De  biographicis  graecis  quaestiones  seleclae.  {Philol.  Unlers.,  III,  1880.) 
(2)  De  Demetrio  Magnete,  Leyde,  1858. 


—  20  — 


dans  l'œuvre  et  la  personnalité  de  Favorinus  s'adapte  parfaite- 
ment aux  renseignements  qu'il  a  pu  réunir  sur  l'auteur  de  nos 
listes  d'homonymes,  en  sorte  que  la  7zœnoooL7zr\  laxop^a  serait  la 
source  des  Homonymes  de  Diogène.  Mais  Maass  pousse  plus 
loin  son  enquête,  échafaudant  les  hypothèses.  D'un  grand 
nombre  de  concordances  entre  Diogène  et  Aulu-Gelle,  Apulée, 
Porphyre,  Hésychius  et  d'autres  auteurs,  dont  Favorinus  est,  à 
son  avis,  la  source  ordinaire,  il  conclut  que  l'ensemble  des 
biographies  de  Platon,  Aristote,  Pythagore,  etc.,  provient  de 
Favorinus.  Selon  lui,  Diogène  utilisait  d'ordi  naire  la  TravToBaTcr, 
lo-ToprIa  en  intercalant,  çà  et  là,  des  extraits  pris  aux  6î:o{jivTi{jLaTa 
du  même  auteur. 

Dans  ces  constructions  hypothétiques,  Maass  n'observe  pas 
plus  de  mesure  que  son  devancier  :  il  passe  et  conclut  avec  la 
même  aisance  de  la  possibilité  à  la  vraisemblance,  de  celle-ci  à 
l'affirmation  des  rapports  qu'il  veut  établir.  En  outre,  des 
résultats  ainsi  acquis,  il  tire  les  conséquences  les  plus  considé- 
rables. Un  long  exposé  où  apparaît  une  citation  est  souvent 
rapporté,  en  bloc,  à  l'auteur  cité  pour  confirmer  un  détail.  Il 
généralise,  sans  hésitation,  des  conclusions  qui  ne  s'appliquent 
qu'à  de  rares  cas  particuliers.  Il  déclare  que  toutes  les  concor- 
dances de  deux  auteurs  qui,  en  un  passage  donné,  citent  tous 
deux  la  même  autorité,  doivent  provenir  de  cette  source. 

Ces  critiques,  et  d'autres,  ne  furent  pas  ménagées  à  ces  témé- 
raires méthodes,  qui  menaçaient  d'être  trop  imitées  à  cette 
époque.  Dans  une  Lettre,  publiée  dans  le  même  volume  que 
l'étude  de  Maass,  Wilamowitz  se  chargea  d'abattre  tout  cet 
échafaudage  de  constructions  hypothétiques.  Pour  prouver 
l'absurdité  du  système,  il  tint  à  montrer  que  la  conception 
qu'on  se  ferait  de  l'œuvre  de  Favorinus  et  du  caractère  de  son 
érudition  d'après  les  Biographies  de  Diogène,  serait  essentielle- 
ment différente  de  la  réalité,  c'est-à-dire  du  Favorinus  connu 
par  les  fragments  des  citations  certaines.  Pour  ce  savant,  la 
composition  de  l'ouvrage  ne  s'accommode  pas  de  l'hypothèse 
d'une  origine  unique  :  le  problème  est  bien  plus  complexe.  Un 


21  - 


e\em|)l(\  piis  dans  la  massif,  va  prouviM*  Tahsiiidilc  de  la  tlicsc 
de  Maass  ;  jo  rempruiiLo  au  livre  do  iM.  Bidez  sur  Empédocle (^). 
Au  iivie  Vlll,  J:^  TjI),  Dio^ène  insère  dans  son  exposé  une  note 
qui  provient  précisément  de  Favorinus  et  il  l'introduit  |)ar  ces 
mots  :  irù)  ô's'jpov  £v  To\ç  'j7ro|jLVT,tjiaa-',  <l>ap(.jpfivou.  ilvAU'  forrmile 
indi(jue  clairement  que  l'auteur  entend  l'aire  une  addition  j)er- 
sonnelle  à  un  exposé  qu'il  avait  sous  les  yeux  et  qui,  à  coup 
sûr,  n'est  pas  de  Favorinus.  VVilamowitz  estime  qu'il  faut  tacher 
de  distinguer,  dans  l'ouvrage  de  Diogène,  un  fonds  provenant 
de  compilations  antérieures,  emprunté  à  peu  près  aux  mêmes 
sources  que  les  Biograpliies  d'Hésychius,  des  additions  et  rema- 
niements de  Diogène,  dont  l'importance  ne  peut  être  niée. 

Il  eut  l'occasion  de  revenir  ailleurs  encore  sur  ce  sujet,  pour 
préciser  son  point  de  vue,  notamment  dans  son  étude  sur  un 
érudit  alexandrin,  Antigonos  de  Carystos  (~).  Ici,  il  croit  pouvoir 
reconnaître,  dans  les  Biographies,  plusieurs  groupes,  qui 
diffèrent  autant  par  l'origine  que  par  le  genre  d'érudition.  Le 
fonds  des  livres  V  à  X  proviendrait  d'un  auteur  à  peu  près 
contemporain  de  Nerva  :  les  ouvrages  d'Hippobotos  ont  dû 
fournir  à  cette  section,  spécialement  pour  les  livres  VI,  VIII 
et  IX,  une  contribution  importante.  La  source  fondamentale  du 
livre  VII  serait  Apollonius  de  Tyr.  L'histoire  de  l'Académie,  au 
livre  IV,  formerait  un  groupe  spécial,  d'origine  différente. 
L'attribution  des  premiers  livres  au  premier,  au  deuxième  ou 
même  à  un  troisième  auteur  resterait  indécise.  Enfin,  il  faudrait 
encore  distinguer,  du  reste,  plusieurs  biographies  dont  le 
développement  littéraire  est  particulièrement  important,  comme 
celles  de  Platon,  d'Aristote  et  de  Pythagore. 

Un  livre  de  V.  Egger  (^),  paru  à  la  même  époque  et  dont  le 
titre  semble  promettre  une  contribution  à  l'étude  de  Diogène, 
n'apporte  aucun  élément  nouveau  à  la  discussion  qui  nous 
occupe.  Il  est  consacré  uniquement  à  l'étude  des  AiaBoyaL  C'est 

(^)  Biographie  d'Empédocle  (Gand,  1894).  Introduction,  p.  3. 

(*)  Antigonos  von  Karystos.  {Philol.  Unters.,  IV  [d881]  pp.  3!20-336.) 

(5)  De  fonlihus  Diogenis  Laertii.  (Bordeaux,  1881  ) 


—  2-2  — 


dans  le  but  de  reconstruire  les  divers  systèmes  de  classification 
des  Ecoles  philosophiques  que  l'auteur  passe  en  revue  tous  les 
biographes  alexandrins  cités  par  Diogène.  Son  étude  s'arrête  à 
Sotion,  qui  représente,  à  ses  yeux,  la  source  principale  de 
notre  auteur. 

En  préparant  son  édition  des  Epicurea  (^),  Usener  eut  aussi 
à  s'occuper  du  problème  de  Diogène.  Pour  lui,  la  solution  doit 
être  cherchée  dans  l'examen  des  négligences  de  rédaction  de 
l'ouvrage.  Dans  le  \^  livre  en  particulier,  il  relève  un  grand 
nombre  de  confusions  et  d'erreurs;  en  outre,  l'ordre  du  discours 
lui  paraît  troublé  en  beaucoup  d'endroits  par  l'introduction  de 
notes  étrangères  au  sujet,  voire  de  scholies.  Ces  défauts  de 
rédaction  et  de  composition  s'expliquent,  à  son  avis,  si  l'on 
admet  que  l'auteur  a  remis  à  l'éditeur,  et  celui-ci  aux  copistes, 
un  manuscrit  où  le  texte  était  surchargé,  entouré  et  débordé  de 
notes  et  de  scholies  marginales.  De  ces  matériaux,  les  copistes 
auraient  tiré  un  texte  suivi  en  insérant  au  petit  bonheur  dans  la 
rédaction  primitive  les  additions  des  marges.  Pour  expliquer 
une  façon  d'éditer  aussi  bizarre,  Usener  rappelle  que  les  ouvrages 
d'érudition  de  l'Antiquité  étaient  quelquefois  réédités  par  des 
lecteurs  peu  scrupuleux,  après  un  remaniement  quelconque. 
Il  arrivait  même  que  ceux-ci  poussaient  l'impudence  jusqu'à 
y  attacher  leur  nom;  nous  savons,  par  exemple,  que  Galien 
et  TertuUien  eurent  à  se  plaindre  de  tels  procédés.  Usener 
suppose  donc  que  ÏHistoire  pliilosopliique  de  Diogène  tire  son 
origine  d'un  remaniement  peu  soigné  d'une  œuvre  antérieure. 

Poursuivant  ses  recherches  (^),  il  crut  avoir  retrouvé  le  nom 
de  l'écrivain  dont  Diogène  s'était,  avec  si  peu  de  scrupule, 
approprié  le  bien.  Une  note  du  livre  IX,  109,  où  un  certain 
ÀpoUonidès  de  Nicée  est  appelé  par  l'auteur  b  ^zap  Yipiwv,  ce 
qu' Usener  interprète  dans  le  sens  de  «  notre  compatriote  »,  lui 


(1)  Introduction  aux  Epicurea.  (Leipzig,  1887.) 

(2j  Die  Unterlage  des  Laerlius  Diogenes.  {Silzungsber.  der  Berlin.  Akad.,  189^2, 
pp.  1023-1034.) 


parut  ivv('l(M'  sa  iialionalilc.  lois,  le  choix  se  rcslrcù^nail 
sin^ulièroineiU;  bien  [)liis,  un  iioui  s'iin|)Osail,  celui  de  iNicias^ 
de  Nicée,  (jui  avait  éciil  an  l"  siècle  de  noire  cie  une  llisloire 
philosophique,  donl  nous  avons  conservé  des  frai'inents.  Restait 
àé[)rouver  la  valeur  de  riiy|)Othèse  pai'  la  couipaiaison  de  l'cruvre 
de  Diogène  avec  ces  fragments  :  il  ne  l'ut  pas  dilïicile  de  leur 
trouver  un  certain  air  de  parenté  et  plusieurs  concordances. 

Cette  seconde  partie  des  conclusions  d'Usener  fut  la  plus 
attaquée,  et,  à  vrai  dire,  elle  ne  résiste  pas  plus  à  l'examen  que 
les  hypothèses  de  iNietzsche  et  de  Maass.  Comme  l'a  montré  un 
de  ses  critiques,  Gercke  (^),  à  l'expression  6  Tuap'  T,piwv  peuvent 
s'appliquer  plusieurs  interprétations,  dont  celle  d'Usener  n'est 
pas  la  plus  vraisemblable.  Elle  peut  provenir,  d'ailleins,  des 
négligences  de  rédaction  coutumières  à  Diogène  et  aux  autres 
compilateurs  :  on  constate,  en  effet,  qu'il  leur  arrive  de  retenir, 
des  textes  qu'ils  citent  ou  utilisent,  des  expressions  qui  ne 
conviennent  plus  du  tout  à  leur  époque  ou  à  leur  personnalité. 
Au  surplus,  à  y  regarder  de  près,  on  constate  que  les  diver- 
gences ne  manquent  pas  entre  nos  Biographies  et  les  notices 
fragmentaires  de  Nicias.  Gercke  en  a  relevé  quelques-unes. 

Mais  les  recherches  d'Usener  sur  la  composition  de  l'œuvre 
de  Diogène  sont  beaucoup  plus  intéressantes  et  plus  instructives. 
La  biographie  de  Pythagore  nous  fournit  plusieurs  exemples 
des  défauts  de  composition  et  de  rédaction  qu'il  a  relevés  dans 
le  livre.  Mais  ces  négligences  peuvent-elles  toujours  s'expli- 
quer par  des  additions  marginales  à  un  texte  primitif?  Plusieurs 
cas  ne  me  paraissent  pas  s'accommoder  de  cette  interprétation. 
Au  livre  VIII,  §  35,  la  note  xal  tg  [jikv  Aeuxov  ty.ç  Taya^ou  cpùa-ew;, 
To  ùï  {jLsXav  ToO  xaxoù,  égarée  entre  deux  préceptes  pythagoriciens, 
avec  lesquels  elle  n'a  rien  à  voir,  se  rapporte  évidemment 
à  un  autre  précepte,  cité  quatre  lignes  plus  haut  :  ^aXexTpuovo;  {jiti 
a'n:T£a-5at.  Xeuxotj,  gt',  Lepo;  tou  Mtivoç  xai  Ixéttiç.  Ces  deux  dernières 
qualités  sont  commentées  immédiatement  après;  il  n'y  manque 


(*)  De  quibusdam  Diogems  aitctor.,  |ip.  11  ei  suiv.  Cf.  Schwartz,  loc,  cit.,  col.  761. 


que  l'explication  du  mol  ÀsjxoO,  qui  nous  est  précisément  donnée 
dans  cette  phrase.  Peut-on  prétendre  que  c'est  une  note  margi- 
nale tardive,  introduite  à  cette  mauvaise  place  par  inadvertance? 
Nullement.  Elle  fait  partie  intégrale  d'un  ensemble  de  notices 
3i-35)  empruntées  à  Aristote  par  un  seul  et  même  auteur. 
Ce  désordre  s'explique  par  la  négligence  avec  laquelle  le  compi- 
lateur a  résumé  le  passage  d' Aristote  et  dont  on  peut  retrouver 
d'autres  indices  encore  dans  ces  paragraphes. 

Examinons  encore  le  ^  39  du  même  livre,  où  est  racontée 
la  mort  de  Pythagore.  Le  discours  direct  y  prend  la  place  du 
discours  indirect,  brusquement,  contrairement  aux  règles 
élémentaires  de  la  grammaire,  et  revient  ensuite  à  sa  première 
forme.  Ce  changement  coïncide  avec  une  difficulté  d'un  autre 
ordre  :  on  ne  peut  deviner  à  quoi  fait  allusion  le  dernier  mot  de 
la  phrase  àva',Gc5Tiva!.  oï  xpevrTov  7|  ).a)vria-au  Mais  on  en  trouve 
l'explication  dans  le  récit  d'une  aventure  du  même  genre,  arrivée 
à  un  autre  Pythagoricien  et  dont  l'auteur  de  la  notice  primitive 
s'était  probablement  inspiré  (^).  Ici  non  plus  l'obscurité  ne 
provient  pas  d'une  note  marginale  insérée  mal  à  propos  :  il  faut 
l'attribuer  à  la  négligence  du  compilateur,  qui  résume  mal  et 
trop  succinctement  ses  sources.  Comprenons-nous  davantage  le 
banquet  de  Cylon  (TuavBaicrLa  KùXwvoç)  dont  il  est  question  au 
§  40?  Pour  compléter  et  animer  ce  récit,  il  nous  faut  deviner, 
en  nous  aidant  de  notices  étrangères  apparentées  à  celles-ci,  que 
Cylon  a  fait  massacrer  les  Pythagoriciens  en  l'absence  de  leur 
maître  et  que  le  banquet  dont  il  s'agit  ici  fait  partie  des  réjouis- 
sances par  lesquelles  les  Cyloniens  saluèrent  la  disparition  de 
leurs  ennemis. 

Enfin,  à  supposer  que  Diogène  ait  travaillé  sur  un  fonds 
antérieur,  —  ce  qui  n'est  pas  douteux,  comme  le  prouve  la 
comparaison  avec  Hésychius,  —  le  problème  n'est  pas  complè- 
tement résolu  par  cette  constatation.  Il  reste  à  déterminer  quelle 


(')  Jambmque,  V.  P.,  193  (Néanthe  ot  Hippi)botos);  XaXrjaat  signifie:  révéler  la 
raison  pour  laquelle  on  ne  peut  toucher  aux  fèves. 


l'ut  la  [)arl  de  Iravail  de  Dioi^viie,  cl,  viaiinciil ,  lîsciicr  iiionlro 
troj)  coniplaisance  à  irduiiu'  le  plus  possihlc  la  conliilMition 
(|u  il  a  appoi'lôo  à  l'otMiy  rc  couiuume.  Nous  rcviondioiis  j)lus  loin 
sur  00  sujel;  uiais  disons-le^  iuiinédialoinent,  c'esl  à  lorl,  (ju'oii  le 
considère  eoninie  un  simple  aimolaleui'.  i^es  passades  où  apparaît 
sa  personiialilé,  soit  (pfil  donne  son  avis  sur  une  ([uestion 
controversée,  soit  qu'il  détermine  le  plan  de  l'ouvrage  ou  le 
développement  d'un  sujet,  sont  nombreux  :  ils  j)ermettent  de 
lui  atti'ibuer  des  parties  importantes  de  l'œuvre  et  laissent 
deviner,  en  tout  cas,  la  main  d'un  auteur  qui  sait  où  il  va  et  qui 
a  conscience  d'accomplir  un  travail  personnel.  Pourquoi  veut-on 
distinguer  deux  catégories  parmi  les  phrases  où  Diogène  se  met 
en  scène  :  celles  où  l'on  concède  qu'il  s'agit  de  Diogène,  comme 
lorsqu'il  introduit  ses  épigrammes  ou  qu'il  cite  ses  auteurs 
favoris,  et  celles  où  le  «  moi  représenterait  sa  source  princi- 
pale? Dans  cette  hypothèse,  non  seulement  il  faudrait  considérer 
notre  auteur  comme  un  inconscient,  mais  nous  manquerions 
de  critérium  pour  distinguer  le  vrai  Diogène.  Rien  ne  nous 
empêcherait  de  rapporter  aussi  à  l'auteur  qu'il  copierait 
avec  tant  de  servilité,  les  épigrammes  et  les  citations  de 
Favorinus. 

Dans  quelques  courts  articles  (^),  W.  Volkmann  s'est  occupé 
de  Diogène;  mais,  comme  il  s'en  tient  au  point  de  vue  de  ses 
prédécesseurs,  son  étude  n'a  pas  apporté  de  contribution  impor- 
tante à  l'examen  de  la  question.  En  ce  qui  concerne  les  rapports 
des  textes  de  Diogène  et  de  Suidas,  l'auteur  s'en  tient  aux  théories 
de- Nietzsche,  dont  il  veut  prouver  l'exactitude  par  l'étude  de  la 
Vie  de  Thalès.  Il  montre  que  parmi  les  notices  biographiques 
de  Suidas,  apparentées  à  l'œuvre  de  Diogène,  il  faut  soigneuse- 
ment distinguer  les  emprunts  presque  textuels  faits  par  le 
lexicographe  à  Diogène,  des  extraits  d'Hésychius,  que  l'on 


(*)  Qunestion.  de  Diogène  Laertio.  Cl:  De  Diogène  Laertio  et  Suida.  [Jahresber. 
des  S^^  Maria-Magd.  gymnns.  in  Breslau,  progr.  4890);  Ci.  2  :  Miscellanea.  ilbid., 
1895.) 


—  -26  — 


relrouve  souvent  dans  les  Scliolies  de  Platon  et  dont  les  concor- 
dances sont  beaucoup  plus  libres. 

Sur  la  question  de  la  composition  de  l'ouvrage  de  Diogène, 
il  se  rallie  à  l'interprétation  d'Usener.  Se  basant  sur  sa  tbéorie 
des  notes  marginales,  il  cherche  à  résoudre  quelques  difficultés 
de  la  critique  du  texte;  il  prétend  même  rétablir  l'ordre  rationnel 
de  l'exposé.  Mais  ses  essais  sont  plutôt  malheureux,  si  j'en 
juge  par  les  deux  exemples  empruntés  à  la  Vie  de  Pythagore 
et  que  voici.  Au  §  3,  Diogène,  après  avoir  raconté  le  voyage  de 
Pythagore  en  Egypte,  y  revient  une  seconde  fois,  en  rapportant 
une  visite  à  l'île  de  Crète.  Pour  remédier  à  cette  apparente 
négligence,  Volkmann  propose  de  modifier  l'ordre  des  phrases 

en  transposant  éyeveTO  ouv  év  A'.yuTïTw  ...  TrpWTEÛcravTwv  après  £V" 

aTTopp'/jTO'.c;  £p.a5£v.  Ce  changement  aurait  pour  effet  de  placer  la 
Crète  entre  la  Chaldée  et  l'Egypte,  ce  qui  n'est  pas  moins  bizarre 
que  l'ordre  du  texte  actuel  de  Diogène  :  les  biographes  anciens 
placent  les  voyages  que  le  philosophe  fit  à  l'étranger  avant  ou 
après  les  voyages  en  Grèce,  mais  ne  les  mêlent  point.  Mais,  à  y 
regarder  de  près,  l'ordre  traditionnel  s'explique  parfaitement. 
L'auteur  parle  une  première  fois  du  voyage  en  Egypte  sans 
njentionner  les  aojxa.  Mais,  en  racontant  plus  loin  une  visite 
à  l'àouTov  fameux  de  l'antre  du  mont  Ida,  il  rappelle  en  passant 
que  les  lieux  sacrés  impénétrables  de  l'Egypte  ne  restèrent  pas 
non  plus  inaccessibles  au  philosophe.  Cette  explication  est  déjà 
satisfaisante.  Mais  on  peut  se  demander  pourquoi  Diogène  n'en 
a  pas  parlé  dans  sa  première  notice  :  c'est,  semble-t-il,  parce 
que  ce  détail  est  inconnu  à  l'auteur  cité  en  cet  endroit,  Antiphon, 
dont  Porphyre  (F.  P.,  7)  nous  a  conservé  le  récit  plus  complet. 
La  phrase  eiTy.  ev  Kpr{zr^  . . .  fyoL.Hy  forme  une  addition,  d'origine 
étrangère,  au  récit  d'Antiphon,  que  Diogène  continue  d'utiliser 
apparemment  plus  loin. 

Le  second  exemple  n'est  pas  mieux  choisi.  Au  46,  après  la 
liste  des  Homonymes,  Diogène  rapporte  :  'EpaToo-^évri;  oé  -f^^^ 

 ToÙTov  eiyy.i  tov  TcpwTov  svTéyvwç  TtuxTsûo-avTa  ïni  tt];  dyooTiÇ  xat 

TeTTapaxo7Tr;(;  oXuijLTciàBoç ,  xojj.riTTiv  ...  xtX.  Contrairement  à  Topi-^ 


-  -27  — 


nioii  i'0(;iit',  d  a|)r('s  i;ujucllo  c(\  ToÙTry/  rej)i'csonlc  PYlliii^ore 
le  j)hiloso|)lio  [où-oç  csl  lTÔ(jueiniii(Mil  (Miiployé  dans  nos  bio^ra- 
pliios  pour  désigner  le  personnai'i^  dont  on  éeril  la  vi(^),  Volk- 
niann  voudrait  raj)j)orLer  celte  phiase  à  l'un  des  llonionyines  de 
la  liste  qui  j)réeède  et  la  ti'ansj)0ser  aj)rès  àvop'.avTOTio'.ôv  lâijL',ov. 
Ce  (jui  prouve  que  Diogène  a  bien  en  vue  ici  le  pliilosopbe, 
c'est,  outre  l'indication  fournie  par  l'emploi  ordinaire  de  oOtoç, 
l'existence  de  plusieurs  notices  chronologiques  dérivées  de  celle 
d'Ératosthène  (^)  et  qui  désignent  clairement  le  philosophe; 
c'est  encore  l'épilhète  xo|j//iTt,<;,  qui  est  appliquée  au  philosophe 
par  quelques-uns  de  ses  biographes  (^). 

Avant  qu'Usener  émît  son  hypothèse  sur  les  rapports  de 
Diogène  avec  Nicias  de  Nicée,  Volkmann  s'était  essayé,  lui  aussi, 
à  retrouver  la  source  générale  d'une  partie,  au  moins,  de  notre 
ouvrage  (•^).  C'est  au  biographe  Sosicrate  qu'il  restituait,  pour 
la  majeure  partie,  l'Introduction  avec  le  premier  livre,  ainsi  que 
les  Biographies  correspondantes  d'Hésychius.  Faut-il  dire  que 
cet  essai  est  aussi  hypothétique  et  stérile  que  ceux  qui  l'ont 
précédé? 

L'étude  de  Gercke  (^)  sur  Diogène  réduit  encore  la  part 
de  travail  personnel,  bien  minime  pourtant,  que  les  critiques 
antérieurs  avaient  reconnue  à  Diogène.  Il  passe  d'abord  en  revue 
les  théories  de  ses  prédécesseurs  et  cherche  à  déterminer  la  part 
qui  revient  à  chacun  des  biographes  auxquels  on  avait  jusqu'alors 
attribué  la  réelle  paternité  de  Toeuvre.  11  montre  qu'aucun  d'eux  : 
Nicias,  Sosicrate,  Dioclès,  Apollonius,  Hippobotos,  ne  peut  avoir 
fourni  le  fonds  des  Biographies.  Postulant,  lui  aussi,  que  Diogène 
n'a  fait  que  s'approprier  un  ouvrage  antérieur  en  y  ajoutant  peu 
de  chose,  il  recherche,  non  le  nom  de  cet  auteur  ainsi  dépouillé, 


(^)  Surtout  Africanus,  dans  Eusèbe,  Ckron.^  I,  p.  200.  Cf.,  pour  le  reste,  les  pas- 
sages parallèles  dans  l'édilion. 
(2)  SY^CELLus,  p.  "293  B.  Lucien,  Vit.  auct.,  2,  Jamblique,  V.  P.,  dl,  30,  etc. 
(5)  Untersuchungen  zu  Diogenes  Laerlius.  {Festschrift  des  Gymnas.  %u  Jauer, 

1890,  pp.  m-m.) 

(*)  De  quibusdam  Diogenis  Laertii  auctoribus  (progr.  Greifswald),  1899. 


—  28  — 


mais  les  marcjues  qui  ont  subsisté  de  sa  personnalité  :  les  carac- 
tères de  la  langue  et  du  style,  les  qualités  critiques,  les  tendances 
philosophiques.  Il  en  fait  un  platonicien,  dont  l'àx^ar,  doit  être 
placée  entre  125  et  145  après  Jésus-Christ.  Ses  deux  sources 
principales  seraient  Antigonos  et  Dioclès.  Parmi  les  auteurs  que 
Diogène  lui-même  aurait  consultés  pour  compléter  ce  premier 
fonds,  Gercke  distingue  surtout  Hippobotos,  dont  il  fait  un 
sceptique  :  il  suppose  qu'il  a  vécu  à  la  fm  duIP  siècle  de  notre  ère 
et  qu'il  a  fourni  à  Diogène,  qui  partageait  ses  convictions  phi- 
losopliiques,  l'exposé  de  la  philosophie  sceptique  du  .IX""  livre. 

Wilamowitz  s'est  attaqué,  dès  leur  naissance,  à  ces  nouvelles 
hypothèses  (^).  Ses  critiques  portent  d'abord  sur  la  date  assignée 
à  Hippobotos  :  à  en  juger  par  le  fait  qu'il  est  déjà  utilisé  par 
Nicomaque  et  cité  de  seconde  main  par  Clément  d'Alexandrie, 
il  doit  être  antérieur  au  11^  siècle.  En  outre,  on  n'a  aucune 
preuve  que  les  citations  de  cet  auteur  aient  été  ajoutées  par 
Diogène  lui-même  à  un  fonds  préexistant  des  Biographies.  Enfin, 
Wilamowitz  reste  fidèle  à  son  rôle  de  défenseur  de  Diogène  et 
à  l'opinion  qu'il  avait  autrefois  professée  sur  la  composition  de 
son  ouvrage.  C'est  en  vain,  affîrme-t-il,  que  Gercke  essaie  de 
ressusciter  un  sosié  de  Diogène,  qui  aurait  usé  des  mêmes 
procédés  littéraires  que  lui  et  qui  aurait  vécu  un  siècle  plus  tôt. 
L'état  actuel  des  Biogj^aphies  est  bien  l'œuvre  personnelle 
de  Diogène;  penser  autrement,  c'est  partir  d'une  hypothèse 
dénuée  de  tout  fondement  et,  pour  le  surplus,  stérile  (^). 

L'étude  que  Fr.  Léo  a  consacrée  à  Diogène  dans  son  essai 
sur  la  Biographie  ancienne  (^)  est  très  instructive.  L'ouvrage  de 
Diogène,  replacé  dans  son  cadre  naturel,  la  tradition  littéraire 
biographique,  en  reçoit  une  lumière  nouvelle.  Comme  Wilamo- 
witz, Léo  distingue  dans  cette  œuvre  diverses  parties  assez 


(1)  Lesefrïichte.  {Hermès,  XXXIV,  1899,  p.  63^2.) 

(2j  (iercke  a  ajouté  à  sa  première  étude  quelques  compléments  et  corrections 
dans  le  Bursians  Jahresber.,  CXXIV  (1905),  pp.  548  et  suiv. 
(3)  Griechisch-Rômische  Biographie  (1901),  pp.  35  et  suiv. 


(litï'éiMMitcs  par  le  caraclri'e  ci  par  rori^iiic.  (îne  des  reniarcpKîs 
les  plus  inléressanUvs,  c'est  (jue,  dans  certains  livres  (Platon, 
Épicure,  l^ytliagore),  les  ouvrages  de  poléini(iue  et  de  propa- 
gande spéciaux  à  chaque  école  ont  eu  beaucoup  plus  d'influence 
(|u'aiIl(Mirs  sur  l'élaboration  de  la  Biogra|)hie.  Léo  constate 
cependant  qu'en  général,  Uïèjne  dans  ces  biographies,  le  point 
de  vue  historique  l'emporte,  chez  Diogène,  sur  l'intention  a|)olo- 
gétique.  Parmi  les  sources  principales  de  l'auteur,  il  retient  et  il 
examine  des  Histoires  de  AiaSoya'!,  comme  celle  de  Dioclès, 
et  des  Recueils  d'Homonymes,  tel  le  livre  de  Démétrius 
de  Magnésie.  Diogène  mentionne  fréquemment  des  eupi^iiaTOL, 
inventions  industrielles  ou  découvertes  scientifiques  ;  elles 
rentrent  aussi  bien  dans  le  cadre  des  Sôçat.  que  des  oioLoo/aî. 
Certaines  biographies,  comme  celle  de  Diogène  le  Cynique,  sont 
composées  surtout  d'apophtegmes.  Les  Recueils  de  bons  mots, 
maximes,  anecdotes,  etc.,  ont  fourni  une  énorme  contribution 
à  la  formation  de  toutes  les  biographies.  C'est  dans  la  Vie 
d'Epicure  et  dans  celles  de  quelques  péripatéticiens  que  la  litté- 
rature apologétique  des  Écoles  se  dissimule  le  moins.  Tous  ces 
matériaux,  d'origines  si  diverses,  ont  été  rassemblés  et  fondus 
dans  les  Histoires  philosophiques  de  l'époque  alexandrine. 

Pour  étudier  le  mode  de  composition  des  Biographies  de 
Diogène,  Léo  choisit  quelques  exemples  :  la  Vie  d'Empédocle, 
notamment,  qu'il  analyse  en  examinant  les  rapports  des 
citations.  H  conclut  que  le  fonds  en  est  formé  par  VEpitomé 
d'Héraclide  et  qu'Hippobotos  a  servi  d'intermédiaire  entre  cet 
ouvrage  et  la  compilation  de  Diogène  (^).  Léo  s'arrête  encore 
à  la  Vie  de  Pythagore  et,  comme  ceci  nous  intéresse  directement, 
nous  discuterons  son  argumentation. 

Il  note  d'abord  que  la  partie  principale  de  cette  biographie 
provient  d'un  auteur  de  ^laùoyai  :  or,  Héraclide  Lembos  y  est 
cité  trois  fois.  Trois  remanieurs  des  anciens  ouvrages  sur 


(1)  Cette  démonstration  avait  déjà  été  faite  plusieurs  années  plus  tôt  par  J.  Bidez, 
Biogr.  d'Empédocle  (1894),  pp.  5  et  suiv.,  en  ce  qui  concerne  Hippobotos. 


—  80  - 


les  i^'.oLùoyai  sont  aussi  utilisés  :  Hippobotos,  Sosicrate  et 
Alexandre  Polyhistor.  C'est  donc  parmi  eux  qu'il  faut  chercher 
l'intermédiaire  entre  Héraclide  et  la  source  immédiate  de 
Diogène.  Le  nom  d'Hippobotos  peut  être  écarté  :  Nicomaque 
citait,  en  efFet,  cet  auteur  dans  sa  Biographie  de  Pyt/iagore,  et 
son  œuvre  offre  peu  de  points  de  contact  avec  la  compilation  de 
Diogène.  Par  contre,  celle-ci  rappelle  d'assez  près,  par  ses 
caractères  généraux,  une  Biographie  érudite  utilisée  par  Por- 
phyre dans  sa  Vie  de  Pythagore  (^).  Or,  dans  un  long  extrait 
d'Alexandre  Polyhistor  rapporté  par  Diogène  (§§  24-36),  cet 
auteur  cite  des  'jTrojjLVTiiJLaTa  dont  on  pourrait  retrouver  la  mention 
dans  un  passage  de  Porphyre  7),  apparenté  à  d'autres  textes 
de  Diogène.  De  ce  rapprochement,  Léo  conclut  qu'il  ne  serait 
pas  invraisemblable  qu'Alexandre  eût  servi  d'intermédiaire  entre 
VEpitomé  d'Héraclide  et  la  compilation  remaniée  par  Diogène. 

La  fragilité  de  ces  hypothèses  saute  aux  yeux.  Les  uTiopivTifjLaTa 
qu'invoque  Porphyre  sont  des  ouvrages  biographiques,  comme 
l'indique  le  contexte;  les  6uo|jivri|jLaTa 7rtj.5ayopLxà  d'où  Alexandre 
tire  ses  ùô^oli  sont,  au  contraire,  des  livres  de  doctrine  pythago- 
riciens (^).  D'ailleurs,  à  supposer  que  le  rapprochement  n'eût 
pas  péché  par  inexactitude,  la  conclusion  restreinte  qu'on  serait 
en  droit  d'en  tirer  ne  pourrait  être  étendue  à  toute  la  Biographie. 
Enfin,  nous  connaissons,  par  la  Chronique  d'Eusèbe  et  par  un 
passage  des  Stromates  de  Clément,  quelques  notices  empruntées 
à  la  biographie  de  Pythagore  d'Alexandre  (^);  aucune  d'elles  ne 
se  retrouve  dans  Diogène. 

L'article  Diogenes  Laertius,  dans  V Encyclopédie  de  Pauly- 
Wissowa,  dû  à  la  plume  autorisée  de  Schwartz  (^),  ne  se 
contente  pas  de  résumer  ce  qu'on  savait  en  ce  moment  de 


(1)  RoHDE,  KL  Schr.,  II,  p.  125,  et  der  Griech.  Roman  (1876),  p.  253,  n.  2. 

(2)  Même  s^ens  dans  Jamblique,  V.  P.,  146  et  157. 

(3)  Pythagore  contemporain  de  Sennachérib  et  de  Nergil  (Eusèbe,  I,  p.  29,  10,  et 
p.  35,  12);  Pyllia£,^ore  à  l'école  des  Gaulois,  des  Brahmanes,  de  Zaratas  (Clément, 
Strom.,  I,  69). 

(*)  Pauly-Wissowa,  ReaL-EncycL,  IX  (1903),  col.  738  et  suiv.. 


Dio^èiio  :  on  y  trouve  encore  une  (|uaiililé  de  reniarcjues  origi- 
nales et  d'études  de  détails  d'un  ^rand  intérêt.  L'auteur  croit 
que  Diogène  a  tiré,  [)ar  masses,  la  plus  grande  |)artie  des  notices 
biographiques  non  pas  (Tun  seul  ouvrage,  mais  de  plusieurs 
manuels  d'hisloiie  pliilosopirnjue,  (jui  n'avaient  d'ailleurs  [)as 
plus  d'originalité  que  le  sien.  C'est  ce  (ju'on  peut  conclure, 
d'abord,  des  nombreuses  répétitions  qu'on  observe  dans  son 
œuvre  (^);  ensuite,  du  t'ait  qu'un  certain  nombre  de  détails 
biographiques  se  présentent  sous  l'aspect  d'additions  faites  à  un 
fonds  préexistant.  Ce  sont  des  notes  (|ue  Diogène  a  recueillies  au 
cours  de  ses  lectures  et  intercalées  dans  les  chapitres  que  lui 
fournissait  la  tradition  biographique  :  de  cet  ordre  sont  les 
citations  de  Plutarque,  de  Favorinus,  de  Pamphila  et  peut-être 
de  Dioclès.  Enfin  les  matériaux  biographiques  de  Diogène  se 
retrouvent,  non  isolés,  mais  groupés  comme  dans  son  œuvre, 
chez  d'autres  compilateurs  :  Porphyre,  Clément  d'Alexandrie, 
Hippolyte,  Hésychius,  etc. 

On  a  perdu  son  temps  en  cherchant  à  mettre  un  nom  sur  le 
ou  les  ouvrages  qui  servirent  de  source  principale  à  Diogène.  Il 
est  bien  plus  intéressant  et  plus  utile  de  réunir  les  notices  bio- 
graphiques, de  les  grouper  en  chapitres,  de  remonter  à  l'origine 
des  traditions,  pour  suivre  ensuite  leurs  développements  et  leurs 
ramifications. 

Dans  la  partie  doxograpliique^  la  contribution  personnelle  de 
Diogène  est  beaucoup  plus  considérable.  Non  seulement  il  a 
complété  les  maigres  exposés  de  doctrines  qui  accompagnaient 
la  tradition  biographique  dans  les  ouvrages  de  ses  devanciers, 
par  des  emprunts  à  des  traités  spéciaux  qui  dérivent  de  ïhéo- 
phraste,  mais  il  a  encore  ajouté  d'importants  chapitres  doxo- 
graphiques  aux  Vies  de  Potamon,  des  Cyrénaïques,  des  Anni- 
cériens,  des  Théodoriens,  de  Platon,  d'Aristote,  des  Cyniques, 
des  Stoïciens,  de  Pythagore,  des  Sceptiques  et  d'Epicure. 


(*)  Exemples  tirés  de  la  Vie  de  Pythagore  :  VIII,  8  (Thémistoclie)  =  VIII,  21 
((b;  Ttpoei'pTjTat)  ;  13  ([StufjLov  xtX.)  =  li. 


Schwartz  estime  qu'en  général  on  a  fait  une  part  beaucoup 
trop  restreinte  au  travail  personnel  de  Diogène.  Le  mélange 
d'érudition  et  de  fantaisie  romanesque,  les  méthodes  de  compi- 
lation, l'accumulation  des  citations  et  des  variantes  caractérisent 
déjà  l'érudition  alexandrine.  Diogène  n'est  ni  plus  ni  moins 
indépendant  de  ses  devanciers  que  tout  auteur  de  l'époque  hel- 
lénistique et  impériale.  Il  savait,  en  écrivant,  ce  qu'il  voulait  et 
où  il  allait;  l'observation  assez  fidèle  des  grandes  lignes  du 
plan  tracé  dans  le  Prologue,  la  substance  des  transitions  et  les 
renvois  nombreux  d'une  partie  de  l'ouvrage  à  une  autre  le 
montrent  bien.  Par  malheur,  nous  n'avons  devant  nous  que  le 
Recueil  de  ses  notes  :  pour  quelque  raison  inconnue,  la  rédac- 
tion de  l'ouvrage  n'a  pu  être  terminée. 

Dans  ses  Studia  Laertiana,  H.  Schmidt  (^)  a  réuni  une  série 
d'études  sur  les  polémiques  entre  sectes  philosophiques,  dont  il 
veut,  d'après  Diogène,  reconstituer  les  éléments.  Il  semble  avoir 
fait  sienne,  en  la  modifiant  légèrement,  la  théorie  de  Gercke 
sur  la  composition  de  l'ouvrage.  Le  fonds  proviendrait  d'un  écri- 
vain platonicien  ;  son  œuvre  aurait  été  modifiée  et  complétée, 
d'abord  par  un  écrivain  sceptique,  puis  par  Diogène.  C'est 
l'étude  du  Prologue  qui  permet  de  distinguer  ces  diverses 
couches  de  la  composition.  Ces  remaniements  expliqueraient  les 
divergences  qu'on  constate  entre  le  Prologue  et  le  corps  de 
l'ouvrage  au  point  de  vue  du  plan.  Les  différents  rédacteurs  ont 
été  influencés  par  les  renaissances  successives  des  diverses  écoles 
de  l'ancienne  philosophie,  qui  se  produisirent  à  l'époque  impé- 
riale ;  chacun  d'eux  penchait  naturellement  à  faire  la  part  plus 
grande  à  l'École  qui  jouissait  de  la  faveur  du  moment.  Nous 
reviendrons  plus  loin  sur  ces  conclusions.  On  peut  signaler,  dès 
maintenant,  la  nouveauté  de  ces  aperçus  et,  en  considérant  la 
portée"  générale  de  ces  recherches,  reconnaître  qu'elles  aident 
beaucoup  à  la  reconstitution  des  Traditions  des  Écoles  philoso- 
phiques. 


(1)  Studia  Laertiana,  Bonn,  4906. 


I)';uili(\s  crilicjucs  oncorc  ont  cnitMiir  la  (iiicslioii  de  Dio^èno, 
sans  (Ml  faire  rohjol  d'un  examen  spécial.  On  ne  jxMil,  par 
cxenij)le,  passer  sous  silence  les  liavaiix  de  J.  (lahriolsson  sur 
Favoriiuis  et  (élément.  d'Alexandrie,  |)arce  (ju'ils  louchent  sou- 
vent à  nolie  sujet.  \in  trois  études  successives  ('),  il  a  (enlé  de 
prouver  que  la  source  principale  de  la  gi  ande  compilation  de  Clé- 
ment est  la  -avToôa-T,  l(yTop(a  de  Favorinus  ;  sa  démonstration 
prétend  d'ailleurs  eni^loher  dans  cette  conclusion  une  Ibule  de 
compilateurs  de  l'époque  impériale  :  Athénée,  Elien,  Aulu- 
Gelle,  Porphyre  et,  naturellement,  Diogène  Laërce.  Je  ne 
reviens  pas  sur  les  critiques  solidement  documentées  qui  ont 
été  faites  de  ces  travaux,  en  particulier  par  Stiihlin  et  par 
Mûnscher  (-).  Elles  en  ont  dénoncé  la  méthode  défectueuse, 
ainsi  que  le  caractère  purement  hypothétique  des  conclusions  f^). 

Le  dernier  essai  tenté;  sans  succès  d'ailleurs,  pour  éclaircir  la 
question  des  sources  de  Diogène  est,  à  ma  connaissance,  celui 
d'E.  Howald.  Celui-ci,  considérant  comme  vaines  toutes  les 
recherches  faites  pour  mettre  un  nom  sur  la  source  principale 
de  Diogène,  s'est  attaché  à  grouper  en  trois  classes,  d'après  leur 
caractère  et  leur  origine,  le  plus  grand  nombre  des  notices  bio- 
graphiques de  Diogène  :  il  reconstitue  ainsi  trois  manuels  (A, 
B,  C)  que  notre  auteur  aurait  utilisés  (^). 

Dans  une  seconde  étude  (•'),  il  a  étendu  ses  recherches  à 
divers  auteurs  apparentés,  pour  l'information,  à  Diogène  :  Hip- 
polyte.  Clément,  Eusèbe,  le  Pseudo-Galien,  Simplicius,  etc., 

(*)  Ueber  Favorinus  und  seine  Travro^aTiT)  latopt'a,  Upsala,  1906.  Ueber  die  Quellen 
des  Clemens  Alexandrinus,  I  Theil,  4906;  II  Theil,  4909. 

(2)  Stahun,  Berlin.  Phil.  Wochenschriff,  4908,  pp.  387-399.  —  K.  Mûnscher, 
Bursians  Jahresber.  ilber  die  Fortscliritte  der  Alterthumswiss.,  4940,  pp.  23  et  suiv. 

p)  Voyez  encore  dans  un  ouvrage  de  W.  Guônert,  liolotes  und  Menedemos 
{Studien  zur  Palàogr.  und  Papyr.,  VI,  4906),  quelques  chapitres  se  rapportant  à 
notre  sujet,  p.  133  :  Sâtze  zur  Quellenkundô  des  Diogenes;  p.  440  :  Zur  Anfùhrungs- 
weise  des  Diogenes. 

(*)  Handbiicher  als  Quellen  des  Diogenes  Laertius,  dans  le  PhiloL,  4917, 
pp.  449-130. 

(5)  Das  Philosophiegeschichtliche  Compendium  des  Areios  Didymos^  dans  V Hermès, 
LV  (4920),  pp.  68-98. 

Tome  XYII.  —  Lettres,  etc.  3 


—  34  — 


et  il  s'est  efforcé  d'y  retrouver  les  vestiges  du  manuel  le  plus 
important,  A.  Cet  ouvrage  daterait  du  début  de  notre  ère  :  il 
aurait  été  bourré  de  citations,  mais  écrit  sans  prétention  litté- 
raire. L'auteur  aurait  pris  les  Vies  d'Hermippe  comme  modèle 
et  comme  source  principale,  mais  il  aurait  considérablement 
enrichi  ce  premier  fonds  par  des  emprunts  aux  Biographies 
d'Hippobotos.  Howald  termine  son  étude  en  proposant,  grâce 
à  une  série  de  combinaisons  fort  hasardeuses,  d'identifier  ce 
manuel  avec  VEpitomé  d'Areios  Didymos 


3.  Étude  de  la  composition  de  l'ouvrage. 

A.  —  La  Personnalité  de  Diogène, 

On  a  essayé  à  diverses  reprises  de  rattacher  Diogène  à  Tune 
des  Ecoles  philosophiques  dont  il  fait  l'histoire.  La  plupart  des 
critiques  modernes  —  ceux  du  moins  qui  veulent  bien  recon- 
naître à  Diogène  quelque  originalité  —  pensent  qu'il  traite  dé 
l'histoire  des  philosophes  à  un  point  de  vue  purement  historique 
et  objectif,  sans  montrer  de  sympathie  pour  tel  système  ou  tel 
chef  d'École.  Quelques-uns  cependant  ont  cherché  à  donner  un 
nom  à  ses  préférences,  une  étiquette  à  ses  convictions.  Déjà 
l'ancienne  philologie  s'était  préoccupée  de  cette  question  : 
Ménage  et  Casaubon  le  rattachaient  à  la  secte  épicurienne  (^). 
Tout  récemment  Gercke  (^)  et  Schwartz  (^)  ont  cru  pouvoir 
affirmer  que  c'était  un  sceptique;  Wilamowitz,  au  contraire  ('^),, 
s'en  tient  à  l'opinion  des  anciens  philologues  français.  Considé- 
rons donc  le  problème  dans  toute  l'étendue,  d'ailleurs  assez 
restreinte,  qu'on  peut  lui  donner. 


(*)  D'après  Fabricius,  Bibl.  gr.,  V,  p.  564. 

(2)  Bursians  Jahresber.,  CXXIV  (1905),  p.  529. 

(3)  Pauly-Wissowa,  ReaL-EncijcL,  IX  (1903),  col.  761. 

(*)  Antigonos  von  Karystos,  —  Phil.  Unters.,  IV,  p.  321  ;  Hermès,  XXXIV,  p.  634. 


~-  35 


Les  éléments  dont  on  (lisj)os(i  pour  juger  des  o[)inions  philo- 
sophiques de  l'auteur  sont  en  très  petit  noiuhre  et  peu  clairs. 
Diogène  dispense  également  ses  sympathies  ou  ses  marcpies 
d'intérêt  à  des  systèmes  philosophi(jues  très  difîérents.  II  est 
vrai  de  dire  (pie  l'étude  de  la  secte  et  des  doctrines  sceptiques  a 
reçu  un  développement  considérahle.  Déjà  dans  une  polémique 
du  Prologue,  l'auteur  alïirme  qu'on  a  tort  de  refuser  le  nom  de 
Secte  aux  Sceptiques  et  il  s'attache  à  prouver  qu'ils  le  méritent. 
D'autre  part,  la  5t.a8oyTi  sceptique  est  celle  dont  la  tradition 
est  la  plus  longue  :  elle  s'étend  jusqu'à  une  époque  presque 
contemporaine  de  Diogène.  Comme  l'étude  des  autres  sectes 
s'arrête  beaucoup  plus  tôt,  ce  traitement  de  faveur  semble  indi- 
quer une  marque  spéciale  d'intérêt,  peut-être  même  des  sympa- 
thies philosophiques.  De  plus,  la  polémique  entre  les  Sceptiques 
et  les  Dogmatiques,  que  Diogène  rapporte  longuement  au 
livre  IX  (79  ss.),  paraît  être  exposée  du  point  de  vue  sceptique, 
puisque  les  Sceptiques  parlent  à  la  première  personne,  comme 
si  l'auteur  épousait  leur  cause  (M,  et  que  la  réplique  reste  chaque 
fois  et  définitivement  aux  Sceptiques.  Or,  à  n'en  pas  douter, 
cet  exposé  est  bien  l'œuvre  de  Diogène  lui-même  ;  les  citations 
et  extraits  d'Enésidème,  de  Sextuset  deFavorinus,  qui  en  forment 
le  fond,  proviennent  à  coup  sûr  de  Diogène,  comme  on  peut  le 
conclure  de  l'époque  tardive  de  ces  auteurs  (^). 

D'autre  part,  Diogène  traite  Platon,  à  qui  d'ailleurs  un  livre 
entier  est  consacré,  avec  infiniment  de  respect.  Les  épigrammes 
qui  le  concernent  manquent  de  ce  gros  sel  qu'il  a  semé  à  pleines 
mains  dans  les  autres.  Cela  provient  peut-être  de  ce  que  la 
dame  du  monde  à  qui  son  œuvre  est  dédiée  porte  un  vif  intérêt 


(*)  Il  est  vrai  que  de  simples  guillemets  ajoutés  au  début  et  à  la  fin  de  ces  textes 
sceptiques  permettraient  d'expliquer  différemment  cette  particularité. 
.  (2)  On  a  encore  voulu  exploiter  (Schwartz,  loc.  cit.,  col.  761),  comme  un  indice 
des  tendances  sceptiques  de  Diogène,  un  passage  où  ApoUonidès  de  JNicée  est  appelé 
6  irap'  r)[jL(j5v  (IX,  109).  Mais  pour  cela,  il  faudrait  prouver  tout  d'abord  qu'ApoUo- 
nidès  fut  un  écrivain  sceptique;  ensuite  que  l'expression  en  question  ne  peut  signi- 
fier que  :  «  écrivain  de  notre  secte  ».  (Cf.  ci-dessus,  p.  22.) 


—  36  — 


à  Platon  (III,  47  :  cpUo-XâTwvt.  os  a-ot.  ôixaîwç  uTcapyoua"/])  ;  mais 
le  terme  o',xa(w;  indique  que  Diogène  lui-même  n'est  pas  indif- 
férent à  ces  préférences,  si,  toutefois,  on  ne  doit  pas  y  voir  un 
compliment.  Au  reste,  s'il  fallait  juger  des  opinions  philoso- 
phiques de  Diogène  par  l'intérêt  particulier  qu'il  porte  à  cer- 
tains philosophes,  on  resterait  dans  des  hésitations  sans  fin.  A 
ce  compte,  en  effet,  on  pourrait  aussi  prétendre  qu'il  est  épicu- 
rien. Non  seulement  il  a  consacré  un  livre  entier,  le  plus  long 
de  tous  peut-être,  à  Epicure,  mais  il  le  défend  avec  une  sorte  de 
passion  contre  les  furieuses  calomnies  (p.£|j.Y,va(7!.  o'  outol,  X,  9)  de 
ceux  qui  ont  noirci  sa  vie  privée.  Contre  les  attaques  sournoises 
des  pieux  et  vertueux  Stoïciens,  il  proclame  la  pureté  de  ses 
mœurs,  l'intégrité  de  son  caractère,  la  correction  de  ses  relations 
et  jusqu'aux  qualités  de  son  style,  avec  un  enthousiasme  qui 
dénote  plus  que  l'intérêt  que  tout  honnête  homme  porte  au 
mérite  méconnu  :  on  dirait  d'une  sympathie  basée  sur  une  cer- 
taine communauté  de  doctrines.  Il  veut  expliquer  ces  éloges  et 
justifier  sa  propre  attitude  auprès  de  la  noble  dame  à  qui  il  pré- 
sente son  livre;  dans  ce  but,  il  cite  des  extraits  d'Epicure,  wo-re 

a-è  7:avTay6<S£v  xaTa[JLa3£^v  tov  àvopa  xà|jL£  xp{v£'.v  eloévoLi  (^  29).  Enfin, 

au  ^  138,  au  moment  d'exposer  les  xùpt.at.  aô^ai  d'Epicure,  il 
paraît  prendre  parti  en  déclarant  qu'il  ne  croit  mieux  faire,  pour 
terminer  son  livre,  que  de  rappeler  les  doctrines  «  qui  sont  le 
commencement  du  bonheur  ».  Que  voudrait-on  de  plus  pour 
faire  de  Diogène  un  épicurien,  si  l'on  devait  attacher  tant 
d'importance  à  l'intérêt  ou  à  la  sympathie  qu'il  montre  pour 
telle  ou  telle  secte? 

Les  autres  passages  où  l'on  peut  reconnaître  l'expression 
d'une  opinion  personnelle  de  Diogène,  grâce  au  mot  iyw  ou  à 
des  tournures  de  ce  genre,  sont  peu  nouibreux.  Dans  le  Pro- 
logue (g  3),  il  combat  la  xénophilie  qui  fut  si  longtemps  à  la 
mode  chez  les  historiens  grecs  et  qui  faisait  dériver  toute  la  civi- 
lisation, et  surtout  la  philosophie,  des  pays  étrangers.  Plus 
loin  5),  son  opinion  s'exprime  sous  une  forme  plus  person- 
nelle encore  :  Diogène  prétend  refuser  le  nom  de  philosophe  à 


Orpliôe.  La  raison  (lu'il  iiivoinic  esl  ce  poc'Ui  a  allrihiié  aux 
(lieux  (le  iionleiix  inétaits.  (lelle  altiLiide  rappelle  les  j)oléini(iues 
de  Xénophane  el  de  Pylliagore  contre  Homère  et  elle  étonne  par 
le  sentiment  religieux  (|u'elle  permet  de  deviner  chez  un  homme 
(]ui  aime  ailleurs  à  railler  l'idé'alisme  des  philosophes. 

11  lui  arrive  de  dc'clarer  (ju'il  s'int(3resse  spcîcialement  aux 
œuvres  de  tel  philosophe  à  cause  de  leur  valeur  morale  (V,  !21, 
V,  i^).  Il  lui  est  agréahie  d'allirmer  (jue  les  Cyniques  eux- 
mêmes,  dont  la  rude  simplicité  et  l'intransigeance  lui  plaisent 
(voyez  les  épigrammes),  représentent  une  doctrine  philoso- 
phique et  non  point  seulement,  couime  (|uelques-uns  l'estiment, 
une  tendance  morale  (VI,  103). 

Mais  où  l'on  peut  le  mieux  juger  des  opinions  de  Diogène, 
c'est  dans  ses  petites  pièces  poétiques.  C'est  là  qu'il  se  livre 
mieux,  parce  qu'il  est  débarrassé  des  entraves  que  lui  impose 
toute  la  tradition  antérieure  dans  l'exposé  des  biographies.  Il 
est  vrai  qu'il  utilise  toujours  dans  les  épigrammes  des  notices 
de  la  biographie,  mais  le  choix  qu'il  en  fait  et  la  façon  de  traiter 
le  sujet  sont  des  indices  à  examiner.  11  ne  faudrait  pas,  d'ail- 
leurs, s'en  exagérer  l'importance  :  les  railleries  qu'il  veut  et 
qu'il  croit  plaisantes  ne  sont  jamais  méchantes  et  si  l'on  peut 
les  analyser  pour  déterminer  la  nature  de  ses  croyances,  il  n'y 
expose  pas  de  doctrines  philosophiques  proprement  dites. 

L'une  des  idées  qui  y  sont  le  plus  fréquemment  exprimées, 
c'est  que  les  tortures  et  la  mort  n'atteignent  que  le  corps 
(Zénon,  IX,  28)  ;  l'âme  imuiortelle  s'en  va  dans  l'Hadès  (Cran- 
tor,  IV,  27)  ou  vers  les  Immortels  (Anacharsis,  I,  103).  Ail- 
leurs, la  doctrine  est  plus  précise  encore  :  l'âme  rentre  au  sein 

de  Zeus  :  Platon,  III,  45  :  8a',crà|ji£V0c;  Be  yâ[JLOV,  7i6).î.v  7,X'j3^ev  r\y  7:o5' 
sauTw/sxTLo-e  xal  SaTceScp  ZtiVOç  eviSpuo-axo  ;  Thalès,  I,  39  :  yu{jiv!.xôv 
aù  tïot'  avwva  5ew[JLevov,  'HleLe  ZeC»,  /tov  aocpov  avopa  Ba^y^v  -/ip-rcacraç 
éx  (TTaSwu  (suit  une  plaisanterie  de  mauvais  goût)  ;  Xéno- 
phon,  II,  58  :  ou  [aovov  elç  Ilépa-aç  oLvé^'f]  Sevocpwv  St-à  Kûpov,  /  dW 
oiyoàoy  ÇrjTwv  eç  Aw;  TjT'.;  ayot.;  Socrate,  II,  46  :  tzv/s  vuv  Iv  Awç  wv,  w 
SwxpaTeç'  r\  o-e  yàp  ovToaç  / xal  crocpov  sine  Bebq  xal  3'eoç  7\  o-ocptrj. ^upoç 


—  38  — 


yàp  'A^YjVa'iwv  xwve'-ov  aizXisx;  aù  éoé^W /aûxol  B'  £^£7it.ov  toOto  T6(j) 

o-TOfjLaTu  Dans  l'épigramme  d'Anaxarque  (IX,  59),  l'émotion 
parait  sincère;  Diogène  menace  le  bourreau  de  la  vengeance 

divine  :  TiTia-a-STe,  Nuoxpewv,  £Tt,  xal  {jiàXa*  ^ùXaxoç  éa-xt.*  /  TiT^do-eT' * 
'Avâçap'/^oç  û'  £v  Aw;  è<JTi  TràXat..  /  xal  a£  Sî.aŒTEiXaaa  Yvàcpoiç  dXiyov 

Taoc  XÉçE'./^iTijjLaTa  <i>£po'£cp6vYi *  "Epp£,  jjLuX(i)5p£  xax£.  D'autres  fois, 
apparaît  une  doctrine  plus  particulière,  celle  du  retour  de  l'âme 
vers  les  astres  :  Solon,  I,  63  :  ^^uy^r^y  8'  aiov£ç  eù^ùç  èç  oupavov 
riyayov  "  eù  yàp/59ix£  v6[jlouç  ol(jtoÏç  ay^BeoL  xQUcpoTaxa  (encore  le  calem  - 
bour!) ;  Polémon,  IV,  20  :  où  (jiàXXov  HoXÉfjLWva,  to  a-w[JLa  Sé  '  toÛto 
yàp  a'JTo;  [Baivwv  £ç  aa-Tpa  oLàêopov  5tiX£V  ya.[xal.  Ici,  à  n'en  pas  dou- 
ter, nous  rencontrons  une  croyance  pythagoricienne.  La  doc- 
trine d'une  sanction  divine  apparaît  dans  un  grand  nombre 
d'épigrammes  :  on  l'a  déjà  vue  dans  celles  de  Solon,  Socrate, 
Anaxarque,  etc.  Ajoutons  celle  de  Crantor,  IV,  27  :  xjxl  crû  {Jikv 
ixclBi  yoiipsiç.  La  foi  dans  la  divinité  s'exprime  dans  d'autres 
épigrammes  encore.  A  ce  point  de  vue,  la  petite  pièce  de  vers 
consacrée  à  Bion  me  paraît  plus  caractéristique  qu'aucune  autre  : 
le  poète  (!)  y  proclame  sa  foi  en  un  idéal  religieux  très  pur  et 
le  vers  s'élève  presque  au  ton  du  sermon  :  (IV,  57)  [jLwpoç  o'oç 
Ti^'clÉv  TLvoç  |jLt.a-5oL>  TO  ^'ELOv  sivaijbii;  Twv  Bei^y  ovtwy.  oxav  Biwv 
Bélr^  vo{jiÇ£!.v.  Ailleurs,  Diogène  prêche  la  résignation  à  la  volonté 
divine  (I,  97,  Périandre)  :  [jlti  tïot£  XjTr/ia-ri  <je  to  ix'r\  ce  Tuyely 

Tt.vo;  •  àAAà  jiiaTzzo  Tiao-Lv  ojjlwç  olat.  Siowa-t.  Btôq.   Son  attitude  à 

l'égard  du  suicide  est  aussi  intéressante  :  II,  144  (sur  Méné- 
dème,  qui  s'est  suicidé)  :  xoct'  epyov  è'peça;  'Ep£Tpt.x6v,  àX)/  ôp-wç 
avav6pov7à^^7'//i  yàp  riyEjjLwv  £TU£!.y£  cj-£.  Ce  sont  les  mêmes  croyances 
qu'on  rencontre  dans  les  épigrammes  consacrées  à  Platon.  Il  est 
vrai  que  les  idées  en  sont  empruntées  à  la  biographie,  mais  le 
fait  que  Diogène  les  a  choisies  parmi  tant  d'autres  indique  assez 
ses  préférences  et  ses  propres  convictions  :  III,  45  :  xal  tîwç  d 

|jiY)  ^^I^oLjjo;  àv'  'EXXâoa  cpu(T£  IlXaTcova,  j '^uyccc,  àv.^pwTrwv  ypàp  [Jiaa-'.v 

7^x£G-aTo;  Ajoutons  que  les  épigrammes  de  Platon  et  de  ses  dis- 
ciples ne  contiennent  pas  les  railleries  ordinaires.  Par  contre, 
Diogène  paraît  éprouver  une  certaine  répulsion  à  l'égard  des 


propliètes  et  des  eharlalans  relii;ieiix,  eoiiiine  (mi  léinoi^iKiiiL  les 
épigrainiiies  consacrées  à  Einpédocle  et  à  Pythagore. 

Je  le  répète,  on  aurait  tort  d'exagérer  la  sigiiilication  de  ces 
petites  pièces  de  vers;  niais,  si  l'on  peut  découvrir  (piehpie  part 
le  vrai  Diogène,  c'est  bien  là,  et  le  lait  (jue  les  niènuis  docti'ines 
y  reparaissent  constannnent  ne  [)eiit  être  attribué  au  hasard. 
Diogène  ne  paraît  pas  être  un  sceptique  :  ses  croyances  reli- 
gieuses et  philosophiques  ne  s'accommoderaient  pas  d'une  doc- 
trine sceptique.  Ses  tendances  idéalistes,  sa  foi  en  la  divinité, 
sa  conception  de  l'autre  vie,  ses  préférences  pour  Platon  le  rat- 
tachent au  mouvement  de  la  renaissance  des  idées  platoniciennes 
et  pythagoriciennes.  De  là  à  en  faire  l'adepte  d'une  secte  plato- 
nicienne, il  y  a  loin.  On  ne  peut  le  regarder  comme  un  militant 
ni  même  comme  un  partisan  avoué  de  tel  système  philoso- 
phique. Il  décrit  quelques  sectes  avec  plus  de  sympathie,  mais 
toutes  avec  intérêt,  nulle  dans  un  esprit  d'hostilité.  C'est  la 
meilleure  des  preuves  qu'il,  ne  se  rattache  à  aucune  d'elles  par 
des  racines  profondes. 

Diogène  pourrait  bien  n'avoir  été  qu'un  homme  du  monde 
que  l'histoire  des  philosophes  intéressait  surtout  pour  le  point 
de  vue  anecdotique.  Ainsi  s'expliqueraient  le  mode  de  composi- 
tion de  l'ouvrage,  qui  n'a  rien  de  la  rigueur  scientifique  ;  l'ardeur 
qu'il  apporte  à  défendre  la  philosophie  la  plus  souriante,  l'épi- 
curisme;  l'intérêt  spécial  qu'il  porte  à  celle  qui  était  revenue  à 
la  mode,  le  platonisme  ;  enfin,  cette  curieuse  tentative  d'égayer 
un  sujet  trop  grave  par  des  épigrammes  où  la  mort  des  philo- 
sophes sert  souvent  de  thème  à  des  calembours  ou  à  des  plai- 
santeries de  mauvais  goût.  C'est  pour  la  même  raison,  à  mon 
avis,  que  l'exposé  des  doctrines  sceptiques  a  reçu  un  développe- 
ment particulier.  Diogène  semble  avoir  trouvé  un  plaisir  d'ama- 
teur à  jongler  avec  les  paradoxes  des  Sceptiques  et  n'avoir  pu 
résister  au  désir  vaniteux  de  montrer  que  les  négations  les  plus 
inouïes  lui  étaient  familières.  Ainsi  m'expliquerais-je  aussi,  par 
son  éducation  et  la  modération  naturelle  à  son  état,  son  mépris 
des  prophètes  et  des  réformateurs  religieux  (Pythagore  et 


—  40  — 


Empédocle)  et  son  aversion  pour  les  cagots,  hypocrites  calom- 
niateurs d'Epicure. 

B.  —  Méthodes  de  travail, 
a)  Choix  des  sources. 

Les  sources  de  Diogène,  directes  ou  indirectes,  sont  de  nature 
très  diverse.  D'une  façon  générale,  on  peut  les  classer  en  deux 
grandes  catégories  :  les  sources  d'origine  savante  ou  érudite, 
qui  étudient  et  rapportent  les  faits  à  un  point  de  vue  purement 
historique,  et  les  sources  qui  s'inspirent  d'un  point  de  vue  sub- 
jectif, étranger  à  l'histoire,  dépendant  de  la  polémique  ou  de  la 
propagande  de  chaque  Ecole.  Naturellement,  dans  Texamen  de 
beaucoup  de  cas,  cette  distinction  paraîtra  trop  radicale,  parce 
qu'il  existe  entre  ces  deux  courants  de  littérature  une  sorte  de 
chassé-croisé  d'influences  qu'il  est  parfois  assez  difficile  de  déter- 
miner. N'importe;  en  principe,  pour  qui  remonte  à  l'origine  de 
la  Biographie,  cette  distinction  a  une  réelle  valeur,  parce  qu'elle 
fournit  un  critérium  important  pour  établir  la  valeur  des  notices. 

Les  sources  savantes  de  Diogène  se  répartissent  en  trois 
classes  :  tout  d'abord  la  littérature  proprement  dite,  qui  a  été 
souvent  étudiée  et  paraît  maintenant  bien  connue.  On  y  distingue 
les  livres  sur  les  At.aooya{  (Successions  d'Ecole),  de  ceux 
qui  traitent  des  Alpiaet,?  (Sectes)  :  leur  tâche  commune  est  de 
reconstituer  la  tradition  des  Ecoles  et  de  rattacher  les  systèmes 
philosophiques  les  uns  aux  autres,  soit  en  recherchant  les 
influences  de  doctrines,  soit  en  établissant  des  rapports  entre  les 
philosophes.  La  biographie  et  la  doxographie,  qui  sont  mêlées 
dans  ces  livres,  sont  nettement  distinguées  dans  d'autres  traités, 
spécialement  consacrés  soit  à  la  vie  des  philosophes  soit  à  l'étude 
de  leurs  doctrines.  Les  études  doxographiques  les  plus  célèbres 
sont  celles  de  Théophraste.  La  partie  chronologique  avait  été 
traitée  dans  des  ouvrages  spéciaux,  les  Chroniques,  dont  les 
manuels  les  plus  célèbres,  ceux  d'Apollodore  et  d'Ératosthène, 


—  il  — 


lurent  utilisés  dans  l'd'uvre  dv,  Diof^'cne.  Une  des  luhricjues  les 
plus  orilinaires  dans  les  Biofjrapliics  est  i'oiinée  j)ar  les  listes 
d'Homonymes.  Plusieurs  [)hi!ologues  avaient  eonsaeré  aux 
Homonymes  littéraires  des  études  spéciales  consignées  dans  des 
Catalogues  d'Homonymes,  riches  en  renseignements  hihliogra- 
pliiques  et  biograpliiques.  L'une  des  sources  ()rérérées  de 
Diogène  en  cette  matière  est  l'œuvre  de  Démétrins  de  Magnésie. 
Des  monographies  traitaient  des  découvertes  (sOpr^/aTa)  de  l'indus- 
trie, de  la  science  et,  en  général,  de  la  civilisation  (^)  :  notre 
auteur  y  a  Iréquemuient  puisé.  Les  listes  d'ouvrages  de  tel  ou  tel 
philosophe,  quelquefois  très  longues,  qu'on  trouve  dans  Diogène, 
sont  d'ordinaire  eu)pruntées,  en  dernière  analyse,  à  des  travaux 
bibliographiques  spéciaux,  tels  les  UivoLxeç  de  Callimaque.  Citons, 
pour  finir,  des  traités  généraux  dans  le  genre  des  Encyclopédies 
et  des  Mélanges  littéraires  et  historiques,  intitulés  ^7U|j.7:ocr'.axà, 

U7ro|JLVTi[jLOV8'jpLaTa,  TravTOoaTïYi  la-Topia,  dont  les  histoires  plliloso- 
phiques  n'ont  pas  dédaigné  de  tirer  profit,  à  l'occasion. 

Une  autre  source  d'information  de  Diogène  est  constituée  par 
les  documents  originaux  qu'il  reproduit  ou  dont  il  cite  des 
extraits.  Parmi  eux,  mentionnons  la  correspondance  des  philo- 
sophes ou  des  hommes  politiques,  dont  la  plus  grande  partie 
est  apocryphe,  les  Lettres  des  Sept  Sages,  par  exemple;  les 
Testaments  des  philosophes,  particulièrement  ceux  des  chefs  de 
TEcole  péripatéticienne;  les  œuvres  mêmes  des  philosophes, 
dont  un  petit  nombre  sont  compulsées  par  Diogène  lui-même. 
Ajoutons  des  documents  historiques, des  décrets  publics  (YII,  10, 
etc.),  des  actes  d'accusation  (II,  40,  etc.).  Une  autre  série  de 
documents  dont  l'origine  et  la  valeur  n'ont  jamais  été  étudiées, 
est  formée  par  les  monuments  figurés.  Diogène  aime,  soit  qu'il 
tienne  cette  habitude  de  ses  devanciers,  soit  qu'elle  corresponde 
à  des  goûts  personnels,  à  s'en  rapporter  au  témoignage  des 
monuments  :  statues,  tombeaux,  inscriptions,  reliques,  monu- 


(1)  Cf.  Kremmer,  De  Catalogis  Heurematum,  et  Oxyrh.  Papyri,  t.  X,  n»  1241,  p  99. 


—  4-2  — 


ments  publics  auxquels  s'est  attaché  le  souvenir  des  philosophes, 
imagerie  populaire  (I,  G2;  I,  lOi;  VIII,  72,  etc.). 

Les  sources  qui  ne  sont  pas  d'origine  savante  se  subdivisent 
à  leur  tour  en  plusieurs  catégories.  Quand  on  fait  Thistoire 
d'une  École  ou  d'une  Secte  philosophiques,  il  est  bon  de  recher- 
cher les  traces  d'influence  des  ouvrages  de  propagande  publiés 
par  l'Ecole  elle-même.  11  en  est,  parmi  eux,  qui  ne  cachent  pas 
leur  but  et  leur  origine;  d'autres,  au  contraire,  furent  publiés 
sous  le  voile  de  l'anonymat  et  il  n'est  pas  aisé  de  déterminer 
leur  influence  plus  secrète.  Cette  littérature,  élaborée  dans  le 
sein  (les  Ecoles,  fut  extrêmement  florissante.  On  peut  appeler 
considérable  son  influence,  directe  et  indirecte,  sur  l'ouvrage  de 
Diogène,  non  seulement  au  point  de  vue  doxographique,  mais 
aussi  dans  la  partie  biographique.  Dans  beaucoup  de  Vies, 
les  traces  de  cette  influence  ne  se  démêlent  plus  nettement  ;  mais 
elles  sont  très  sensibles  encore  dans  Vie  de  Pythagore  et  surtout 
dans  celle  d'Epicure  ;  ici,  parce  que  Diogène  lui-même,  pour 
une  bonne  part,  a  utilisé  ces  sources  et  qu'il  n'en  a  pas  caché 
la  nature.  On  peut  encore  en  reconnaître  la  présence  là  où 
l'auteur  détend,  contre  les  attaques  de  ses  ennemis,  le  caractère, 
les  mœurs,  les  idées  d'un  philosophe.  La  tradition  sectaire  nous 
a  apporté  bien  des  notices  biographiques,  souvent  légendaires, 
un  grand  nombre  d'anecdotes  et  la  plupart  des  récits  miracu- 
leux et  édifiants  (Pythagore,  Empédocle,  Epiménide,  Phérécyde, 
Platon,  etc.).  Cette  littérature  peut  revêtir  une  autre  forme 
encore,  celle  d'œuvres  de  polémique,  et,  alors,  c'est  dans  les 
biographies  des  philosophes  de  l'Ecole  ennemie  qu'on  en 
découvre  les  traces.  Elle  comprend  des  débats  scholastiques, 
des  pamphlets  contre  la  vie  privée  des  adversaires  et,  en  généial, 
tous  les  écrits  inspirés  par  une  passion  quelconque,  philoso- 
phique, religieuse  ou  politique.  La  littérature  antipythagori- 
cienne, par  exemple,  paraît  tirer  son  origine  de  luttes  politiques; 
plus  tard,  elle  se  compliqua  et  s'amplifia,  à  la  suite  de  querelles 
religieuses.  La  haine  pieuse  et  sournoise  des  Cyniques  et  des 
Stoïciens  à  l'égard  des  Epicuriens  et  les  répliques  de  ces  der- 


—  48  — 


niers  ont  donné  naissance  à  une  iniporlanle  lillératurc^  dont 
Diogène  s'est  souvent  inspiré.  C'est  à  ces  ai'dentes  polémiques, 
qui  sévirent  de  tout  teni|>s  dans  les  Ecol(;s  philosophiques, 
qu'il  faut  rapporter  la  publication  d'une  foule  de  Taux  littéraires, 
destinés,  les  uns,  à  déshonorer  un  adversaiie  en  faisant  courir 
sous  son  nom  des  ouvrages  scandaleux  (lettres  d'Kjiicure,  X,  3, 
le  fjLU(7T!.xo<;  Xôyoç  d'Hippase,  Vlll,  7),  les  autres,  à  riposter  et  à  le 
défendre  contre  ces  attaques  (les  KoTULoeç  pythagoriciens, 
VIII,  8)  ('). 

Enfin,  dans  la  littérature  qui  ne  s'inspire  pas  d'un  point  de 
vue  historique,  il  faut  ranger  encore  les  œuvres  d'imagination. 
Beaucoup  de  renseignements  sont  puisés  dans  les  poètes,  surtout 
dans  les  Comiques  et  dans  les  Sillographes  (Timon).  Les 
romans  merveilleux  d'Héraclide  Pontique,  les  contes  amusants 
d'Hermippe  sur  la  mort  des  philosophes,  le  livre  aux  révélations 
scandaleuses  ' ApUziTZT.oç,  i]  nepl  TiaXaiaç  xpucpTÎç,  sorte  d'histoire 
du  libertinage,  et  les  Recueils  innombrables  d'apophtegmes, 
bons  mots,  calembours,  pointes  d'humour,  etc.,  prêtés  aux 
philosophes,  rentrent  dans  cette  catégorie  de  sources,  auxquelles 
Diogène  et  ses  devanciers  ont  largement  puisé. 

b)  L'esprit  critique. 

La  critique  de  Diogène  —  si  l'on  peut  employer  ce  mot  à 
propos  d'un  ouvrage  dont  la  seule  prétention  est  d'instruire,  en 
les  amusant,  les  gens  du  monde  —  est  entachée  de  défauts  si 
nombreux  et  si  graves  qu'on  a  pu  croire,  quelquefois,  que  son 
œuvre  était  impersonnelle,  c'est-à-dire  que  tout  le  travail  de 
l'auteur  avait  consisté  à  dépouiller  des  sources  et  à  accoler  des 
notices.  Cependant,  ces  défauts  sont  plus  ou  moins  inhérents  à 
la  critique  alexandrine  et  surtout  à  l'érudition  de  l'époque 
impériale,  dont  nous  n'avons  guère  conservé  que  des  compi- 


(')  DiELS,  Ein  gefàlschtes  Pythagorasbuch,  dans  VArchiv  fur  Gesch.  der  PhiL,  III, 
p.  454  et  suiv. 


—  u  — 


lations.  Ainsi,  les  Stromates  de  Clément  d'Alexandrie  ne 
diffèrent  des  Vies  de  Diogène  qu'en  ce  que  cette  œuvre  a  été 
écrite  dans  un  but  d'apologétique  et  qu'elle  est  comme  animée 
d'une  passion  religieuse.  Ces  défauts,  communs  à  l'époque  et  à 
la  tradition,  se  trouvent  aggravés  chez  Diogène  du  fait  que, 
homme  du  monde  écrivant  pour  des  gens  du  monde,  il  aimait 
moins  les  arides  discussions  portant  sur  des  points  de  chrono- 
logie ou  d'histoire,  que  les  anecdotes  amusantes  ou  les  portraits 
intéressants. 

Il  est  difficile  de  porter  un  jugement  général  sur  la  valeur  du 
choix  que  Diogène  a  fait  parmi  les  sources  :  c'est  affaire  d'exa- 
men particulier  pour  chaque  Biographie.  Mais  on  peut  étudier 
ses  procédés  d'exposition.  La  plupart  du  temps  il  se  contente 
de  citer,  sous  chaque  rubrique  biographique,  les  avis  divergents 
de  ses  devanciers.  Très  souvent  les  citations  et  les  variantes 
sont  juxtaposées,  sans  que  Diogène  tâche  de  tirer,  de  leur 
accord  ou  de  leur  contradiction,  une  conclusion  quelconque. 
Il  discute  rarement  la  valeur  des  témoignages,  à  moins  que 
cette  discussion  ne  soit  déjà  contenue  dans  ses  sources,  comme 
c'est  le  cas  pour  le  long  chapitre  sur  la  mort  d'Empédocle  et  le 
développement  qui  concerne  les  maîtres  de  Démocrite.  Diogène 
copie  fréquemment  un  auteur  sans  le  citer;  et,  par  une  bizarre 
inconséquence,  il  arrive  que  cet  auteur  soit  cité,  au  cours  de  ce 
développement,  à  propos  d'un  détail  minime,  alors  que  tout  le 
passage  lui  est  emprunté,  comme  les  passages  parallèles  per- 
mettent d'en  juger  (YIII,  19,  citation  d'Aristote).  Un  défaut 
plus  grave,  dans  lequel  Diogène  tombe  souvent,  est  de  conta- 
miner, sans  avertir  le  lecteur,  plusieurs  sources  différentes. 
Ailleurs,  le  récit  originel  est  tellement  raccourci  et  si  mal  abrégé 
que  des  points  importants  restent  obscurs  pour  nous  (YIII,  39, 
et  VI1[,  40)  (^).  Si  l'on  examine  les  citations  elles-mêmes,  on 
s'aperçoit  qu'un  certain  nombre  sont  erronées  (Hérodote  dans 


0)  Cf.  supra,  |).  11. 


—  .iri  — 


Vlll,  ^;  IMiilai'([iio  dans  IV,  i),  incoinijlôlos  (Timéc,  dans  Vlll, 
\\  =  Jainl>li([ne,  V.  P.,         ainplilic'es,  obscures. 

La  j)i'(Miv('  (jne,  niali'i'é  Ions  ces  dcl'anls,  la  vij'ilancc  de 
Dio^'one  irslo  toujours  on  éveil,  c'est  (ju'en  clia(|uc  section 
de  l'ouvrage,  on  trouve  des  références  à  d'autr(!s  j)arties,  (|ui  se 
vérilient  la  plupait  du  temps.  Ainsi,  l'autiîur  reniar(jU(;  iVé(jueni- 
uient  les  variantes  d'attribution  d'une  anecdote,  d'un  cliaj)itre  à 
l'autre  (p.  ex.  I,  32  =  I,  Si;  II,  103  =  11,  08;  II,  05  =  111,  30). 
On  peut  toujours  retrouver  les  passages  aux(p]els  font  allusion 
les  mots  xa3à  TrpoeîpT.Ta',  OU  Tiepi  ou  Xé^ofjisv  (I,  30;  I,  32;  II,  57; 

IV,  2i;  V,  08;  VII,  37;  VIII,  21  =  Vlll,  8;  Vlll,  39 
(7ipo£!.pYi{jLévo<;)  =  VIII,  7,  etc.);  en  sorte  qu'on  peut  dire  que 
l'attention  d'un  seul  auteur  a  pénétré  tout  l'ouvrage. 

Les  passages  où  l'esprit  critique  de  Diogène  ose  s'affirmer 
sont  assez  rares.  Nous  avons  signalé  plus  haut  les  discussions 
sur  l'attribution  du  nom  de  secte  à  la  philosophie  sceptique 
(Prologue,  20)  et  à  la  philosophie  cynique  (VI,  103),  ainsi  que 
la  critique  de  ceux  qui  cherchaient  une  origine  barbare  à  la 
philosophie  grecque  (Prologue,  1-3).  Les  polémiques,  assez 
courtes  d'ailleurs,  engagées  sur  les  questions  des  ouvrages  de 
Pythagore  et  des  maîtres  de  Démocrite  (VIII,  0  et  IX,  34-35) 
peuvent  provenir  des  biographes  antérieurs.  Il  est  rare  que 
Diogène  se  permette  de  juger  ses  sources  :  il  en  est  ainsi 
pourtant  au  livre  II,  13i  (TïTaiojcrLvolXÉyovTsç),  VIII,  8  (o'.aTreo-ovTs;), 

V,  0  (o!.a7z![7iTwv),  AiUcurs,  après  avoir  exposé  un  débat,  il 
se  contente  de  donner  raison  à  l'un  ou  à  l'autre  des  contradic- 
teurs :  11,  3-)  :  xal  EŒTLv  ouTwç  'é'/o^r,  VII,  47  :  xal  eUo;  so-T!.,  formule 
assez  fréquente.  11  précise  quelquefois  son  point  de  vue  ou 

justifie  son  choix  :  III,  49  :  où  Xav^avs-.  o'  r^^Làq  on  Tt.v£ç  aXXwç 
8i.acp£p£',v  TO'jç  û',a)v6yo'jç  cpaa-'i  .  .  .  àAA'  £X£rvo',  t^.kv  Tpay!.xwç  fjiàXXov  y\ 
c^Cko<j6^{£>c,  TTîV  û!,acpopàv   Twv  0(.aAGy{î)V  Tripoa-wvôiJiaa-av.    En  un  seul 

endroit  il  a  vraiment  pris  position  dans  la  discussion  et  avec  une 
ardeur  dont  on  ne  l'aurait  pas  cru  capable  :  c'est  quand  il  défend 
Epicure  contre  les  calomnies  de  ses  ennemis  (X,  3  et  suiv.). 
Bref,  ces  traces  d'une  critique  méthodique,  ces  cas  d'une 


—  m  — 


intervention  personnelle  dans  le  débat,  timides  apparitions 
d'une  conscience  Sicientifique,  sont  rares  dans  l'ouvrage  de 
Diogène.  Cependant,  nous  nous  résignerions  peut-être  à  ce  que 
ses  Biographies  n'aient  ni  l'attrait  d'une  passion  directrice,  ni 
l'avantage  d'une  critique  historique  serrée,  si  l'exposé  était  du 
moins  clair  et  complet,  les  citations  exactes  et  entières.  Mais  il 
n'en  est  malheureusement  pas  ainsi. 

c)  Sources  immédiates  de  Diogène. 

Si  l'on  se  reporte  aux  remarques  que  j'ai  faites  au  début  de 
cette  étude  et  à  divers  indices  relevés  dans  la  critique  de  mes 
devanciers,  il  résulte  qu'il  faut  distinguer,  dans  l'œuvre  de 
Diogène,  un  fonds  préexistant,  extrait  par  grandes  masses  de 
compilations  antérieures,  et  des  additions  dues  à  Diogène  lui- 
même.  En  examinant  le  mode  de  citation  des  auteurs  les  plus 
récents  et  la  place  que  ces  autorités  tiennent  dans  les  Biogra- 
phies, il  sera  possible  de  déterminer  une  première  série  de 
notices  qui  formeront  la  contribution  de  Diogène,  car  ce  sont 
les  auteurs  les  plus  récents  que,  selon  toute  vraisemblance,  il  a 
dû  consulter  lui-même. 

Déjà  on  est  généralement  tombé  d'accord  pour  reconnaître 
que  les  citations  de  Favorinus,  de  la  uavToSaTûYi  lorTopia  comme 
des  d7LO|jLVTip.ov£UfjiaTa,  proviennent  de  Diogène.  La  preuve  qu'il 
compulsait  l'œuvre  de  cet  encyclopédiste,  c'est  la  manière  dont 
il  le  cite,  VÏII,    53    (éyw  o'  eupov  év   toÏc,  U7ro[Jiv-ri{jLOV£!j[xaa-5.  ^ol- 

Pwpivoi»),  passage  où  il  oppose  à  l'œuvre  préexistante  une 
addition  personnelle. 

Les  citations  de  Favorinus  sont  très  nombreuses.  Elles  ont  ce 
caractère  commun,  qu'elles  apportent  une  contribution  minime 
à  la  biographie;  en  outre,  elles  font  généralement  l'impression 
d'être  des  additions  à  un  noyau  primitif.  On  peut  les  classer  en 
diverses  catégories. 

1.  Les  courtes  anecdotes  :  III,  37;  IV,  63;  VI,  89. 

2.  Les  notes  rapides  qui,  au  cours  d'un  long  récit,  apportent 


—  47  - 


une  variante  de  détail  :  11,  38;  V,  5;  V,  77;  Yl,  ^2t>  ;  YI,  73; 
IX,  -23;  IX,  lli);  1\,  81). 

3.  Les  additions  qui  eoniplètent  un  ex|)Osé  piovenant  de 
sources  plus  anciennes  :  III,  11);  lY,  54;  Vlll,  15;  Ylll,  53; 
YllI,  73.  Quehiuefbis,  ces  notes  sont  introduites  à  une  place 
qui  ne  leur  convient  guère,  connue  dans  Ylll,  15;  toujours  la 
formule  qui  les  introduit  et  leur  rapport  avec  le  contexte 
indiquent  une  addition. 

4.  Diogène  cite  encore  cet  auteur  quand  il  n  reuiarqué  que 
son  témoignage  corrobore  celui  de  sources  plus  anciennes  :  111, 
48;  Y,  41  ;  Ylll,  47;  Ylll,  63.  Il  semble  qu'il  ait  institué  une 
sorte  de  collation  du  fonds  préexistant  sur  les  ouvrages  de  Favo- 
ri nus. 

5.  Ailleurs  on  rencontre,  à  la  suite  Tune  de  Tautre,  plusieurs 
citations  de  cet  auteur,  quoiqu'elles  ne  se  rapportent  pas  au 
même  sujet  :  Y,  76. 

6.  Diogène  aime  à  invo({uer  son  témoignage  à  propos  des 
euprifjLaTa ;  ces  notices  sont  d'ordinaire  tirées  de  V Encyclopédie 
(uavTo8.  i<7zopia)  :  II,  1  ;  II,  11  ;  II,  20;  III,  -24;  Ylll,  12;  YIII, 
48;  YIII,  83;  IX,  23;  IX,  29. 

7.  Certains  extraits  sont  rejetés  à  la  fin  de  la  Biographie,  à 
l'endroit  où  Diogène,  se  libérant  du  plan  primitif,  ajoute,  à  côté 
de  ses  épigrammes  et  des  documents  nouveaux  qu'il  apporte, 
une  foule  de  notices  qui  se  rapportent  aux  sujets  les  plus  divers  : 
III,  40;  m,  63;  lY,  5;  YIII,  48;  VIII,  90;  IX,  20;  IX,  23. 

On  peut  s'inspirer  des  indices  relevés  dans  le  cas  de  Favo- 
rinus  pour  rechercher  la  provenance  des  citations  d'autres  écri- 
vains assez  récents.  La  plupart  des  citations  d'Alexandre  Poly- 
histor  me  paraissent  devoir  être  considérées  comme  un  apport 
de  Diogène.  Elles  se  présentent,  en  effet,  sous  l'aspect  : 

a)  d'additions  :  II,  10;  II,  106;  III,  4.  Le  cas  le  plus  curieux 
est  l'extrait  qui  figure  dans  la  Vie  de  Pythagore.  Il  s'étend  du 
§  25  au  §  33;  il  est  suivi  d'extraits  d'Aristote  34-35)  et  ces 
deux  citations  se  terminent  par  une  formule  de  clôture  qui  n'est 
qu'un  double  de  la  phrase  initiale.  De  cette  particularité,  on 


—  48  — 


peut  déduire  que  les  extraits  doxograpliiques  d'Alexandre  sont 
d'introduction  tardive.  Dans  l'hypothèse  contraire,  d'ailleurs, 
ils  an  l'aient  trouvé  place  dans  la  section  réservée  aux  Écrits  de 
Pythagore  et  aux  fragments  qui  en  sont  extraits  6-10). 
Quant  à  la  citation  d'Aristote,  il  est  possible  qu'elle  ait  appar- 
tenu au  premier  fonds.  Diogène  remarque  que  le  sujet  en  est 
analogue  à  celui  des  extraits  d'Alexandre  (xal  sxeivwv  eyofjiEva  ô 
'Ap!.c7T0T£Ar.;)  :  c'est  la  raison  pour  laquelle  il  a  inséré  ces  frag- 
ments à  côté  de  ceux  d'Aristote  (^).  Une  conclusion  semblable 
s'impose,  avec  plus  de  nécessité  encore,  pour  la  notice  de  III, 
5,  qui  arrive  avant  son  heure  (^7). 

b)  De  simples  variantes  :  IV,  02;  VU,  179. 

Apollonidès  de  Nicée,  ô  Tiap'  t,|jlwv  (ïX,  109),  formule  qui 
s'accommode  de  nombre  d'interprétations,  comme  :  notre  con- 
temporain; notre  compatriote;  partisan  de  notre  secte,  etc. 
(cf.  pp.  22  et  3o,  n.  2). 

Démétrius  de  Magnésie.  Les  formules  d'introduction  des  cita- 
tions, leur  rapport  avec  le  contexte  et  la  place  qui  leur  est 
réservée  semblent  prouver  que  les  Homonymes  avaient  déjà 
été  utilisés  par  les  devanciers  de  Diogène. 

Denys  d'Halicarnasse  :  I,  38  (ev  Rpt-Tixo^)  et  VIII,  47  :  simples 
additions  aux  listes  des  Homonymes  ;  X,  4,  dans  l'exposé  des 
polémiques  des  Epicuriens  et  des  Stoïciens,  lequel,  nous  l'avons 
vu,  provient  de  Diogène. 

Dioscoride  :  I,  63.  On  ne  peut  dire  quel  est  ce  Dioscoride  ni 
à  qui  remonte  cette  citation. 

Dioclès.  D'après  les  citations  suivantes  :  X,  il  (défense  d'Epi- 
cure),  X,  12;  YI,  12  (addition  à  des  od^ai.  de  Diogène);  IX,  61 
(addition  postérieure  :  xaOà  xai)  et  surtout  VII,  48  ;  xal  Cva  xal  xaTà 

lJ.ipoq  ei7Z(jV^j.sy  xal  Ta  aTzsp  aÙTwv  elç  tt,v  el'77.y(x)yiy,'r\y  T£LV£'.  léyyriy,  xal 

auTa  £7rl  AicEwç  -zi^r^^i  ùnoxlriç  xta.,  les  ouvrages  de  Dioclès 
paraissent  avoir  été  compulsés  par  Diogène  lui-même  (^). 


(1)  Cf.  ScHWARTZ,  loc.  cit.,  col.  747  et  760. 

(2)  Idem,  loc.  cit.,  col.  744  et  749. 


—  \{)  — 


Kiil)iili(i(\  l^jiiiiu'liis  cl  Jiisliis  (  rilxM'iciisis)  ii'oiil.  îi|)|)orl(*  aux 
biographies,  par  riiiterinédiaire  de  Diogène,  que  des  variantes 
i\c  (lélail  (II,  /r2  et  VI,  20;  V,  10;  II,  41).  La  part  de  Myro- 
nianus  se  ramène  à  des  additions  sans  grande  ini[)()rtanee  (X,  3 
[=  de  Diogène];  I,  115;  III,  41  ;  IV,  8;  IV,  14;  V,  :](>)  Il 
en  e^  de  même  des  notes  tiiées  de  Pamphila  :  ce  sont  de  courts 
récits  anecdotiques  et  quelques  variantes (^).  Les  notices  emprun- 
tées à  Plutarque  proviennent  aussi  de  Diogène,  d'après 
Schwartz  ('^)  ;  en  effet,  IV,  4  et  IX,  60  portent  le  cachet  des 
additions  postérieures  :  ce  sont  de  simples  variantes.  Sabinus 
(^III,  47)  et  Philodème  (X,  3  et  X,  24)  figurent  aussi  parmi  les 
autorités  de  Diogène.  Enfin,  une  note  additionnelle  d'Ist.ros 
(II,  59),  jointe  d'ailleurs  à  une  formule  qui  est  un  signe  certain 
d'addition  de  Diogène  (eupov),  doit  avoir  la  même  origine. 

Il  convient  d'ajouter  à  cette  liste  les  noms  des  écrivains  scep- 
tiques utilisés  par  Diogène  lui-même  au  IX""  livre  :  leur  époque 
très  récente  met  ce  point  hors  de  doute.  Ce  sont  :  Théodose, 
Zeuxis,  Antiochus,  Ménodote,  Sextus  Empiricus,  Agrippa  et 
Apelle.  Il  n'y  a  pas  de  raison  de  séparer  de  ces  citations  celles 
d'Enésidème,  qui  sont  intimement  mêlées  à  l'exposé  des  doc- 
trines sceptiques,  tiré  de  Favorinus  et  de  Sextus,  au  livre  IX,' 
^  87  et  suivants. 

L'ensemble  de  ces  extraits  forme  une  première  masse  de 
notices  qu'on  peut  attribuer  à  Diogène.  Les  études  qui  vont 
suivre  permettront  de  l'amplifier  encore  et  de  représenter  la 
contribution  qu'il  a  apportée  à  l'œuvre  de  la  tradition  alexan- 
drine  comme  fort  importante. 


(1)  Schwartz,  Ibid.,  col.  742. 

(2)  Ibid.,  col.  743. 
(•')  Jbid.,  col.  742. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


4 


—  50  — 


4.   Plan  de  l'œuvre. 
a)  Dans  le  Prologue. 

On  a  souvent  remarqué  les  différences  qui  séparent  l'ordre 
d'étude  des  philosophes  établi  dans  le  Prologue,  de  celui  qui  est 
adopté  dans  le  corps  de  l'ouvrage.  On  a  voulu  voir  dans  ce 
remaniement  du  plan  l'indice  de  l'utilisation  de  sources  diffé- 
rentes, ce  qui  paraît  assez  juste  en  principe.  On  relève  d'ailleurs, 
dans  le  Prologue  lui-même,  des  traces  de  rédactions  successives, 
mais  il  est  malaisé  d'en  délimiter  les  contours  avec  exactitude. 
H.  Schmidt,  qui  s'y  est  essayé  (^),  a  cru  y  découvrir  un  fonds 
primitif,  provenant  d'un  écrivain  de  la  secte  académique,  modifié 
d'abord  par  un  sceptique,  ensuite  par  Diogène.  Nous,  qui 
admettons  que  l'exposé  des  doctrines  sceptiques  du  IX^  livre 
provient  de  Diogène,  nous  pouvons  faire  bon  marché  de  l'inter- 
médiaire sceptique.  Voyons  donc  en  quoi  consiste  le  remanie- 
ment du  Prologue  et  si  on  peut  l'attribuer  à  Diogène. 

Dans  le  chapitre  des  origines  de  la  philosophie,  qui  se 
termine  au  11  par  xal  xà  fjiev  uspî.  tt,?  eupea-ew;  (55e  £^£t.,  l'auteur 
commence  par  rencontrer  la  théorie  de  ceux  qui  attribuent  aux 
étrangers  l'invention  de  la  philosophie.  Il  leur  oppose  deux 
objections  :  a)  la  civilisation,  entendue  d'une  façon  générale, 
est  d'origine  grecque  :  les  doctrines  des  anciens  poètes.  Musée 
et  Linus,  le  prouvent;  le  nom  même  de  p/iilosop/ie  est  grec; 
b)  Orphée  de  Thrace,  l'un  de  ces  prétendus  philosophes  barbares, 
est  indigne  du  nom  de  philosophe,  car  il  a  attribué  aux  dieux 
les  pires  turpitudes.  Cependant,  Diogène  continue  en  exposant 
longuement  les  doctrines  philosophiques  qu'on  attribue  aux 
étrangers  (6-11)  et,  cette  fois,  il  n'objecte  plus  rien  aux  préten- 
tions de  ceux  qui  en  font  dériver,  par  évolution  naturelle,  la 


(V)  Stvdia  Laertiana,  pp.  i;)-30. 


|)liiloso[)lne  f^reciiiio.  Il  scinhlc  donc  nous  ayons  allaire  ici 
à  deux  couches  bien  distinctes,  dont  la  seconde  n'a  pu  recouvrir 
et  masquer  complètement  la  première.  Le  remaniement  et  la 
criti(|ue  sont  de  Diogène  (êy^). 

Deux  couches  semblables  se  retrouvent  encore  dans  la  descrip- 
tion des  Sectes.  L'énumération  des  dix  sectes  de  la  philosophie 
morale  ne  mentionne  pas  la  secte  sceptique.  Ce  n'est  qu'après 
avoir  cité  une  classification  difï'érente  des  dix  sectes,  extraite 
d'Hippobotos,  qui  la  laisse  aussi  de  côté,  que  Diogène  remarque 
cette  lacune.  11  estime  que  la  philosophie  sceptique  constitue 
une  secte  et  il  défend  son  point  de  vue.  On  peut  croire,  en 
considérant  la  contribution  considérable  apportée  par  Diogène 
au  IX*"  livre,  sur  les  Sceptiques,  que  cette  critique  et  cette  addi- 
tion proviennent  d'un  remaniement  de  Diogène.  Il  est  visible 
également  que  la  mention  de  la  secte  éclectique  et  de  Potamon, 
qui  suit  immédiatement,  est  aussi  une  addition  postérieure. 

On  se  demande  pourquoi  H.  Schmidt  attribue  à  un  écrivain 
sceptique  le  §  12,  qui  traite  de  l'origine  du  mot  p/iilosophie,  et 
les  §§  16-17,  où  l'auteur  établit  une  classification  des  noms 
divers  qu'ont  pris  les  Ecoles  (^)  ;  pourquoi  il  reconnaît  une 
addition  de  Diogène  dans  le  §  13,  où  l'auteur  fait  parmi  les 
noms  des  Sept  Sages  un  choix  qui  est  conservé  dans  le  livre. 

b)  Dans  le  corps  de  l'ouvrage. 

Les  divergences  entre  le  plan  proposé  dans  les  listes  des 
^icSojjxi  et  des  Sectes  du  Prologue  et  le  plan  adopté  dans 
l'ouvrage  sont  assez  importantes.  Dans  la  «  Succession  »  de  la 
philosophie  ionienne,  la  tradition  de  l'Ecole  péripatéticienne 
s'arrête  à  ïhéophraste;  au  livre  V,  au  contraire  (58  et  65),  elle 
se  continue  par  les  noms  et  les  biographies  de  Straton  et 


(*)  Mêmes  classifications  dans  Ps.  Galien,  Hist.  phil.,  3,  et  Ammonius,  In  Cnteg, 
Aristot.,  p.  1,  12. 


—  52  — 


Lycon;  on  y  a  même  ajouté,  sans  les  rallacher  d'ailleurs  à 
la  8ta8oy75,  les  Vies  de  deux  autres  péripatéticiens,  Démétrius 
et  Héraclide. 

En  ce  qui  concerne  la  «  Succession  )>  italique,  l'écart  est  plus 
considérable  encore.  D'abord,  la  construction  étonnante  par 
laquelle  on  rattachait,  dans  le  Prologue,  Xénophane  à  Pythagore 
par  l'intermédiaire  de  Télaugès,  ne  reparaît  plus  dans  les  Vies. 
Xénophane  a  repris  son  indépendance,  comme  dans  toutes  les 
listes  de  8La8o^a(  des  autres  historiens  de  la  philosophie  (^).  Par- 
ménide,  qui,  dans  l'Introduction,  succède  à  Xénophane,  fut, 
d'après  les  Vies,  son  élève,  mais  non  son  successeur  (IX,  21). 
Empédocle,  dont  il  n'était  pas  question  dans  l'Introduction,  a 
repris  la  place  qui  lui  revient  d'après  d'autres  auteurs  (^)  ;  il  est 
rattaché  à  l'Ecole  pythagoricienne  par  l'intermédiaire  de  Télaugès. 
L'auteur  du  Prologue  ignore  la  plupart  des  Pythagoriciens  :  les 
Vies  leur  ont  consacré  quelques  biographies,  sans  établir  de 
8(.aooy-/i,  d'ailleurs.  Le  Prologue  ignore  la  secte  sceptique  et  Pro- 
tagoras,  Diogène  d'Apollonie,  Anaxarque,  etc.,  qui  la  préparent. 
Par  contre,  il  rattache  Epicure  à  Démocrite  par  l'intermédiaire  de 
Nausiphanès  et  Nausicydès.  Dans  les  Biographies,  il  n'est  plus 
question  de  Nausicydès;  quant  à  Nausiphanès,  il  passe  seule- 
ment pour  le  maître  d'Epicnre  (IX,  69  et  X,  13)  et  on  le 
rattache,  non  à  Démocrite,  mais  à  Pyrrhon,  que  le  Prologue  ne 
cite  pas.  Protagoras  et  Anaxarque,  dont  les  Vies  font  des  élèves 
de  Démocrite  (^),  ne  paraissent  pas  dans  le  Prologue. 

Les  perturbations  qu'on  remarque  dans  l'étude  des  sectes  dites 
morales  sont  aussi  importantes  et  l'origine  m'en  paraît  assez 
claire.  Parmi  les  dix  sectes  que  le  Prologue  fait  dériver  de 
Socrate,  il  en  est  une,  la  secte  dialectique,  fondée  par  Clito- 


(1)  Cf.  ce[)endant  S*  Augustin,  Deciv.  Dei,  VIII,  2. 

(2)  KusÈBE,  Praep.  ev.,  X,  14,  14;  Suidas,  s.  v.  'EixTzeooylric;  et  s.  v.  TfiXauyriç; 
AiJSENius,  Violet.,  p.  310  (lequel  cite  à  tort  Flavius  Josèphe;  le  texte  est  emprunté 
à  Eusèbe). 

(3)  Comme  dans  Ci>ément,  Strom.,  I.  14,  63.  Cf.  Ps.  Galien,  Uist.  phiL,  2. 


nuKjue,  (jui  a  peidii  dans  les  Vies  sa  valeur  de  secte  :  Clitoiiiacpie 
y  est  traité  eoiiiine  le  successeur  de  Cariiéade.  Or,  dans  la  liste 
des  sectes  qui  provient  d'IIippobotos  et  que  Diogène  paraît  avoir 
utilisée  pour  remanier  le  tonds  primitif  du  Prologue,  il  n'est 
pas  l'ait  mention  non  plus  de  la  secte  dialecti(|ue.  Par  contre, 
Hi[)pobotos  avait  formé  deux  sectes  de  l'Ecole  d'Annicéris  et  de 
celle  de  Théodore.  Celles-ci  ne  figurent  pas  dans  le  premier  plan 
du  Prologue  ;  mais  dans  les  Vies,  au  livre  II,  non  seulement 
Diogène  fait  mention  d'Annicéris  et  de  son  École  (85-86),  mais 
il  a  consacré  une  biographie  complète  à  Théodore;  elle  est 
enchâssée,  il  est  vrai,  dans  celle  d'Aristippe,  mais  elle  est  fort 
importante  quand  même  (97-104),  puisqu'elle  comprend  la  vie, 
les  doctrines,  des  apophtegmes,  la  liste  des  Homonymes,  etc. 
Ces  particularités  indiquent  que  nous  avons  affaire  à  une  addi- 
tion de  Diogène,  addition  dont  Hippobotos  a  fourni  la  matière. 

Reste  enfin  le  développement  sur  la  secte  sceptique,  qu'Hippo- 
botos  ignore  comme  le  premier  rédacteur  du  Prologue  ;  c'est 
Diogène  qui  l'a  ajouté  au  fonds  préexistant.  Bref,  les  modifica- 
tions apportées  par  notre  auteur  au  plan  primitif  sont  assez 
considérables  pour  qu'on  doive  reconnaître  qu'il  a  fait  œuvre 
personnelle,  bien  qu'on  ne  puisse  nier  l'importance  des  pre- 
mières couches.  On  ne  peut  donc  réduire  le  travail  de  Diogène  à 
la  besogne  purement  matérielle  d'un  diascévaste. 

c)  Étendue  chronologique  du  sujet. 

Rien  n'atteste  mieux  l'antiquité  du  fonds  alexandrin  sur  lequel 
travaillait  Diogène  que  l'étendue  chronologique  de  l'ouvrage. 
La  secte  dont  l'étude  est  poussée  le  plus  loin  est  celle  des 
Sceptiques.  La  «  Succession  )>  de  l'École  stoïcienne  s'arrête  à 
Chrysippe  (VU'  livre),  mais  la  fin  de  ce  livre  est  perdue;  d'après 
une  liste  des  biographies  placée  en  tête  du  manuscrit  de  Paris 
1759  (=  P),  la  hioLàojT]  s'étendait  originellement  jusque Cornutus. 
L'Académie  s'arrête  à  Clitomaque,  l'École  d'Aristote  à  Lycon. 


—  54  — 


Ménippe  est  le  dernier  représentant  de  l'École  cynique;  les  der- 
niers Pythagoriciens  sont  Philolaos  et  Eudoxe  et  il  n'est  ques- 
tion ni  des  néo-platoniciens,  ni  des  néo-pythagoriciens.  Une 
note  curieuse  concerne  les  Epicuriens  :  (X,  9)  :     te  Si.a8o;)(^T, 

Tiao-wv  (T^eSov  lxXt.7rou(Twv  twv  àXXwv  éa-ael  ot.a{jLévoua-a  xal  vript^fi-ouç 
ap'j^^àç  dT.o\ùou<7<x  àiXkr\y  aXk'riç  twv  yvwpijjiwv.  Cependant,  la  tradi- 
tion de  rÉcole  s'arrête  à  Basilide  (X,  "25).  Il  semble  donc  que 
Diogène  se  soit  interdit,  excepté  pour  la  secte  sceptique,  dont 
l'originalité  l'intéressait  sans  doute  particulièrement,  de  dépasser 
le  P""  siècle  de  notre  ère. 

On  a  beaucoup  discuté  pour  savoir  à  qui  rapporter,  à  la  fin 
du  Prologue,  la  notice  sur  Potamon,  qui  est  manifestement  une 
addition  postérieure.  Une  note  de  Suidas  place  ce  philosophe 
Tupo  Auyoùa-Tou  xal  fjLex'  aÙTov.  Cependant,  le  Prologue  déclare  : 

ÎTi  Se  Tcpô  dXiyou  xal  exXexTLxri  Tt,;  alpea-t;  el<7r\j^^r\  utto  IIoTà{x(i)vO(;  toG 
'AÀeÇavôpecix;.  On  a  prétendu  trouver  dans  cette  remarque  chro- 
nologique la  preuve  que  l'auteur  de  la  notice  est  antérieur  à 
Diogène  et  qu'il  aurait  vécu  au  siècle,  par  exemple.  C'est  à 
tort,  je  crois.  Dans  le  prologue,  il  n'est  question  que  de  chefs 
de  secte  fort  antérieurs  au  siècle  avant  Jésus-Christ.  A  sup- 
poser que  Diogène  ait  ajouté  lui-même  la  note  sur  la  fondation 
de  la  secte  éclectique,  ce  qui  est  probable,  il  a  pu  en  parler 
comme  d'un  événement  récent,  en  comparaison  de  l'époque 
éloignée  des  autres  fondateurs  de  secte. 


5.  Les  Rubriques  d'une  Biographie. 

Le  plan  des  biographies  est  très  variable,  comme  leur  étendue, 
d'ailleurs.  Pour  certains  philosophes,  Diogène  se  contente 
d'indiquer  leur  origine  et  de  citer  quelques  doctrines  caractéristi- 
ques ;  d'autres  biographies,  au  contraire,  occupent  des  livresentiers. 
Il  est  compréhensible  que  le  plan,  dans  ces  conditions,  subisse, 
d'une  Vie  à  l'autre,  des  variations  considérables.  En  général, 
on  peut  y  reconnaître  les  divisions  suivantes  :  i.  origine; 


'2,  é(iucatioii,  lorinalioii  phil()S()|)lii(jU(',  voyn^tvs  ;  rapports 
de  hioL^ojr\  ou  fondalioii  d'une  l^k'ole;  4.  caractère,  tempérament, 
mœurs,  chapitre  illustré  j)ar  des  anecdotes  et  des  apoplitef^mes  ; 
5.  événements  im[)ortants  de  la  vie;  (î.  récit  anecdoticjue  de 
la  mort  et  épigraunnes  sur  ce  sujet;  7.  âx{jLri  et  renseignements 
chronoloi;iques  ;  8.  ouvrages;  9.  doctrines;  10.  documents 
(testament,  lettres,  etc.);  11.  homonymes;  12.  notes  addi- 
tionnelles diverses.  On  trouve  encore,  mais  à  une  place  très 
variable,  une  liste  des  disciples,  un  portrait-charge  tiré  des 
suies  de  ïimon  et  des  poètes  comiques,  des  eupVifjiaTa  et  des 
renseignements  sur  l'activité  politique. 

Il  convient  d'examiner  la  plupart  de  ces  rubriques  pour  en  * 
développer  le  contenu,  en  scruter  les  origines  et  chercher  quelle  a 
pu  être,  dans  chacune  d'elles,  la  contribution  de  Diogène. 

Les  notices  sur  l'origine  proviennent  naturellement  des 
auteurs  du  fonds  ancien  ;  mais  Diogène  a  enrichi  celui-ci  de 
variantes  et  quelquefois  même  engagé  sur  ce  sujet  des  polé- 
miques. Assez  souvent,  on  y  trouve  cités  des  auteurs  qui 
figurent  parmi  les  sources  directes  de  Diogène.  On  peut  joindre 
à  ce  chapitre  les  indications  qui  concernent  la  famille  du  philo- 
sophe; dans  les  grandes  biographies  (Pythagore,  Socrate, 
Platon,  Epicure,  etc.),  elles  s'étendent  au  point  de  former 
une  rubrique  spéciale. 

Les  notes  chronologiques  sont  de  nature  assez  diverse  : 
quelquefois,  l'auteur  rapporte,  chiffrée  en  olympiades,  la  date 
de  la  naissance  ou  de  la  mort  du  personnage,  avec  l'indication 
de  la  durée  de  la  vie;  ou  bien,  il  établit  un  synchronisme  avec 
tel  événement  fameux  de  l'histoire  ou  tel  personnage  célèbre 
dont  l'époque  est  connue.  Plus  souvent,  d'après  un  procédé  de 
l'érudition  alexandrine,  il  se  contente  d'indiquer  1'  axpiri,  date  à 
laquelle  le  philosophe  est  en  pleine  vigueur  et  en  pleine  activité, 
d'ordinaire  vers  quarante  ans.  La  plupart  de  ces  notices  pro- 
viennent du  premier  fonds.  On  trouve,  dans  la  biographie  de 
Xénophon  (1.  II),  une  distinction  très  nette  entre  la  chronologie 
des  premières  couches  et  une  notice  introduite  par  Diogène. 


—  56  — 


D'après  le  §  55,  Xénophon  TjXfjiaÇe  xaxà  to  xéTapTov  'ézoc,  Tïiç 
TeTàpTT);  xal  evev'/^xoo-TT.ç  oku^TziÔL^o^.  Au  ^  59,  par  contre,  Diogène 
rapporte,  parmi  les  notes  additionnelles  de  la  fin  de  la  biogra- 
phie :  eijpov  h'  dWoLyô.^i  àxp.âo'ai  auTov  Tzepl  tt^v  évàTTjV  xal  dyôOYixoc-Tr^v 
oÂjfjLTrtâoa.  On  voit,  par  la  place  de  cette  notice  et  les  termes  qui 
l'introduisent,  que  l'addition  personnelle  de  Diogène  s'oppose  à 
un  fonds  antérieur.  La  source  ordinaire  de  ces  extraits  est 
quelque  Chronique,  le  plus  souvent  celle  d'Apollodore.  Quel- 
quefois les  renseignements  puisés  dans  cet  ouvrage  se  trouvent 
corrigés  d'après  Eratosthène,  dont  les  calculs  sont  souvent 
différents.  Il  arrive  que  Diogène  apporte  à  cette  rubrique  une 
part  d'information  importante. 

Les  notices  sur  les  découvertes  proviennent  d'un  genre  d'ou- 
vrages dont  la  tradition  est  très  ancienne  dans  l'érudition  alexan- 
drine  :  déjà  Héraclide  Pontique  avait  écrit,  avant  cette  époque, 
un  TTspl  eùpyijjLàTwv  (V,  88).  Ces  notes  sont  d'ordinaire  très  courtes, 
introduites  par  eupe  ou  uowtoç  riyaye.  Elles  concernent  aussi  bien 
les  innovations  dans  les  arts,  les  métiers,  l'industrie,  les  usages 
de  la  vie  journalière,  que  les  doctrines  philosophiques  et  les 
découvertes  scientifiques.  Une  bonne  quantité  de  ces  notices  ont 
été  ajoutées  par  Diogène  et  empruntées  aux  Encyclopédies  de 
Favorinus  et  de  Pamphila  (p.  ex.  VIII,  10-14  et  48). 

L'auteur  de  nos  Biographies  s'intéresse  particulièrement  aux 
rapports  des  philosophes  avec  la  politique.  Non  seulement  il 
aime  à  signaler  leurs  relations  avec  les  souverains,  mais  il  étudie 
leur  action  ou  leur  influence  politiques,  leurs  efforts  en  matière 
législative  et  signale  les  honneurs  publics  qui  leur  ont  été 
rendus.  Voici  la  série  de  ces  notes,  dont  le  nombre  indique  assez 
les  préoccupations  de  l'auteur  :  Anaxagore  (II,  14),  Socrate 
[passim],  Stilpon  (il,  115),  Xénophon  (II,  48  ss.),  Ménédème 
(II,  141),  Platon  (/?assim),  Xénocrate(IV,  8),  Arcésilas  (IV,  39), 
Carnéade  (IV,  65),  Aristote  fV,  4  etc.),  Théophraste  (V,  37), 
Lycon  (V,  67),  Démétrius  de  Phalère  (V,  75  ss.),  Héraclide 
Pontique  (V,  89),  Zénon  (VII,  7-12),  Chrysippe  (VII,  185), 
Pythagore  (VIII,  3  etc.),  Empédocle  (VIII,  72!  etc.),  Archytas 


—  ;)7  — 


(Vlll,  8-2),  l>lnloiaos  (VIII,  84),  Eudoxe  (VIIJ,  88),  Panriénide 
(IX,  -23),  iMélissos  (IX,  24),  Zénon  d'Élée  (IX,  20),  Pyrriion 
(IX,  ()5),  Timon  (IX,  110). 

Une  des  nibriquevS  les  plus  considéral)le§  —  ceci  donne 
d'utiles  indications  sur  les  prétentions  du  livre,  le  goût  du 
public  et  la  propre  curiosité  de  Diogène  —  est  constituée  par 
l'étude  du  caractère,  des  mœurs,  des  habitudes  des  philosoplies. 
On  peut  répartir  ces  renseignements  de  la  façon  suivante  : 

(/)  Costume.  Cf.  spécialement  Aristote,  Pythagore,  les 
Cyniques.  Quelquefois  ces  renseignements  sont  empruntés  à 
rimagerie  populaire  :  Empédocle,  Solon,  Anacharsis. 

b)  Caractères  physiques  :  défauts  et  qualités,  taille,  voix,  etc. 

c)  Tempérament,  passions. 

d)  Caractère  moral. 

e)  Notice  sur  les  amours  du  personnage  :  genre  de  rensei- 
gnements dont  Diogène  et  le  public  auquel  il  s'adresse  sont  très 
friands,  surtout  quand  ils  sont  scandaleux;  et  ils  manquent 
rarement  de  l'être. 

f)  Régime  alimentaire,  habitudes  de  la  vie  journalière. 

g)  Appréciation  du  talent  littéraire  (Héraclide  Pontique, 
Démétrius,  Lycon,  etc.),  des  qualités  ou  des  défauts  du  style, 
des  méthodes  d'enseignement,  etc. 

C'est  sous  cette  rubrique  qu'il  faut  classer  la  plupart  des 
anecdotes  qui  émaillent  le  texte.  Les  sources  de  ces  petits  récits, 
tour  à  tour  édifiants,  amusants  ou  simplement  caractéristiques, 
sont  des  plus  variées.  Une  partie,  destinée  à  tourner  les  philo- 
sophes en  ridicule,  provient  de  la  littérature  scandaleuse,  de 
r'Apt^aTLTTTroç,  par  exemple,  ou  des  romans  d'Hermippe.  La 
littérature  d'apologétique  a  fourni  un  bon  nombre  de  contes 
édifiants,  par  lesquels  chaque  Ecole  auréole  la  figure  de  son 
fondateur  :  on  peut  en  relever  beaucoup  dans  les  Vies  de  Pytha- 
gore, d'Epicure,  de  Zénon  de  Cittium,  de  certains  Cyniques. 
Naturellement  la  tendance  contraire  a  créé  aussi  dans  ce  domaine. 
Que  d'anecdotes  scandaleuses  dans  la  Vie  d'Epicure,  inventées 
par  les  Stoïciens  !  C'est  une  des  formes  sous  lesquelles  la  polé- 


—  58  — 


mique  s'exerce  de  préférence,  comme  plus  traîtresse  et  plus 
meurtrière.  Il  y  a  une  dernière  source  d'anecdotes  :  ce  sont  les 
recueils  d'apophtegmes,  où  les  faiseurs  de  bons  mots  et  les 
moralistes  modestes  ont  caché,  sous  des  noms  célèbres,  leurs 
propres  trouvailles.  Les  anecdotes  forment  la  partie  la  plus 
vivante  et  la  plus  attrayante  de  l'ouvrage  de  Diogène.  C'était  à 
elles,  apparemment,  que  le  public  témoignait  le  plus  d'intérêt  : 
certaines  biographies,  celle  de  Diogène  le  Cynique,  par 
exemple,  sont  composées  presque  uniquement  de  ces  alertes 
petits  récits. 

Dans  un  grand  nombre  de  Vies,  une  section  spéciale  est 
réservée  aux  citations  des  poètes  comiques,  où  le  philosophe  se 
trouve  raillé,  quelquefois  bafoué,  avec  plus  ou  moins  de  verve 
et  d'esprit,  toujours  avec  cette  âpreté  assez  grossière  commune 
aux  Anciens.  Dans  cette  charge  figure  d'ordinaire  une  citation 
de  Timon  le  Sillographe.  Comme,  dans  la  plupart  des  cas,  ces 
citations  se  rattachent  à  un  détail  quelconque  de  la  vie  ou  des 
mœurs  du  personnage,  il  est  vraisemblable  qu'elles  ne  pro- 
viennent pas  directement  du  poème,  mais  d'un  commentaire, 
dont  l'auteur  de  Diogène  ou  Diogène  lui-même  a  tiré,  non  seu- 
lement les  vers  de  ïimon,  mais  aussi  les  notices  biographiques 
auxquelles  ils  se  rapportent.  Sotion,  l'un  des  auteurs  le  plus 
fréquemment  cités  par  Diogène,  avait  composé  un  ouvrage  de  ce 
genre  (Athénée,  VIII,  p.  336 d),  ainsi  qu'Apollonidès  de  Nicée, 
dont  le  commentaire  est  cité  par  Diogène,  IX,  109.  Je  ne  crois 
pas  qu'on  puisse  conclure,  de  la  prédilection  de  notre  auteur 
pour  ces  extraits  du  sceptique  Timon  (IX,  IH  :  £v  oîç  av 
o-xETiTLxôç  wv  TiàvTaç  \oioopei  xal  (jiXkaiyei  touç  ôoY[jiaTt.xoL»;) ,  qu'il 
était  lui-même  un  sceptique.  L'âpreté  de  la  satire  de  Timon,  son 
style  fougueux,  sa  langue  neuve  et  tapageuse  suffisent  à  expli- 
quer cet  intérêt. 

Diogène  paraît  s'arrêter  volontiers  aussi  aux  chapitres  qui 
se  rapportent  à  la  mort  des  philosophes.  La  plupart  des 
épigrammes  empruntées  au  nà[x[X£Tpo;  ont  trait  à  ces  événe- 
ments. Cette  rubrique  figurait  déjà  dans  l'ancien  fonds,  comme 


le  nionlroiit  l'élmlt'  des  cilalioiis  do  ces  cliapilres  et  la  com- 
paraison avec  Ilésycliiiis  ;  mais  Dio^ène  y  a  maintes  fois 
ajouté  du  sien,  le  plus  souvent  sous  forme  de  variantes.  Ces 
récits  sont  presque  toujours  anecdotiques  et  l'événement  y  est 
rarement  présenté  autrement  que  sous  une  forme  burlesque, 
humoristique  ou  romanesque.  C'est  que  la  source  oi'dinaire  est 
Hermippe,  chez  qui  le  persiflage  sceptique  s'allie  à  une  lourde 
gaieté  de  viveur,  se  gaudissant  de  la  mort  ridicule  des  marchands 
d'idéal. 

La  section  spéciale  réservée  aux  Homonymes  existait  déjà 
dans  le  premier  fonds.  La  preuve  en  est  dans  une  notice  sur  les 
Homonymes  d'Eudoxe  (VIII,  90),  qui  a  été  analysée  plus  haut 
(p.  10).  Elle  a  été  enrichie  de  notes  par  Diogène. 

La  liste  des  ouvrages  des  philosophes  n'occupe  par  une  place 
fixe.  L'étendue  de  cette  rubrique  varie  aussi  d'une  biographie  à 
Tautre,  mais  non,  comme  on  pourrait  le  croire,  en  raison  de 
l'importance  de  l'activité  littéraire  du  personnage.  Quelques-uns 
de  ces  index  tiennent  à  peu  près  toute  la  biographie  (Théo- 
phraste,  Chrysippe).  Souvent  l'auteur  se  contente  de  citer  les 
ouvrages  principaux.  On  trouve  quelquefois  des  discussions  sur 
l'authenticité  des  ouvrages  (Epiménide,  Thalès,  Pythagore, 
Eschine,  Diogène  le  Cynique,  Ariston,  Zenon  de  Cittium,  etc.). 
Il  arrive  même  que  le  nombre  d'eu-o  ou  de  ^tLjoi  soit  indiqué  (les 
Sept  Sages;  Speusippe,  IV,  5;  cf.  Xénocrate,  IV,  14).  Ces 
listes  proviennent  de  manuels  d'histoire  littéraire  ou  de  Tïivaxe;. 
En  général,  quand  elles  sont  détaillées,  elles  ne  paraissent  pas 
appartenir  au  premier  fonds,  qui  avait  surtout  un  caractère  bio- 
graphique. La  part  de  Diogène  s'y  accuse  d'ailleurs  d'une  façon 
plus  évidente  et  dans  des  proportions  plus  considérables  que 
dans  toute  autre  section.  On  peut  rapporter  à  Diogène  les  cata- 
logues suivants  :  Aristote.  V,  21  :  auviypatj^e  8e  7T:à|ji7u).£La-Ta  p^pX^a 
âwep  àx6\o\j^o^  riyiqa-àfATiv  UTroypà^j^at.  8t.à  uipl  TiàvTa;  Àoyouç  TavBpo; 
dpsTTiv  ;  Théophraste,  V,  42,  même  formule  :  a  xal  aura  a^iov 

TiyTi(7à|jiYiv  bizo-^^d^cLi  ZCcL  TO  Tiàa-Tqç  apET^ç  7r£7rXTipâ)a-5aL ;  Cléanthe, 

VII,  189 


—  60  - 


eioo^  âvavpatpTiV  aÙTwv  ivcauBa  xaTa^wp^a-ai.  ;  Platon,  III,  47  : 
«5t.Ao7rXàTwv!.  o£  0-0'.  etc.  (texte  connu);  Epicure,  X,  27,  dont  la  liste 
est  suivie  de  ces  mots  (!28  ss.)  :  £7rt.T0[jiT|v  o'aÛTwv,  el  SoxsîT,  éx^éa-^at. 
Tre'.pâfTOfxai  .  .  .  wo-ts  (TS  TtavTayoGev  xaTa^uLaSeiv  tov  avBpa  xà[jL£  xp{v£t.v 
£?0£va(.. 

Telles  sont  les  listes  que  les  formules  d'introduction  per- 
mettent de  rapporter  à  Diogène;  mais  il  doit  y  en  avoir  d'autres 
encore,  pour  lesquelles  cette  preuve  manque.  On  remarquera 
les  raisons  par  lesquelles  il  croit  devoir  justifier  et  comme 
excuser  ces  additions. 

Les  grands  extraits  doxographiques  (^)  —  je  ne  parle  pas  des 
courtes  notes  dispersées  çà  et  là  —  se  rattachent  étroitement  aux 
catalogues  de  livres.  Il  en  est  ainsi,  en  particulier,  pour  Platon, 
Aristote,  Epicure  (cf.  X,  27,  28  et  138).  Rappelons  que  l'exposé 
des  doctrines  sceptiques  a  été  ajouté  par  Diogène.  La  doxogra- 
plîie  cynique  est  due  aussi  à  sa  plume,  comme  le  prouve  la  for- 
mule d'introduction  (VI,  103  :  Trpoo-UTioypàtj^oiJLEV  Ke  xal  xà  xot-v?! 
âp£(7xovTa  auToïc,,  atp£<nv  xa'l  TauT-z^v  elyaci  éyxpivovTEç  tt^v  (^iXafro^^ioLV, 
où,  xa5à  cpaa-{  TtvEç,  Ivo-xac-v  (^wu).  L'étude  des  divergences  de  plan 
entre  le  Prologue  et  le  corps  de  l'ouvrage  a  montré  aussi  que 
l'exposé  des  théories  des  Annicériens,  des  Théodoriens,  etc.,  est 
une  addition  postérieure.  C'est  ce  qu'on  peut  déduire  encore  de 
la  phrase  par  laquelle  est  introduit  l'extrait  relatif  à  Théodore  : 

xal    aÛTOÛ     7r£pt.£TLiy^0{i.£V     pl^XlW     £TCt,y£ypajJL{Jl£V(p     7r£pl     5£WV,  oux 

£uxaTacppov7]T(p  xtX.  (II,  97.)  L'ensemble  des  doctrines  stoïciennes, 
un  très  long  chapitre  inséré  dans  la  Vie  de  Zénon,  provient 
aussi  de  Diogène  (VII,  38)  :  xolv^  ok  7i;£pl  uàvTwv  xwv  (ttwïxwv 
8oy[jt.àTti)v  £8o^£  jjio!.  £v  T(j)  Z'/jvwvo;  el-Keïy  ^ii^  hià  zo  toOtov  xtlo-tyiv 
yEvÉo-Gai  Tri;  alp£c7£a)ç;  160  (conclusion)  :  TaÛTa  [Jikv  xal  Ta  cpucruà 
To  OTOV  yj,u.rv  aTToypwvTO)!;  ïyeiv  oox£r,  (TToyaÇo[i.£vo'.i;  tt^ç  GU^ixe'zpicf.ç,  tou 
(TL»yypà|jLjjLaToç.  C'est  encore  Diogène,  comme  nous  l'avons  signalé 
plus  haut,  qui  paraît  avoir  introduit  les  extraits  d'Alexandre 
Polyhistor  dans  la  biographie  de  Pythagore. 


(*)  Sur  ce  sujet,  cf.  Schvnartz,  loc.  cit.,  col.  758  ss. 


—  ()l  — 


Il  esl  (litlicile  de  pircisci*  roi  i^inc  des  aiilics  cxjjosrs  doxo- 
^niplii(|ues.  Dans  les  biographies  des  Sages,  ils  |)r()viennenl  du 
fonds  primilit",  et  l'on  peut  en  dire  autant,  sans  don  l  e,  des  courtes 
notices  éparses  dans  les  Vies,  qui  servent  à  caractériser  briève- 
ment les  enseignements  de  eha([ue  philosophe. 

11  est  une  série  de  documents  que  Diogène  reproduit  in 
extenso  :  ce  sont  les  lettres  et  les  testaments.  Pour  les  lettres,  si 
l'on  met  à  part  celles  d'Epicure,  dont  le  sujet  est  philosophique, 
la  correspondance  platonicienne  et  quelques  lettres  récentes, 
comme  celles  d'Arcésilas  et  de  Zénon  (IV,  44  et  YII,  7),  qui  peu- 
vent être  des  documents  authentiques,  il  reste  uncor/^w^épistolaire 
assez  homogène  par  le  sujet,  le  style  et  la  langue  et  qui  se  rattache 
à  la  légende  des  Sept  Sages.  On  trouve  ces  lettres  dans  les  Vies  de 
Thalès,  Solon,  Pittacus,  Cléobule,  Epiménide,  Périandre,  Ana- 
charsis,  Phérécyde,  Pythagore  et  Héraclite.  Elles  sont  adressées 
soit  à  d'autres  Sages,  soit  à  des  princes  contemporains,  comme 
Darius  et  Crésus,  dont  on  a  aussi  les  réponses.  Les  règles  du 
dialecte  propre  à  chaque  auteur  y  sont  scrupuleusement  observées. 
Elles  sont  placées  d'ordinaire  à  la  fin  de  chaque  Vie,  après  la 
partie  biographique  proprement  dite,  parmi  les  notes  addition- 
nelles de  Diogène.  La  formule  d'introduction  de  l'une  d'elles  nous 
renseigne  sur  l'origine  de  cette  collection  :  il  s'agit  de  la  lettre 
d'Épiménide  à  Solon  (ï,  112).  Dans  le  paragraphe  relatif  aux 
ouvrages  d'Epiménide,  l'auteur  parle  d'abord  d'une  autre  lettre 
du  même  au  même,  et  il  en  discute  l'authenticité.  Il  ajoute 
ensuite  :  eyw  Bk  xal  cCkkr\v  eupov  èTzi<7To'ki\v  l^ouo-av  outwç;  suit  la 
lettre,  qui  fait  partie  de  notre  Corpus.  On  peut  étendre  cette 
conclusion  à  la  collection  tout  entière. 

On  peut  en  dire  autant  des  Testaments  de  certains  philosophes, 
tels  que  Platon,  Epicure  et  les  Péripatéticiens  :  Aristote,  Lycon, 
Théophraste  et  Straton.  Il  est  évident  que  ces  documents  sont 
empruntés  à  une  seule  et  même  collection.  Or,  les  formules 
d'introduction  de  trois  d'entre  eux  permettent  d'en  préciser 
l'origine.  Aristote,  Y,  11  :  xal  outoç  fjikv  6  toù  cpt,Xoa-6cpo'j 
(conclusion  délimitant  les  additions  postérieures  du  fonds  pré- 


—  62  — 


existant)  *  -hj^e^  Sk  xai  ôia^rixai;  auToO  Ttep(.eTL»yo{ji£v  outw  ttco; 
iyo\jfjœ.c,\  Théophraste,  V,  51  :  eupov  8' auroù  xal  Bia^rixa;  toûtov 
tj^Qxj'jcLC,  TÔv  TpOTTOv;  LjCOn,  V,  69  :  toù  0£  cpLXofTocpou  xat  8t.a>/;xat.ç 
7r£pLeTÙ';(0(jL£v  icàalz.  Le  testament  d'Epicure  est  aussi  précédé 
d'une  formule  (X,  16)  qui  permet  de  le  rapporter  à  Diogène, 
comme  tous  les  extraits  des  œuvres  de  ce  philosophe. 

Il  reste  un  mot  à  dire  des  formules  de  clôture.  J'appelle  de 
ce  nom  de  courtes  formules  par  lesquelles  l'auteur  annonce  la 
fin  d'un  chapitre,  d'une  citation  ou  d'un  extrait.  Elles  sont  fort 
nombreuses  et  paraissent  souvent  inutiles  :  xal  8l£3^£to  [xkv  w8£ 

(III,_  43  ;  X,  2'2)  ;  TauTa  |j.£v  IleLcria-TpaToç  (I,  54)  ;  xal  oOto?  |ji.£v 

a)8£  (I,  114);  xal  To  (j;-/i(p!.(7[jLa  [jlsv  (58e  îjzi  (Vil,  12);  et  même 
xal  Tâo£  |jL£v  w8£  (VIII,  8).  J'ai  songé  à  les  soumettre  à  un 
examen  général,  pour  chercher  si  elles  ne  peuvent  rien  nous 
apprendre  sur  l'origine  des  extraits  dont  elles  annoncent  la  fin. 
Voici  la  classification  que  j'ai  obtenue.  Elles  se  présentent 
donc  : 

1.  Après  les  citations  de  documents  :  a)  testaments  (III,  43; 
V,  16;  V,  57;  V,  64;X,  22);//)  lettres  (I,  54  et  114;  VIII,  81; 
IX,  14);  c)  extraits  d'auteurs  (I,  53;  X,  83,  117  et  121); 
d)  archives  (VII,  12).  Il  est  utile  de  faire  remarquer  que  la 
plupart  de  ces  documents  ont  été  introduits  dans  l'ouvrage 
par  Diogène. 

2.  Après  un  développement  :  a)  Pour  séparer  la  biographie 
(vraisemblablement  la  part  du  fonds  primitif)  des  notes  addi- 
tionnelles (II,  55;  V,  11;  V,  83;  IX,  43;  X,  16);  b)  pour 
annoncer  la  fin  d'une  section  de  la  biographie  :  a)  après  le 
récit  de  la  mort  (II,  14;  II,  44;  V,  91  ;'^  Vil,  31;  VIII,  74); 
(3)  après  les  épigrammes  de  Diogène  (III,  45)  ;  y)  à  la  suite  de 
divers  autres  développements  (Prologue,  11,  20,  23  —  où  nous 
avons  reconnu  diverses  couches  successives;  I,  33;  V,  21; 
VII,  189). 

3.  Pour  clore  la  liste  des  ouvrages  (V,  28;  V,  50;  VII,  4; 
VII,  34;  VII,  175  ;  IX,  49  et  IX,  55,  —  plusieurs  de  ces  notices 
ont  été  introduites  à  coup  sûr  par  Diogène)  ou  après  l'exposé  des 


doctrines  (V,  :}4  [=  Diogène];  VJI,  160  I)ioj;ène|;  IX,  il; 
IX,  45). 

4.  Après  des  citations,  surtout  quand  elles  sont  introduites 
à  un  endroit  où  elles  heurtent  le  contexte,  ce  qui  indi(jue  la 
main  de  Diogène  (II,  ^21;  III,  17;  VIII,  8;  VllI,  86;  VIII,  41). 

5.  Pour  souligner  les  grandes  divisions  du  plan,  uiar(|uer  la 
fin  des  SiaSo^aî!  ou  des  Sectes  et  annoncer  un  nouveau  livre  ou 
un  nouveau  chapitre.  Il  est  évident  que  dans  ce  cas,  elles 
peuvent  appartenir  au  premier  fonds.  Ailleurs,  elles  constituent 
un  critérium  qu'il  serait  imprudent  de  négliger  dans  la  recherche 
des  additions  faites  par  Diogène  aux  manuels  antérieurs. 


m.  La  tradition  manuscrite. 

Les  manuscrits  de  Diogène  Laërce  sont  fort  nombreux.  Les 
plus  anciens  sont  : 

1.  B  :  Codex  Burbonicus  graecus,  III  B,  29  (n*"  253).  C'est 
un  membranaceus  du  XIP  siècle,  dont  chaque  page  contient 
vingt-six  à  vingt-sept  lignes  d'une  écriture  régulière  et  très 
lisible.  On  y  trouve  peu  d'abréviations  et  beaucoup  d'iotacismes. 
La  ponctuation  n'est  pas  toujours  à  la  place  convenable.  La 
virgule,  très  rare,  sert  à  séparer  les  divers  membres  d'une 
phrase;  le  point  en  haut  termine  les  phrases  et  distingue  les 
propositions  qui  la  composent.  L't.  muet  est,  la  plupart  du 
temps,  omis;  il  est  quelquefois  ascrit  à  l'intérieur  des  mots. 
Le  copiste  n'a  pas  adopté  un  système  uniforme  à  l'égard  du  v 
éphelcystique.  Le  premier  copiste  avait  laissé  dans  le  texte 
quelques  courtes  lacunes,  qui  ont  été  remplies  par  une  seconde 
main,  B^  (XI V^  siècle?).  Ce  reviseur,  qui  usait  d'une  encre  un 
peu  plus  foncée,  a  corrigé  aussi  quelques  fautes  ou  des  leçons 
qu'il  estimait  fautives,  soit  en  surcharge,  soit  après  rature. 


C'est  encore  à  lui  qu'il  faut  rapporter  une  sorte  de  guillemets, 
placés  en  marge  en  face  des  citations  textuelles  et  des  extraits 
de  documents,  ainsi  que  les  notes  d'admiration  (tj  ((TrifjLsriaxTat.) , 
^  (wpaCov),  auquel  s'ajoute  quelquefois  oXov;  enfin  des  notes 
critiques  comme  leUei,  indiquant  une  lacune.  A  une  troisième 
main,  B^,  dont  l'écriture  est  plus  grêle  et  l'encre  moins  noire, 
on  peut  rapporter  quelques  notes  marginales  :  ce  sont  souvent 
des  indications  sur  le  contenu  du  passage. 

La  Vie  de  Pythagore  s'étend  du  f.  IT^'^  au  f.  482^. 

:2.  F  :  Laurentiamis  graecus,  pl.  69,  n"  13.  C'est  un  mem- 
branaceus  écrit  sur  deux  colonnes;  chaque  colonne  comprend  en 
moyenne  trente  lignes  d'une  écriture  serrée  que  j'attribue,  avec 
Martini,  au  XIII*"  siècle  (Cobet,  Usener  et  Gercke,  au  XIP  siècle). 
Il  présente  la  particularité  d'être  palimpseste  :  le  premier  texte, 
peu  apparent,  semble  remonter  au  ou  au  XP  siècle  (^).  Les 
abréviations  sont  nombreuses,  W  muet  est  toujours  omis,  les 
iotacismes  sont  assez  rares,  les  v  épagogiques,  employés  sans 
règle  fixe.  La  ponctuation  est  soignée  et  fréquente  (la  virgule  est 
rare).  On  remarque  dans  le  texte  beaucoup  d'omissions;  dans  les 
citations,  en  particulier,  l'indication  de  la  source,  de  l'auteur 
ou  de  l'ouvrage  est  souvent  laissée  de  côté.  Quelques-unes  de 
ces  omissions  ont  été  réparées  en  marge  par  une  seconde 
main,  (XIV^  siècle?),  dont  la  petite  écriture  est  assez  recon- 
naissable;  elle  a  encore  ajouté  en  marge  quelques  rubriques 
indiquant  le  contenu  d'un  passage.  Un  second  correcteur,  plus 
récent,  F^,  a  introduit  dans  le  texte  même  quelques  corrections 
et  additions,  par  surcharge  ou  après  rature  (^). 

La  Vie  de  Pythagore  comprend  les  ff.  94''  à  100^. 

3.  P  :  Parisinus  graecus  1759  (Bibliothèque  Nationale), 


(1)  D'après  Cohet,  Introduction  à  l'édition  de  Diogène,  p.  II,  h,  c'était  un  manu- 
scrit des  œuvres  morales  de  Flutarcjue. 

(2)  Je  ne  trouve  pas  trace,  dans  la  Vie  de  Pythagore,  de  corrections  d'une  troisième 
main  (F*),  que  Gercke  prétend  avoirdisting-uées  en  certains  endroits  {llcrmes,  XXXVII 
['190'2J,  p.407). 


chartaceus,  où  jo  recomiais,  après  Diels  et  Marlini,  une  écrilure 
(lu  Xlll''  siècle  (Usener  cl  OmonI  ratlribiienl  au  XIV"  siècle)  (•). 
Pour  I'l  muet  et  le  v  épago^i(jue,  on  peut  faire  les  mêmes 
remarques  (ju'à  propos  des  manuscrits  précédents.  Le  point  en 
haut  y  est  em[)loyé  pour  séparer  les  phrases  ou  l(\s  propositions 
importantes;  la  virgule  distingue  les  ()ropositi()ns  d(î  moindre 
étendue.  P  a  été  corrigé,  à  diveises  époques,  pai'  cinq  ou  six 
mains  différentes,  qu'il  est  quelquefois  assez  dilïicile  d'iden- 
tifier Les  corrections  de  P^  (encre  brune  et  lettres  semblables 
à  celles  de  P*)  sont  rares  :  sa  tâche  a  consisté  à  compléter 
quelques  abréviations  et  à  corriger,  après  rature,  quelques  fautes 
d'orthographe  ou  même  des  erreurs  grammaticales.  La  grosse 
part  des  corrections  revient  à  P'^  (encre  plus  brune  et  écriture 
plus  grande,  XV*"  siècle).  Dans  une  foule  de  passages,  ce  reviseur 
a  corrigé  le  texte  après  l'avoir  raturé,  en  sorte  qu'on  ne  peut 
plus  deviner  la  leçon  originelle  que  d'après  l'accentuation  anté- 
rieure, qui  a  souvent  subsisté  entre  les  lignes.  Heureusement, 
on  peut  s'aider  dans  cette  tâche  par  l'examen  d'un  autre  manu- 
scrit de  Paris,  n''  1758  (XV'  siècle),  Q,  qui  a  été  copié  sur  P 
après  que  celui-ci  eut  été  relié  et  corrigé  par  P^  seulement  (^). 
P'*  a  complété  ce  travail  de  revision  en  ajoutant  beaucoup 
de  corrections  et  en  introduisant  en  marge  de  nombreuses 
variantes  (p).  P^  et  P''  sont  reconnaissables  à  leur  encre  plus 
claire  et  à  leurs  écritures  plus  petites  encore;  mais  ils  n'ont 
apporté  que  des  modifications  de  peu  d'importance.  Je  n'ai  pu 
retrouver  dans  la  Vie  de  Pythagore  (ff.  116"^  à  185^^)  des  correc- 
tions à  attribuer  à  P~,  que  certains  paléographes  ont  voulu 


(1)  Les  éditeurs  de  la  Vie  de  Platon  dans  la  brochure  de  Bâle,  Juvenes  dum 
sumus  (1907),  croient  pouvoir  en  situer  la  composition  entre  1296  et  1364,  en  com- 
parant l'écriture  à  celle  d'autres  manuscrits  de  dates  connues. 

(2)  Cf.  sur  ce  sujet  les  variations  de  Wachsmuth,  Sillogr.  gr.  rel.-,  p.  52;  Diels, 
lenaer  Literaturzeit.,  1877,  p.  394  b;  Martini,  Leipziger  Studien,  XIX  (1899),  p.  88; 
Gercke,  Hermès,  XXXVII  (1902),  p.  408  ;  Juvenes  dum  sumus,  1907,  p.  vi. 

(5)  Usener,  Epicurea,  p.  vu.  Cf.  cependant  Juvenes  dum  sumus,  p.  vu. 


Tome  XVII.  —  Lettres. 


5 


—  66  — 


distinguer  des  mains  précédentes;  mais  il  est  possible  qu'il  n'y 
en  ait  pas  dans  ce  livre. 

A  côté  de  ces  manuscrits  complets  qui  représentent  la  tra- 
dition la  plus  ancienne,  il  faut  faire  une  place  à  trois  manuscrits 
(VExcerpta  (4>)  du  XIIP  siècle.  Ce  sont  :  a)  deux  manuscrits 
sur  parchemin,  l'un  de  Paris,  B.  N.  suppl.  gr.  134  (4>p),  Tautre 
du  mont  Athos,  Dionys.  90  (<î>^)  (^),  dont  l'aspect,  le  format 
et  l'écriture  sont  semblables  et  qui  représentent  une  même 
tradition  d'Excerpta;  b)  un  manuscrit  du  Vatican,  gr.  96,  bom- 
bycin  de  la  fin  du  XIIP  siècle  ou  du  début  du  XIV^  (<ï>^)  (^). 
Les  extraits  en  sont  beaucoup  plus  étendus  que  ceux  de  <i>^p. 
Cependant,  comme  <ï>^p  et  <ï>^  offrent,  dans  leurs  extraits  com- 
muns, la  même  recension  avec  quelques  variantes  insignifiantes, 
on  peut  croire  que  ces  deux  rédactions  dérivent  d'un  même 
manuscrit  d'Excerpta,  dont  *ï>^p  présentent  un  texte  raccourci. 

L'indication  des  passages  choisis  par  l'auteur  des  extraits 
figurera  dans  l'apparat  critique,  au  bas  de  chaque  paragraphe. 

Un  second  représentant  de  la  tradition  ancienne  indirecte 
est  Suidas.  Les  notices  biographiques  de  cet  auteur  qui  con- 
cernent Pythagore  sont  de  deux  sortes  :  les  unes,  qui  sont 
très  courtes  et  dont  on  trouve  un  double  dans  les  Scliolies 
de  Platon,  sont  empruntées  à  Hésychius;  les  autres,  copiées 
textuellement  dans  Diogène,  commencent  par  le  récit  de  la  mort 
de  Pythagore  (^).  L'étendue  des  extraits  du  VlIP  livre  est  con- 
sidérable :  l'indication  exacte  en  est  réservée  pour  Tapparat 
critique,  mais  on  peut  dès  maintenant  s'en  faire  une  idée,  quand 
j'aurai  dit  que  le  texte  copié  comprend  les  17  à  :27,  le  ^  30, 
les  §^  34  à  39.  Ils  nous  reportent  à  un  manuscrit  de  Diogène 
*qui  date  au  plus  tard  du  X''  siècle  [^), 


(*)  Les  extraits  ont  été  publiés  par  Lambros,  Nioç  'EXXtivo|jlv7^[jlwv,  III  (1906), 
p.  363. 

(*j  Ces  extraits  m'ont  été  libéralement  communiqués  par  M.  von  der  Muhll,  l'un 
des  éditeurs  de  la  Vie  de  Platon  dans  Juvenes  dam  sumus. 
(3)  Cf.  supra,  pp.  13  et  suiv. 


—  (>7  — 


Nous  sommes  encore  privés  (rime  hoime  édilioii  erili(jiie  de 
Suidas  (')  ;  j'ai  dû  me  eonteiiler  des  noies  de  ra|)j)arat  critique 
de  Heruhardv ,  mais  j'ai  eollaliouné  h^s  manuscrits  de  Paris  :  A, 
le  meilleur  de  tous  (H.  N.  siècle)  ;  H  (id.  2(>^22, 

Xllh  siècle);  G  (id.  2()28,  XV  siècle);  II  (id.  XV«  siècle). 

Les  manuscrits  de  Diogène  de  date  |)lus  récente  sont  nom- 
breux. Nous  avons  déjà  parlé  de  Q  (Paris,  gr.  B.  N.  1758),  qui 
n'est  qu'une  copie  de  P'"^.  Parmi  les  autres,  voici  les  princi- 
paux, avec  leur  désignation  traditionnelle  :  II  (Laurentianus, 
69,  35,  XV«  siècle);  J  (Barberinus,  I,  21,  XV^'-XVr  .siècle); 
D  (Burbonicus,  III,  B  28  [n°252J,  XV*  siècle);  G  (Laurentianus, 
69,  28,  XV^  siècle);  S  (Palatinus,  26i,  XVP  siècle);  V  (Vati- 
canus,  1302,  XIV^  siècle),  qui  ne  contient  pas  la  Vie  de  Pytha- 
gore;  U  (Urbinas,  108,  XV«  siècle);  T  (Urbinas,  109,  XV«  siècle); 
A  (Arundelianus,  531,  XV^  siècle).  Sur  la  valeur  de  ces  codices 
recentiores  et  sur  l'utilité  qu'ils  peuvent  présenter  pour  la 
reconstitution  de  l'archétype,  une  longue  polémique  s'est 
engagée  entre  Gercke  et  Martini. 

Les  premiers  éditeurs  de  Diogène  n'ont  utilisé  que  des 
manuscrits  récents  et  plutôt  mauvais.  Le  premier  qui  ait  tenté 
de  jeter  quelque  lumière  sur  la  tradition  manuscrite  est  Wachs- 
muth,  dans  son  édition  des  Sillograplii  graeci  (^).  A  l'égard  des 
plus  anciens  manuscrits,  B  P  F,  il  conclut,  de  ses  comparaisons, 
qu'ils  dérivent  tous  trois  de  l'archétype  d'une  façon  indépen- 
dante. Selon  Usener,  au  contraire,  qui  étudia  le  problème  dans 
l'Introduction  de  ses  Epiciirea  (^),  B  P  ont  eu  un  stade  d'altéra- 
tion commun  [y).  Il  choisit,  pour  servir  de  base  à  son  édition 
critique  du  livre,  les  trois  plus  anciens  manuscrits,  estimant 
que  les  autres,  constituant  la  vulgate,  n'offraient  qu'un  intérêt 
secondaire.  H.  Diels,  dans  l'édition  des  Fragmente  der  Vor- 


(1)  Cf.,  sur  la  tradition  manuscrite  de  Suidas,  un  article  de  J.  Bidez,  dans  les 
Sitzungsber.  der  Berlin.  Akad.  der  Wissenscfi.,  191'i,  pp.  850  ss. 

(2)  Leipzig,  -ie  éd.  4885,  pp.  51  ss. 
(5)  Leipzig,  1887. 


—  Ô8  — 


sokratiker  et  dans  celle  des  Fragmenta  poetarum  pkilosop/iorum 
(jraecortim  (^),  s'est  rallié  à  cette  thèse. 

Cependant,  en  1899,  Martini,  qui  entreprenait  une  étude 
complète  et  systématique  de  la  tradition  manuscrite  de  Dio- 
gène  ('^),  s'attacha  à  réhabiliter  les  manuscrits  plus  récents  qui 
offrent  une  tradition  assez  différente  de  B  P  F.  D'après  lui,  ils 
ne  forment  pas  une  classe  de  détériores,  autrement  dit  la  vulgate, 
c'est-à-dire  qu'ils  ne  dérivent  pas  d'une  altération  des  anciens 
manuscrits  corrigés  par  des  recenseurs  érudits,  mais  ils  consti- 
tuent une  classe  spéciale  de  manuscrits  (a),  qu'on  peut  opposer 
à  celle  de  B  P  F  (fi)  et  qui  provient  de  l'archétype  par  une  tra- 
dition aussi  naturelle  et  aussi  légitime.  En  rendant  compte  de 
ce  travail,  basé  sur  de  nombreuses  collations,  Gercke  (^)  reprocha 
à  l'auteur  une  faute  de  méthode  :  selon  lui,  il  aurait  dû  partir 
de  l'examen  des  plus  anciens  manuscrits  et  éviter  de  mettre  sur 
le  même  pied  que  des  manuscrits  du  XIF  et  du  XIIP  siècle  une 
tradition  beaucoup  plus  récente.  Il  nie  l'existence  d'une  classe  [3, 
c'est-à-dire  qu'il  refuse  de  croire  que  les  ancêtres  des  seuls 
manuscrits  B  P  F  aient  eu  un  stade  commun  d'altération  qu'on 
puisse  comparer  à  celui  de  a.  11  pose  en  principe  que  le  vrai  pro- 
blème consiste  à  examiner  si  B  P  ont  entre  eux  plus  de  parenté 
qu'ils  n'en  ont  avec  F  (théorie  d'Usener  et  de  Diels),  ou  si  BP  F 
dérivent  de  l'archétype  par  des  voies  indépendantes  (Wachsmuth). 
Reprenant  l'examen  de  quelques  collations  des  manuscrits 
récents,  il  montre  que  le  fonds  en  est  constitué  par  les  leçons  de 
B  P  F  et  que  les  variantes  de  lecture  sont  des  altérations  posté- 
rieures dont  l'origine  doit  être  cherchée  dans  une  recension 
savante. 

Martini  défendit  peu  après  ses  positions  contre  les  critiques 


(1)  Cf.  encore,  du  même  auteur,  quelques  remarques  dans  la  ienaer  Lileraturzeit., 
1877,  I).  394  h. 

(2;  AnaLecta  Laertiana,  dans  les  Leipziger  Studien  zur  Class.  PhiloL,  t.  XIX 
(d899),  pp.  73-476. 
|3  Deutsche  Literaturzeit.,  1910,  p.  170. 


—  m  — 


(le  (îeirke  (')•  H  continue  à  s'en  IcMiv  à  l'Iiypollièse  de  l'origine 
ancienne  des  levons  particulières  des  recentiores,  cjui,  à  ses  yeux, 
forment  une  classe  spéciale  a.  Mais  il  modifie  légèrement  le 
stemma  et  les  rap|)orts  de  ces  codices  et  il  expFupie  de  la  ra(;on 
suivante  la  parenté  de  B  P  F  et  leurs  rap[)orts  avec  la  classe  a  : 
B  P  ont  des  tantes  communes  qui  proviennent  d'un  stade  d'alté- 
ration commun  (e)  ;  mais  P  contient  des  fautes  étrangères  à  B, 
dont  quelques-unes  reparaissent  dans  la  classe  a  :  c'est  que,  de  e, 
on  a  tiré  deux  apographes  :  B  et  P  ;  B  a  été  exécuté  avant  que  e 
fut  corrigé  d'après  a,  tandis  que  P  a  été  copié  après  cette 
correction.  F  dérive  d'un  manuscrit  très  parent  de  e  et  qui  aurait 
été  corrigé,  lui  aussi,  d'après  a. 

Gercke  reprit  à  son  tour  l'examen  de  la  question  (^),  avec  une 
documentation  plus  étendue  que  dans  sa  première  étude.  Il  passe 
en  revue  tous  les  manuscrits  pour  déterminer  leur  origine,  leurs 
rapports,  leur  valeur.  Il  est  d'avis,  avec  Diels  et  Usener,  que  les 
fautes  communes  à  B  et  P  sont  l'indice  d'une  origine  com- 
mune (y).  Les  leçons  de  F  s'écartent  beaucoup  plus  de  l'arché- 
type {x),  bien  qu'en  certains  endroits  elles  paraissent,  à  première 
vue,  meilleures,  ce  qui  s'explique  par  le  fait  qu'il  dérive  d'une 
amélioration  du  texte  assez  récente.  Quant  à  la  vulgate  (v),  on 
ne  peut  en  faire  une  classe  spéciale  du  même  ordre  et  de  la 
même  valeur  que  B  P  F.  Le  caractère  de  ses  leçons  dénonce  son 
origine  trouble  et  bâtarde  :  elle  est,  en  effet,  d'accord,  tantôt 
avec  y,  tantôt  avec  F,  tantôt  avec  un  correcteur  de  P.  L'examen 
des  fautes  certaines  de  v  montre  qu'elle  se  rattache  au  rameau  y 
et  qu'elle  est  plus  spécialement  apparentée  aux  ancêtres  immé- 
diats de  P  (2)  ;  mais  l'influence  de  F,  ou  de  ses  ancêtres,  sur  v 
est  aussi  indéniable.  User  de  la  vulgate  au  même  titre  que  des 


(M  Zur  handschrifl lichen  IJeberlieferung  des  Laertios  Diogenes,  —  Rhein.  Mus.,  LV 
(1900),  pp.  612-624.  Cf.  encore  Analecta  Laertiana,  II,  dans  les  Leipziger  Studien, 

XX  (1902),  pp.  m-m. 

(2)  Die  Ueberlieferung  des  Diogenes  Laertios,  dans  VHerines,  XXXVII  (1902), 
pp.  401434. 


—  70  — 

anciens  manuscrits  pour  reconstituer  l'archétype  serait  une 
faute  de  méthode  (Foii  résulteraient  de  graves  erreurs. 

Telles  sont  les  conclusions  auxquelles  s'est  rallié  Schwartz, 
dans  son  article  de  V Enajclopédie  Pauly-Wissowa  (^).  Il  est 
possible,  dit-il,  qu'il  y  ait,  dans  la  masse  des  codices  interpolés, 
à  côté  de  mauvaises  corrections  et  de  bonnes  conjectures,  quel- 
ques leçons  qu'ignorent  B  P  F  et  qui  dérivent  pourtant  de  la 
tradition  ancienne;  mais  elles  sont  si  rares  qu'elles  ne  suffisent 
pas  à  justifier  la  création  d'une  classe  spéciale  (^). 

Voyons,  pour  notre  part,  et  dans  les  proportions  modestes 
où  cet  examen  nous  est  permis,  quels  sont  les  rapports  des 
anciens  manuscrits,  ainsi  que  la  valeur  des  codices  de  la  vulgate 
que  nous  avons  utilisés.  ' 

L'existence,  dans  les  origines  de  BP  F,  d'un  ancêtre  commun 
déjà  corrompu  (z)  est  prouvée  par  des  fautes  communes,  dont 
voici  les  principales  : 

(7)  (TÉjBea-Ba!..  (8)  âvaa'ioeu.  —  o-wxpaTTiÇ.  (10)  !j.6vo)v.  —  oiol  to  t6]t6^ 

omis.  (15)  Ô£  omis  avant  p-ouo-erov.  (19)  x-ripw.  (:26)  àépa]  ouMpa. 

(30)  s^va!.]  ELoéva!,.  (38)  ecpTij -|-  Tc.  (39)  y£v6[JL£vov.  —  Tva  .  .  .  auToôi 
(lacune).  —  av  omis  après  aXwvau  (41)  tzoiÎ]go(.i.  (4^)  tù]toi. 
(44)  Ï7uy\     (45)  èhf/mç.   —   TiuGayopoLo.    (46)   ou  cpaa-t.v  oOtoç. 

àTïAoÙv.  XL»00)Va.  aVTtioOXOV.  (49)  XpOTSW.  £7ll  hk  XlVOUVOTEpa. 

La  parenté  spéciale  de  B  P  (//)  est  attestée  par  la  communauté 
des  fautes  suivantes  : 

(1)  àp!.a-Td;£V0(;J -|- 6. —  cpaiouvToç .  (^)  sâXfjLoiiv.  (10)  veavîa-xoç^. 
—  £'.ç  £v  xaT£T!lG£VTO.  (11)  TOUTov  ay£!.v.  (13)  à--riy6p£U£v]  aTrayopeuELv. 
(14)  TiavToiaç.  (16)  o-ujxSouXwv.  (17)  djju.^£rv]  oj^-iXelv.  (^20)  xaxà  yé- 
Xo^Toç.    (28)  ù'^LO-TaTau    (32)  ioÙtouçI loùç.    (->3)  wotoxwv] -(- . 


(*)  Tome  IX  (1903),  col.  739  ss. 

(2)  Cf.  encore  l'étude  et  les  conclusions  de  H.  Breitenbach,  Fi\.  Buddenhagen, 
A.  Debkunnek,  F.  VON  der  Muhll,  concernant  le  livi  e,  dans  Juvenes  dum  sumus 
(Introduction). 


—  71  — 


(85)  p.£[.o'juLevov  ^  'jL'.fjLO'JiJievov.  (87)  Ti'jOaYop'.TTr,.  (88)  è;  |  ei;.  — 
ètOlo'Jo-l  T£  omis.  (  i!2)  )vôywç  |  Xôyoç.  —  £7rt.a-Xc'J>{a;.  (48)  TriAaûyE».  | 
-■f\\a'jyr\.    (  ii)  7r£7:a'.yu£va  |  -|-  u£v.   (  ià)  oucpaAÔv.  —  iywv  y,vJ  Èyiov 

Y.IJITIV.    '^âo-XE'.V.    O'JT'.;  I    OXT'.c;.     (48)    (J-ET  '  aÙTa     P     jJLcTaUTa  II. 

(iO)  OTOV  Y,(TTO'i  P  OCOV  Y,TTO!.l>.  îÛpEX  r^'7cTC^.'..  (50)  "^KO^'O'J-.   TTGoVrOU. 

A  supposer  même  ([iie  dans  un  i;i'an(l  nomhi'i;  des  j)assages 
eorrespondants  où  F  présente  la  bonne  le(;on,  celle-ci  provienne 
(oujours  d'une  correction,  ce  qui  paraît  invraisemblable,  on 
peut  dire  que  cette  hypothèse  se  révèle  fausse  en  ce  qui  concerne 
les  fautes  :  oucAe-Tv,  tjL',uio'j;jL£vov,  c'jp£9Y,cr£Ta'..  Il  est  difficile  d'admet- 
tre (jue.  dans  ces  passages,  la  bonne  leçon,  présentée  par  F,  ait 
pu  être  retrouvée  par  conjecture.  Les  ancêtres  de  BP  ont  donc 
subi  des  altérations  communes,  à  un  stade  de  la  tradition  oii 
ceux  de  F  étaient  déjà  copiés. 

Voici  les  leçons  fautives  communes  à  BF  :  (8)  ty.ç  ev  AEAcpor;] 

r?,;  àSEXcpYj;.  (1:2)  TWV  (avant  TIOOTEûOv)]  t6v.  (18)  ATiAw  TOv]  OYlAW 
TOU.    (17)  OaÔ'^Ct)]  fkoLO'.LO  (Xaoiw  P^Il).   (28)  TW  (avant  0-Ûu.jJL£T£y_£!.v)]  to. 

(81)  r^ptuBï:  (sic),  (86)  uL'.v]  fjLT.v.  Aucune  de  ces  fautes  ne  prouve 
d'une  façon  décisive  une  parenté  entre  B  et  F.  La  faute  aoEAcpôç,  si 
aisée  à  expliquer  paléographiquement,  peut  s'être  produite  indé- 
pendamment dans  les  deux  manuscrits,  car  nous  la  retrouvons 
dans  des  textes  qui  n'ont  aucun  rapport  de  tradition  manuscrite 
avec  celui  de  Diogène  :  Suidas,  s.  v.  raoE  éx  toû  TpÎTiooo;,  et 
Apostolius  (Paroem.  gr.,  Il,  p.  65:2).  Elle  se  présente  encore 
dans  les  extraits  empruntés  par  Suidas  à  Diogène  au  §  21,  dans 
un  passage  où  les  manuscrits  de  Diogène  ont  conservé  la  bonne 
leçon.  Il  est  encore  possible  que  cette  faute  provienne  de  l'an- 
cêtre commun  deBPF,mais  que P,  dont  certaines  leçons  attestent 
une  revision  savante,  l'ait  corrigée  d'après  le  §  "21.  En  tout  cas, 
elle  ne  parait  pas  imputable  à  Diogène,  qui,  au  §  *21,  renvoie  le 
lecteur  à  la  note  du  §  8. 

TOV  pour  Twv,  t6  pour  tw  sont  de  simples  fautes  de  quantité; 
T,pe|jL£L (sic),  jjiYiv proviennent  d'un  iotacisme.  Toùen  place  deTGv(18) 
est  une  confusion  trop  commune  pour  entrer  en  ligne  décompte. 


-  r2  - 


Reste  èloLùUo  (17)  :  sXao'^w  (au  lieu  de  oaSîw)  est  une  correction 
savante;  dans  l'archétype,  on  lisait  AAAIQ,  simple  erreur  de 
majuscule,  conservé  par  et  S.  Or,  Xâô-  est  la  forme  romaïque 
de  £Aâo!,ov,  en  sorte  que  les  correcteurs  ont  pu  songer,  indépen- 
damment l'un  de  l'autre,  à  rétablii'  le  texte  de  la  même  manière. 

D'après  la  Vie  de  Pythagore,  tout  au  moins,  on  ne  peut 
reconstituer  un  degré  d'altération  commun  à  P  et  F.  Voici  leurs 
fautes  communes  que  j'ai  relevées  :  (16)  ysvvyi^sLTi.  (36)  ènû  r\. 
(49)  xpoTeo)  (xpoTSd)  P).  La  première  est  due  à  une  gémination 
de  consonnes;  s-el  tj  est  une  simple  faute  d'accentuation.  Kpoxew 
parait  avoir  été  la  leçon  de  l'original  commun  à  BPF;  nous 
n'avons  plus,  en  ce  passage,  que  la  correction  de      :  xpoTwvto;. 

Les  passages  où  nous  pouvons  utiliser  et  <î>^  ne  sont  pas 
très  nombreux  et,  cependant,  on  peut  en  tirer  des  conclusions 
touchant  les  rapports  du  codex  original  des  Excerpta  avec  les 
autres  manuscrits.  Une  parenté  avec  B  paraît  peu  établie  :  elle 
reposerait  sur  la  leçon  :  (27)  [3à3ri,  qu'on  ne  peut,  sans  hésitation, 
considérer  comme  une  faute  certaine.  Avec  E  :  au  §  :20,  au  lieu  de 
uLovov  U,  <1>^  et  les  meilleurs  codices  de  S  (V  et  A)  lisent  ^ôyou  U; 
mais  il  est  évident  qu'on  ne  peut  tirer  de  cet  accord  partiel 
aucune  conclusion. 

Avec  F,  au  contraire,  les  concordances  dans  les  fautes  paraissent 
plus  probantes  :  (36)  cpâcrSat.  est  une  simple  faute  d'accentuation 
et  (il)  v£(7oç,  d'orthographe;  mais  (9)  ore  poûXst. (pour  orav  (3oL»Xrj) 
peut  entrer  en  ligne  de  compte,  de  même  que  (34)  oixÉTriç  (pour 
IxETYi;),  qui  paraît  provenir,  non  d'un  iotacisme,  comme  on 
pourrait  le  croire,  mais  d'une  correction  savante  (le  coq 
(c  domestique  »).  Au  18,  <[>  et  F  omettent  tous  deux  le 
second  |jlyi  uuepPaivstv.  On  peut  donc  conclure  que  quelque 
ancêtre  de  F,  non  altéré  encore  par  l'importante  revision 
savante  dont  ce  manuscrit  porte  des  traces,  a  eu  quelque 
influence  sur  les  origines  de  ^;  car  je  ne  puis  croire  que  <^ 
provienne  directement  et  uniquement  des  ancêtres  de  F. 

Voici  quels  sont  les  rapports  de  S  avec  le  reste  de  la  tradition  : 
Il  est  d'abord  un  certain  nombre  de  fautes  qui  sont  communes 


—  7;{  — 


à  BPFï  et  (}ui  |>erinellen(  de  coiijecliirer  l'cxisteiia;  d'un  ancètic 
coinnuin  .r  déjà  altéré  (19)  xr,p{.);  (39)  yevdiJLevov;  omission  de 
av  a[)rès  ylùyyai;  (17)  les  deux  leçons  Xaotw  P'i;  et  èXaoû.)  BF  sont 
également  corrompues  (*). 

Les  fautes  spéciales  à  ÏIF  n'ont  pas  bcaucouj)  d'importance, 
parce  qu'elles  comprennent  uniquement  une  vai  iante  de  l'orme, 
(:21)  éajTwv,  et  des  omissions  de  particules  :  (^2)  te  après 
TO'j;;  (30)  o'jv  après  voùv  (jlév;  (34)  xat  après  tlvoç.  Or,  Suidas, 
dans  ses  extraits,  traite  d'ordinaire  les  particules  avec  beaucoup 
de  liberté  et  le  texte  de  F  est  surtout  remarquable  par  ses 
lacunes;  on  ne  peut  tirer  de  ces  coïncidences  une  conclusion 
précise. 

Les  concordances  fautives  de  BPS  ne  sont  pas  non  plus  fort 
décisives  :   (:20)  xaTàyéXwToc;  mais  xaTayéWo;  S^-S^^); 

(38)  £'!;  au  lieu  de  sç;  (38)  omission  de  eo-Ôwu^i  re  :  il  est  pos- 
sible que  le  correcteur  savant  de  F  ait  comblé  la  lacune  par 
conjecture  (^).  Concordance  partielle  avec  P  :  (39)  oé,  au  lieu 
de  or,,  après  outw. 

Pour  juger  de  la  valeur  respective  de  ces  principaux  manuscrits, 
il  est  nécessaire  de  l'examiner  dans  le  détail  de  l'apparat  cri- 
tique. Mais  on  peut  dire,  d'une  façon  générale,  que  BP  repré- 
sentent, malgré  leurs  fautes,  qu'on  peut  d'ordinaire  aisément 
corriger  par  l'étude  paléographique,  une  tradition  meilleure  et 
plus  pure  que  F.  En  beaucoup  d'endroits  où  BP  offrent  une 
leçon  difficile  à  comprendre  ou  corrompue,  F  présente  une 
variante  qui  paraît  meilleure  à  première  vue,  mais  qu'un  minu- 
tieux examen  permet  de  condamner.  C'est  que  la  faute  conservée 
par  BP  existait  dans  les  origines  z  de  BPF  et  que  F  a  voulu 


(*)  Peut-être  faudrait-il  joindre  à  cette  série  :  (20)  TreXapyav;  mais  il  est  probable 
que  cette  erreur  doit  être  imputée  à  Diogène.  Toutefois,  dans  cette  voie,  il  ne  fau- 
drait pas  aller  trop  loin  :  Diogène  écrivait  le  grec  (cf.  Ycvd[j.£vov  et  l'omission  de  àv) 
et  il  est  peu  vraiseml)lable  qu'il  ait  cru  que  Pythagore  mangeait  delà  cire  (cf.  xT)p(f)). 
D'ailleurs,  le  grand  nombre  de  fautes  communes  à  BPF.  là  où  S  ne  peut  fournir 
aucun  secours,  montre  que  l'archétype  était  sûrement  altéré. 

(2)  C'est  l'avis  de  Diels,  Vors.,  P,  p.  374. 


—  74  — 


la  corriger,  non  par  des  recherches  paléographiques,  mais  par 
des  conjectures  philologiques,  si  hien  qu'il  n'est  pas  parvenu  à 
retrouver  la  bonne  leçon.  Ainsi,  dans  les  passages  suivants,  les 
leçons  de  F  paraissent  provenir  d'un  essai  de  correction  d'un 
texte  obscur,  par  le  sens  ou  par  l'écriture,  des  origines  de  BPF  : 

(14)  -avTO'oj;  (7ravT0'!aç  BP,  mauvaise  lecture  d'un  passage 
peu  lisible);  (17)  sXaoiw  (AAAIQ  hors  de  AAAfQ;  mais  B  a 
corrigé  aussi  en  èaoZuù);  (31)  l^eX.Sroùa-av  (P  a  pu  lire  èy^pioBslcoLv, 
B  xpj'j.S-c'rTav  ;  F,  qui  ne  pouvait  déchiffrer,  sans  doute,  a  impro- 
visé d'après  le  sens)  ;  (36)  yQ-r\zeioLç,  dT.oxkeivby  sttlôoçov  (il  ne 
pouvait  comprendre  l'a-rroxALvov  des  origines)  ;  (38)  leyeic,  zl  toî;] 

Asye'.ç   £v  zo^ç   F   Àsyet.  (jItoic,  B  Xé-veiç  TOiq   P   Xérew  a-!:TO!.ç 

léysiç,  e^TTuoîTç  S^-^-"^;  (45)  oitic,  [oxtiç  BP,  probablement  de  outiç). 

Ailleurs,  d'un  passage  peu  lisible,  F  a  tiré  des  mots,  sinon 
un  sens  :  (9)  sv  âv.5'  évôç]  ev  àv5e'.  vodç.  (9)  oùx  là  euyz^.^ai  6-sp 
auTwv]  OUX  sAeyyeo-Be  Otto  sajTwv.  Cette  dernière  lecture  est 
typique.  Elle  dérive,  à  l'origine,  d'une  simple  faute  paléogra- 
phique oYKEAErxECBAi  '  compliquée  d'une  erreur  due  à  la  pro- 
nonciation ;  on  en  a  tiré  cependant  un  sens,  auquel  il  a  fallu 
accommoder  la  préposition  qui  suit,  par  une  correction  savante. 
(35)  crooj;]  yéyoïx;  :  cette  variante  ne  peut  s'expliquer  que  par 
une  sorte  de  glose  (prise  plus  tard  pour  une  graphie  et  adoptée 
par  F),  destinée  à  indiquer  quel  sens,  un  peu  particulier  et 
philosophique,  il  fallait  attribuer  ici  à  eiooç. 

Cependant,  en  plusieurs  endroits,  F  a  seul  conservé  la  leçon 
correcte,  soit  ([u'il  l'ait  retrouvée  par  conjecture,  soit  qu'il  la 
tienne  d'une  tradition  moins  altérée.  Exemples  :  (i)  cpXwOvxoç; 
(10)  xaTETiQcVTo  zoLç  oùcrioLç  £?ç  £v  7ro!.oûpL£voi  (ordre  des  mots);  (16) 
(7u|jI|j6awv ;  (20)  xaxayÉXwTo;;  (32)  toutou*;;  (35)  |j,£{.ou[i.£vov ;  (37) 
o' âXxjJiaîiwv!.  •      ;  —  TcuBayopwTL;  (38)  Êc-Ôdoua-'!  t£?;  (49)  alp£8Tia-£Ta!.  ; 

(50)  Aoyou;  —  TcpwTov.  —  Ce  manuscrit  est  malheureusement 
déparé  par  une  foule  d'omissions  de  peu  d'étendue. 

}l  est  précieux  en  plus  d'un  passage  pour  retrouver  la  leçon 
originelle  :  (18)  £v  Ttc})  tc^.  (  19)  £v{ot£  o'aÙTÔv;  —  o'\j(^;  (23)  cp9{vetv; 


(4(>)  àépa;  (37)  [xey£OeT[.v  vo'j[iaa-TU(ô(;.  VA'.  (3î))  Cva  rtir^çiy^zzo ,  aÙTÔOt. 
(céleri  :  Tva  ajToOi),  |)rovenanl  appareininenl  d'un  rva<(jL>,  > 
otép)(_0LTo,  (|ui  élail  sans  doiile  [)eii  lisible  dans  rarcliéty[)e. 

De  on  ne  peut  guère  tirer  parti  que  pour  a|)puyer  çà  et  là 
des  leçons  de  manuscrits  isolés.  Ainsi  :  {H)  ^âpioXçiv  (avec  K)  ; 
(13)  TÔv,  avant  àTzôAXwvo;  (avec  P)  ;  (3o)  yoùiv  (=--  oyi  de  P^B-); 
(41)  aÙT(o  (avec  F);  (ii)  àX'.dQYi  (avec  B).  Toutefois,  il  est  seul 
à  présenter  la  leçon  correcte  oik  to  t6  |  (t6^  omis  BP^F),  an  10. 
De  même, -au    8,  cp^ôo-ocpo;  est  une  meilleure  leçon  que  cpiXo^ro-^ov. 

J'établirais  ainsi,  à  condition  qu'on  ne  prête  pas  à  ce  schéma 
grossier  une  exactitude  mathématique  et  qu'on  suppose  plus 
d'intermédiaires  et  plus  d'influences,  encore  mal  déterminées, 
que  je  n'ai  pu  l'indiquer,  le  stemma  des  anciens  codices. 


X 


*  ♦ 

Parmi  les  manuscrits  récents,  j'ai  choisi,  avant  tout,  pour 
représenter  la  vulgate  et  contrôler  la  valeur  de  la  thèse  de 
Martini,  les  deux  manuscrits  D  et  G.  C'étaient,  d'après  les  notes 
de  Gercke  et  de  Martini,  ceux  qui  avaient  le  plus  de  chances  de 
représenter  un  type  bien  déterminé  et  original  de  la  vulgate. 


G  est  l'exemplaire  des  détériores  qu'avait  choisi  Usener  pour 
l'édition  des  Epicurea  :  c'est  un  Laurentianus,  69, 28,  chartaceus 
du  Xy^  siècle,  dont  la  grosse  écriture  (28  lignes  à  la  page) 
contient  peu  d'abréviations.  On  rencontre  quelquefois  en  marge, 
à  côté  des  citations,  le  signe  semblable  à  des  guillemets  que 
nous  avons  signalé  dans  B.  Il  n'y  a  pas  de  notes  marginales, 
mais  en  quelques  endroits,  le  manuscrit  a  été  corrigé  par  une 
seconde  main  (G^)  :  ce  sont  des  additions  et,  plus  rarement,  des 
corrections  faites  après  rature 

D  est  un  Burbonicus,  III,  B,  28,  (252),  chartaceus  du 
XY^  siècle  (XYP,  Gercke)  (^).  C'est  surtout  sur  lui  que  Martini 
s'appuie  pour  démontrer  que  dans  la  seconde  partie  des  Bio- 
graphies de  Diogène  (livres  VIIl-X)  (^),  la  vulgate  provient 
d'un  manuscrit  de  la  même  classe  que  B  et  d'une  tradition  sou- 
vent plus  fidèle  que  la  sienne.  De  cet  ancêtre,  D  serait  un  rejeton 
plus  authentique  que  tous  les  autres  cddices  recentiores.  Chaque 
page  compte  environ  31  lignes;  les  abréviations  y  sont  peu 
nombreuses;  on  y  retrouve  le  signe  des  guillemets.  C'est  au 
premier  copiste  qu'il  faut  rapporter  les  notes  marginales  qui 
annoncent  le  sujet  d'un  nouveau  chapitre  ou  qui  attirent  l'atten- 
tion du  lecteur  :  opa,  oiaTÎ ...  (etc.),  ize^i...  (etc.),  ainsi  que  les 
additions  marginales  et  les  variantes  introduites  par  p.  Les 
corrections  après  rature  (par  exemple  [42]  Trarépcov  sur  TiaTpiwv) 
paraissent  indiquer  un  procédé  différent  et  une  autre  main,  D^. 

Le  texte  de  G  diffère  très  peu  de  celui  de  D.  Se  fiant  aux 
apparences,  Martini  a  émis  l'opinion  que  G  aurait  été  copié  sur 
D.  Gercke  pense,  au  contraire,  que  G  ne  provient  pas  de  D  et 
que  dans  les  premiers  livres  il  est  fort  apparenté  à  B.  Il  explique 
D  par  un  mélange  d'influences  de  F,  de  P  et  de  B  (*).  Voici  la 


(1)  Vit.  Pyth.,  ff.  179^  à  189^'. 

(»)  Ibidem.,  flf.        à  iSO^. 

(')  Leipziger  Studien,  t.  XIX,  p.  116. 

(*)  Hermès,  XXXVII  (1902),  pp.  431  ss. 


—  77  — 


liste  (les  divei'^eiices  do  nos  doux  iiiamisci  iLs ;  j'ai  laissé  de  cùlé 
les  iotacismes,  Tort  nombreux,  parliculièreinenl  dans  G  : 


G 

D 

(i) 

Au 

ootxTu  Â!,oypoccpou 

» 

cpXaio'JVTOç 

CpAWJVTOÇ 

TT  Ci  k>  ytnnT 'f\'\j 

8k  II'jppoç]  ôé  omis. 

TC  0  Au  X  p  OtT  T(  Ç 

TCX'JTa 

(0 

C7£j3a!,a-5a!.  (les  deux  ai  rem- 

a-£'j£7.ra'. 

places  par  e] . 

(1-2) 

xp£ao-t.v  —  TTpwTov  y£  (omis  de 
première  main). 

£'jpT,[JL£VY, 

(14) 

TcapayevYiîjGat. 

-apaycy£V7,a-Ga'. 

(19) 

.-TaAaTTÎc!.;  (o'.ç  en  marge). 

(20) 

£;w  Ta!.!; 

>/>- 
£Ctj) 

(-24) 

à7:TiY6p£'J£V  yjjT^dhoLi 

p 

à-r,y ôp£V£v  è'y  Eo-^a». .  F  y  p  r^cr^cf.i 

(23) 

(29) 

i   4  ' 

.3'£p|j.T,v  eivoLi 

(31) 

Xp'JCp.SLTav  T£ 

0 

£Ç£AcroL»a-av  o£ .  1  xp'jcp<r£t,c7av  xe 

(35) 

CD!.ÂÔa"OCSO!. 

Twv  cp'iAwv  .  rcpLAôa-ocpot. 

(30) 

01 

£À£V£'i£!,; 

£A£y£':o',ç 

ir\q  OLpy Ti  omis. 

2r.py;/,]  AÉywv 

(37) 

où  jQuCJTUXlOÇ 

•J 

OÙ  jS'jo-TLxw; 

—  78  — 


Cr 

D 

(37) 

aXex[JLa{(j)vt 

(38) 

d  ToTç]  bç  ohoiç 

(39) 

TSTTapàxovTa; 

TETTapàxovTa 

(40) 

Xevet,  vàp 

IM) 

\  1 

r 

Twv  7raT£p  '(t)v  (sur  rature  de 

)) 

Tiarp^wv) 

£v6|Jli(70£ 

(43) 

evTieôoxXea 

£ti.7r£00x)v£a 

01  aj  iô£(.v  aTa  ô 

'/  a 

'!o£rv  Ta  ùi  à 

(44) 

£V£V7]X0VTa 

dnéyeç 

£7r£y£ç 

(45) 

Tipo  ppoTo; 

TcooêpoTo'ç  . 

)) 

)) 

ô£  xai]  xai  omis. 

(46) 

(49) 

ava^t.JJL£V£!. 

âvva$t.[jL£V£t. 

Certaines  comparaisons,  comme  (jeôe^r^oLi  D,  o-Épa^a.Sat.  G; 
eùpYl{ji£vri  :  £upup.£v-/i;  fçw'^°''  :  è'Çw  Ta^ç  (pour  tti?)  ;  XéjEi  :  )iy£{. 
yàp  wç  ;  cp3^àvT(*)v  :  cpoév^wv,  OÙ  G  a  conservé  la  leçon  originelle  ou 
présente  un  texte  qui  s'en  rapproche  davantage,  prouvent  que  G 
n'a  pu  être  copié  sur  D.  Un  copiste,  en  effet,  qui,  partout 
ailleurs,  se  montrerait  si  servile,  n'aurait  pu,  dans  ces  passages, 
corriger  le  texte  et  retrouver  la  leçon  originelle.  D'autres  cas, 

comme  TroÀLXpàTriv  G  :  TcoXuxpâTriç  D  ;  raù-za  Ta;  o-uyypacpàç  :  TauTa; 
T.  0-.;  £'1*^^07  :  'i^yyyo^\  6;  olto',ç  :  gç  a-{TOt.ç;  T£TTapàxovTa;  :  T£TTa- 

pàxovTa;  xai  omis  dans  G  après  T,x{jLaÇ£  oé,  etc.,  montrent  que 


rhvpotlièse  (M)iili  airt'  csl  aussi  peu  adinissihlc  ;  dans  ces  endroits, 
en  elî'el,  1)  a  conservé  la  honne  leçon  ou  une  l(;clure  (|ui  se 
rapproche  de  celle  des  bons  manuscrits.  (Cependant,  on  se  voit 
obligé  de  leur  reconnaître  une  intime  j)arenté,  si  l'on  en  jug(; 
par  leurs  fautes  communes  et  par  le  noujbre  considérable  de 
variantes  orii»inales  (ju'ils  présentent. 

L'un  des  parallèles  cités  plus  haut  nous  met  sur  le  chefuin  de 
la  découverte  :  (45)  a|jL[jL!.ya  lolç  ToCo-tv  ofxoO  IZio'.ç  G  :  ap.|jL'.Ya  to^ç 
tSîoi;  D,  leçon  accompagnée  des  mots  ^oïcriv  ôfjLOj  au-dessus  de  la 
ligne.  Jl  est  visible  que  les  mots  (jui  figurent  dans  D  comme 
variante  sont  entrés  dans  le  texte  de  G.  Mais,  comme  G,  pour  les 
raisons  exposées  plus  haut,  ne  peut  avoir  été  copié  sur  D,  il 
faut  admettre  qu'ils  dérivent  tous  deux,  indépendamment,  d'un 
codex  plus  ancien.  Ce  manuscrit  contenait  des  graphies  et  des 
variantes  placées  au-dessus  ou  à  côté  des  mots.  Le  copiste  de  D 
a  transcrit  fidèlement  ce  texte,  dans  l'état  originel.  Le  copiste 
de  G  a  parfois  laissé  de  côté  ces  variantes  (par  exemple 
SaxTuXiovAûcpou);  mais,  le  plus  souvent,  il  a  corrigé  le  texte  pri- 
mitif d'après  ces  notes  (cpXawùvTo;,  5aXaTTÎo^,  àTiriyopsusv  ^pTiO-Ga»,, 
xpucp^r^-av  T£,  (£)Ck6(70(ûoi,  où  pu(7Ti>xwç.  Il  lui  cst  aiTivô  dc  se 
méprendre  sur  la  portée  ou  le  sens  de  ces  variantes.  Ainsi  pour 
cpXato'jvToç  :  il  a  cru  que  la  graphie  oli  placée  au-dessus  de 
(pXwjvToç,  devait  remplacer  i  et  non  \i.  C'est  par  une  erreur  sem- 
blable qu'il  a  introduit  Toro-tv  6(xoùi  dans  son  texte,  ne  compre- 
nant pas  que  ces  mots  formaient  une  variante  de  a(x|jL(.ya  -zoïç. 

Il  convient  aussi  d'examiner  les  rapports  de  D  et  de  G  avec  les 
manuscrits  plus  anciens  et  de  déterminer  quelle  peut  être  leur 
valeur  pour  la  reconstitution  de  l'archétype.  DG  présentent  un 
certain  nombre  de  fautes  qu'on  retrouve  dans  B.  Les  plus  remar- 
quables sont  :  (5)  TrpocrGev]  Tipoo-^e  r.v  (TupocrQriv  B)  ;  (35)  touto'j] 
TOTiou;  (38)  Si  toi;]  oq  crLzQiç  (D),  cf.  (jLtoiç  B;  (41)  auTcoJauTov; 
(42)  Tcaxpiiwv  ;  (49)  riX5e  ;  supe^v^freTau  Par  contre,  on  ne  peut 
découvrir  une  faute  bien  caractéristique  commune  à  DG  et  à 
P  ou  S  ;  d'où  l'on  peut  conclure  que  les  concordances  avec  B  ne 
proviennent  pas  de  y,  mais  de  B  lui-même  ou  de  ses  ancêtres 


—  80  — 


immédiats,  postérieurs  à  y.  Les  concordances  fautives  avec  F 
paraissent  être  plus  nombreuses  encore  qu'avec  B.  Je  relève  spé- 
cialement :  (20)  oûSiva  omis  ;  (21)  elm;  (30)  cppéva;  (31)  è^eX^Boucray; 
(35)  àXwv]  aXXwv;  (37)  nu^ayop'-Çouo-T)]  toïT;  nu-S-ayopixor;  ;  où  ^uo'Tt.xw;; 
(38)  Te  omis;  (31))  zoùc,  omis;  (40)  eÇeX^eîv;  (49)  xaT£pux6v;Tc6).£Lç. 
Il  semble  donc  que  D  et  G  dérivent,  pour  le  fond,  de  B  ou  de 
ses  ancêtres  immédiats,  mais  que  le  texte  a  été  revu  sur  F  ou 
quelque  manuscrit  de  sa  parenté. 

Cependant  D  et  G  présentent  un  grand  nombre  de  leçons 
originales  qu'on  ne  trouve  ni  dans  les  anciens  manuscrits  ni 
dans  les  autres  codices  recentiores.  Gomme  certains  critiques 
ont  voulu  leur  reconnaître  une  valeur  considérable,  il  est  néces- 
saire de  passer  en  revue  la  plupart  d'entre  elles,  pour  contrôler 
cette  estimation. 

(1)  Twv  [Ta>ax(ôv  ...  wv  :  le  pluriel  ne  peut  être  préféré  au  sin- 
gulier, car,  dans  l'autre  membre  de  phrase,  on  lit  [wvlx7]v.  — 
oaxTuX'.oypàîpo'j  :  ce  mot  n'existe  pas.  —  ovtoç  ajouté  à  Ttpsa-P'jTÉpou 
est  une  addition  inutile  d'un  grammairien  qui  a  voulu  éclaircir 
la  construction. 

(4)  MsvcXâou  :  correction  évidente  de  Mevéasoj,  forme  homérique 
qu'on  a  trouvée  étrange  ici,  mais  qui,  dans  cette  histoire  où  il 
est  question  de  la  guerre  de  Troie,  est  un  souvenir  naturel 
d'Homère.  Dans  le  texte  d'une  notice  semblable  à  celle-ci, 
l'auteur  citait  les  vers  homériques  où  est  racontée  l'histoire 
d'Euphorbe  (Jamblique,  V.  P.,  63;  Porphyre,  V.  P.,  26). 

(6)  l^Topia;  :  lecture  injustifiable;  au  plureil,  ce  mot  doit  être 
compris  dans  le  sens  de  livres  (Chistoire.  ok  zlr.dv  :  l'indicatif 
convient  mieux  que  l'infinitif. 

(7)  Tzpoç  'HXo^aX-?!  :  ce  serait  une  lettre  ou  un  discours  philo- 
sophique adressé  à  Hélothalès.  Rien  ne  justifie  cette  leçon,  car 
le  titre  d'un  autre  ouvrage  de  la  même  catégorie  est  KpoTwv. 

(8)  ^wcrwpâTT,;  :  les  autres  manuscrits  présentent  SwxpàTY];. 
Ceci  était  une  faute  évidente,  puisque  l'ouvrage  d'où  est  tiré  cet 
extrait  est  cité  :  £v  Aiaooy^ar;;  en  outre,  elle  était  facile  à  corriger 
pour  un  lecteur  de  Diogène,  car  Sosicrate  est  fréquemment  cité. 


—  81  - 


TÔv  pîov,  etc.  C.etle  le(;oii  provieiil  inanirestenicrit  d'une  mauvaise 
correction.  Les  nombreux  passages  parallèles  montrent  que 
Léon  demande,  non  une  définition  du  mot  pliiloso|)lie,  mais  ce 
qu'est  Pythagore;  à  quoi  il  répond  :  «  Je  suis  [)liilosoplie  »,  etc. 
La  leçon  de  OG  ne  provient  pas  d'une  simple  erreur  paléogra- 
phique, mais  d'un  remaniement  d'origine  érudite. 

(9)  [JLTiTe  Ttov  Ttôvwv  u.r\Te  To)v  a-'.T'iwv  [i.T,0£va  I  {jirjTe  to>v  7t:Ôv(»)v  [7.T|T£ 
Twv  (7mwv  |jLTiT£  Twv  ûtivcov  [jLYioéva.  Dans  le  texte  correspondant  de 
BPF,  les  correcteurs  de  D(l  ont  remarqué  que  ttovwv  et  o-r.x'iwv 
ne  formaient  pas  l'antithèse  qu'on  attendait  ici.  Cherchant  une 
correction,  ils  ont  cru  contrebalancer  xwv  ttovwv  en  ajoutant 
Twv  uTTvwv.  Peut-être  se  sont-ils  inspirés  ici  de  deux  passages  de 
la  Vie  de  Pytliagore  de  Jamblique  (163  et  244)  :  xaTajjLav9âv£!.v 

f7-r\ii.Ei(X  c7up.iJL£Tp'!a;  -ovwv  (tcotwv  !244)  T£  xal  o-LT'iwv  xal  àvauaÛT£w;. 

Le  caractère  de  correction  savante  s'accentue. 

(10)  ÈyivovTo  :  l'Aoriste,  coordonné  à  un  Imparfail,  a  toutes 
les  chances  d'être  une  faute. 

(12)  T,vux£lTiv^><a-  Tout  le  reste  de  la  tradition  de  Diogène,  y 
compris  un  extrait  de  l'Anlhologie  Palatine,  offrent  ici  :  r^vjxeU. 
TÔ  7:£p!.xA££c;,  que  je  comprends  ainsi  :  Pythagore  a  réalisé  ce  qui 
est  très  illustre  (l'exploit  fameux)  :  il  a  trouvé  la  figure  géomé- 
trique, etc..  Plutarque  et  Athénée,  qui  reproduisent  cette 
épigramme,  écrivent  V-^^a,  lorsque...;  mais  avec  cette  lecture, 
l'épigramme  reste  sans  proposition  principale.  C'est  dans  ces 
auteurs,  sans  doute,  que  DG  ont  puisé  leur  correction. 

(13)  ùia  To  Tï'jpou;]  xal  Tcupoûc;.  Le  verbe  Tl8£a-8a!.,  dans  DG,  a 
pour  sujet  ïl-jOayopav,  coiiime  Trpoo-xuvYicrar,,  ce  qui  est  ridicule. 
Aià  TO  indique  la  raison  pour  laquelle  il  ne  fit  ses  libations  qu'à 
cet  autel.  Dans  le  texte  de  DG,  remarquons  encore  que  l'Infinitif 
présent  rlGE^Saf.  ne  s'accorderait  pas  avec  l'autre  Infinitif  auquel 
il  est  coordonné,  l'Aoriste  Trpoa-xuvriaar.. 

(16)  £uvo[jt.oujjL£VTi(;]  £uvat.ojji.£vriç (=  £Ù  vaiouiévriç)  :  vatw  est  poétique; 
d'ailleurs  si  l'on  admet  cette  lecture,  l'anecdote  perdrait  sa 
signification. 

Tome  XVII.  —  Lettres,  etc.  6 


-  82  - 


(17)  xapôÎTiV  :  il  n'y  a  pas  trace  de  dialecte  ionien  dans  les 
symboles. 

^opTÎov  [jt-Yj  (T'jyxaBatperv  xai  [jlti  <TL<ve7it.TL8évat..  Cette  leçon  est  un 
compromis  entre  la  leçon  des  anciens  manuscrits  de  Diogène  : 
cpopTLov  auyxaOa'.pErv  xal  fjiTi  (Tuv67ri.Ti.9eva!.,  et  la  formule  ordinaire  des 
passages  parallèles,  dont  le  sens  est  exactement  contraire  : 
(^opTLov  jjLT,  (3-uyxa8at.p£rv,  c7'jv£TnTt.G£vat.  o£.  Le  correcteur  a  voulu 
ménager  les  deux  opinions  et  il  a  trouvé  cette  formule  hybride 
et  absurde. 

à7:o5r,|jLoûvTa  iizi  -zk  Upà  jj.t,  àv£-iTTp£7rT£rv.  Dans  les  autres  manu- 
scrits et  dans  les  passages  parallèles,  ce  précepte  revêt  la  forme 
à7roSYi[JLOUVTa  èttI  to^ç  ôpot.;  âv£7:{.<7Tp£7iT£rv  (ave7Li.(7Tpacp£rv  F),  ce  qui 
signifie  qu'il  ne  faut  pas  se  retourner  en  passant  les  frontières. 
On  trouve  une  tradition  semblable  à  celle  de  DG  dans  Olym- 
piodore,  In  Plat  Phaedon.,  page  8  :  àTc'ov-rt.  eU  Upov  où  hei 
£7ri.cr-:p£cp£o-9a'.  Le  correcteur  de  DG  paraît  avoir  compris 
àvETr'-a-TpETïTELv,  nou  dans  le  sens  ordinaire  iic  pas  se  retourner, 
mais  dans  un  sens  dérivé  :  négliger.  Aussi  a-t-il  cru  devoir 
ajouter  {jlyi  pour  que  le  précepte  fût  édifiant.  Sur  la  forme  de 
la  lecture  originelle  de  Diogène,  la  comparaison  avec  le  18 
(et;  i-oof\ikia.v  paBuovTa)  ne  laisse  subsister  aucun  doute. 

(19)  xTipLG)  :  il  semble  que  nous  ayons  ici  une  bonne  leçon. 
Tous  les  autres  manuscrits,  y  compris  Suidas,  lisent  xripô).  Ce 
mot  avait  choqué  certains  recenseurs  :  ainsi  a  corrigé  en  Tuptjî. 
On  peut  conjecturer  que  v^r^^ii^  est  aussi  une  correction  savante, 
imaginée  d'après  les  passages  parallèles  :  Jamblique,  V.  P.,  97 
et  150,  Porphyre,  F.  P., 

(22)  TtpocpÉpeiv  est  une  faute  qui  provient  de  cette  façon  d'écrire 
TipoTcpipE'.v  :  7r^ôcp£p£f.v.  —  âva'.uaxTi  :  Fadverbe  ne  convient  pas  en 
cet  endroit;  le  sens  réclame  un  adjectif,  que  nous  donnent  les 
autres  manuscrits. 

(2i)  àTTYiyopeuev  ypf.frOa!.  (GD^  ;  au.  l'/Eo-Gai  D^)  est  une  correc- 
tion de  l'expression  àu7iyôpe'j£v  aiTE/ea-Sa!,  BP^  (cf.  §  19  :  duYiyopeue 
\Krfô  èp'jOrvov  Eo-Gîe'v,..  xapo'!a;  te  àTiÉ^^EcrGai),  qui  très  anciennement 
avait  été  modifiée  par  S  en  â-É^^eaGa-.,  par  F  en  à7nfiy6p£'j£v  ï-yea^ai. 


—  S3  — 


(4^))  a-T'ia  oùcrri  :  le  réviseur  n'a  pas  vu  dans  atxLov  (de  olItu^)  ô'vti) 
un  substanlif  neutre,  mais  un  adjectiCet  il  s'est  étonné  du  ^enre  : 
de  là  sa  correction. 

0Ll<7.Sr\zà]f7Tepeâ.  La  honne  leçon  (atcrÔTiTci)  est  fournie  par 
BPn.(TTepeà  (T(ô{jLaTa  n'est  pas,  à  vrai  dire,  une  siin[)Ie  répéti- 
tion de  (TTepeà  a-^ri[i.aTa,  uiaip  le  mot  aKjH-r^TÔ.  est  l)ien  plus  clair. 

(:28)  DG  ponctuent  et  lisent  :  tJ^u-^poO,  T(j)  (xup|jLeTé^etv  ']>y'/poù 
atGépo; . Stacpépe'.v  xe  ^u^V  s^rj;.  C'est  une  tautologie  d'expliquer 
otuôarTiaa-fJia  aiGspoç  ...  (}>uypou  par  tÔ)  (TUijLfjieTé'^et,v  t{;u'/poiJ  atOepo;  : 

«  l'âme  est  un  fragment  d'éther  chaud  et  d'éther  froid,  par  le 
fait  qu'elle  participe  à  l'éther  froid  ».  Kn  outre  otacpépe'.v 
ÇwTjç  devient  une  affirmation  gratuite.  D'après  la  leçon  des 
anciens  manuscrits,  au  contraire,  la  distinction  entre  la  vie 
(des  plantes)  et  l'âme  (des  aniniaux)  tient  à  ce  que  la  seconde 
seule  est  constituée,  pour  une  part,  par  l'éther  froid  (grâce  à 
la  respiration).  Cf.  le  commentaire. 

(!29)  Après  ôpaa-'.v  :  xauxTiV  yàp  àyav  .SepixYjv  eiyoLi  (erlvat.  ^epixT^v  G) 
est  un  arrangement  du  texte  qui  ne  présente  qu'un  sens  absurde. 
En  outre  les  mots  ttiv  te  aLo-Grio-iv  —  ô'pao-iv  restent  en  suspens  : 
le  verbe  nécessaire  à  la  formation  d'une  proposition  fait  défaut. 

['iï)  £X7ï£[jiT:ei  est  une  correction  qui  a  pu  paraître  nécessaire, 
à  cause  des  prépositions  qui  suivent  (àuo  et  ex);  mais  siaTrsfXTxsLv, 
introduire,  est  mieux  à  sa  place  que  èyinéixT.ei^  (faire  partir, 
envoyer),  car  Hermès  conduit  lui-même  les  âmes  (aysTSa-.  :  cf. 
son  surnom  n\Aaïo<;). 

(3^)  toutou;  Saiaovaç] TaÛTaç  oattjLova;.  F  présente  la  leçon 
originelle  :  toutou;;  le  démonstratif  est  attiré  au  genre  du  com- 
plément attributif.  BP  croient  voir  une  faute  de  grammaire, 
comme  si  oaîjjiova;  était  le  sujet  de  voijitlÇea-Gat.,  et  ils  corrigent  : 
toutou;  toù;  8a!l[jLova;.  <ï>^  et  DG,au  contraire,  ont  compris  le  sens, 
mais  n'ont  pas  admis  l'attraction  dont  je  viens  de  parler;  aussi 
rétablissent-ils  TaÛTa;. 

v6c7ou  T£  xal  uyetia;.  Il  est  visible  que  DG  ont  eu  devant  les 
yeux  la  leçon  fautive  de  B  :  vdfrou  te  fvoaou;  te  PF,  xal  y6:Touç  <ï>, 
Suidas,  d'après  une  notice  s.  v.  dvsLpÔTiVriXTov,  lisait  aussi  vocrou;). 


—  84  - 


En  effet,  ce  génitif,  dépendant  de  (rr^iieia  et  accompagné  de  te, 
attend  un  second  membre  accolé  par  xaî  Le  correcteur  de  DG 
a  voulu,  selon  un  procédé  que  nous  avons  déjà  signalé  (à  propos 
de  uTTvwv  opposé  à  uovwv  9]),  compléter  le  texte  par  une  anti- 
thèse :  xal  uyeîa;.  La  leçon  de  PF  4>S  est  bien  claire  et  juste  :  les 
démons  envoient  les  présages  et  les  maladies. 

(33  )  Stà  toùto  aÙTov  xaBapeueiv  :  la  leçon  Stà  toGto  est  absurde, 
car  on  ne  voit  pas  à  quelle  raison  on  fait  allusion. 

(34)  'AptoTOTsXri;,  en  place  de  'ApwTocpàvYi;,  est  une  erreur 
évidente,  car  le  fragment  est  poétique.  —  'Hpw.xorç,  au  lieu  de 
'Hpw(TL,  est  une  variante  contredite  par  les  autres  témoignages 
sur  le  titre  de  la  comédie.  —  sxtoç  remplace  evto;  ;  Ivto;  est  cepen- 
dant correct  :  il  signifie,  à  mon  sens,  entre  la  table  et  le 
convive 

Mïivoç]  Aios.  La  suite  du  texte  (Mriv()  donne  raison  à  la  tradi- 
tion ancienne.  En  outre,  les  passages  parallèles  des  autres 
auteurs  qui  expliquent  ce  précepte  donnent  tous  M-^voc;  (ex. 
Jambl.  F.  P.,  84),  ou  'Kkiou  (Jamblique,  Proir.,  21, 18  ;  Suidas, 
dans  cet  extrait  de  Diogène).  ^lôç  paraît  être  une  glose  de  Zyivoç, 
(|ui  aurait  été  une  mauvaise  lecture  de  Myivô;. 

(35)  Twv  cp^Xwv] cpiXotTocpo!.  GD^.  D'après  le  passage  parallèle, 
Jambl.  V.  P.,  86,  c'est  une  erreur. 

ÏTij-Kokaii  :  correction  destinée  à  former  antithèse  à  vGv  ou 
faute  machinale  produite  par  l'attraction  de  l'autre  nôikai,  —  6ti 
xa{]oTL  av,  destiné  à  régulariser  la  syntaxe;  cf.  cependant 
Matthaei,  Gr.  Gram.,  n°  1259  (2^  éd.). 

(36)  Le  texte  du  vers  de  Timon,  dans  DG  :  yoriraç  àTioxXîvav 
Te  éul  ôo^Yiç,  ^TipYiv,  n'offre  aucun  sens;  en  outre,  cette  leçon  est 
plus  éloignée  des  origines  que  celle  de  BP,  aisée  à  corriger. 

£v  èXeyewt.;  est  une  première  erreur  qui  a  entraîné  la  chute  de 
Y,;  âp^Ti,  qui  s'accordait  avec  sXeyeicf.  D  l'a  remplacé  par  Xéywv, 
variante  complètement  privée  de  tradition  paléographique. 

é-o'.xTerpa'.]  sTT'.xTeLva'.  est  une  méprise,  amusante  dans  ce  con- 
texte. 

(38)  AéyeLç  I  6;  rsiioiq  purcou  tjLeo-Tor;  'rfizTai  çuvcôv  D   (o-iroj.;]  oÎTOtç 


—  85  — 


G)  Aucun  des  uianuscrils  u'ollrc  ici  la  leçon  convenable,  mais 
on  peut  aisément  la  rétablir,  en  prenant  à  l'un  et  à  l'autre.  La 
leçon  de  l)(î  est  un  essai  intéressant  tenté  pour  sortir  de  l'im- 
hroglio  de  la  tradition;  mais  il  n'est  pas  satisfaisant.  ;uvwv  n'est 
pas  du  tout  le  terme  pro[)re  qui  convient  à  aÎTon;  :  on  n'est  pas 
en  compagnie  de  la  nourriture.  Les  conditions  de  la  métrique 
ne  sont  d'ailleurs  pas  observées.  I)  dérive  de  B  :  léysKjizoï^  ^ùnou 
fjL6(jTorç  yiSeTai  Çjvwv,  OÙ  Xeyetdt  =  Xéyetç,  |  ;  comme  il  manquait 
une  syllabe  au  vers,  DG  a  ajouté  ô;. 

(40)  KûXwvo;|  MfAwvoç.  Le  passage  est  certes  obscur,  car  il  n'a 
pas  été  question  de  Cylon  jusque-là.  En  outre,  on  se  demande 
quel  est  ce  banquet  organisé  par  Cylon  et  qui  amène  la  retraite 
de  Pythagore.  J'ai  expliqué  plus  haut  (p.  24)  que  l'obscurité  de  ce 
passage  provient  d'un  raccourci  trop  serré  de  l'exposé  primitif. 
Cylon  nous  est  connu  par  une  foule  de  passages  parallèles  : 
c'est  l'ennemi  personnel  de  Pythagore,  d'après  la  légende.  Le 
banquet  qu'il  préside  faisait  partie,  sans  doute,  des  réjouissances 
instituées  à  l'occasion  du  massacre  des  Pythagoriciens. 

La  leçon  de  DG  provient  du  désir  du  correcteur  d'éclaircir  ce 
passage,  en  en  retranchant  un  nom  inconnu  pour  y  faire  entrer 
celui  de  Milon,  bien  connu  par  le  ^  39.  Le  correcteur  a  cru  que 
le  banquet  en  question  était  celui  qui  avait  réuni  les  Pythago- 
riciens dans  la  maison  de  Milon. 

(41)  évTeiXacjSai.  Le  bon  texte  présente  deux  Optatifs  Aoristes 
qui  dépendent  de  wç;  mais  dans  les  manuscrits,  TTOLT^aai  est  écrit 
comme  un  Infinitif  Aoriste  :  uoiri<70Li;  aussi  DG  a-t-il  cru  bon  de 
corriger  £VT£Ova!,To  en  un  Infinitif  Aoriste. 

—  aÙTov  est  une  leçon  fautive  de  B  (aÙTw  F<ï>,  auTÔ  P),  en  sorte 
qu'ici  encore  B  paraît  être  le  point  de  départ  de  DG.  aùxov  ne 
peut  désigner  UItov,  qui  est  du  féminin  ;  il  doit  donc  se  rapporter 
à  Pythagore  et  la  phrase  doit  signifier  :  «  ensuite  Pythagore 
descendit  dans  le  souterrain  ».  Voilà  le  raisonnement  qu'a 
tenu  le  correcteur.  Mais  alors  eo-x'  av  avéXÔri  ne  pouvait  plus  se 
rapporter  à  l'action  de  passer  régulièrement  la  tablette  à  Pytha- 


86  - 


gore  (xa^LÉvat.  aÙTw)  jusqiià  sa  réapparition.  D'où  la  nécessité  de 
rapporter  cette  proposition  à  ce  qui  suit  (toùto  uotTja-a'.  [jiïiTépa) 
et  de  la  relier  à  la  précédente  par  xa{.  Ici,  la  correction  est  des 
plus  habile  :  si  le  texte  de  B  ne  nous  en  apprenait  l'origine  et 
si  nous  n'étions  instruits  des  méthodes  du  correcteur,  nous 
hésiterions  peut-être. 

(43)  TaÛTa  oi'a]  ioely  zol  B'.'a  D  OU  iSeCv  clzol  oi' ol  G  n'offre  aucun 

sens  satisfaisant. 

(44)  i'\)ùyoi^  ETTsyst;].  Les  deux  variantes  de  nos  manuscrits  : 
£{jitpij^o(.;  sreyeç  D  (contresens),  èii'\>ùyo:q  dnéyeq  G  (faute  gram- 
maticale) sont  inadmissibles. 

ayaiJLa!.  a-ocpov  —  stsu^'  àStxerv]  ou  yàp  uocpov  ai>TÔv  [j-év  izou  ||  oux 
otSweLv,  aXXouç  8'ajToc;  ap  ' t^v  aSt,xwv.  Cette  rédaction  doit  être 
rejetée  pour  plusieurs  raisons  La  proposition  àp  '  ry  âouwv  ne 
peut  être  mise  sur  le  même  pied  que  la  proposition  infmitive 
auTÔv  oux  aoixeCv.  Ensuite,  la  raillerie  ayafjia!.  «rocpov  est  perdue  et 
le  yâp  n'a  plus  de  raison  d'être;  d'après  la  leçon  des  manuscrits 
anciens,  ce  qui  fait  l'objet  de  l'admiralion  ironique  de  Diogène, 
c'est  que  Pythagore  fasse  pécher  autrui,  tout  en  se  défendant 
de  pécher  lui-même. 

(45)  djjLcpaÀova  est  un  essai  de  correction  de  ôpicpaXov  BP^  qui 
ne  remplit  pas  la  mesure,  et  de  d[/cpaX6ov  F,  forme  inexistante. 
Mais  o'fjLcpaÀwv  est  tout  aussi  imaginaire. 

Pour  les  deux  derniers  vers  de  la  troisième  épigramme,  voici 
la  leçon  de  DG  :  'fri^i  yàp  outoç  ■  éyw  yiv  -rpo^pOTo;  (upo  ^poToç  G). 

o'oTs  oux  TiV  cpàcrxev  6t'  yiv  OTiTiou  oux  àv  'ér\y  ots  riv.  Ce  texte  pré- 
sente trois  hiatus  (eyw  r^v,  ots  oùx,  Stittou  oùx),  auxquels  on  peut 
d'ailleurs  aisément  remédier  (sywv  riv,  ottot'  oùx,  SriTiouy'  oùx),  et 
un  ot'  pour  oTL.  Mais  surtout,  il  est  complètement  étranger  à  la 
tradition  de  BP  F,  ce  qui  le  rend  suspect,  car  il  faut  le  juger 
d'après  ce  qu'on  sait  de  la  méthode  de  correction  de  DG.  Il 
faut  avouer  (jue  la  correction  de  ce  passade,  qui  devait  être  com- 
plètement inintelligible  dans  les  origines  et  qui  l'est  resté  dans 
BP  (F  n'en  a  osé  conserver  qu'un  fragment),  est  fort  ingénieuse. 
Mais  je  lui  préfère  le  texte  de  BP,  fort  simplement,  mais  habile- 
ment, restauré  par  Cobet. 


—  87  — 


au.jji'.va  Tor^l  l^a  variante  To-ra-.v  ojxo'j  (11)^  ne  prcs^^nte  pas 
d'intérêt. 

(4())  l.a  manière  dont  le  coircM'ttîur  s'est  tiré  d'un  mauvais 

pas,  ici,  est  assez  eiirieuse.  texte  des  anciens  manuscrits  : 

où  cpatT'.v  o'JTOs  e'IvaL  TOÙTioppTiTov  Tr,s  cp'.Aoo-ocp'ia;,  aÙTwv  O'.oâaxaArx;,  est 
altéré,  mais  quelques  légères  corrections  (ajouter  r/^-  |T£TapTo;|, 
déplacer  ojto;  et  rétablir  TwiroppriTov)  donnent  un  texte  satisfai- 
sant. Dans  la  le(;on  de  DG  :  6  ol)v  cp'.Aôa-ocpo;  twv  à7roppr,T(.)v  ty,; 
cp^Xocxocpia;  oiôâ(TxaXo;  7)7,  le  remaniement  savant  est  évident.  Le 
singulier  àTroppriTov  doit  être  conservé;  Pytliagore  est  l'inventeur 
du  précepte  du  secret  dans  l'enseignement  philosophique;  aÛTwv 
se  rapporte  aux  Pythagoriciens  dont  les  noms  viennent  d'être 
cités. 

(47)  aXXov]  oiWoi  DG  :  à  coup  sûr  fautif. 

(48)  8T,Xor  est  une  leçon  excellente;  mais  AIIAOTN  de  BPF 
est  une  faute  qui  provient  évidemment  de  AHAOTN.  StjXol  n'est 
donc  qu'une  conjecture  :  cette  variante  ne  remonte  pas  à  des 
origines  paléographiques. 

L'épigramme  de  Théétète  a  été  ramenée  dans  DG  aux  pro- 
portions d'un  simple  distique  :  njBayopTiv,  w  ^eCve,  xo{jiT,Triv,  s^'t^v' 
êpoLO  'H^eîwv,  cprio-si;  auTÔv  aut-TTa  léyeiv.  Ce  ne  peut  être  là  la 
leçon  originelle.  Les  mots  :  cp/idsi;  aÙTov  a7cicrTa|>iy£!.v  s'expliquent 
mieux  après  la  phrase  de  BPF  :  tol  8'epya  |j.oj  ei'  tiv  ïpoio. 

(49)  La  fin  du  second  vers,  qui  devait  être  difficile  à  lire  dans 
l'archétype  (B^  :  xpo  (^wvto^B^^^  p  .  y,pÔT£w  (jàtjLw;.  P  :  xporew 
(Tà{jn.oç),  a  été  corrigée  par  DG  en  xpoTwvLo;  £L8oyâ(jioa  (le  Croto- 
niate,  fils  d'Eidogamos)  :  xpoTwv.o;  est  aussi  la  leçon  de  B^.  Il 
est  possible  qu'E '.'Boyau ou  provienne  de  ^ôlixioç.  Peut-être  aussi 
doit-on  en  chercher  l'origine  dans  les  mots  Ta  o'Ipya  piou  de 
l'épigramme  précédente.  De  celle-ci,  DG  n'ont  dii  connaître 
qu'un  texte  très  corrompu,  puisqu'ils  l'ont  complètement 
remaniée.  Le  correcteur,  voyant  qu'elle  se  rapportait  aussi  à 
l'athlète  Pythagore,  a  pu  en  tirer  le  nom  du  père  de  l'athlète. 
La  mesure  du  vers  est  fausse  d'ailleurs  :  il  y  a  surabondance  de 
deux  syllabes  (6  Kpo...). 


—  88  - 


ol  dvTit.(TTO'.J  ol  dvriioToi  F;  oiov  TiO-TOL  B;  owv  -r)(TToi  P^.  DG  a 
corrigé  la  lecture  incompréhensible  de  B(P)  en  oioi  (xcttoI  (habi- 
tants utiles?)  î 

£7:'.x'-vBuvÔT£pa  8s  0LÙTr^<ji  Ta  ex  MriSwv]  eTûuivBuvoTepov  B'aÛT^at.  ei  Ta 
£x  My.owv  ôp|jLTi(70L  DG.  Ccs  Hianuscrits  ont  rattaché  sTiuivSuvÔTepov 
à  à7:ô  fjikv  ajT£(ov  6  x6c7|jlg;  £'jpeBri(TeTa'.  {sic)  et  interprété  ainsi  le 
texte  :  le  monde  se  trouvera,  à  cause  d'eux,  dans  une  situation 
plus  dangereuse,  si  les  affaires  des  Mèdes  font  des  progrès. 
La  bonne  leçon  est  conservée  ici  par  ¥  :  èr.i  -  (8e  doit  être 
retranché)  -  xivouvoTspa  o'aÙTr,o-!.  Ta  £x  Mtiowv  :  les  dangers  qu'elles 
courent  du  côté  des  Mèdes  deviendront  plus  menaçants.  BP  lisent 
eùpeGriO-eTat.  (au  lieu  de  alp£fiTiC7£Ta!.  :  leur  ornement  leur  sera 

enlevé)  '  èrl  ck  x'.vouvoTEpa  aù'Yiç,  si  (auTY;?  tj  P^)  Ta  ex  Mt|Owv.  Le 

correcteur  de  DG,  dont  le  point  de  départ  est  souvent  dans  les 
origines  de  B,  a  vu  une  condition  dans  el  :  il  lui  a  cherché  un 
verbe,  opiir^^joi.  En  outre,  pour  trouver  un  sens  à  la  leçon 
eûpeÔriareTa!.,  il  l'a  rattachée  à  eTiixivouvoTepov,  qu'il  a  débarrassé 
du  8e  intercalé. 

Cependant,  en  quelques  endroits,  DG,  d'accord  avec  Tun  ou 
l'autre  manuscrit,  soit  ancien,  soit  récent,  mais  en  opposition 
avec  tout  le  reste  de  la  tradition,  présentent  une  bonne  leçon. 
Ainsi  :  (18)  ev  lo-w  tw  avec  S;  (26)  àépa,  }CTP^  ;  (8)  o-wa-',xpâTTiç, 
avec  T  (ceteri  :  (To^xpàTYi;;  grâce  à  la  citation  ev  ùi7.hoycà^,  l'erreur 
était  facile  à  corriger);  (19)  xTip-lw  (ceteri  xYip(j),  mais  la  version 
latine  donne  aussi  favo;  Tupw)  ;  (30)  oe  eivai  -avec  T  (ceteri  8e 
etoévat  :  le  oé  qui  est  au  milieu  de  eioevai  est  un  double  de  celui 
qui  précède  eivai,  qui  a  d'abord  été  omis,  puis  ajouté  au-dessus 
de  eivai  :  cf.  le  même  processus  dans  la  leçon  :  (49)  èT:l  8è 
xivouvÔTEpa  ùé  de  F,  èni  {eizei  B)  8e  xivouvÔT£pa  BP)  ;  (45)  V  éSÉXri;, 
avec  T  (riv  èUAon;  BPF  :  faute  d'iotacisme  aisée  à  redresser); 
IluOayopao,  avec  T. 

On  peut  se  demander  si  ces  bonnes  leçons  proviennent  de  la 
tradition,  c'est-à-dire  de  manuscrits  perdus  moins  altérés  que 
ceux  que  nous  possédons,  ou  si  elles  ne  sont  pas  plutôt,  comme 
tout  le  reste  des  variantes,  le  résultat  d'un  remaniement  savant 


-  89  — 


qui  aurait  été,  (;à  et  là,  hivu  inspiré  dans  ses  conjectures  ('). 

Aiiisi  l'examen  des  manuscrits  (jui,  d'après  Martini,  sont  les 
meilleurs  représentants  de  la  vui^^Ue,  montre  que  la  grande 
masse  de  leurs  le(;ons  originales  provient  de  corrections  savantes. 
Nous  avons  supposé,  à  propos  de  l'un  ou  l'autre  cas,  que  le 
reviseur  a  dû  s'inspirer,  dans  son  reujaniement,  des  sources 
parallèles.  Une  scholie  de  I),  au  ^41,  uiontre  bien  (ju'il  pro- 
cédait ainsi  :  lluOayopou  -Xâo-ijia  *  cpao-i  toùto  Tiepl  IluOayôpou  *  6  xai 
SocpoxXr,;  £v  'H/véxTpa  cp-/)<T{v  (^). 

DG  sont  donc  à  peu  près  sans  valeur  pour  la  reconstitution 
de  l'archétype. 


J'ai  examiné  encore  un  autre  manuscrit  parmi  les  codices 
recentiores  :  c'est  l'Urbinas  gr.  109,  ï  (seconde  moitié  du 
XV*  siècle)  (^).  D'après  Martini,  ce  manuscrit  provient  d'une 
contamination  des  deux  classes  de  manuscrits  qu'il  distingue 
dans  la  tradition  de  Diogène  :  ses  parents  seraient  un  manuscrit 
de  la  classe  a,  voisin  de  DGC,  et  un  codex  de  la  classe  |3 
apparenté  à  F.  A  ses  yeux,  ce  manuscrit  a  donc  peu  de  valeur. 
Gercke,  au  contraire,  est  porté  à  lui  reconnaître  une  cer- 
taine importance,  parce  qu'il  lui  paraît  représenter  un  autre 
mélange  de  la  vulgate  que  D  et  les  manuscrits  parents.  Selon 
lui,  il  n'est  pas  prouvé  que  T  provienne  d'un  mélange  secondaire 
et  il  remarque  qu'en  quelques  endroits  il  a  conservé  la  bonne 
leçon  de  BPF.  Il  conclut  que  T  mériterait  une  nouvelle  collation. 

En  ce  qui  concerne  le  livre  VIII,  au  moins,  T  n'a  pas  justifié 
cet  espoir.  Il  présente  la  plupart  des  mauvaises  leçons  de  F,  ses 
transpositions  de  mots,  quelques-unes  de  ses  lacunes.  En  voici 
un  choix  :  (1)  xcltÉct/ok   (2)  os  xai]  xa{  omis.    (3)  âîcÉTiAeuaev. 


(*)  Cf.  ScHWARTZ,  loc.cit.,  col.  739;  ci-dessus,  p.  70. 

(2)  Cf.  ie  ScHOLiASTE  DE  SOPHOCLE,  EUctre,  V.  62  el  Suidas,  s.  v.  t)8t]. 

(5)  Vit.  Pyth.,  ff.  115^  à  m^. 


—  1)0  — 


(8)  TT.;  àocÂcpT,;  (avec  B).  T picL^iko^ç  omis.  (9)  oùx  sAsy^sT^e  ûnb 
éa-jTwv.  £v  avOsL  vooç.  eiirev  oxe  poûXeu  (il)  MoLpwo;  irpwTov 
(i2)  Tw^ua^xe-Tv.  (^9)  aÛTÔv  os  âpxero-Ga'..  (20)  âpoT'^po;  podç  r^. 
Se  aÙTÔv.  (21)  s'I-c.  (22)  sxàa-TOTs  to^  {jLaOïiTaCç  (24)  uàXXov. 
Ta;  ya(TT£pa;  jj^Y^  TrapaÀr.cpÔévTaq  ^.  (25)  £x  os  —  o-Tepeà  o-yrijjLaTa 
omiS'.-  a  omis.-  [JLcTajBâÀXe'.v]  -f"^^'  (28)  .S^epuLOV  otTpiôv'^.  'j'>p{<TTaa-9at. , 
(31)  eieXGo'JTav  (avec  D).  (33)  aév  omis.  (34)  iyzoç  zr^ç  TpoLTzé^riç 
xaTaTûea-Tj  (35)   I't'-  omis.    (36)  yor.TS'iaç  j-.oy.\eiv6v  STiiôo^ov .  ô 

(xpLO-T'/îv  .  Trpoo-tjLapT'jp'/r,;  ^pyji^  (cf.  B) .  (37)  tolç  nuGayop'-xor;  .  où 
^uo-T'/xwc;  .  Aâ^wo-'i  TToGsv         (39)  TrXew'jç.    (40)  'HpaxXriÇ  .  s^eXOsCv 

(avec  DG).    il)  6  omis.  (44)  a^TB-?^ . ti]  ts  .  aXXo]àXX'.  (45)  ducpa- 

Xoov  .  évvea  'J^ijr'i  omis.  (49)  xaxépuxev. 

Cependant  T  ne  dérive  pas  uniquement  de  F,  car  celui-ci 
présente  un  grand  nombre  de  lacunes,  pour  ne  pas  parler  des 
fautes,  qui  ne  déparent  pas  le  texte  de  T.  Un  certain  nombre  de 
fautes  lui  sont  communes  avec  DG  ou  avec  d'autres  manuscrits 
de  la  vulgate  dont  nous  parlerons  plus  loin,  A,  G,  la  version 
latine  (/),  le  Codex  Aurigalli  (/r),  ou  les  correcteurs  de  P.  En 
voici  quelques  exemples  :  (1)  SaxTuXLoypàcpou  (DG).  (2)  ^ap^a- 
pLxà;  [fr).   (7)  cpaa-t.v  (/r).  (17)  xapouiv  (DG /r).  ('21)  d[j.vÛ£a-9at. 

(/rC).  (22)  TipocpÉpe^v  (DG).  (23)  âXXà  ixrpé  (DG).  (28)  âcp  '  oO 
(DG  AC  fr).  (29)  toGto  (DG  fr).  èTzQ  dizô  {fr  AC).  (33)  xa( 
omis  (DG  fr).  to  aûxov  (CP^  fr).  (36)  ouv  t'  (/r).  (39)  Cva  omis 

[fr  AP^J.  oX'.yLffTOu;  (DG,  hors  de  B).  (44)  £|ji^J>uy^wv  dTzéfjyBt; 
(cf.  AC  /r).  ezeui']  sV  ei^'  (AC  /r).  (46)  Ta  ctTuoppriTa  (fr). 
auTo  ecpYi  (/.  :  illud  ait).  (49)  cpao-tv  (DG  /r).  avT^Stxov  (fr  P'^). 
dXu|ji.u{av  (/r) .  6  xpaTsw  (AC  P^  fr) . 

On  peut  constater  que  quelques  fautes  particulières  à  T  repré- 
sentent un  rameau  spécial  de  la  vulgate  :  (il)  iiapà  tol?  a8eXcpor<; 

(cf.  li).  (22)  £p£?av.  cpayLa.  (36)  oei^w  ùé]  -f-  xa'!.  (37)  8aX{jia(wv!.. 
(48)  £pyajjiov. 

Enfin,  il  convient  de  signaler  quelques  bonnes  leçons  qui 
s'expliquent  sans  doute,  comme  celles  de  DG,  par  une  heureuse 
correction  :  (8)  crw(jupâTY)c;  (avec  DG).  (26)  âepa  (avec  H  DG). 
(30)  £^vaL  (avec  DG).  (38)  X£y£^  £^  to^  (P^  fr,  cf.  B).  (42)  tw 


-  î)l  — 


TTpo;        Tiarpo;]  (cl*.  V).  (4^))  t,v  sOéXtjs  (avec  -KuOayôpao  (avec 

DG).  (49)  ÊTiuivBuvÔTepa  (/r,  cf.  D(i). 

Le  lexle  de  Veditio  princcps  de  Diogène,  |)ubliée  à  Bàle,  en 
1533,  par  Frohcn,  fut  élal)li  d'après  un  manuscrit  aujourd'hui 
perdu,  le  Codex  Aurigalli.  II  est  d'ordinaire  désigné  par  le 
sigle  /)".  L'examen  de  fr  est,  malgré  sa  médiocrité,  intéressant 
à  plus  d'un  point  de  vue.  D'abord  il  représente  un  rameau  de 
la  vulgate  assez  original.  Ensuite,  par  l'intermédiaire  de  la 
Frobeniana,  ce  manuscrit  a  exercé  une  influence  prépondérante 
sur  toutes  les  éditions  postérieures.  Voici  les  leçons  les  plus  inté- 
ressantes :  (3)  a-uv£(TTT,x£.  (4)  eXsa-Bat.]  èleûrrerjHaf..  (9)  ypâfjLpiao"'.. 
(13)  toOtov  yâp  omis.  T:£pt.Yev-rja-e(T9ai..  (15)  Ta  ctioL^ô-f^za.  oioL^or\iJ.aT(x 
(doublet).  (16)  e^Treiv  el]  et  omis.  TzoWoùq  omis.  TzelHo'.zo. 
(18)  xapSt-^v.  (19)  o^oy.  (32)  av8pw7roi>;]  avGpwTcov.  (34)  £v  tw  twv 
xuâ{jL(i)v.  Tcûv  x'jâ[jLwv^  omis.  (36)  lyvw.  (37)  Toôév]  ttoGeCv. 
(38)  et  Tot;  pu7rou|j-£vot.a-!.v,  correction  vraiment  ingénieuse  (j'aime- 
rais mieux  pu7ru)[A£vota-f.v,  d'ailleurs).  (42)  Tcpo;  "luTcap'/ov  (F- 
aussi)  :  correction  faite  d'après  Jamblique,  V.  P.,  75,  et  les 
Epistolographi  graeci,  page  601.  (44)  1"^  épigr.  :  éiJL'j^û'/wv  â-rcr/e;, 
ne  serait  pas  mauvais,  si  nous  ne  l'avions  plus  loin,  répété 
sous  une  forme  un  peu  différente  :  èii^ûy^v  r^^a-zo.  2*^  épigr.  :  aÛToç 
fjL£v  yàp  oux  d8w£Lv,  aXXoL»;  8'aÙTÔ;  £t'  £t^'  à8!.x£rv,  charabia  aggravé 
d'une  faute  de  métrique.  (45)  éywv  T,tjLY]v  uptoriv  ppoTo;,  6;  5k  ôt£ 
oùx  7,v,  cpàç7X£!.v  Ttç  £r,v  oT£  Y.v.  Lc  scus  cst  absurdc,  outre  que  le 
dernier  vers  recèle  deux  hiatus  et  une  faute  de  grammaire 
(ôç  ...  cpàc7X£!.v).  Cette  leçon  paraît  dériver  de  BP.  Le  correcteur 
a  supprimé  ôxt'.;,  qu'il  ne  pouvait  comprendre,  et,  pour  le  rem- 
placer dans  le  dernier  vers,  il  y  a  ramené  ote  oûx  r.v.  Il  restait  à 
combler  la  lacune  du  premier  vers,  en  l'allongeant  par  des  arti- 
fices. (46)  fr  a  supprimé  simplement  le  ojtoc;  gênant,  en  sorte 
que  cette  notice  se  trouve  rattachée  à  ZaxuvGtoc;.  (47)  £xptcp6T,vai. 

(49)  dXu[JLT:{av. 

Sur  la  constitution  du  texte  de  fr,  BP  ne  paraissent  pas  avoir 
eu  d'influence  bien  déterminée.  Le  fonds  paraît  provenir  de  F. 


—  92  — 


Çà  et  là  s'accuse  aussi  une  certaine  parenté  avec  les  ancêtres  de 
DG.  La  plupart  de  ses  leçons  originales  proviennent  de  correc- 
tions ou  d'une  altération  de  l'ancienne  tradition. 

Je  ne  connais  A  (Codex  Arundelianus,  gr.,  531,  XV^  siècle) 
et  C  (Codex  Cantabrigiensis  gr.,  Coll.  S.  Trin.  R,  9,  XV^  siècle) 
que  par  les  collations  de  Gale,  qui  furent  faites  sur  le  texte  de 
ï Aldobrandina  editio  et  que  Meibom  a  publiées  en  appendice 
dans  son  édition  de  Diogène  (II,  p.  557)  (^).  Mais,  à  en  juger 
d'après  ce  document,  ces  manuscrits  ne  m'ont  pas  paru  mériter 
une  nouvelle  collation.  Le  texte  de  A  paraît  s'expliquer  par  une 
contamination  de  F  et  de  P,  où  l'influence  du  dernier  est  prépon- 
dérante. On  y  rencontre  d'ailleurs  beaucoup  de  fautes  étrangères 
à  ces  manuscrits,  mais  que  nous  avons  relevées  dans  DG  ou  fr 
et  qui  appartiennent  donc  au  fond  d'altération  de  la  vulgate. 

C  semble  avoir  une  origine  analogue  (^)  ;  mais  le  texte  y  a 
été  plus  remanié  que  dans  A.  Voici  quelques-unes  des  leçons 
originales  de  ce  manuscrit  :  (1)  TuppT^vo;  (avec  A;  ceteri  codices  : 
0  TuppTivoç),  excellente  leçon.  (25)  ûXt,v]  tIXlov,  variante  absurde. 
(26  après  ^i^/pOLÎ  oï  ^eijjiwva,  C  ajoute  ;  iripoû  B'sapoç  xal  uypoO 
cpàivoTTwpou,  addition  qui  paraît  avoir  inspiré  à  Cobet  la  correction 
suivante  :  Ir^poû  o'  eap  xal  uypGÛ  cpGt.voTTwpov.  C'est  encore  une  de 
ces  corrections  savantes  qui,  à  première  vue,  semblent  justes, 
mais  qu'un  examen  attentif  permet  de  rejeter.  Le  texte  ordinaire 
explique  ainsi  la  foruiation  des  saisons  :  lorsque  le  froid  l'em- 
porte sur  les  autres  qualités  des  éléments,  il  produit  l'hiver;  la 
saison  où  le  chaud  prédomine  s'appelle  Tété.  Quand  les  quatre 
qualités  s'équilibrent  (chaud,  froid,  sec,  humide)  apparaît  le 
printemps,  dans  la  partie  croissante  de  l'année,  et,  dans  la 
période  de  déclin,  l'automne.  L'addition  de  C,  avec  sa  correction, 


(Vi  Celte  collation,  d'ailleurs,  paraît  ne  pas  avoir  été  faite  avec  soin  (Usener, 
Epicurea,  p.  xii.) 

(«)  Selon  M\^j\m{Leipz.Stud.,  XIX,  p.  99).  ce  manuscrit  ne  contient  que  les  livres 
I  à  VI  de  Diogène;  il  faut  donc  supposer  que  la  seconde  moitié  s'est  perdue. 


—  98  - 


contredit  l'explication  donnée  dans  le  texte.  touç  Tiepl  ttjç 

âtpfjLOvîa;  Xoyou;,  texte  absurde.  (3^))  x-ri;  ayaOyl;  cpÛTeto;  :  ne  forme 
pas  d'antithèse  à  roO  xaxoL>.  ^aXai,  |  TraXaioû  (i^8)  <7j<T0-(.TeCv  ecpr, 
8'sù(T£êe'.av  ej/apyj  3eov  )iye,  texte  corronjpii  et  incompréhensible. 
(89)  £7r!!0£a-t.v  |67rô9e(T',v.T!.  jjuùpio^.  (4i)  sveTsAAeTO .  xa3'iva'.  auTY^v  (le 
correcteur  a  cru  (jue  aÙTÔv  des  anciens  codices  se  rapportait  à 
SéXtov,  qui  est  du  féminin).  (47)  xtiXt^ç]  (txûâXyic;,  correction  laite 
apparemment  sur  une  leçon  de  B  :  xOvXr,;. 

L'examen  des  corrections  multiples  de  P,  surtout  de  celles 
qu'on  doit  à  et  P"*,  n'est  pas  fait  pour  changer  notre  avis  sur 
la  valeur  de  la  vulgate.  On  sait  que  Q  fut  copié  sur  P  après  les 
corrections  de  P^;  H  (Laurentianus,  T)!),  85,  XV^  siècle),  dont 
dérive  J  (Barberinus,  I,  ^1,  XV'^-XVI''  siècle),  fut  copié,  d'après 
Gercke  (^),  sur  le  même  manuscrit,  après  celles  de  P-^  et  P^.  On 
voit  que  ces  corrections  tiennent  une  plact'  importante  dans  la 
tradition.  11  est  inutile  d'en  faire  ici  un  examen  détaillé.  En 
effet,  dans  le  VHP  livre,  toutes  les  corrections  de  P^  proviennent 
de  F;  celles  de  P^  concordent  quelquefois  avec  F,  parfois  avec 
DG,  mais  dans  la  majorité  des  cas,  avec  /r.  Dans  P^,  on  remarque 
une  influence  à  peu  près  égale  de  F,  DG,  fr,  ou  du  moins  de 
manuscrits  apparentés  à  ceux-ci.  C'est  encore  d'après  F  que  P^ 
et  P^  ont  complété  le  système  très  riche  de  corrections  du 
manuscrit  de  Paris. 

Les  correcteurs  des  autres  manuscrits  anciens  ont  procédé  de 
la  même  façon.  B^  corrige  surtout  d'après  F,  rarement  d'après 
P,  et,  par  un  juste  retour  des  choses,  F^  et  F^  puisent  dans  BP 
ou  leurs  ancêtres  iunnédiats,  ainsi  que  dans  les  origines  de  fr. 

Reste  la  version  latine  de  Diogène,  /,  que  composa,  en  1 481  (^) , 
le  moine  Ambrosius  Traversarius  Camaldulensis  et  qui  fut  éditée, 
sans  lieu  ni  date,  mais  probablement  à  Rome,  peu  avant  1475  (^). 


^1)  Hermès,  XXXVII  (19012),  p.  408. 
(2j  UsENER,  Epie,  p.  XIV,  n.  4. 
(»)  Brunet,  Manuel,  II,  p.  721. 


—  94  — 


J'ai  coUationné  le  texte  de  deux  manuscrits  de  Paris  du 
siècle,  B.  N.  n*^^  6069  A  et  6069  B.  J'ai  obtenu  ainsi  un 
texte  plus  exact  que  celui  qu'on  attribue  généralement  à  la 
version  latine,  par  exemple  dans  les  notes  de  l'édition  deHûbner. 
J'ai  conclu,  d'un  examen  approfondi  du  texte  de  /,  que  la  version 
n'a  pas  été  faite  sur  VAurigalli  Codex,  comme  le  pensait 
Hubner  (^).  Elle  ignore  aussi  le  grand  remaniement  de  DG  (^), 
de  même  que  celui  de  C.  Cependant  quelques  fautes  communes 
semblent  prouver  une  certaine-parenté  avec  les  sources  de  D  G, 
antérieures  au  grand  remaniement.  Elle  paraît  avoir  échappé  à 
l'influence  des  correcteurs  de  P.  D'une  façon  générale,  on  peut 
dire  qu'elle  est  beaucoup  plus  près  de  la  tradition  primitive  de 
BP  F  que  les  manuscrits  de  la  vulgate  et  en  particulier  f7\  Elle 
se  rattache  plutôt  au  rameau  P  qu'à  B  ou  F.  Il  semble  que  /  ait 
déterminé,  en  plusieurs  endroits,  les  corrections  de  Cobet,  à 
moins  que  celui-ci  n'eût  mis  la  main  sur  l'original  grec  traduit 
par  /.  Voici  les  principales  leçons  originales  : 

(13)  yc  aT^Teo-Gai]  gUStare  :  Cobet  ye'Jsa-Gat.. 

(21)  cpu<T(.oXoyi(ov]  physiologorum  :  Cobet  (fuariokôyià^ . 

(27)  àvGpwTiwv]  hominibusque  :  Cobet  avBpwTto^. 

(32)  neque  ipsius  (=  auTou)  fluxum  obtinere. 

C34)  dydvaTOv]  infecundae  (=  ayovov). 

(43)  TriXaùyet.]  Telauges,  introduit  dans  la  citation  d'Empé- 
docle,  de  manière  à  en  faire  un  vers  complet  :  Bentley  et  Cobet 
T'/iXauyeç . 

(46)  Tertius  Zacynthius  cuius  aiunt  illud  esse  philosophiae 
archanum  magisterium,  in  quo  et  illud  ait  proverbium  in  mun- 
dum  venit;  ce  qui  paraît  représenter,  en  grec  :  Tp{To;  ZaxL»v9!.o; 

ou  cpaa-Lv  to'jto  sîivat,  TtOTToppriTOV  ttjÇ  cpiXococpta;  ôioaorxàXt.ov  *  'ecp'  ou  xal 
TOÙTO  £cpa  TcapO'.ULt.axôv  sic,  TÔv  |J'!ov  7,a9£v 

(i7)  selectumque  :  Cobet  i/xp^GÉv-a  te. 


(*)  Édition  de  Dioqcne,  introd.,  p.  ix. 

(2;  UsFNEU.  Epicvrea,  introd.,  p.  xiv,  croit  cependant  qu'Ambntsius  a  utilisé  un 
manuscrit  ap|)Hrenté  à  DG 


-  m  — 


Voici  comnient  j'élahlirais,  sous  fornie  de  .s^cmma,  les  ra[)|>orls 
des  maïuisoi'its  de  la  vulgate  avec  la  Iradilion  plus  ancienne  (^)  : 


X 


I 


(*)  J'ai  collationné  sur  les  originaux  P,  Q,  T,  4>r'  el  les  manuscrits  de  Paris  de 
Suidas  (^);  sur  des  photographies  B,  F,  D,  G.  J'ai  obtenu  les  photographies  de  D 
grâce  à  l'obligeance  de  M.  E.  Martini,  directeur  de  la.  Bibliothèque  Nationale  de 
Naples;  celles  de  KG  me  sont  parvenues  grâce  aux  bons  soins  de  31.  E.  Rostagno, 
conservateur  des  manuscrits  de  la  Laurentienne.  Les  photographies  de  B  m'ont  été 
obligeamment  communiquées,  ainsi  que  les  extraits  de  <ï>^  ,  par  M.  von  der  Miihll, 
dont  les  conseils  m'ont  été  des  plus  précieux  dans  l'élaboration  de  cette  étude. 


—  96  - 


Pour  reconstituer  le  texte  de  Diogène,  nous  ne  disposons 
pas  seulement  d'une  tradition  directe  et  d'une  tradition  indi- 
recte (H  et  4>).  Il  est  une  autre  source  d'information  à  laquelle 
on  doit  souvent  puiser  :  ce  sont  les  passages  parallèles  qu'on 
trouve  chez  une  foule  d'auteurs.  La  classe  la  plus  importante 
est  formée  par  les  extraits  d'Hésychius,  que  nous  ont  transmis 
Suidas  et  les  Scliolies  de  Platon.  Nous  avons  vu  plus  haut 
qu'Hésychius  a  utilisé  un  manuel  d'histoire  philosophique  peu 
différent  de  l'ouvrage  de  Diogène.  Les  Scholies  (In  Remp.,  X, 
p.  600  B),  à  en  juger  surtout  par  deux  passages,  paraissent 
avoir  conservé  une  tradition  plus  proche  de  l'original  que 
Suidas.  Voici  les  textes  en  question  :  1.  Sch.  xal  t'  eV^e  jjiaôriTàc; 
(=  Diogène,  YIII,  3);  Suidas  :  nleioy  ri  sçaxocrwuc;  eV^e  yvwpLjjLOu;. 
2.    Sch.  ...   ^l'^Xia   Tp{a,    -at.os'JT!.xôv,    TzokiTixôv,    cpU(T'!.xov,    t6  8e 

cpepôfjievov  lluôayopou. . .  (=  Diogène,  VIII,  6);  Suidas  : 
...  TzoXizixôv'  TO  Se  cp£p6|jL£vov  TpiTOv  (bç  Il'j^ayopotj . . .  . 

Un  autre  débris  de  la  même  littérature  est  constitué  par  un 
épitomé  très  serré  des  sources  de  Diogène,  qui  figure  dans 
un  papyrus  d'Herculanum  publié  par  Cronert,  Kolotes  und 
Menedemos  (^). 

Le  second  groupe  de  traditions  parallèles  est  formé  par  les 
notices  des  écrivains  des  époques  alexandrine  et  impériale^  dont 
l'indication  accompagne  l'apparat  critique.  Leur  valeur  est  de 
tout  premier  ordre  quand  elles  proviennent  d'auteurs  qui  ont 
utilisé  les  mêmes  sources  que  Diogène  :  Porphyre,  Diodore, 
Jamblique,  Lucien,  Clément  d'Alexandrie,  etc.  L'utilisation  de 
ces  matériaux  demande  beaucoup  de  circonspection,  parce  qu'il 
faut  toujours  ménager  l'originalité  de  chaque  auteur  et  compter 
avec  la  possibilité  de  variantes  et  même  de  divergences  impor- 
tantes. On  en  trouvera  un  exemple  frappant  dans  le  chapitre 


(^)  Studien  zur  Palàogr.  und  Papijr.,  VI  (1906),  p.  147. 


—  97  — 


relatil' aux  Svnil)()l('s  (J^!::;  17-18),  donl  Dioj^^'no  a  connu,  ('(ila 
est  nianiroslc»,  une  tradilion  (jui  (lilïôre  nolablemenl,  dans  les 
formules,  de  celle  des  passages  parallèles. 

* 

11  me  reste  à  signaler,  pour  finir,  en  omettant  les  curiosités 
de  librairie,  les  principales  éditions,  les  commentaires,  les  notes 
critiques,  etc.,  dans  lesquels  le  texte  de  Diogène  a  été  amendé 
ou  étudié  : 

Editions.  —  1.  Editio  princeps  de  Froben,  Bàle,  1533  :  le 
texte  est  emprunté,  nous  l'avons  vu,  au  Codex  Aurigalli, 
aujourd'hui  perdu  (^). 

2.  Edition  de  H.  Estienne,  Paris,  1570,  avec  notes  et  tra-  ' 
duction  latine  d'Ambrosius.  Rééditions  en  1593  et  en  1594, 
avec  notes,  traduction  latine  et,  en  appendice,  les  notes  critiques 
et  explications  d'is.  Casaubon. 

C'est  d'après  cette  édition  de  1594  qu'a  été  faite 
l'édition  de  Genève  (ap.  Stoer,  1015;  ap.  Chouet,  1010; 
ap.  Vignon,  1010). 

3.  Édition  de  Thomas  Aldobrandini,  Rome,  1594,  avec  notes 
et  traduction  latine. 

4.  Édition  Pearson,  Londres,  1004,  avec  traduction  latine, 
les  notes  d'Aldobrandini,  les  commentaires  d'Estienne,  des  deux 
Casaubon  (Isaac  et  Méricus)  et  les  observations  de  Ménage. 

5.  Édition  Meibom,  Amsterdam,  1092  (2  vol.),  avec  les 
notes  des  Casaubon,  de  Ménage,  d'Aldobrandini,  de  Kuhn,  et 
les  collations  de  A  et  C  faites  par  Gale  sur  le  texte  de  l'Aldo- 
brandina.  Le  texte  est  basé  sur  l'édition  de  Rome;  la  traduction 
latine  a  été  revisée . 


(*)  J.  Sambucus  Pannonius  publia  chez  Plantin,  à  Anvers,  en  1566,  une  version 
latine  de  Diogène,  pour  laquelle  il  avait  utilisé  de  bans  manuscrits.  (UiENEU,  Epie, 
p.  XV.) 


Tome  XVll.  —  Lettres,  etc. 


—  98  — 


6.  Édition  Hiibner,  Leipzig,  18-28-1833  (4  vol.).  L'éditeur 
apporta  peu  de  changements  au  texte;  la  traduction  latine  a 
encore  été  retouchée.  L'appendice  comprend  les  notes  de  Casau- 
bon  et  de  Ménage. 

7.  Edition  Cobet,  Paris  Didot,  1850.  Bien  que  les  prolé-  , 
gomènes  promis  par  l'auteur  aux  éditeurs  ne  leur  aient  jamais 

été  remis,  les  deux  pages  d'introduction  contiennent  des  notes 
intéressantes  sur  les  manuscrits  que  Cobet  a  utilisés  au  cours 
de  ses  voyages  en  Italie.  A  Florence,  il  a  collationné  le  Cod. 
gr.  69,  13  (F),  qu'il  croit  du  XIP  siècle,  et  les  Godices  69,  28 
(G)  et  69,  35  (H),  qu'il  attribue  au  XIV^  siècle.  A  Rome,  il  a 
étudié  le  Vaticanus  n°  411  (XIIP  siècle)  (*)  ;  à  Naples,  les  deux 
manuscrits  que  nous  connaissons  (il  ne  reconnaît  aucune  valeur 
à  D,  mais  considère  B  comme  une  source  de  tout  premier  ordre) . 
Des  deux  manuscrits  de  Venise,  393  (M)  et  394  (I),  il  a  surtout 
utilisé  le  premier.  Dans  la  constitution  du  texte  prédomine 
l'influence  de  F.  L'édition  n'est  pas  encore  débarrassée  com- 
plètement des  mauvaises  leçons  de  la  vulgate,  qui  proviennent 
de  l'édition  princeps.  On  y  rencontre  des  variantes  de  D  G  et  de 
nombreuses  corrections,  soit  de  l'invention  de  l'auteur,  soit 
empruntées  à  />%  T,  G,  ou  même  /.  Par  contre,  Gobet  n'a 
pas  prêté  aux  extraits  de  Suidas  l'attention  qu'ils  méritent.  La 
traduction  latine  a  été  consciencieusement  revue,  aux  points  de 
vue  de  l'exactitude  et  de  la  clarté. 

Parmi  les  Notes  critiques  sur  le  texte  de  Diogène,  il  convient 
de  mentionner,  outre  les  Commentaires  qui  figurent  dans  les 
anciennes  éditions,  les  travaux  suivants  : 

i.  Notes  d'Isaac  Gasaubon  composées  en  1583  et  publiées 


0)  11  est  impossible  d'identifier  ce  manuscrit.  M,  Jean  Hubaux,  de  l'Institut  histo- 
rique belge  de  Rome,  qui  a  bien  voulu  faire  des  recherches  précises  sur  ce  sujet, 
m'apprend  qu'aucun  fonds  du  Vatican  ne  possède  un  manuscrit  de  Diogène  portant 
le  n"  411.  Le  Vaticanus  gr.  11  i4,  du  XlV^-XVe  siècle,  contient  des  extraits  de 
Diogène.  Il  s'est  sans  doute  produit,  dans  les  notes  de  Cobet,  une  confusion  de 
cliilïres.  Peut-être  s'agit-il  du  Vaticanus  gr.  96,  manuscrit  d'Excerpla,  qui  date 
du  XlIIe  siècle. 


—  99  — 


dans  les  éditions  d'Eslienne,  de  IV^arson  cl  de  Meiboni.  Elles 
sont  précieuses  par  leur  collection  de  passa^'es  |)arallèles  et 
par  leurs  savantes  conjectures.  Des  Addenda  et  l\lulanda  sont 
publiés  à  la  lin  de  l'édition  Pearson. 

^.  Notes  de  Méricus  Casaubon,  moins  étendues,  publiées 
dans  l'édition  l^earson. 

3.  Notes  de  Ménage  :  longue  étude,  nourrie  de  rapprocbe- 
ments  suggestifs,  d'ingénieuses  corrections,  de  remarques  phi- 
lologiques d'un  grand  intérêt;  composées  en  16G3,  elles  furent 
publiées  par  Pearson  et  par  Meibom. 

4.  Observations  de  J.  Kuhn,  dans  l'édition  Meibom. 

5.  Quelques  notes  de  Fabricius,  Harles,  etc.,  dans  la  liiblio- 
theca  graeca  de  Fabricius,  IS  pages  783  et  suivantes  (cf.  p.  778). 

6.  Corrections  de  G.  Roeper,  publiées  dans  le  P/iilologus,  I, 
1846  (pp.  058  et  suiv.  pour  le  1.  VIII). 

7.  Dans  ses  CoUectaneae  Criticae  (1878),  Cobet  revient  sur 
le  texte  de  son  édition  de  Diogène,  pour  proposer  des  correc- 
tions (VHP  livre  :  pp.  381,  408,  455,  etc.). 

8.  Les  Animadversiones  in  Laertium  Diogenem  de  Reiske, 
qui  étaient  restées  inédites,  ont  été  publiées  par  H.  Diels,  dans 
ï Hermès,  t.  XXIY,  1889  (pp.  319-320  pour  le  1.  VIII). 

9.  Dans  le  même  article,  H.  Diels  a  présenté  souvent  ses 
propres  conjectures,  à  côté  de  celles  de  Reiske.  Dans  un  autre 
article,  Ein  gefdlsc/ites  Pijt/iagorasbucfi  [Archiv  fur  Gescli.  der 
P/iUos.y  III,  pp.  451-47:2),  on  trouve  encore  d'autres  correc- 
tions au  texte  du  VHP  livre.  Enfin  les  extraits  de  Diogène 
publiés  dans  les  Fragmente  der  Vorsokratiker  méritent  d'être 
étudiés. 

10.  Dans  la  Classical  Review  de  1904,  sous  le  titre  Laertiana, 
H.  Richards  a  proposé  quelques  améliorations  au  texte  de 
Diogène  (p.  342'  pour  le  VHP  livre). 


Dans  l'apparat  critique,  j'ai  noté  toutes  les  variantes  de  RPF. 
Toutefois,  j'ai  omis  celles  qui  constituent  des  fautes  d'ortho- 


—  100  — 


graphe  sans  intérêt  (iotacismes,  v  épagogiques,  simplification 
des  consonnes  doubles,  fautes  de  quantité),  qui  n'affectent  pas 
les  noms  propres  dont  l'orthographe  est  douteuse,  ou  qui  n'ont 
pas  de  valeur  morphologique.  En  ce  qui  concerne  les  élisions, 
comme  il  serait  vain  de  vouloir,  en  cette  matière,  retrouver 
l'orthographe  de  Diogène,  j'ai  conservé  partout  les  leçons 
communes  à  B  et  à  P,  dont  la  tradition  paraît  d'ailleurs  assez 
indifférente  à  l'hiatus. 

J'ai  procédé  de  même  à  l'égard  des  Excerpta  et  des  textes 
cités  par  Suidas  :  l'indication  de  leur  étendue  figure,  à  chaque 
page,  immédiatement  au-dessous  du  texte. 

Parmi  les  leçons  des  recentiores,  en  général  je  a'ai  noté  que 
celles  qui  sont  reçues  dans  le  texte  et  qui  diffèrent  de  la  tradi- 
tion de  BP  F.  A  leur  égard,  on  ne  peut  donc  jamais  conclure 
ex  silentio.  En  quelques  passages  particulièrement  discutés,  j'ai 
cru  bon  de  citer  les  variantes  de  la  vulgate,  surtout  quand  elles 
ont  été  adoptées  par  Cobet. 

Dans  les  passages  parallèles,  j'ai  mis  en  évidence,  par  des 
caractères  d'impression  différents,  les  textes  qui  présentent  une 
tradition  particulièrement  apparentée  à  celle  de  Diogène.  Quand 
le  besoin  s'en  est  fait  sentir,  je  leur  ai  emprunté  des  variantes 
utiles  à  l'établissement  du  texte.  Il  va  de  soi  qu'en  ce  qui  les 
concerne,  il  ne  faut  jamais  conclure  ex  silentio. 


LA 

VIE  DE  PYTHAGORE 


ÉDITION  CRITIQUE 

AVEC  INDICATION  DES  PASSAGES  PARALLÈLES 


s  I  G  L  E  s 

Manuscrits  anciens. 

B      Burbonicus  gr.  253,  III,  B,  29  {Vl^  siècle). 
P      Parisinus  gr.  B.  iN.  17S9  (XIII^  siècle), 
F      Laurenlianus  gr.  69,  43  (XlIIe  siècle). 

Excerpta. 

S      Suidas  (16  =Codex  Paris.  B.  N.  2626  de  Suidas=A; 

S2  =  id.  2622;       =  id.  2623;      =  id.  2624. 

2^  =  Cod.  V  =^  Vossianus). 
(I)     =  concordance  de      (Cod.  Alhous,  Dionys.  90),  <Î>p 

(Cod.  Paris.  B.  N.supp.  134)  et  4>v(Cod.  Vatic.  96). 

Manuscrits  récents. 

D  Burbonicus  gr.  252,  III,  B,  28  (XVe  siècle). 

G  Laurenlianus  gr.  69,  28  (XV^  siècle). 

T  Urbinas  gr.  109  (XY^  siècle). 

Q  Parisinus  gr.  B.  N.  1758  (XV«  siècle). 

A  Arundelianus  gr.  531  (XV^  siècle). 

C  Cantabrigiensis  gr.  Coll.  S.  Trin.,  R,  9  (XV^  siècle). 

fr  Ed.  frobeniana  (Cod.  Aurigalli)  de  1533. 

/  Versio  latina  Ambrosii  (XV^  siècle). 

Éditions.  Notes. 

St.  Estienne.  Cas.      Isaac  Casaubon. 

Aid.  Aldobrandini.  Mén.  Ménage. 

Pear.  Pearson.  Cob^.     Cobet,  Collectaneae. 

Meib.  Meibom. 

Hûb.  Hubner. 

Cob.  Cobet  (édition). 

Signes. 


-f- 

> 


addidit. 

omisit. 

transposuit. 


AAKPTIOV  AIOrENOVÏ  —  WliïN  KAI  I  NUMliN 
TL>iN  EN  <I>IA()Ï0(1>1A'.  EVAOKIMIIi:ANTL>N 

KAI  nm  EKAi:Tik  Ai[>E:i:Ei  ape>:ant<jn  — 

TQN    EIS    r    TO  II'. 

fi  nreAroPAï. 

1 .  'EireiôTi  oe  tt,v  twvtxV  cptXoo-ocpiav  ttiv  oltzo  WaXoù  xal  Toùç  év 
TauTT)  8iayevo[JL£VOUç  avopa;  à^LoXôyouç  ot.e).TiÂÛ9a|jL£v,  ^épe  xal  Tcepl 
TTiÇ  iTaXi.x7;ç  oia)vâpw[JL£v,  f,;  TjpSe  IluOaydpa;  MvYio-àpyou  ûaxTuXt.o- 
yX6(po'j,  wç  cpYicTiv  "EpfJLiTiTzoç,  HâfjL'.oç  Y,,  wç  ' Apio-To^evOi;,  TuppYjVOÇ 
10  duo  p-t-âç  Twv  VTia-(*)v  a;  è'cyov  'A9T,va^ot.  TuppTiVoù;  éxj3aXdvT£(; .  è'vtoi 
oe  ulov  [JL£v  ewai.  Mapjjiâxou  toO  'iTïTcàa-ou  tou  EuOucppovoç  tol»  KXew- 
vup.ou  tpuydôoç  êx  <i>XtoGvTOç,  o^xetv  oe  êv  Sà|i.(o  tov  Màpjjiaxov,  o9ev 
Eà|jt.!.ov  TOV  IIuGaydpav  Xéyea-Gaî..    3.  o-uo-Tviva!.  8k  eÎç  Aior^ov  éABdvTa 

4,4  et  5.  TtuOayopaç.  XaepT(ou  85.oy£vouç  twv  £'!ç  i  to  ti'  F  TruGaydpaç 
Tl'Pi>B.  4-3.  p{wv— dp£crâvTwv]titulum  operis  ex  Freccpi(cf.  p.  8). 
4 .  |3{ot.  P.  yvw|jia!.  P.  3.  twv]  +  ev  P.  dpEo-xôvTwv  P.  In  B  desideratur 
titulus.  —  7.  d^ioXorou^  av8pa<;  r*^  F.  8.  Ilu^aydpa;]  -|-  p.£v  F. 
9.  I]à{jLt.o;  —  ïuppYiv6ç>F.  'Apio-To^evoç]  +  ô  BP  et  ceteri  libri, 
exceplis  AC.  TupY^vdç  Pl.  10.  e^yov  BP^  y,oL':i<7yov  F.  Tupr^vouç  P'i. 
£xPaX)vdvT£ç  B.  11.  Ma|jL£p/.ou  Cas.  (cf.  Festum,  s.  v.  Aemilia). 
12.  cpaLoOvToç  BP'l.  oiy.ziv  iter.  scr.  F. 


8.  r.epi  xri<;  IxaXtxîic;].  Cf.  le  prologue,  §  13. 

Mvfiaàpy^ou]  vulgaire;  témoignage  le  plus  ancien  :  Héraclite,  fr.  129. 
oaxxuXtoyXucpou]  Hesychius  (Scli.  Platon  et  Suidas).  —  Apulée,  Flor.,  II,  15. 
Tzetzès,  ChiL,  XI,  65. 

9.  lâixioç]  vulgaire;  Hérodote,  IV,  95.  Hippobotos  dans  Clémem,  Slrom., 
I,  62.  Diodore,  X,  3,  1.  Porphyre,  Y.  P.,  1.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2,  1. 
Jamblique,  F.  P.,  3. 

Tupprjvdc;]  Hesychius  (Scb.  Platon  et  Suidas).  —  Aiustoxène,  Aristarque  et 
Théopompe  dans  Clément, S/ro??i.,  1,62.  Néanthe  dans  Porphyre,  V.  P.,  2.  Cf.  Plu- 
tarque,  Qu.  conv.,  VIII,  7.  Diodore,  X,  3,  1.  Antonius  Diogène  dans  Porphyre, 
V.  P.,  10.  Eusèbe,  Pr.  ev.,  X,  4, 13.  Théodoret,  Gr.  af.  cur,,  I,  7. 
12.  £x  <ï>Xiouvxo£;]  Lycus  dans  Porphyre,  Y.  P.,  5.  —  Pausamas,  II,  13, 1. 


—  104  — 


<I>£pex'j8r,  'JTTO  ZwO.ou  toG  B^eiou.  xai  xp'ia  7zo-:'t\picL  xaTao-xeuacà- 
jjievo;  àpvupà  owpov  aTrriveYxev  exâarTw  twv  lepswv  e'.ç  AîyuTiTov. 
èV/c  o£  xal  àoeXcpo'jç,  7rp£3-pL»T£pov  ijikv  E'jvopov,  pÉa-ov  ok  Tupprivov* 
xal  ooOÀov  ZàijLo)v^!.v,   w  FÉTa'.  .Stuo-jo-!.  —  Kpôvov  vojjl'!Çovt£<;  — , 

W;  (PTjT'.V  MIpÔOOTOÇ.  5 

O'JTOç  Y,xoua-£  ;j.£v,  xa.Srâ'n£p  ELpriTat.,  <ï>£p£xûoou  toO  Supiou  *  pi£Tà 
Bk  TTiV  £X£Lvo'j  T£Â£ur>,v  T,x£v  £?ç  Sot^ov  xal  7/.oua-£v  'EppooàpavTo; 
ToG  otTcoyôvo'j  Kp£wcp'jXou,  TjOTi  7:p£o-[3uT£pou .  v£o;  o'  wv  xal  (^Cko^XOL- 


4-5.  4>v  :  ÔTt  tiixoX^ii;  —  SouXoç  Tru^ayopou. 

2.  à7:y,v£yxev]  -\-  £v  Reiske.  3.  xa'!  >  F  xa(  habet  etiam  Hesychius 
(Suidas);  cf.  Por[)h.,  V.  P.,  2.  EGvocttov  Forph.,  F.  P.,  2  et  10. 
T'jpY.vôv  V^.  4.  Çâ|jLo)4i.v  F^l>  Hesychius (Schol.  et  Suidas)  ÇâÀ|jL0^!.v  BP, 
Porph.,  F.  P.,  14,  15.  5.  w;  —  'HpoBoxo;  >  F  post  66oua-t.  Steph. 
Monachius  'HpôooTOç]  'ItittôPotoç  Mén.  6.  pkv  —  £{p-/^Tat.>  F.  xa6à-£p 
£{priTat.  H  xa8à  7rpo£{pr|TaL  P.  ^I^£p£x6ootj;  F.  7.  8k  >  B'I.  a-aApov  B. 
8.  xp£0'|>6Aou  B. 

2.  UpEiov  £iç  A'tyuTTxov]  Cf.  Antiphon  dans  Porphyre,  V,  P.,  7.  Plutarque, 
conv.,  VIII,  8,  2.  Clément,  Strom.,  I,  69,  1.  Lucien,  Gai.,  48.  Antonius 

Diogène  dans  Porphyre,  V.  P.,  41.  Jamblique,  V.  P.,  48-19  et  454.  Apulée, 
Flor.,  II,  45. 

3.  £ff7_£— TuppT)vov]  Hesychius  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Néanthe  dans 
Porphyre,  V.  P.,  2.  Antonius  Diogène,  ibid.,  10. 

4-5.  xal  ôoùXov  — 'flpo'Soxot;]  HESYCHIUS  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Hérodote, 

IV,  95  (ne  se  rapporte  pas  à  Kpdvov  vopu'^ovxec;).  Mnaséas  dans  Suidas,  s.  v. 
ZocijioXçk;  et  l'E  i  YMOi .  MAGN.,  ibid.  Strabon,  VII,  297  et  XVI,  762.  Antonius 
Diogène  dans  Photius,  Cod.  166,  p.  140A.  Dionysophane  dans  Porphyre, F. P., 44. 
Favorlnus  dans  Sfobée,  Flor.,  62,  43.  Clément,  Strom.,  IV,  56.  Hippolyte, 
Adv.  haer..  I,  2, 17.  Origène,  C.  Celse,  II,  55;  III,  54.  Jamblique,  F.  P.,  104  et 473. 

6-8.  ouToç  — rpecT^uTspou]  HESYCHIUS  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Néanthe 
dans  Porphyre,  V.  P.,  1. 

6.  ^spsxùoou]  Arisloxène  et  Andron  dans  Diogène,  I,  148-449.  Duris,  ibid., 
420.  Dicéarque  dans  Porphyre,  V.  P.,  56.  Héraclide  Lembos  dans  Diogène,  VIII, 
40  et  Polit.  (FHG.,  II,  245).  Nicomaque  dans  Jamblique, F.  P.,  484  6^252.  Por- 
phyre, V.  P.,  45  et  55.  -  Cicéron,  Tusc,  I,  38;  De  div.J,  50, 442.  Diodore,  X,  3, 
4.  Apulée,  Flor.,  Il,  45  Apollonius  dans  Jamblique,  F.  P.,  9  ss.  et  Porphyre, 

V.  P.,  2.  Clément,  Strom.,  I,  62.  Augustin,  C.  Acad.,  III,  47,  37;  Epist.,  III, 
437,  3.  Eusèbe,  Pr.  ev.,  X,  4,  44.  Tatien,  Adv.  Gr.,  25.  Alexandre,  In  Met.,  4094 
b  4.  Tzetzès,  Chil.,  XI,  75.  —  Cf.  Suidas,  s.  v.  y  pot  OT)Xa.  Greg.  Cypr.,  V,  47. 
Aposlolius,  XVIII,  35. 

7.  'Epp.o8àp.avxoç]  Apollonius  dans  Porphyre,  F.  P.,  2  et  JambliquCvF.  P.,  14. 
—  Porphyre,  V.  P.,  15.  Cf.  Apulée,  Flor.,  II,  15. 

8  ss.  v£o<  — xsXexàç]  Théol.  AiaiHM.,  p.  40. 


—  105  — 


pappâpo'j;  Tc).eTâ;.  3.  éyévcTO  o'Jv  èv  A ÎvÛtttc.) ,  ôiTYiVixa  xaî  IIoA-j- 
xpotTY,;  y.ÙTov  '  AijLaT'.o'.  a'jv£TTY,T3  0'.'  èt^'-ttoXy,; ,  xal  éçé|xaOe  tyiV  cpfovV.v 

aÙTWV,   XaGâ  CpY,(Tt.V  'AvTLCptÔv  £V  T(0   TIEpf.  T(OV  £V   àpeTYi  TipWTE'JTâvTfOV. 

5  xai  Tîapà  \aXoa'!o'.;  ÈyÉvETO  xal  Mâyo'.ç.  E'Ixa  év  Kp'/iX'rj  ot'jv  'Eu'.aEV/yr, 
xaxY,XOcV  £''s  xô'loa'Tov  avxpoV — àXXà  xal  £v  A'!y'j7rx(o  cCç  xà  àouxa  — 

2.  (jap^ap'.xâç  /)•  Cob.    4.  xaOâ  —  7rpwx£ua-âvxo)v  >  F.    6.  'loa-^ov 


2.  èv  AiyuTtxtîj]  Hesychius  (Sch.  Platon  cl  Suidas).  —  Isocrate,  Bus.,  28. 
Callimaque  dans  Diodore,  X,  6,  4.  Cicéron,  De  (in.,  V,  29,  87.  Diodore,  I,  96  et 
98  =  Socratic.  Epùt.,  28  (Hercher,  p.  628).  Antonius  Diogcne  dans  Porphyre, 
V.  P.,  41.  Stral)on,Vn,  638.  Josèplie,  C.  Ap.,  I,  2.  Table  chronologique,  G  I  G, 

IV,  no  6855  d.  Pline,  H.  lY.,  36,  14,  5.  Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  8,*2,  1  ;  De  Is., 
10.  Justin,  XX,  4.  Lucien,  Gai.,  18;  Vit.  aiict.,  3.  Clément,  Strom.,  I,  66. 
Ammien-Marcellin,  XXII,  16,  21.  Apulée,  Flor.,  Il,  15,  Valère-Maxime,  VIII,  7,  1. 
Hippolyte,  Adu.  haer.,  I,  1,  2;  IV,  51;  IX,  17.  Julien,  Or.,  VIII,  7.  Jamblique, 

V.  P.,  18,  151,  158;  De  corn,  math.,  21.  Théol.  Arithm.,  p.  40.  Lactance,  Inst. 
div.,  IV,  2.  ryrille,  C.  Jul,  X,  340.  Eusèbe,  Pr.  ev.,  X,  4,  14.  Ps-Justin,  Coh., 
19.  Libanius,  Epist.,  1050.  Cedrenus,  I,  p.  165.  Syncellus,  Chr.,  p.  210  D. 
Niceph.  Greg.,  HisL,  VIII,  7;  Epist.,  9. 

3.  S'.'  ÈTriaToXîîç]  Antiphon  dans  Porphyre,  V.  P.,  7. 

4.  £Ç£[ji.a0£  —  'AvTicpcov]  Extrait  plus  complet  dans  Porphyre,  V.  P.,  7.  — 
Cf.  Antonius  Diogène,ibid.,  11.  Lucien,  Gai,  18.  Valère-Maxime,  VIII,  7,  ext.  2. 
Jamblique,  De  myst.,  I,  2. 

5.  irapà  XoXôatoK;]  Hesychius  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Aristoxène  et 
Diodore  d'Erétrie  dans  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2  (Zaratas  le  Chaldéen!).  — 
Néanthe  dans  Porphyre,  V.  P.,  1.  Josôphe,  C.  Ap.,  I,  2.  Clément,  Strom..,  I,  66. 
Apulée,  F/or.,  II,  15.  Porphyre,  V.  P.,  6.  Jamblique,  ï^.  P.,  14,  151,  158. 
Eusèbe,  Chr.,  I,  p.  35.  Nicéph.  Greg.,  Epist.,  9.  —  Les  Chaldéens  de  l'Assyrie 
dans  Jamblique,  De  com.  math.,  21;  de  Babylone  dans  Antonius  Diogène,  Por- 
phyre, V.  P.,  12.  —  Voyage  à  Babylone  :  Strabon,  XIV,  638.  Justin,  XX,  4. 
Jamblique,  In  Nie.  ar.,  p.  118;  V.  P.,  19  (Mages).  Théol.  Arithm.,  p.  40.  Syn- 
cellus, Chr.,  p.  210  D. 

Màyoïç]  Hesychius  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Pline,  H.  N.,  25,  5  et  30, 
2.  Cicéron,  De  fin.,  V,  29,  87.  Plutarque,  De  an.  procr.,  2,  2.  Antonius  Diogène 
dans  Porphyre,  V.  P.,  12  (cf.  6  et  41).  Clément,  Strom.,  I,  66  et  69.  Apulée, 
Flor.,  II,  15;  ApoL,  31 .  Jamblique,  F.  P.,  19, 151,  154.  Théol.  Arithm.,  p.  41.  Va- 
lère-Maxime, VIII,  7,  ext.  2.  Lactance,  Inst.  dw.,  IV,  2.  Eusèbe,  Pr.  ev.,  X,  4, 
14.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  VI,  23.  Stobée,  Flor.,  11,25.  Anonyme,  Vit.  Plat., 
p.  9,  22  W. 

£v  Kpti-CT,]  Cf.  Apollonius  dans  Jamblique,  V.  P.,  25.  Justin,  XX,  4.  Valère- 
Maxime,  VIII,  7,  ext.  2. 

(TÙv  'ETti(j.£vior,]  Cf.  Apulée,  Flor.,  II,  15. 

6.  elç  xo  'ISa'tov  àvxpov]  Papyr.  Hercul.  (Crônert,  S^wrf.  ztir  Pal.,\l,  p.  147). 
Porphyre,  V.  P.,  17. 


—  106  — 


xal  Ta  TTEpl  6ewv  ev  à-jzoppr^TOiq,  Ij/aSev.  evra  è'7ravri).ôev  e^ç  Edpiov 
xal  eûpwv  TT,v  TraTptoa  TL»pavvou{jLCV7,v  utio  HoXuxpaTouç,  duïipev  et; 
KpoTcova  TTÎ;  'HaAiaç  '  xâxeL  vofjiou;  Gel;  Toî;  'iTaXtWTat.;  éôoyuOr, 
«tÙv  Torç  p-aGr^Tarç,  oC,  Trpoç  Toùç  Tpt.axoo-wuç  ô'vTe;,  (j)XOv6jJiO!Jv  aptaTa 
Ta  TioXiTud,  w(TTe  (j^eôôv  dpia-ToxpaTiav  eiva;.        Tuo)v5.Te(av.  5 

4.  ToOtov  cçr,(Ti.v  'HpaxAeioïiç  6  novTLxôç  Trepl  auToû  Taoe  Xéye'.v 
to;  e'!'-/-,  TTOTe  yeyovwç  Ai9aX(oY,ç  xal  'EpfJioû  uloç  vofAio-OetTî.  tov  8e 
'Ep{JLfjV  eiTre^v  auTtjî  é).éa-9a(.  o  tî,  av  ^oukriZOLi  ttÀtiv  dGavaaiaç.  aiTri- 
a-aa-0a!.  o'jv  ÇwvTa  xal  Te^.euTwvTa  fjLVT||jL7iV  e^eiv  twv  (7U(jLpat.v6vT(i)v. 


4.  Tpi.axoo-iou(;  BPF  Hesychius(Schol.)£ÇaxoG-{ouç  Hesychius (Suidas). 
6.  Tiepl  —  Xéy£t.v  >  F.  Tà8e  P  T{8é  B.  9.  TeXeuTT,a-avTa  Cob. 


2-3.  xac  eupoDv  —  'ItaXtac;]  Hesychius  (Sch.  Platon  et  Suidas).  —  Aristoxène 
dans  Porphyre,  V.  P.,  9.  Ovide,  Met.,  XV,  60  ss.  Aëtius,  I,  3,  9.  Strabon,  XIV, 
638.  Porphyre,  F.  P.,  16.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2,  1.  Jamblique,  F.  P.,  88. 
Themislius,  Or.,  23,  p.  285  B.  Firmicus  Maternus,  I,  8,  il.  Scholie  lliade,0,  410. 
Pseudo-Acro,  Schol.  in  Horat.  vet.,  II,  p.  d62,  K.  Tzetzès,  Chil.,  XI,  78. 

3.  voVouç  <^£t;]  Porphyre,  V.  P.,  20.  Jamblique,  V.  P.,  30,  LSO,  172. 
Èooçaa^T)]  cf.  Alcidamas  dans  Aristote,  Rhét.,  II,  23.  Dicéarque  dans  Por- 
phyre, V.  P.,  19.  Jamblique,  Y.  P.,  53  et  57. 

4.  Tpiaxoatouc;]  Hesychius  (Sch.  Platon).  —  Apollonius  dans  Jamblique, 
V.  P.,  254.  Justin.  XX,  4.  Lucien,  Yit.  auct.,  6.  Athénagore,  Leg,,  31. 

5.  àpiatoxpaxiav]  Cf.  Apollonius  dans  Jamblique,  V.  P.,  255. 

6  ss.  Toutdv  cprjaiv,  etc.  4-5].  A.  même  série  de  métempsycoses  :  Porphyre, 
V.  P.,  45.  Tertullien,  De  an.,  28.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2, 11.  Scholie  de 
Sophocle,  EL,  v.  62  et  Suidas,  s.  v.  f^ÔT).  Georgius  Cedrenus,  Hist.  comp.,  I, 
p.  275.  —  B.  séries  différentes  :  Dicéarque  et  Cléarque,  dans  Aulu-Gelle,  IV,  11.— 
Jérôme,  Adv.  Ruf.,  p.  40.  —  Scholies  d'Apollonius  de  Rhodes,  I,  645.  Artemii 
Passio,  26  (Patr.  gr.,  XCVI,  p.  1276).  —  Cf.  Aristoxène,  Androcyde,  Eubulide, 
JNéanthe  et  Hippobotos  dans  les  Théol.  Arithm.,  p.  40.  —  Lucien,  Ver.  hist.,  II, 
2d.—  C.  Euphorbe  seul  :  Diodore,  X,  6,  1  et  4.  Horace,  Odes,  I,  28,  9.  Ovide,  Met., 
15,160.  Lucien,  Dial.  mort.,  20,  3;  GaL,  13,  15,  17.  Origène,  C.  Celse,  VI,  8. 
Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  3,  3.  Porphyre,  V.  P.,  26-27.  Jamblique,  V.  P.,  63. 
Ps-Diogène,  Epist.,  19  (Hercher,  p.  240).  Maxime  de  Tyr,  Phil.,  X,  2.  Ausone, 
Epigr!,  77  (cf.  XVIII,  29,  38).  Hyginus,  Fab.,  112.  Lactance,  Inst.  div.,  III,  8;  VII, 
23.  Philostrate,  Vit.  ApoU.,  l,  l;'lll,  19;  VIII,  7,  4;  Heroic.,  17.  Tatien,  Adv.  Gr., 
25.  Cyrille,  C.  JuL,  III,  87.  Lact.  Plac.  Com.  in  Stat.  Theb.,  III,  483.  Scholie 
Iliade,  P,  28.  Ps-Acro,  Schol.  in  Horat.  vet.,  I,  p.  106,  K. 


-  107  — 


èy  [JLev  O'JV  Ziori  7râvT(i)v  ot,a|jLVY,|JLOVcG'jat,  '  eue',  oe  àrcoôavot,  TY,pvi- 
(jat  TTiv  auTY^v  jjLVYi{JiY,v.  /pdvt})  o'  U(TT£pov  E'j(pop(jov  èXOeCv  xal  îiKo 
^Uyekuo  Tpo)9Y|vau  6  8e  Eucpopjjoç  eXeyev  A'.'OaX(oY,ç  ttote  vcYÔvo'. 
xal  OT!.  Tiap'  'Ep{JLoO  TO  Swpov  loLpoi  xal  TY.v  TYjÇ  tj^uyYiç  7:ept.TrdXY,a''.v, 

5  (b;  TzepieTzoXrfiri  xal  eî;  oa-a  cpuTa  xal  ^wa  TapeyévcTO  xal  o^a 
T,  ^'^73  £v  T(jî  a8'^  eTiaSc  xal  al  XoLual  xlva  !JT:o{jLévou(T!.v. 
5.  èTSLOYi  o£  E'jcpoppo;  otTioGavo!.,  (JLeTapYjvat.  tyjv  t|;uyY|V  auToO 
ei-'ç  'Ep[JL6Tt.(jL0v,  6;  xal  auTÔ;  Tido-Tiv  ^eXwv  ooûva'.  £7:avYi).0ev  £'.'; 
Bpayyioaç  xal  ei^eXGwv  et.';  to  toD  'AttoXXwvoç  lepôv  ÈiréoELçev  y,v 

10  MevéXao;  àvé8Y,x£V  à(T7:{oa  (è'cpYi  yàp  aÛTOv,  ot'  oLTzéTzXei  £x  Tpo'laç, 
avaBervat.  Ttjî  'AttôXXwvî.  tyiv  âdTiioa)  oi.a(T£(7-/]7rurav  '/^oy,,   jjlovov  ok 

8',a|Jl.ÊV£!.V  TO    éXECpâvTLVOV   TCpOa-WTTOV.   ê7re!.0Y|    8k    'Ep{JLdT!.{JLO(;  aTTÉBaVc, 

yevé^rOai  Ilùppov  tov  ^r^kioy  âXiea*   xal  TrâvTa  TcâXiv  {jivYt|jLOV£Ù£t.v, 
TTw;  T:pd(T6£v  At^GaXloYiç,  eiT  Eucpop^oq,  eira  *Ep|jL6Tt.|i.o;,  e^Ta  llùppoç 
io  yévoiTO.  éT:£i,OYi  8k  IIuppoç  âueOave,  y£V£a-9ai  FluSaydpav  xal  TiàvTwv 

TWV  eipY,{i.évWV  |JL£fJLV7ÎO'9at.. 

6.  "Evt.ot.  [Jikv  IIuBaydpav  jjiYiok  £v  xaTaXt-Tie^v  TÛyypa[jL[j.â  cpa^t. 
Siauea-dvTeç.   'HpàxXet.To;   youv   ô   cpuaixè;   [j-ovovouyl   xéxpaye  xal 


5.  7i£p!.£y£veT0  F.  6.  Ttj)  à8ri]  à8ou  Cob.  8.  SoOvat.  ^fkioy^F.  àvYjX^Ev 
Reiske.  10.  £.St,x£v  F.  [i<ft]  —  àa-7ri8a]  secl.  Cob.  àTrÉTrXeuo-ev  F. 
12.  8ta|ji£vov  Cob.  14.  7rpo(T9Yiva!.5aXl8YiÇ  B.  e^Ta  'Ep[jLdTt.|i.o;  >  F^. 
17.  {jLév]-|-ouv  P.  18.  StaTreo-dvTe;  Reiske  8iaT:£ÇovT£ç  B  8t.aT:alÇovTe;  PF 
8t.a7rTa{ovT£;  Scaliger  8f.aTc{TCTovT£;  Dielsi  (cf.  V,  6)  TïaiÇovTEç  Diels^ 
(Fors.)  <  vYi  >  Ala  iraiÇovTEç  Gomperz.  xa{  >  Fi. 


7-12.  èticiSt]  o£  —  irpdawTTov]  Aventure  attribuée  à  Pythagore  par  Hippolyte, 
Adv.  haer.,  I,  3,  3,  Origène,  C.  Celse,  VI,  8,  Ps-Acro,  Schol.  in  Hor.,  I,  p.  106; 
située  à  Argos  par  Ovide,  Mét.,  XV,  160,  Diodore,  X,  6,  2,  Scholie  Iliade,  P,  28; 
à  Delphes  par  Tertullien,  De  an.,  28  ;  à  Mycènes  par  Porphyre,  V.  P.,  27,  Jam- 
blique,  V.  P.,  63;  dans  un  temple  d'Athéna,  par  Maxime  de  Tyr,  PfiiL,  XVI,  2. 

17.  (jL-nSè  £v  xaTaXi7rc"tv  auyypajjLfjLa]  DiOGÈNE,  prooem.,  16.  Démétrius  dans 
Diogène,  VIÏI,  85.  Posidonius  dans  Galien,  De  Hipp.  et  Plat.,  5,  6.  Josèphe, 
C.  Apion.,  I,  22.  Plutarque,  Alex,  fort.,  1,  4;  Numa,  22,  3.  Lucien,  De  salut.,  5. 
Nicomaque  dans  Porphyre,  V.  P.,  57  et  Jamblique,  V.  252.  Augustin,  De 
cous,  ev.,  I,  7,  12.  David,  Schol.  in  Arist.,  p.  13  et  p.  28fl.  —  Cf.  Philodème,  De 
piet.,  p.  66. 

18.  'HpâxXeito;...]  Fr.  129  Diels  :  cf.  fr.  40. 


—  408  — 


cpy,a-t*  (c  iruOayopr.s  Mv-rjo-apyou  iTTopiï^v  Y.orxïio'ev  âvôpWTiwv  {jLàÀ',aTa 
:tàvT(i)V*  xai  £xXe^â|JL£voç  Tauxa;  Taç  «Tuyypacpàç  £7ro',Ti(7aTO  eauxoG 
«To^tTjV,  -oAujjLaÔe'/riv,  xaxoTsy v/^v .  »  outw  o'  e^Tcev  eueioriTrep  evap- 
yôuLEvoç  6  JI'jGayopaç  tou  cpuo-ixoû  o-'jyypàjjLfjiaTo;  Xeyet.  (ooe*  «  Où  {jià 
TÔv  àspa,  Tov  àvaTTvew,  o'j  |ji.à  tÔ  ûowp,  to  tcivw,  ou  xaxoiaw  (}>6yov  5 
irepl  ToO  Xdyou  touos.  ))  ysypaixTat,  os  tw  IIuGayôpqt  <Tuyypà[jL|jiaTa 
Tpia,  Tra'.OcUTudv ,  tcoX'.tixov ,  cpuTt.xdv.  7.  to  Se  cp£pd[JL£vov  lùç 
HuGayopoL»  Auo-todç  eo-ti  tou  TapavTLvou  nuQayopuou,  cpuydvToç  £i; 
0T,paç  xal  'E7ra[Ji£',v(i)voa  xaGïjyria-ajjLÉvou. 

<î>T,a-l  o'  'HpaxA£{oY]ç  o  toO  SapaTiiwvo;,  £V       Swtiwvoç  lutTOfi-Tj,  iO 
y£ypa(p£vat.  aùxdv  xal  7i£pt.  Toû  okou  £v  £7i£(7t.*  osuTEpov  tov  Ispdv 
).dyov,   ou  Ti  OLpy-fi'   «        vÉoi,   àXXà  T£p£<T6E  {jleG'  T,<Tuy{a(;  Ta6£ 

TcâvTa*     ))     TpiTOV     TTSpl    (j^Uy/jç,     TETapTOV     TC£pl    e\J(7BPei(X<;,  7T:£|i.7rT0V 

HXoGaArj,   TOV   'ETrt.yâp|JL0U  toi»  Kwou  TiaTÉpa,  extov  KpoTwva  xal 
yjXo'jç'  TOV  0£  [jLU«TTixov  Xoyov  'iTUTrao-ou  cpr,(7lv  ELvat,,  y£ypa[7.|jL£vov  èizi  15 
oia^o^T^  IT'jGaydpou  *  izoWoùç  oz  xal  utto  "Ao-twvoç  tou  KpOTWViaTOU 
ypoL^^éwTy.^    àvaTcG-?iva!.    lIuGaydpa.    8.   <^'^al    ok    xal  'Apt,«JTd^£voç 


1.  7r'j9aydpo!.ç  B  TiuGayopaç  ¥.  la-Top(T,v  '/^a-xTiO-Ev  BP  UxopE^v  ifjyu^ev 
F.  2.  £Tro{-r|(7Ev  F.  ewutou  Cob.  (ex  P3).  3.  TcoXu|jia3{'^v  B  7zokulJ.oL^■r\tr^y 
Cob.  xa).oT£yv{Yiv  Cas.  4.  6  >  F.  5.  où  xaTo^aw  BPF  où  xot'  olVw 
Diels  oùx  àvoio-w  conicio.  7.  cpu(3-i.xdv>  Hesychius  (Suidas),  sed  Hesych. 
(Schol.)  ut  Diogenes.  cpEpdjjiEvov]  +  TpÎTov  Hesychius  (Suidas),  at  non 
Hesych.  (Schol.).  9.  £7ta|jL{vcova  B.  12. 'h  >  B.  crÉpEa-Os  G2T /"r  crÉpETSaL 
BP^F.  h'^u'/ifiCi  Cob.  (ex  P3).   15.  <fOLrriy  Cob.  (ex  DG  fr). 


6-9.  ysypariai  —  y.oLB-riyrifsaLii.ivoo]  Hesychius  (Schol.  Platon  et  Suidas). 

8-9.  cpoyovxoi;  —  x«^r(YT)aa|ji.£vo'jJ  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  250 
et  Porphyre,  V.  P.,  55. 

41-42.  TOV  [epov  Xdyov]  Cf.  mes  Études  sur  la  Littérature  pyth.,  pp.  3-79. 

U.  'HXoOaXYi  TOV  'E7rixâp[J.ou|  Cf.  Diogène,  VIII,  72.  Jamblique,  V.  P.,  166, 
244,  266. 

45.  tèv  oà  (j.uaxtxôv  Xdyov  'iTiTràaou]  Cf.  Apollonius  dans  Jamblique, 
V.  P.,  259. 


—  m)  — 


Ta  TcXeîaTa  T(ôv  YjO',x(ôv  oovjjiâTfov  'hcL^jev^  tov  IluOayopav  Tiapà 
Bep.t.a'ToxXeîaç  tyj^  sv  AeXcpoîs-  Iwv  os  6  X'.oç  sv  toTç  TpiayiJiorç 
(pYja-tv  aÙTov  svia  Tto'.Yia-avra  àvsveyxcCv  e'I;  'Op'^Éa.  aÙTO'j  XsyojT!. 
xal  Taç  Korioaç,  où  r\  àp/'^i  '  <^  M->i  tàvaaîoeuT  [JLYiOSV'i. 
5  i^wo-LxpaT-riç  os  év  /\',aooyarç  cpY|a-i.v  aÙTOv  spwT'^Osvxa  (jtzo  Aeovto; 
TO'J  ^^bX'.ao-LWv  Tupàvvo'j  tÎç  E'/rj,  «  cp'.XoTO'^oç  etTierv  xal  tov  ,jiov 
so'.xsvat.  Trav'^yûpet.  '  w;  oùv  Siç  TauTY^v  ol  p.kv  4ya)V!.oûjjt.6vot,  ol  os 
xaT'  s^u-TTopiav,  ol  oé  ye  [ié'k'zi<7T0i  ep^ovTai  .reaTaî,  o'jtwç  êv  T(o  [jii^ 
ol  |JiEv  àvâpaTTOOwôetç,  ecpYj,  cpùovTai  oo^yi;  xal  rcXsoveç'ia;  .SfYjpaTat, 
10  ol  os  (^Ck6<70'j>oi  tyÏ;  âXYiOs'Iaç.  xal  Tocoe  jjisv  wôe. 


5-10.  ^1*^'  :  7r'j3ayo'pa(;  èpwTTi.SEï!;  utto  XÉovxoç  —  àXTj.SrEtaç. 

1 .  uuQayôpa  B.  2.  0S|jn.a-ToxX£{a;  libri,  hic  et  infra,  §  i\  (II  excepto  : 
©eoxXeiaç)  'Apt-o-TOxXsia;  Porphyr.,  V,  P.,  41,  Suidas,  s.  v.  Taôs  sx 
ToO  TpiTioôoç,  Photius,  Lex.,  ibid.,  et  Apostolius,  Cent.,  XV,  88. 
T'/i;  Êv  ûsXcpoL;  P  et  omnes  libri  infra,  §  21  (et  Porphyr.,  V.  P.,  41)  ty,ç 
dôsXcp-?!;  BF  et  §  21,  S;  Cf.  tov  oLoik'-^ô^  Suidas,  /.  c,  Apostolius,  /.  c, 
TOV  AsXcpov  Photius,  /.  c.  Tpt,ay|j.or;  >  (ut  videtur).  4.  xal  Ta; 
RoTTiSa;  Diels  (cf.  Tiinaeum  in  Schol.  ad  Eurip.  Hec.y  134,  Philodem. 
Rhet.,  I,  57  et  Etym.  magn.  s.  v.  xotcl;)  xal  xà;  X07rt.à8a;  PF  xaTac- 
xo7it.à8a<;  B  xal  Taç  SxoTiàç  'Aiôao  Nietzsche.  yi  >B.  âvaaiôs-j  FàvàaiSeL; 
BPi  dvaSiSsu  Diels  (treibe  keine  AdvokateiipraxisJ  avat-BsO  Fabricius 
dvet-BeCi  Kùhn  dvàSsu  Grentemenilius  aY^oeC»  Faber  Mén.  5.  Swo-upaTYiç 
DGÏ  «TwxpaTYiç  BPF.  ^ojcLiq  Bi.  6.  cpt,Xocrocpoç  <ï>^  cpt,Xôa-ocpov  BPIF. 
7.  oùv]  yoùv  Bywater.  âywvt.o6[ji£voi.  è'pyovTat.  ^  <ï>^.  8.  y£  >  4>^'. 
9.  cp'JOVTat.]  cpaîvovTat  Reiske. 


i.  Tiapà  ©cfxiaxoxXetaç]  /«/ra,  §  21.  Porphyre,  V.  P.,  41.  —  Suidas,  s.  v. 
xàôe  £x  xoO  xptTToSo^.  Photius,  Lex.,  ibid.  Apostolius,  Cent.,  XV,  88  (Parœm. 
gr.,  II,  652). 

2-3.  "Iwv  —  'Opcpéa]  Clément,  Strom.,  I,  131.  Cf.  Hérodote,  II,  81.  Suidas, 
s.  V.  'OpcpEuç.  Jamblique,  V.  P.,  145  s. 

4,  xà;  KoTriÔaç]  Diels,  Archiv  fur  Gescfi.  der  Philos.,  III,  p.  454. 

5-10.  epwxrjÔEvxa  —  àXr|Ô£tac;]  Héraclide  Pontique  dans  Diogène,  prooem.,  12, 
et  Cicéron,  Tusc,  V,  3.  —  Diodore,  X,  10,  1.  Jamblique,  Protr.,  1,9  ,  In  Nie.  ar., 
pp.  5,  26.  Valère-Maxirae,  VIII,  7,  ext.  2.  —  Cf.  Quintilien,  Inst.  or.,  XII,  1,  19. 
Clément,  Strom.,  IV,  9.  Jamblique,  V.  P.,  44,  58,  159.  Ambroise,  De  Abr.,  2,  7. 
Augustin,  De cii;.,  VIII,  2;  De  Trin.,  XIV,1,2.  Isidore,  On^.,VIII,  6,  2;  XIV, 6,  31. 
Boëce,  Inst.  mus.,  Il,  2.  Heimias,  In  Phaed.,  64.  Cramer,  A?técd.  Paris.,  IV,  p.  414. 


—  110  — 


9.  'Ev  oe  tol;  xpio-l  a-jyYpàijL|jLao'i  tol;  7rpoeipri|jiévot.(;  cpépeTai 
UuOayopou  Taoe  xaOoXuwç.  oùx  eà  eù^efrOai  UTtep  auxwv  8tà  to  piri 
ei8éva(.  tô  o-'j{i.{pépov,  T7|V  (JiéÔ'Aiv  ev  âvG'évô;  pXàjB-riv  xaXeî  xal  7tXT,a-- 
|JL0VY|V  7rà(Tav  â7ioOoxt.{JLàÇe!.,  Xéywv  [jiy|  uapapaiveiv  [ji'/iTe  twv  ttovwv 
(JLTjTe  Twv  a-t.TL(i)v  (jLTjôeva  t)\v  a-!j[jL(jLeTp{av.  xal  Trepl  a^pooLciwv  oé  5 
(pT|a-t.v  ouTw;'  «  'Acppooio-'.a  ^e!.(jLwvoç  Tro!.éeo-9at,  (jlt,  ^épeo;  *  cpOivo- 
Ttwpou  oe  xal  7,poç  xoucpoTepa,  [Bapéa  oe  Tràa-av  wpTjV  xal  è;  Oyetriv  oùx 
ayaOà.  ))  àXXà  xal  TioTe  épWTTjôévTa  TroTS  oei  TcXyja"t,àÇeiv,  eiTieiv  * 
c(  OTav  PoùV/j  yevécGai  aÙTOÙ  àfrOevéo-Tepo;.  »    10.  otaipelrai.  8e 


8-9,  <I>apv  :  épa)Tr,6ôtç  Trote  §e"t  —  ïtpj]  —  àaôsvedxEpoç. 

i.  ypà(ji(jLa(Tt,  F.  2.  eà.  eù^eaGat.  ÙTiep  aÙTwv  BP(auTwv  B)  êXéy^ea-9e 
ùtio  éauTwv  F.  3.  ewévat,  PF  eiva',  B.  (TÙ(jLpopov  B.  ev  àv9'  èvo;  BP  êv 
avOet.  voo;  F  e^wGet,  vooç  vel  ev  àv9'  évo;  vooç  Mén.  évavTLvoov  Mericus 
Cas.  4.  t:ov(i3v  BPF  (cf.  Jambl.,  F.  P.,  163),  ttotwv  Cas.  Mén. 
Cob.  (cf.  Jambl.,  F.  P.,  224).  5.  a-t.Tl(i)v]orTi.(i)v  B  +  l^'h'^^  '^^^  ûtivwv  DG 
cf.  Jambl.,//.  ce.  6.  Gépo;  B.  7.  ^apia  B  [Bapela  PF^.  ùyelrjv  F  ùylrjv  Pl 
ù^eiyy  B  ùytel'/^v  Cob.  -|-  eivat.  F.  oux  àya9à  >  F^.  8.  T:Xrjcr!.àÇet.v] -f 
yuvaul  4>.  eiTrelv  BP  e^Tiev  F  et^post  âo-Gevea-Tepo;.  9.  OTav  ^où^r,  BP 
et  ceteri  auctores  oTe  ^oûXei  F4>.  aùroù  Pl  atÎTOù  B  èauToù  F  o-eauToù  4> 
(Tio'JToù  Cob.  Siat-pelrat,  PF  8t.ai.perv  Te  B*  (ut  videtur)  8t.at.per  Paris. 
1630  hvr^^u  ^, 


4.  £v  Se  xoi^  Tpial  (j\jyypoLi),[kix<ji]  Cf.  Diels,  Ein  gefàlschtes  Pythagorasbuch, 
Archiv,  III,  pp.  451  ss. 

2.  oux  âqc  eu^£(j6at]  DiODORE,  X,  9,  7  et  8.  Cf.  Ps-Platon,  Alcib.  II,  p.  143  A 
et  Orion,  Anthol.  Pal.,  V,  17.  —  Jamblique,  V.  P.,  145  et  224. 

3.  xfjv  (jLE^Tjv  —  xaXe^J  Cf.  Stobée,  FLor.,  18,  25  et  Arsénius,  Vio/.,  p.  210,  W. 
3-5.  7rXr)(T[J-ovT)v  —  <^^(J-[J-£tpi'av]  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  163  et 

224.  Nicomaque,  ibid.,  34  et  dans  Porphyre,  V.  P.,  22. 

5.  Trepl  àcppoûiai'wv]  DiODORE,  X,  9,  3.  Stobée,  Flor.,  17,  13.  Cf.  Aristoxène 
dans  Jamblique,  V.  P„  209. 

8.  àXXà  xaî  TTOxe  epœxTj^evxa]  DiODORE,  X,  9,  4.  Cf.  Clément,  Strom.,  III,  24. 
Attribué  au  pythagoricien  Clinias  par  Plutarque,  Qu.  conv.,  III,  6,  3;  à  Épicure 
par  un  Anonyme  (Usener,  Epie,  p.  344,  62a). 

9  ss.  ôtaipelxai  —  àv-npl  DiODORE,  X,  9,  5.  —  Ovide,  Mét.,  XV,  200-213.  Joh. 
Damasc.  Flor.,  1, 1,  4.  —  Cf.  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  201  et  210. 
Théon  de  Smyrne,  Exp.,  p.  98. 


—  lu- 


xai TÔv  TO'J  âvOû(i)T:o'j  pLov  o'jT(.)*  «  llaCç  cuoai  ÏTea,  verivia-xoç 
euocT'.,  vs-r^vLTi;  eîxoT!,,  yépcov  euoa-!,.  al  oe  r|X!.x'!aL  Tipôç  Taç  wpaç 
wSe  (Tuij.ucTpot.*  Tcaï;  é'ap,  ve-f|VLa-xoç  Oépoç,  veY|V'ir,;  '^Otv67to)pov, 
y^ptov  '^eLijKÔv.  »  ea-Tt.  o'  aÙToj  6  {jiev  veY|v{(Txoç  jjie'.pàxiov,  h  ok 
5  ve'rivÎYjç  àv/|p. 

Ei7:é  Te  TipwTOç,  (^y\7i  Tt{i.a(.o;,  xot.và  Ta  cpOvWv  eiva».  xal 
(piXtav  to-OTTiTa.  xal  aÛToù  ol  |jia9r,Tal  xaTÊTtGevTo  Taç  oÛTia;  etç  ev 
7rot.oûii.evot. .  irevTaeTÎav  Te  ria-û'^aÇov,  [jlovov  twv  Aoywv  xaTaxoùovTeç 


1-5.  Cod.  Paris,  gr.  1630,  f.  115^  (Boissonade,  II,  p.  455).  Cf.  <ï>apv  (summa- 
lim  et  communi  dialecto). 

4.  TÔv]  -|-  ôXov  Paris.  1630,  2.  yépwv  e^xocO  F.  3.  wSe]  toù  ^pôvou 
'fiToi  Tàç  o'  Paris.  1630.  v£av{a-xo;  BP.  7.  ei'ç  ev  xaTETtGevTO  ^  BP 
[e^ç  ev  7iot,oûijLevoi]  secl.  Rittershuis.  8.  [7io!,ou|i.evot,]  secl.  Cob.  p.ôvov 
Meib.  fjLÔvwv  BP  F* 


6.  xoivà  xà  <ptXa)v]  Fragment  de  Timée  plus  étendu  dans  Photius,  Lex.,  s.  v. 
y.ovié.^  ZÉNOBE,  Cent.,  IV,  79,  et  Scholie  de  Platon,  Phèdre,  p.  279C.  —  Cf.  Diogène 
Laërce,  X,ll.  Cicéron,  De  leg.,  1, 12,  34.  Antonius  Diogène  dans  Porphyre,  P., 
33.  Jamblique,  Y.  P.,  92.  Julien,  Or.,  VIII,  4.  —  Maxime  attribuée  aussi  à  Bion 
(Diogène,  IV,  53)  et  rapidement  devenue  proverbiale. 

7.  cpiXtav  laoTTixa]  Infra,  §  33.  Jamblique,  V.  P.,  162.  Olympiodore,  In  Plat. 
Alcib.,  p.  31.  Joh.  Damasc,  Flor.,  I,  13.  Devenu  proverbial  :  Platon,  Lois,  VI, 
p.  757  A.  Diogénien,  Cent.,  II,  94,  Apostolius,  IX,  17,  Macaire,  IV,  82.  Cf.  91X0;  laxlv 
à'XXo;  eyo)  :  [Aristote],  Magn.  moral.,  II,  15.  Ps-Plutarque,  Vit.  Hom.,  151. 
Cicéron,  Deoff.,  I,  17,  56.  Antonius  Diogène  dans  Porphyre,  V.  P.,  33.  Jamblique, 
In  Nie.  ar.,  p.  35.  Synésius,  Epist.,  100.  Eustathe,  In  lliad.,  p.  1131, 60.  Proclus, 
lu  Parmen.,  I,  p.  127  E.  Hermias,  In  Phaedr.,  p.  33.  Arsénius,  Viol.,  p.  240,  W. 
Schol.  Iliade,  S,  82. 

xai  auTou  —  slç  *£v  irotoufjLevoi]  Timée,  ci-dessus.  Aulu-Gelle,  I,  9,  12.  Jam- 
blique, V.  P.,  30,  72, 167  ss.  Porphyre,  V.  P.,  20.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2, 16. 
Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  8.  —  Cf.  Origène,  G.  Celse,  II,  12. 

8.  7r£vxaeTtav  zt  Vu)(^aÇov]  Sénèque,  Epist.,  52,  10.  Plutarque,  De  curios.,  9. 
Clément,  Strom.,  V,  67.  Lucien,  Gai.,  4;  Hermot.,  48;  Vit.  auct.,  3.  Jamblique, 
V.  P.,  68,  72,  94.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2,  3  et  16;  VI,  22.  Apulée,  Flor.,  II, 
15.  Eusèbe,  Hist.  eccl.,  IV,  7,  148.  Jean  Chrysostome,  Hom.  in  Johan.,  II,  3. 
Ambroise,  De  ojf.  min.,  I,  10.  Théodoret,  Gr.  aff.,  1, 12.  Épiphane,  Adv.  haer., 
proœm.,  1, 1  et  III,  8.  Jérôme,  Com.  in  Ecoles.,  t.  III,  410.  Procope,  Epist.,  157. 


—  112  — 


xal  oùSé-w  lIjOayopav  ôgwvtsç  etç  ô  ôoxLp-aTGerev  *  ToûvTeùSev  Çe 
éyivovTo  Tf,ç  oulaç  aiÎTOU  xal  TfiÇ  otLewi;  |jL£T£Lyov.  —  â7r£{yovT0 
Ô£  xal  Topo'j  x-j-apio-^lv-/^;  Bià  to  tÔ  to'J  Aiôç  axrjTCTpov  £VT£G9ev 
7r£7iO!.7j<78at.,  cpYja-i.v  "Ep;jL',7r7io;  Iv  8£'JT£pG)  7r£pl  HuBayopou.  — 
1  1 .  xal  yàp  xal  a-EULVOTrpETîEa-TaTOç  ).£y£Tat.  yEVEo-Oai  xal  aÙTOU  5 
ol  fjLaôyjTal  oô^av  e^^ov  TCEpl  auToù  w;  e^t,  'A'tiÔaXwv  e^  TTiEpPopE^wv 
àcp!.yiJL£vo;.  Xôyoç  ùé  nore  auToG  uapayupLVwGsvTo;  xôv  jx'/ipov  d<pGïivaL 
'^pudoGv  •  xal  oTi  Necto-oç  6  -oTajjLOç  oiapaivovTa  aûxov  upoTayopEua-at, 

TIOÀÙÇ  Y,V  Ô  Ciâo-XODV. 


2-4.  :  à7i£t^ovxo  —  7i£';xoi7Îa6ai.  7-8.  ^P'^  :  TrapatyuiJi-vwôévxof;  —  TipcaT^yd- 
peuaîv. 

3.  Td2  4>^  >  BPF.  4.  TiEp^TTOLeraSai  F.  5.  auroG  >  Gob.  6.  ÙTiEpj^o- 
pa{(i)v  BPl.   7.  Xoyoç  BP  )iy£Ta(.  F.  auToG  tuote  ^  F.    8.  veo-oç  F  <ï>^. 


Sidonius,  Ep.,  Vil,  9,  5;  Carm.,  XV,  51.  Niceph.  Greg.,  Hist.,  X,  8;  XX,  1;  XXI, 
4;  Epù^.,  8.  Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  8.  Tzetzès,  ChiL,  VU,  155  et  VIII,  279. 
—  Cf.  Lettre  de  Lysis  à  Hipparque,  Jamblique,  V.  P.,  76.  Isocrate,  Bus.,  29. 
Alexis  dans  Athénée,  IV,  161  B.  Ovide,  Met.,  XV,  60  ss.  Plutarque,  Niima,  8,  7. 
Athénée,  I,  20  D  et  VU  308  G.  Aulu-Gelie,  I,  9,  3  ss.  Julien,  Orat.,  VIII,  p.  231  G. 
Greg.  Naz.,  Orat.,  XXVII,  10.  Libaniiis,  Epist.  lat.,  II,  7.  Hermias,  Irris.  gent. 
pfiil.,  16.  Suidas,  5.  v.  II.  et  atwTrn.  Ps-Plutarque,  Vila  Hom.,  149.  Glaudien, 
Carm.,  XVil,  90  et  137.  Euslathe,  Opusc,  p.  259,  9J  et  p.  286,  1. 

1.  Toùvx£û^£v...]  Jamblique,  V,  P.,  72  ss.  —  Cf.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2, 
16  ss.  Clément,  Strom.,  V,  37. 

2.  àTTct'xovTo...]  Jambuque,  V.  P.,  155.  -  Cf.  Pline,  H.  N.,  35,  46. 

5.  a£(j.vo7rp£7r£aTaToç]  Dicéarque  dans  Porphyre,  V.  P.,  18.  Jamblique,  V.  P., 
10  et  20.  Apulée,  F/or.,  II,  15. 

6.  wç  EiT)  'AtcoXXojv  £^  ' ÏTiEppopEttov]  Aristote  daus  Elien,  V.  H.,  II,  26  (cf. 
IV,  17).  Porphyre,  V.  P.,  28.  Jamblique,  V.  P.,  30,  91  ss.,  135,  140,  177.  — 
Lucien,  Diat.  mort.,  20,  3;  Gai.,  15  et  18.  Scholies  de  Lucien,  p.  124,  R.  — 
CL  Diodore,  X,  9,  9.  Sextus,  Adv.  math.,  VII,  9i.  Justin,  XX,  4.  Épiphane,  Adu. 
haer.,  I,  1. 

7.  Xôyoç  oé  TtoTE...]  Aristote  dans  Elien,  V.  H.,  II,  26  et  IV,  17,  et  dans 
Apollonius,  Mir.,  6.  Jamblique,  V.  P. ,92,  135,140.  —  Plutarque,  Numa,  8,6. 
Porphyre,  V.  P.,  28.  Lucien,  Vit.auct.,  6;  Gai.,  18.  Scholies  de  Lucien,  p.  124, II. 
Artemii  Passio,  29. 

8.  xal  ô'xi  N£ff<Jo<;...]  Jamblique,  V.  P.,  134.  Cf.  Aristote  dans  Elien,  V.  H., 
II,  26  et  IV,  17  et  dans  Apollonius,  Mir.,  6.  -  Porphyre,  V.  P.,  27. 


TtfjLaiôç  Té  cpr|<Ttv  êv  Sexotxco  'IttoouÔv  Xéyei'^  aùrôv  Taç  Tuvouoùaaç 
(xv5pà(7t.  ^ewv  lyetv  ovô{i.aTa,  Kopaç,  NujjLcpaç,  c'^Ta  MTjTépaç  xaXou- 
{jLÉva;.  TO'JTGV  xal  yetojjieTptav  èul  uépa;  ayave^v,  TrpoÏTov  Mo'ipiooç 
eùpôvToç  xà;  àp")(àç  t(5v  a-Tot.ys'!wv  a-jT^js,  cpTio-tv  ' AvTuXeîoYiç  ev 
5  ôeuTeptjj  Tiepl  'AXeçâvôpou.  12.  (i-aXto-xa  oè  a-yo^âiat.  tov  ffuGa- 
yôpav  Tzepl  t6  âp!.0(jLT\T!.xov  eiSo;  a'jTriç.  tov  xe  xavôva  tov  éx  {Jiiàç 
^opSf.ç  eupeiv.  —  oùx  T,|jLéXir^(Te  5c  oôùï  loLZpixri^.  —  cpT,(7l  o'  'Atto/Ao- 
ûwpoç  ô  Xoyi(TX!,xôs  exaxojjLp-^v  .^ù(yai  aùxdv,  eOpdvxa  oxl  xou  xp'.ywvou 
dpôoywvw'j  T]  uroxeivoua-a  TtXeupà  i'^jov  ouvaxa'-  xaCç  Tcep'.e^oûa-a'.ç, 
10  xal  è'axiv  e-îypa[jL{jLa  o'jxwç  eyov* 


4.  Sexâxw  BP  t."  F  Bexocx'/j  />'  Cob.  3.  âyayelv  F  xouxov  ayeiv  BP^ 
Tcpoayayerv  coniciam,  cf.  I,  25.  [jioipiSoç  upwxov  ^  F.  TipwTou  Cob. 
-i-S.aÙTïî;  —  'AXc£àv5pou> F.  5.  TT'jGaydpa F.  7.ou5é>F.  8.  6  Aoyi-O"- 
Ttxoç  >  F.  10.  eyov  F  eyov  P'i  epyov  B  (qui  verbum  sequentibus 
coniunxit). 


1.  Ti'fxaidç  te  <pT)aiv....]  Jamblique,  V.  P.,  56.  —  Cf.  Hesychius,  Lex.,  s.  v. 

3.  veiofjLExpi'av  £7Ù  Trépaç  àyayetv]  vulgaire  :  Diogène,  1, 1^.  Diodore,  I,  98  et 
X,  6,  4.  Hermésianax  dans  Athénée,  XHI,  599  A.  Lucien,  \it.  auct.,  2.  Hippolyte, 
Adv.  haer.,  I,  %  2  et  IV,  7.  Porphyre,  V.  P.,  6.  Jamblique,  V.  P.,  22,  89,  158, 
159.  Proclus,  In  EucL,  prol.,  2. 

6.  TOV  T£  xavdva  xôv  ex  fxiaç  ^opôrj<;  £upe"tv]  BoËCE,  Inst.  7nus.,  I,  40.  GaudenCE, 
Intr.  harm.,  11.  Proclus,  In  Tim.,  Il,  p.  174,  23.  —  Cf.  Xénocrate,  d'après 
Héraclide,  dans  Porphyre,  In  Ptol.  harm.,  I,  3.  —  Nicomaque,  Ench.,  6.  Jam- 
blique, V.  P.,  115  ss.,  In  Nie.  ar.,  p.  121.  Censorinus,  De  die  nat.,  10,  8. 
Macrobe,  In  Somm.  Scip.,  II,  1,  8.  Théon  de  Smyrne,  Expos.,  p.  56.  Fulgence, 
Myth.,  III,  9.  Chalcidius,  In  Tim.,  44.  Isidore,  Orig.,  III,  15,  1.  Cramer,  Anecd. 
Paris.,  IV,  421. 

7.  oûoe  laxpixTÏç]  Aristote  dans  Elien,  V.  H.,  IV,  17  (cf.  IX,  22).  Pline,  Hist. 
nat.,  19,  30;  20,  3;  24,  99,  100, 101;  25,  5.  Celse,  De  med.,  I,  prooem.  Porphyre, 
V.  P.,  33.  Jamblique,  V.  P.,  82,  110.  111,  163,  164,  244,  264. 

(pTjal  S'  'ATCoXXoÔwpoç...]  Même  citation  dans  Plutarque,  Non  posse  siiav.,  11, 
Athénée,  X,  418  F,  et  Diogène,  I,  25.  —  Vitruve,  Arch.,  IX,  214.  Proclus,  In 
EucL,  I,  47.  —  Cf.  Antonius  Diogène  dans  Porphyre, F.  P.,  36.  Cicéron,  De  nat. 
deor.,  III,  36,  88.  Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  2,  4.  Philon,  De  vita  contempl., 
p.  899  B.  Grégoire  de  Naz.,  Epist.,  198.  Alexandre,  In  Met.,  I,  8,  990  a  23.  — 
Attribué  à  Thalès  par  Pamphila  dans  Diogène,  I,  24. 


Tome  XVU.  — 


Lettres,  etc. 


8 


^  114  — 


YjVJxe  lluGayôpriç  to  TrepixXeeç'  eupaTo  ypâjjLjjia 

AÉyeTat.  ok  xal  TrpwToç  xpéauiv  'X(7xr](7<xi  à8ÂT,Tàç,  —  xal  Trpwrov  ye 
Eupu|j.£VT,,  xaBâ  cprio-',  <ï>aJiif«)prvoç  £v  Tpirij)  twv  'Auop.v7ip.ov£'j{jLàTa)v, — 
TÔiv  TTpoTepov  itsyoLGi  ^Yipaîç  xal  TupoCç  Oypor;,  —  dXXà  xal  uupoiç  —  5 
(TtojjLao-xouvTwv  a'jToûç,  xa8à7:£p  h  a'jTÔç  4>aPwprvO(;  £v  dy'^ô'^i  IlavTo- 
SaTifjç  'I(TTop'-aç  cpT,!TLv.     13.  ol  ô£  IluBayôpav  d^EtTiTriv  Tt.và  toÛtov 

TGV  TpOTTOV,    {JLTi    TOÙTOV.     TOÛTOV    yàp    xal   TOL»    CpOV£Ù£!.V  dlZOL- 
yOp£U£!.V,    [JLY,   OTl  y£  a7rT£!T8a!.  TWV  Ç(j)WV  XOIVOV  oiy.'Xio^  TjpLTv  iyovuù"^ 

([•u'/TjÇ.  xal  ':6o£  |Jikv  /jV  to  7xpéa-^7||jLa *  to  o'  âXyi9£ç  twv  £{jLtj>ù^a)v  10 
d7Z7]yop£'j£v  d7tT£a-9a'-  o-'jvao-xwv  xal  auvEGlÇwv  eiç  £ÛxoXiav  pîou  Toùç 
dvGpwTiouç,  wa-T£  cÙTTop'-o-TO'jç  aÙTOtTç  EÎvai  Taç  Tpocpàç,  aTiupa  TipocyiPE- 
po[Ji£vot.ç  xal  XiTÔv  ûowp  -(vou(Tt.v  •  èvteûOev  yàp  xal  a-w{jiaToç  uyletav 

4-2.  Antholog.  Pal.,  VII,  149. 

8- p.  445,  4.  Cf.  <I>apv  :  àTCT,Yo'peu£  §è  aTrxeaÔat  ^totov  —  UpEÏov  Sè  [j.t)§£v  (tex- 
tum  conlraxit  scriba  :  varias  lectiones  memorabiles  tantum  notavi). 

1.  vivuxe  BPF  Anthol.  'r\vLy.aL  DG  Plutarchus,  Non  posse  suav.  vivi, 
11  et  Athen.,  X,  418  F;  cf.  Introd.,  p.  81.  £ÛpaT0  BPF  £up£To  Anlhol. 
Plutarch.  Athen.  2.  xeW  écp'  ôtgj  BP  Anthol.,  êxEÎv'  écpoTw  F  xeiv'  écp' 
0)  Plutarch.  xXetvoç  écp'  o>  Athen.  —  xXeivV  riyay£  BPF  Anthol.  Athen. 
Aa|ji7rp->iv  Tiy£To  Plutarchus.  4.  £upTi{i.£V7iv  F4 .  év  TpiTcp  >  F.  S.  twv]  tov 
BF.  6.  o-(i)[jiao-x£^v  F.  6-7.  xaQaTOp  —  cpTi(7iv>F.  8.  o-t-T^o-at.  P (cf.  infra, 
§44)  (JiTr^doLL  F  (Tua-TYiaat.  B.  toù  BP*  tô  F.  9.  y£  àTiTEa-ôai.]  y£Û£a-9at. 
Cob.  (ex  /  :  gustare?).  Ti[jLrv>F^.  10.  '\>^x^^'i  '^^^  ^^x^^  Richards. 
10.  r^v  >  F.  11.  dTcriy6p£U£v  F  d7cayop£Ù£t.v  BP4.  «ruvaa-xwv  xai  > 
éQiJ^wv^.  l!2.dv8pw7ioL»<;BF<ï>PpoToûçP4.  13.  !X(.tov><Î>  XiTa  xa{  Cob2. 
évTeûÔEv  yâp  >  F.  ùyiav  B*. 


3.  Xsyexai  oè  xat'....]  HÉRACLiDE  PoNTiQUE,  Hermarque  et  Clodius,  cltés  par 
Porphyre,  De  abst.,  I,  26.  Porphyre,  V.  P.,  45.  Augustin,  Ep.,  III,  437,  3. 

7.  ol  os  nu^Sayopav  àlziTixr\v\Infra,  §§  46,47  et  49.  Pline,  Hist.  nat.,  23, 63.  Jam- 
blique,  V.  P.,  25.  —  Cf.  Plutarque,  Numa,  I,  3.  Denys  d'Halic,  Ant.  rom.,  II,  58. 

9.  xoivov  ûtxatov...l  Dicéarque,  dans  Porphyre,  V.  P.,  49.  Plutarque,  De 
esu  carn.,  II,  3.  Cicéron,  Rep.,  III,  11,  49.  Sénèque,  Epist.,m,  48.  Sextus,  Adv. 
math,,  IX,  427.  Porphyre,  De  abst.,  III,  4  et  26.  Jamblique,  V.  P.,  69,  408,  468- 
469.  Ps-Plutarque,  Vita  Hom.,  425. 

44  SS.  auvaaxiov  xal  —  ocxizr^xa  TreptYÎvsaôat]  DiODORE,  X,  7.  JamBLIQUE,  V.  P., 
43,  68  SS.  406  ss. 


xal  ^it'/'f]<;  o^ÙT-fiTo.  uept-yLVEo-Oa'..  à^zkv.  xal  [i(i){jLOv  TUGoaxtjv7,(Ta{.  jjiôvov 
èv  \r\\iù  TGV  'A7rô)vXo)vO(;  toÛ  revéropoç,  oç  èirtv  OTuiaOe  toO  KepaTi- 
vou,  Bià  tÔ  -'jpo'jç  xal  xp'.Oàç  xal  -OTrava  jjiôva  T'iOetrOa',  èn  aÛToO 
avsu  u'jpo;,  lEpeCov  os  piriosv,  <oç  cprio-tv  'Ap'.TTOT£AT,<;  ev  At|)vÛov 
5  IIoXt,Te'!a. 

14.   llpwTOv  T£  cpacTi.  TOÙTOV  otTiocpTiva!,  TT^v  tpuyT,v  xûxlov  âvâyxYjÇ 
â|jLeL[3o'j(7av   aXkoT'   aX*Àot.ç  svôero-GaL   Çtjiotç.    xal   upwTov   e^ç  Toùç 
"EXXYivaç  pisTpa  xal  a-TaGpià  sio-rp/'/ia-aa-Oa'-,  xa9à  cpr,(Tt.v  '  Ap!.a-T6ç£voç 
h  [jLOua-ixôç .  TipwTov  Te  "Eo-Tiepov  xal  4>(t)c7cp6pov  tÔv  aÛTov  eiTze^j, 
10       cpT,o-L  lïapfjLSVLST);. 

OÛtw  8k  k9a'j[jLâo-97i  wo-ts  sXeyov  xoùç  yvwpLpiouç  aÙTOû  l'TiavTOiaçt 


1.  ^wpiôv]  vaôv  2.  TOV  P<1>  toG  BF.  ysvsTTspoçB.  3.to  PF  toù  B. 
xat2]  -j-  xâ  F.    4.  avsu]  +  tou  F.    8.  a-TaGjjiâç  B.   9.  6  {jiouTtxoç  >  F. 

10.  w;  (prio-t.  IIap|jiev{5Tiç  RPF  ol  8s  cpa^;.  flapfjLEvioTiV  Cas.  Cob.  (cf.  IX, 
23)  wç  8s  cp7|o-!.  <ï>aPwpLvoç,  nappLsv{8Yi(;  Karsten  (cf.  Inlr.,  p.  10). 

11.  eXeyov]  Isysiv  Kùhn.  toùç]  Taç  Mericus  Cas.  et  Rittcrshuis. 
yvwpijjiouç  PF  yvwpt.(7[jL0Liç  B  yvwjjia;  Rittershuis +  Kùhn  +  Xôyouç 
Corssen  .  TiavToiaç  BP  TzoLvzoiouç  F  [^.àvTt.aç  Cob.  7rapot.p.Laç  Mericus 
Cas.  lacunam  susp.  Cas.  Tàç  —  uapayysXtaç  coniciam. 


1.  âjjLÉXei  xal  ^wp-ov...]  Infra,  §  22.  CicÉRON,  Z)^  nat.  deor.,  III,  36,  88.  Clé- 
ment, Strom.,  VII,  31.  Jambmque,  V.  P.,  25,  35,  108.  Cloatius  Verus  [Gram.  rom. 
fr.  (Funaioli)],  p.  470.  —  Cf.  Timée  dans  Censoriniis,  De  die  nat.,  2.  Porphyre, 
De  abst.,  II,  28. 

6.  à7rocpï]vai  ttjv  'I'O'/^v]  Xénophane  dans  Diogène,  VIII,  36.  —  Aristote,  De 
an.,  I,  3  et  dans  Jamblique,  V.  P.,  85.  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  98. 
Dicéarque  dans  Porphyre,  V.  P.,  19.  Sotion  dans  Sénèque,  Ep.,  108,  17.  Ovide, 
Met.,  XV,  160.  Diodore,  I,  98;  V,  28,  6;  X,  6,  1.  Porphyre,  De  abst.,  I,  23.  Clé- 
ment, Strom.,  VII,  31.  Lucien,  Ver.  hist.,  21.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  VI,  11,  26. 
Ps-Plutarque,  Vit.  Hom.,  125.  Théol.  Arithm.  p.  40.  Augustin,  De  Civ.,  XXII,  28. 
Origène,  C.  Celse,\,  49.  Épiphane,  Adv.  haer.,  I,  1.  Lactance,  Inst.  div.,  III,  18. 
Jean  Ghrysost.,  Hom.  in  Johan.,  Il,  2.  Jérôme,  Adi\  Jovin.,  II,  6.  Eustathe,  Ad 
lliad.,  p.  1090,  32,  Ad  Odijs.,  p.  1838,  46.  Photius,  Cod.  249,  p.  439  A.  Chalci- 
dius,  In  Tint.,  195.  Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  103.  Artemii  Passio,  30.  Scholie 
Iliade,  II,  837.  Comm.  Bern.  in  Lucan.,  p.  289  (Usener). 

8.  [j-Expa  xal  cTTa^^fjLdc...]  HiPPOLYTE,  Adv.  haer.,  I,  2,  18. 

9.  TcpwTov  T£  "EaTTEpov...]  ApoLLODORE  dans  Stobée,  Ed.,  I,  24.  Diogène,  IX, 
23.— Cf.  Pline,  Hist.  nat.,  II,  37  et  Martianus  Capella,VIII,882.— Aëtius,  II,  15,7. 


—  M6  — 


^eoù  cpwvâç.  —  iWoL  xal  auTo;  èv  *)  p'^'ï'fi  f^'^'t.  «  8','  ïtziol  xal 
8t,r,xoa"!!wv  exswv  ài!'8ea)  7:apày£y£VT,a-0a'.  £ç  âvGpwTiouç  ».  —  TOiyàp 
xal  7:poa-£xapT£pouv  aUTw  xai,  twv  Xôywv  £V£xa  7rpoo"rj£(Tav  xal  Xeu- 
xavol  xal  HEuxiTLOi.  xal  Mecra'àTrî.oi  te  xal  Twp.aro!.. 

15.  MÉ^pi  T£  ^{.Xolàou  oùx  TjV  Tt.  yvwvat.  IIu8ayop£t.ov  86y{jLa*  5 
ouToç  8k  [xovoç  £ç*/iv£yx£  Ta  8'.ap6*^Ta  Tpia  PipKa,  a  IIXaTwv  £7t£<7- 
ts'.Xev  ExaTov  |JLVWv  wvTjSrjvaî..  —  twv  te  E^axoTLwv  oux  éXaTTOUç  ettI 

TT,V  VUXT£p!.Vr,V   àxpÔaO-lV   àTTY^VTWV   aÙTOÙ*  xal  El  TtVEÇ  à^LtoGELEV  aÙTOV 

3eâa-a(T9at, ,  lypacpov  Tipôç  toO;  o^xewuç  wç  pieyàXou  tlvoç  têtu^^yj- 
xÔteç.  —  METaTïovTrvo'!  yE  jJLTiv  TT|V  |ji.£v  ouiav  auTou  AriiJ/riTpoç  lepov  10 
éxâAo'Jv,  Tov  (TTEVWTrov  8e  {i-OUGrELOV,  wç  (Dr\(Ji  <ï>ap(jL)prvo<;  £V  IlavToSa- 
TcaLç  'laTOpîaLç.  —  è'XEyov  te  xal  ol  aXkoi  IJuBayopEiO'.  p.v^  EÎvat  Tipôç 

7C(ivTaç  TAyTCf.   pr^Ta,   WÇ    ÇpTl(T!.V   'Ap'.O-TO^EVOÇ  EV   OExàT(j)  lia  1.8e UT  1.x wv 


7-10.  Cf.        :  àu-fivxcov  Bk  —  TcXuyTixoxet;. 

1.  9eoù  "^wvàç  BPF  Oew  cpwvàç  Cob.  ÉuTà  xal  o'/rixoa-iwv  )  d'.ç'  Theol. 
Arithm.,p.  40.  2.  8t.r,xoa-{(i)v  BP  8i,axoa-{wv  F.  7iapay£vria-9at.  B.  4.  p.£- 
a-â7it.0L  P  p.Ea-àTCTct.01.  F.  t\.  te]  8e  P.  Tt.  >  B.  6.  éiifivEyxE  BP  E^iQyayE  K. 
7.  (ovTiGyivat  Cob.  swvrjBYivat.  BPF.  te]  8e  <Ï>^.  8.  Ta;  vuxTEpivàç  dxpoà- 
(T£Lç  <i>^.ErPF<î>^or  B.  11.  8e  fr  (cf.  Jambl.,  P.,  170,  Porph., 
r.P.,4)>BPiF.  11-12.  wç  — 'lcrTop(a!.ç>  F.  13  s.  coç  -  N6|jlwv  >  F. 


*1.  6£ou  cpcovàf;]  Cf.  Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  82,  et  Élien,  V.  H.,  IV, 
17.  —  .Jamblique,  V.  P.,  30.  Suidas,  .s.  v.  aùtoç  e'tpa. 

1-  2.  ôt'  ETixà  xal  otTjxoattov  £T£tov,...J  Cf.  Aristoxène,  Néanthe,  Hippobotos, 
Androcyde,  Eubuude  cités  dans  les  Théol.  Arithm.,  p.  40.  —  Comm.  Bern.  in 
Lucan.,  p.  289. 

2-  4.  Totyàp  —  Tto[j.a7otJ  Aristoxène  dans  Porphyre,  V.  P.,  22.  Jamblique, 
V.  P.,  ^2U.  Cf.  Dicéarque  dans  Porphyre,  V.  P.,  19. 

6.  ouxoç  ôè  [jLo'vo<;  s^nvcyxe]  ARISTOXÈNE  dans  Jamblique,  V.  P.,  199  (cf.  146). 
Satyrus  dans  Diogène,  III,  9.  Diogène,  VIII,  84.  Aulu-Gelle,  III,  17.  —  Cf. Timon 
dans  Aulu-Gelle,  ibid.  Hermippe  dans  Diogène,  VIII,  85.  Eusèbe,  Adv.  Hier., 
p.  64.  Tzetzès,  CfiiL,  X,  797. 

7.  xûv  x£  É^axoai'wvj  Cf.  Hesychius  (Suidas).  Suidas,  s.  v.  Yvcopi[j.ot.  Jam- 
blique, V.  P.,  29. 

8.  vuxx£pivT)v  àxpoaaiv]  Anliphon  dans  Porphvre,  V.  P.,  9.  —  Cf.  Jamblique, 
V.P.,  27. 

10-11.  MsxaTcovxTvot  —  [xouffE^ov]  JuSTIN,  XX,  4.  JAMBLIQUE,  V.  P.,  170.  —  Cf. 
TiMÉE  dans  Porphyre,  V.  P.,  4.  Valère-Maxime,  VIII,  15,  exl.  2. 


—  H7  — 


Nô|xwv.  16.  svOa  xal  Sevôcp'Aov  tov  ll'jOayopixôv  ècwTY/JévTa  ttwç 
av  |jiâX!.(TTa  TOV  ulôv  7rat.ûeûa-e'-£v  eî-eiv'  el  uÔAew;  e'Jvo{JLOU[jLÊVT,(; 
yevTiOsiri.  »  —  aXXo'j;  te  ttgaXoÙç  xaTa  ttiv  iTaAiav  à7repyà(Ta(T8at 
xaXo'j;  TE  xal  àyaOoùç  avcpaç,  otTap  xal  ZaAEuxov  xal  Xapwvoav  tojç 
5  vo|i.oO£Ta;.  Ixavôs  te  yàp  7,v  cpiXlaç  £pyâTT,(;  Ta  te  aXXa  xal  El  Ttva 
tt'j9o!.to  twv  <tu{jlPôX(ov  auToO  xExoivwvT.xoTa,  eùOÛç  te  7rpoa-riTa(.piÇeTO 
xal  cptXov  xaTEo-xeua^ÊV. 

1*7.  ^IIv  8k  auTcj)  Ta  a"j[ji.poXa  TaOE*  uOp  {i.a^at!pcjt  |jlt,  axa^EUELv, 
Çuyôv  piTi  'J7rEp[3a{v£t.v,  ettI  ^olvixoç  {i.Ti  xaGi^ELv,  xapoLav  [xti  ecxQie'.v, 
10  cpopTiov  (JuyxaGaLpEtTv  xal  [xt;  a-'jv£Ttt.Tt.9£va!.,  Ta  o-TpwaaTa  ckeI  o-uvoeoe- 
jjLEva  E^ELv,  £v  GaxT'jALtp  .Seol»  Eixôva  [JL->i  TuspLcpÉpELv,  yuTpaç  t'^voç 


§  17.  s  :  OTC  Ilu^ayopou  xà  <s6[x.^oX(x      xàos*  TrOp  —  àvETriaxpsTrxcTv. 

3.  y£vvT,9£{ri  F^P^  .  ttoXXoÛ;  >  F.  'iTaXiav  BP  lorTopiav  F.  4.  àvSpa; 
>  F.  ÇeXeuxov  B.  5.  àXXa]  +  a  B.  6.  cru^jLpoÙAwv  BPi.  te]  t6  F. 
8.  TxaXa'jEt.v  Pi  o-xaXatÊiv  B.  9.  xapôiavBPF  xapouiv  Gob.  (exDGE^"^"*). 
10.  cpopTwv]  +  ^T,  iVIén.  et  Cob.  (ex  DG  1^"=^-^).  xal  p-ri  BPF  [jltiSe 
S2-3-4g|  ^pjj  Qq|3  quod^  post  a-uv£7Tî.Tt.9£vat.  (cf.  celeros  auctores). 
41.  £u6va  GeoCî  F. 


2-3.  el  —  ysvti0£i't)]  Cf.  Hippodamos  dans  Stobée,  Flor.,  103,  26. 

4.  ZàXeuxov  xal  Xapwvâav]  AiiiSTOXÈNE  dans  Jamblique,  T.  P.,  130,  172 
(cf.  249),  267.  Posidonius  dans  Sénèque,  Epist.,  90,  6.  Diodore,  XII,  20,  1.  Por- 
phyre, V.  P.,  21.  Elien,  V.  H.,  III,  17.  Suidas,  s.  v.  ZàXôuxoc;.  Scholie  de 
Platon,  Rep.,  X,  p.  599.  Synésius,  De  don.  astr.,  p.  307. 

5.  (ptXi'aç  spyàxTic:]  Cf.  Porphyre,  V.  P.,  59.  Jamblique,  V.  P.,  229-230. 
8-9.  TTÛp  \i.ctj^aLipcf  —  hBieiv]  Cf.  infra,  au  §  18. 

10.  çpopxtov  <TUYxa<9'atp£tv....j  Cf.  Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  84.  Por- 
phyre, V.  P.,  42.  Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  7.  —  Clément,  Strom.,  1, 10.  Jam- 
blique, Protr.,  21.  Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  8. 

xà  axpwfxaxa....]  Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  7.  —  Clément,  Strom.,  V,  27, 
Jamblique,  Protr.,  21.  Variante  :  Porphyre  dans  Stobée,  Ed.  phys.,  41,  59. 
Hippolyte,  Adv.  haer.,  VI,  27. 

11.  £v  8axxuXu}i....J  Aristote,  dans  Jamblique,  V.  P.,  84.  Porphyre,  V.  P.,  42. 
Jamblique,  V.  P.,  256  (Timée).  —  Jamblique,  Protr.,  21.  Variantes  dans  Jam- 
blique, ibid.  Clément,  Strom.,  V,  28.  Ps-Plularque,  Educ.  puer.,  17.  Mantissa, 
Prov.,  2,  17.  —  Julien,  Or.,  Vlll,  p.  306,  H. 

)(_uxpac;  r/^voc;....]  Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  7.  —  Clément,  Strom.,  V,  27. 
Jamblique,  Protr.,  21. 


—  118  — 


Se^tav  é(jL(3àXXei.v,  ojjiwpo^p'louç  ysXtSdva;  p.T|  i'/et.v,  yajjujxovu^a  li.-/; 
Tpscpstv,   aTiovuyJa'ii.ao-!,  xal  xouparç  jjlt,  STiouperv  [x-rjBk  scpiarao-Gai, 
d^SLav  |i.âyaipav  âT:o(TTp£cpet.v,   â7roôT,u.ouvTa  £7ul  Tor<;  dpo'.ç  âveTTio"-  5 
Tpe-Terv. 

1 8 .  "HGsXe  8'  aÙT(j)  z6  (JL£V  Tiûp  |jt.a^a!!pa  [jl7\  (TxaXsu£t.v,  Suvaorwv 
dpyV  xal  olûoûvTa  3up.ov  |i.Ti  xf.vsrv*  to  0£  t^uyov  [i-rj  ùueppatvsiv, 


§  18.  ^  :  ïiÔEXe  —  TrapsXxwfjLEv.  Cf.  ^>»i''^  (non  ad  amussim)  :  aup^^oXa  Sè  aùxou 
TTÙp  —  p.  119,  6  :  TOU  C^jv. 

1.  ùctZitù  Mén.  Cob.  (et.  Jambl.,  Protr.,  21)  XaSiw  Piï  aaSiw  BF. 
£Îç  >  Cob.'  (ut  Jambl.).  2.  d|ji{x£iv  FS^-^-e-^  6|jL!.X£rv  BP^S^ .  exto;  Xew- 
<pdpou]  EVToç  Xew^dpou  Mén.  Taç  Xewcpdpouç  Cob.  5.  £7r{  BPF  ev  S  . 
aveuia-Tpacperv  F.  7.  (jxcckeùeiy]  +  oTt.  S  +  titol  <Î>.  8.  oiSouvra  6u(jidv 
BPF  oîSoùvTwv  ôufjidv  2  olSouvtwv  Gupiw  <ï>. 


1.  0(yôt(|j...]  Jamblique,  Protr.,  21. 

Tupôç  -rjXiov  T£Tpa(AiJi£vov...]  Jamblique,  Protr.,  21.  Olympiodore,  7n  Phaed., 
p.  25  (XàXet  =  6{jitX£t  =  ofjit)(_e).  Cf.  Hésiode,  Op.,  725.  Pline,  flt5/.  «a^.,  28, 19. 

2.  exxôç  Xewcpdpou....]  Cf.  Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  83,  et  Elien,F.  H,, 
IV,  17.  Démétrius  de  Byzance  dans  Athénée,  X,  452.  Philon,  Quod  omnis  prob., 
I,  intr.  Porphyre,  V.  P.,  42.  —  Clément,  S/rom.,  V,  31.  Jamblique,  V.  P.,  lOo  el 
Protr.,  21.  Ambroise,  Epist.,  I,  28,  1.  Olympiodore,  In  Phaed.,  pp.  25  et  82. 

(JL7)  ptyôtdx;  ôe^tâv...]  Plutarque,  De  amie,  mnlt.,  6.  Jamblique,  K.  P.,  257 
(Timée).  —  Protr.,  21.  Ps-Plularque,  Erf^c.  puer.,  17.  Mantissa,  Prov.,  2,  13. 

3.  6[j.wpocpîou<;  ^eXiôdvaç...]  Plutarque,  Q^/.  conv.,  VIII,  7;  /«  Hesiod.,  fr.  77 
(Bern.).  Porphyre,  K.  P.,  42.  —  Clément,  Strom.,  V,  28.  Jamblique.  Pro/r.,  21. 

yafjL'^wvuya  [xt)  xpecpsiv]  Androcyde  dans  Tryphon  (Rhet.  gr.,  III,  193).  Plu- 
tarque, Qu.  conv.,  VIII,  7.  —  Jamblique,  Protr.,  21.  Apostolius,  Protr.,  V,  24  d. 
Arsénius,  Prov.,  XIV,  56. 

4.  à7rovuyî(T|j.act...]  Cf.  Jamblique,  Protr.,  21. 
d^£"îav  fj.à'/atpav....|  Cf.  Jamblique,  Protr.,  21. 

7.  TTÙp  [xayat'pa  [jlt]  axaX£U£tvJ  Androcyde  dans  Tkyphon  (Rhet.  gr.,  III,  193). 
OÉMÉTRius  DE  Byzance  dans  Athénée,  X,452.  Plutarque,  Qu.  rom.,  72;  De  Iside, 
10;  Numa,  14;  hi  Hesiod.,  fr.  77.  Horace,  Serm.,  II,  3,  276.  Porphyre,  V.  P., 
42.  Hippolyte,  Ady.  haer.,  VI,  27.  Lucien,  Ver.  Hist.,  II,  28.  Jamblique,  K.  P., 
227.  —  Ps-Plutarque,  jE^rf.  puer.,  17.  Apostolius,  Proi;.,  XI,  5  a.  Arsénius,  Prov., 
XXXV,  16.  Porphyrio,  Ad  Moral.  Serw.,  II,  3,  276.  —  Cf.  Jamblique,  Protr.,  21. 

8.  ^uyôv  (j.r)  uTTEppat'vfiiv]  ANDROCYDE  dans  Tryphon,  l.  c.  Démétrius  de 
Byzance  dans  Athénée,  /.  c.  Porphyre,  V.  P.,  42.  Plutarque,  In  Hesiod.,  fr.  77. 
Théol.  Arithm.,  p.  31.  Jamblique,  V.  P.,  186.  —  Cf.  Clément,  Strom.,  V,  30.  Jam- 
blique, Protr.,  21. 


—  Hî)  — 


toutÉo-T!.  tÔ  l<tov  xat.  oîxaiov   {jly,  ÛTiepfiaiVc'.v.  èr:i  te  yrjiy.xo:^ 
xaQtÇeiv,   év  r<Ti|j  Tto  cppovTÎoa  TrotECTOat,  xa'l  to'j  jjl£)vXovtoç  '  r,  yip 
^o^vi^  •ritjL£pT|0''.0(;  xpo^ri.  ô!.à  toÙ  xapoiav  p.T,  etOÎe'.v  èor^Xo'j  aVi  tt|V 
(|>L»yT,v  àv'ia!.;  xal  XÛTia'.;  xaTatriXE'.v.  o'.à  oe  to'j  e'!;  à7io8r||jL'!av  ^aoi- 

5  ÇoVTa    tJLTi    £U'.C7Tp£(p£T0at,    TiaO'/lVct.    tÔ    CX-aXAaTTO[JL£VOt.;    ToO    [iioit  |JL7\ 

£7:!.0'j{JLïiTt,xw(;  È'yE'.v  ToO  v^Y^v  ^urjo'  ÛtcÔ  twv  ÈvTaùOa  T|Oov(î)v  ETrâyea-OaL. 
xal  Ta  aXXa  irpô;  TauTa  Xo'.-ôv  eot'.v  ÈxXaji-fiâvEiv,  iva  p.->i  7iap£Xx(op.ev. 

19.  IlavToç  8e  {jiâXXov  à-Y]ydpEue  [ji'/itê  épuOrvov  £(tO'!£iv  p.T|T£ 
[jLsXâvoupov,  xapoîaç  ts  (i7zéje<y^o[.i  xal  xuàfjiwV  'Ap'.a-TOTEÀYiÇ  8e  cpYia'. 


§  19.  S. 

1.   T0UT£(7T!.]  YjTO!,  <t>.   UY;  'J7r£pPa{v£t.V  >   F4>.  TE  >  F.     2.  Xa8iJ^£t.v] 

4-Yiyouv  Tw  11^'^'^  DG  To  TO'J  BPF  toù  rcapovTOç  <ï>  toO  eveo-twtoç 
fr  Tw  v'jv  S^.  Ti]  0  i).  3.  Yi|jLEpY|a-{a  .  8t.à]  +  8e  E.  4.  xaTaT/ix£',v  BPFS 
xaTaTEivEt-v  5.  Trap/^vE!.  t6]  YiyoJv  <ï>.  àTraXXaTTOfJiEvcuç  4>.  6.  EVTaù- 
9a]  evOocSe  s.  ÙTcàyEo-Gat.  S.  7.  TrapÉXxoiJiEv  B^.  8.  EpuÔpivov  S^*^". 
9.  'Apt.a-TOT£X-riç  8e  cp-rjo-t.  >  S. 


1.  £711  x£  ^oi'vtxoc;  ]  Androcyde  dans  Tryphon,  /.  c.  Démétrius  de  Byzance 

dans  ATHÉNÉE,  1.  c.  Plutarque,  De  Iside,  10;  Numa,  14;  Qu.^  Rom.,  72  et  112; 
Qu.  conv.,  VII,  6,  1.  Porphyre,  V.  P.,  42.  —  Ps-Plutarque,  Ec?.  puer.,  17.  Man- 
tissa,  fVoiJ.,  I,  58.  —  Cf.  Jamblique,  Protr.,  21. 

3.  xapSt'av  fjLT)  £a6i£cv  ]  DÉMÉTRIUS  DE  Byzânce  dans  Athénée,  /.  c.  Por- 
phyre, V.  P.,  42.  —  Ps-Plutarque,  Ed.  puer.,  17.  Mantissa,  Prov.,  II,  10.  Eustathe, 
In  Iliad.,  ù,  128  —  Cf.  Jamblique,  Protr.,  21  ;  Clément,  Stroin.,  V,  30. 

4.  etç  àTroÔTjfjLtav...]  DÉMÉTRIUS  DE  Byzance  dans  Athénée,  L  c.  Porphyre, 
V.  P.,  42.  —  Ps-Plutqrque,  Ed.  puer.,  17,  —  Cf.  Plutarque,  Numa,  14.  Hippolyte, 
Adv.  haer.,  VI,  26,  Jamblique,  Protr.,  21.  —  Variantes  dans  Olympiodore,  /» 
Phaed.,  p.  8,  et  Jamblique,  Protr.,  21. 

8.  £cu6"îvov....]  Jamblique,  V.  P.,  109.  Hiéroclès,  /?2  aur.  Carm.,  67.  —  Allé- 
gorie :  Jamblique.  Protr.,  2i. 

9.  {jL£Xàvoupov]  Infra,  §  33.  Jamrlique,  V.  P.,  109.  —  Allégorie  :  Androcyde 
dans  Tryphon  (Rh.  gr.,  III,  193).  Ps-Plutarque,  Ed.  puer.,  17.  Jamblique, 
Pmr.,  21. 

xapûi'aç]  Aristote  dans  Élien,  V.  H.,  IV,  17  et  dans  Plutarque  (Aulu-Gelle, 
IV,  11).  Plutarque,  Qu.  ronv.,  II,  3,  1.  Jamblique,  V.  P.,  109.  Hiéroclès,  In  aur. 
Carm.,  67.  Scholie  Iliade,  ù,  129.  —  Allégorie,  cf.  les  symboles. 

xuâfxcav]  Infra,  23  et  34(Aristote). —  Allégorie  :  Hippolyte,  Adv.  haer., VI, 
27.  Ps-Plutarque, Ec/.  puer.,  il.  Apostolius,  Prov.,  XV,  11.  Arsénius,  7zo/.,  p.  415. 


—  120  — 


xal  {jLTiTpaç  xal  TptyXriç.  évioTe  o'  auTov  apxeraQa».  p-eXiT»,  jjiov(})  cpadL 
TLveç  T,  xYipttj)  T,  apTtjj,  oivou  8e  [JLe6'  YijjLepav  p.Yi  yeûe^6at.  '  o^(ù  T£  Ta 
7roX)và  Xa^âvoLç  ecpOoCç  Te  xal  lopLoCç,  to^ç  oe  ^aXaTTLOLç  o-Travlwç. 
(7ToXt^  8e  aÙTÔ)  Xeuxri,  xaGapà  xal  a-TpwpiaTa  Xeuxà  eÇ  epiwv*  Ta  yàp 
Xtvâ  oÙ'ttw  etç  exeivou;  âcprxTo  toÙç  tottouç.  où8è  uwTroTe  eyvwdGïi  5 
O'JTe  8(.ay(i)pwv  O'JTe  âcppooio-LaÇwv  ouTe  pieOuaGe^.  20.  à7rê(^eT0 
xaTayéXwTOç  xal  Tcào-riç  âpeaxeia;  oïov  axw{jL[jLàTa)v  xal  8t.7]yYj|jiàT(i)v 
(p'opTtxwv.  o'pyt.k6jjLevo(;  Te  ouTe  oixeTYjv  exoXaÇev  ouTe  éXeuQepov  oû8£va. 


§  20.  2. 

1.  evtoTe  8'  aJTov  i:[8'  >  S^'-^J  (cf.  Jambl.,r.  P.,  97,  Porph.,  V.  P., 
34j  evioTe  ,  auTov  oe  F  evwTe.auTov  te  Bl^'  (B  ante  evtoTe  etiani  inter- 
punxit).  u.6v(|)  PFi;2-3-4-6  jjlovgv  BH^.  cpaai  Tt.ve£;>I).  2.  y.'f\puô  l)G/  (favo) 
(cf.  Jambl.,  V.  P.,  97,  Porph.,  T.  P.,  34)  xripoS  BPK^  S  Tjpw  F^.  o(L(j> 
Hûb.  Cob.  otl^ouBPFS^-^  L)G  o^t^ov  AC //\  3.  Te  >  F.  crTcavtwç] 
-f-  e/p'/ÎTO  Heiske  +  Xp^<3"0at.  Diels.  4.  XeJxri]-[- xai  ^.  5.  ctcpixeTo  S. 
o'jSe  TzwTtOTe  FF—  ouoeTioTe  B^  -|"     ^-   ^-  àcppo8tarLâÇ{i)v]  (7Uvoua-t.àÇwv 

d7T£r^£Tol  +  o£  I].  7.  xaTayéXwToç  FD^"^''"^  xaTa  yéXwTOç  BP-'"*"''" 
xal  yÉX  .  Toç  Cob.   7-8  o^ov  —  (^opTixwv  >  F^,  8.  t£  >  F.  ouoeva  >  F 

4-  £VOjÔ£T£t.  Cob- 


1.  ixrjxpac;]  Aristote  dans  Plutarque  (Aulu-Gelle,  IV,  I  J).  Porphyre,  V.P.,  45, 
Hiéroclès,  /.  c. 

Tpt'yXrjçJ  Infra,  §  33.  Plutarque,  Qu.  conv.,  IV,  5,  2,  8,  et  dans  Aulu-Gelle,  IV, 

II.  Porphyre,  V.  P.,  45. 

1-3.  èvi'oTs  —  io{jt.o^c;]  Aristoxène  dans  Athénée,  II,  47  A  icf.  III,  108),  Por- 
phyre, y.  P.,  34  et  Jamblique,  Y.  l\.  97  s.  106,  109,  150.  Galien,  Op.,  t.  VI, 
p.  742,  K.  Eustathe,  In  Iliad.,  p.  868,  20.  —  Cf.  sur  le  régime  végétarien:  Èudoxe 
dans  Porphyre,  V  P.,  7.  Onésicrite  dans  Strabon,  XV,  716.  Poètes  comiques, 
infra,  ^§37  ss.  Diodore,  X,7.  Plutarque,  De  esu  carn.^  [,  \.  Cicéron,  De  nat.deor., 

III,  36,  88;  Re-p.,  III,  8.  Philostrate,  Vit.  Àpol.,  I,  32,  2.  Porphyre,  De  abst.,  II, 
28.  Elien,  H.  A.,  IX,  10.  Sextus,  Adv.  math.,  IX,  127.  Strabon,  VII,  298.  Épi- 
phane,  A'iv.  haer.,  I,  1.  Jérôme,  Adv.  Jovin.,  II,  6.  Jamblique,  V.  P.,  13,  69, 186. 

2.  oVvou  —  -fzûzGécti]  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  97  (cf.  13,  69,  107). 
Clément,  Paed.,  II,  I,  11.  l^piphane,  Adv.  haer.,  I,  1. 

3.  xo^.ç  ok  bdlaxxioiç  aTiavicDçJ  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  98,  Por- 
phyre, V.  P.,  34.  Aristote,  infra,  §  34.  Jamblique,  V.  P.,  106  ss.  Plutarque,  Qu. 
conv.,  VIII,  8.  Athénée,  VII,  308  G.  Eustathe,  In  Odys.,  p.  1720.  31. 

4.  aToXri  oè  auTCf)  Xcuxfi....]  ARISTOXÈNE  dans  Jamblique,  V.  P.,  100  (cf.  149). 
Élien,  V.  H.,  XII,  32. 

èptiov]  Au  contraire,  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  100.  Apulée, 
ApoL,  56.  Philosirate,  Vit.  ApoL,  I,  32.  2.  —  Cf.  Hérodote,  11,81. 

5.  oùoè  TtcoTtoTE  eyvooaOTi...]  Diodore,  X,  5,  2,  Clément,  Strorn.,  III,  24. 
Jérôme,  Adv.  Jovin.,  11, 14  et  38. 

6-7.  oLTzei'/ôxo  xatayÉXtoxoi;...]  Aristoxène  dans  Jambliquk,  V.  P.,  171.  Cf. 
ibid.,  51  et  Protr.,  21. 

8.  6pyit6[i.zvoç...]  Attribué  aux  Pythagoriciens  par  Aristoxène  dans  Jam- 


—  121  — 


ÊxâXet,  àï  TO  vouOeTeLv  TreXapyàv.  ixavTix-^  te  èypYiXO  t-^  otà  Ttôv 
xXt;o6v(i)v  te  xal  oùovwv,  Y,x'.a-Ta  ok  o'.à  T(5v  Èjjl -rûpfov,  £Ç(o  TTjÇ  Olà 
Xtpàvo'j.  .S-j(TLa'-s  TE  iypTiTO  à<b'j/o'.<;'  ol  os  cpao-'-v  otl  à/ixTopo-'.  piôvov 
xat  Èpicpot-ç  xal  ya/^aO-rivoC;  tol";  XeyoaÉvo'.ç  aTaXîa'.c;,  y,x!.TTa  ok  âpvaT'.v. 
5  0  ye  [XY^v  'Ap!.a"T6$EV0(;  uâvTa  piev  Ta  aA^a  auyytopE'.v  a'JTÔv  éTOietv 
fp.^j;uya,  piôvov  ô'  auEyea-Gat  j3oô;  otpOTripoç  xal  xpio'j.  S  1 .  6  o'  aÛTOç 
^Ticnv,  TrpoELpT.Tat.,  xal  Ta  BôypiaTa  \oi.[iBiy  OLÙzoy  -apà  t/jç  év 
Ae^cpo'?;  Hc]jLt,a-TOxA£La;. 

<l>ria-l  8'  'l£pa)VL»p.o<;  xaT£).9dvTa  aiÎTOV   e'.ç  aoo'j  T'f\y  p-kv  'lla-'.ôoou 


0-6.  Cf.        :  cpaal  os  xtveç  aùxov  iiàvxa  —  xptoo. 

7-p.  122,  4  (yuvata').  S.  9-p.  122,  3.  4>«i'^'  :  cpT,at  -  6ewv. 

1.  TueXapyàv  BFS  et  Suidas  (.v.  i;.  TiEXapyàv)  rcEAapyav  Pl  TC^ap- 
Tàv  Schâfer,  Hemsterhuis,  Cob.  (ex  Jambl.,  F.  /^,  101,  197  et 
231).  te]  ô£  12-3-4  _    2^       _|_  |^^^-|  _|_  ^£  p  ^     >  K_   3_  ^Qj^^v 

ÔTf.  >  !>.  âXexTop{(n  S.  4.  xa^S  >  Cob.,  sed  cf.  Jambl.,  V.  P.,  150, 
Porph.,  V.  P.,  36,  Gellium,  IV,  11,  Hesych.  s.  v.  à-âXwv.  toiç 
—  apvâa-t.v  >  S.  àTxaXio!,;  Mén.  et  Cas.  5-6.  ô  y£  —  £p.^tjya]  cpacl  ok 
auTOv  (TuyywpErv  TtàvTa  Ta  £tjnj;uya  £or9{£t.v  1.  o-uy^wpEL  F.  6.  p.6vo'j 
(j)v^v-8_g'-|  §^  auTGv  F.  apoTYipoç  poôç  F.  6-7.  ô  ô'auToç  —  xai  >  S. 
7.  auTov  Xaj^Erv^F.  Trie;]  toi;  i*.  7-8.  £v  AeXcpo^ç  BEaia-ToxXEiaç  l»PF 
àôEXcpyî;  B£Ox)v£ia<;  S  (cf.  supra,  §  8j.  9.  ^v,a-{]  cpacri  1.  'lEpo^vjpioç 
>  H.  auTov  xaT£X96vTa  . — 'S. 


BLIQUE,  V.  P.,  497;  à  Archytas,  par  Plutarque,  De  ser.  num.  viîid.,  5.  Cicéron, 
TuscuL,  IV,  36,  78.  Diodore,  X,  7,.  4.  Ps-Piutarque,  Erf.  pw^r.,  14.  Valère- 
Maxime,  IV,  1,  ext.  1. 

1.  nsXapyav]  Jambijque,  V.  P.,  101  (TtaioapxdcaeK;),  197  (iraiSapxav),  231 
(TïeSapxàaeit;).  Suidas,  s.  v.  usXapyav. 

[xavxtxf,...]  /^ifra,  §32.  Jamblique,  V.  P.,  149.  — Cf.  Aëtius,V,  1,  3.  Ps-Galien, 
Hist,  phil.,  30.  —  Plutarque,  Numa,  8.  Cicéron,  De  divin.,  l,  3,  .5.  Clément, 
Sirom,,  1,  132.  —  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  25,  2.  Jamblique,  F.  /^.,  93,  138, 
147.  —  Épiphane,  Adv.  Iiaer.,  1, 1. 

2-  3.  Stà  Xi(3àvou...]  Porphyre,  F.  P.,  H  et  36.  Jamblique,  V.  P.,  54,  98, 150. 
^uai'atç  xe  e^jç^pïixo  à^6joiç\  Cf.  supra,  §§  13  et  19. 

3-  4.  ol  o£  ©aaiv ...  àpvàaivj  Aristoxène  dans  Aulu-Gelle,  IV,  11,  et  Jamblique, 
V.  P.,  98.  -Porphyre, F.  P.,  36;  /)e  a/?^^.,  I,  26  et  II,  28.  Jamblique,  V.  P.,  150. 

5.  'Apiaxo'çEvoç...]  Cf.  Jamblique,  V.  P.,  98  et  Athénée,  X,  418  E. 

6.  pooç  àpoxîipoc;]  Cf.  Jamblique,  Y.  P.,  150. 

7.  (bç  Trpoci'p-nxai]  Siipra,  §  8. 

9.  xaxeX3'dvxa...]  Cf.  infra,  §41. 

xT)v  fxèv  'Haidôou  —  ^eùiv]  cf.  Jamblique,  V.  P.,  218. 


—  12-2  — 


({>u^TiV  iSe^v  TTpo;  xiovt.  ^aAxcp  8e8£|jL£VYiv  xal  Tp'!Çoi>a-av,TTiv  8è '0|JLiQpou 
xp£{JLaijL£VYiv  ctTîo  SÉvSpou  xal  ocp£i;  TTEpi  auTT|V  dv8'  (5v  £urov  7r£pl 
.Sewv,  xoXa^O|JL£VO'jç  0£  xal  Toù;  (jlyi  ^ÉXovra;  oruvELvai  Taiç  auTwv 
yuvai.ç{.  xa'l  Sri  xal  otà  toÛto  Tiji-'r^ÔTivat.  utto  twv  £v  KpoTwvt..  — 
cpr,o-i  ô'  'Ap'-TT'.TCTTOç  0  Kupriva^oç  sv  Ihpl  '^U(TwXoyLwv  Ilu8ay6pav  5 
auTov  dvopLaT9T,vat.  ôx'.  ttiv  àÀ-/|9£iav  T,y6p£U£v  où^  TiTtov  tou  IIuOlou. 

2  2 .  AéyETat.  Trapsyyuàv  aÛTov  toCç  jj.a9riTarç  àxàoTOTs  xàSe  'kéysiy 
£tç  Tov  oùov  Eta-t.oûa-5.  * 

llri  TrapÉ^riv;  tl  5'  IpE^a;  t{  [jlo'.  SÉov  oux  eTsXiaSYi; 

(TcpayLa   t£   5£orç   upoo-cpipeiv   x(i}Xu£t.v ,    {jlovov   Se   tov    âva{|jiaxTov  10 
|3(i)p.ôv  Trpoaxuvsrv  *   ^r\ùï   o[JLvùvai   5£0uç ,   à'^xELv   yàp   auTOV  ôetTv 
à^iOTtLa-TOv  Tzccpéyeiy'  Toùç  ts  Tupsa-^UTÉpouç  T',|j(.àv  Ssiv,  to  Tiporiyou- 
p.£vov  T(j)  /pov({)  TLjjLMOTepov  riyou[ji.£vouç  •  wç  £v  xoo-fjitf)  {JL£V  avaxoXriV 
5u(7ca)ç,    £v   p'!(t)  6£  ap^V  teXeutï];  ,   £V  Çw^  Sk  y£V£a-',v  cpÔopâç. 


5-6.  4>3i^v  ;  tovojJLaaÔT]  û£  7ru6ayopaç  wç  tt^v  àXT^Ôôiav  àyopeucov  —  ttuOiou. 
S  :  riuBayopac;  ô  '^olixioq  cptÂoffO'|)oç  ôio'xt  T7]v  —  riuôtou. 
§  22.     :      TcapTjyyûa  xo"tç  —  cpOopac;. 

1 .  xiova  F.  ^2.  xp£pia|jL£v-riv  (ut  videtur)  FS^λ  xExpajjiÉvTiv  B.  £t7re 
F.  3.  èauTwvF.  4.xa{2>F.  5.  cpuo-LoXôywv  Hùb.  et  Col).(ex/:  physio- 
logorum  ?)  7.  £xà(TTOT£  toîç  |jLa9riTa',"(;  F.  râ8£]  xa'JTa  H.  9.  £pp£Ça 
F.  {AOi  SéovJSs  jjLOt.  F.  10.  a-cpày!.a  PE  o^cpayEia  B  a-cpay£Ca  F.  10.  £xwXu£ 
S.  |jLOvov  >  Pwjjiôv  ùe  Kpo'jy.uyeiy  tov  àvaiuiaxTov  ^  il.  11.  {jiTjSé] 
|j.T,  F.  o'|JLV'j£'.v  .  yàp"|  ô£  s  >  F.  aÙTÔv  PF  aÙTÔv  B  ÉauTov  S. 

12.  T£>  Fl  .  B£LV  >  F.  '  13.  iJLÉv  >  li.  8él]  TTlV  S.  >  X . 


3.  TOUÇ  [JI.T)  ^ÉXovxaç  (TuveTvat...]  Cf.  Jamblique,  F.  P.,  47  ss.  et  132. 
6.  6x1  T-r)v  àX-r^^etav...]  Autres  étymologies  dans  Jamblique,  V,  P.,  7  et 
l'Étymol.  magn.,        v.  tcueXoç  (Cod.  Vind.). 

9.  TTï]  Tcapc'pTjv. . . ]  PlUTARQUE,  De  syperst.,  7;  Z)e  curios.,  i.  Porphyre, 
V.  P.,  40.  Arrien,  Dm.  Epict.,  III.  10,  2,  3;  IV,  6,  32.  Aur.  Carm.,  42.  Ausone, 
IdijL,  16, 14.  Thémistius,  Orat.,  XllI.  -  Cf.  Diodore,X,  5, 1.  Cicéron,  Desenect., 
II,  38.  Jamblique,  V.  P.,  256  (Timce). 

10.  a'f  âyta..,]  Supra,  §  13. 

11.  (j.Tioè  o[xvûvai  .Sreouç.,.]  Jamblique,  V.  P.,  47  (Timée).  -  Diodore,  X,  9,  1 
et  2.  —  Julien,  Or.,  VIII,  p.  306,  23,  H.  Jamblique,      P.,  144,  150 

12  ss.  TcpEa^uTÉpou;  —  yovsaç]  Jamblique,  V.  P.,  37  (Timée).  Cf.  Aristoxène 
dans  Jamblique,  V.  P.,  99,  175,  182.  Porphyre,  V.  P.,  38. 


23.  xa'l  Ocoù^  fJikv  oa'.aov(.)v  T:poT'.|i.àv ,  ^ptoaç  ok  âvOpwTzwv, 
àvOpcÔTTtov  ûk  |jLâAt.a-Ta  yovka;  *  dWr\koi<;  xe  ôii-iAeCv  (oç  to'j;  (i-kv 
cpiXouç  k^Gpoù;  10.71  7T0t.T,<Ta'.,  TO'jç  ok  è^Gpoùç  cpiAouç  kpyàa-aTOai*  '!o'.ôv 
Te  p.7\8kv  r^yeCo-Oa'-'  vojjK})  po'/jÔetv,  àvojjita  TroAejjLerv.  cpuxôv  Y,|ji£pov 
5  p.T\Te  cpÔLvs'-v  {jLTjTe  (riveaGai,  otXXà  |jl'/iT£  Çwov  ô  jjlti  [BXâ-Te'.  âvOpwTcOJç. 
aiSô)  xal  £ÙXâj3£t.av  etva'.  fi."/iT£  yÉXwT'.  xaTeyEo-Oat.  {jl-/^T£  o-XL»0p(»)7râ!^e5.v. 
^eùyetv  o-apxwv  7rX£ova(T[jL6v*  ooo^.Tzopîri^  av£a''.v  xal  kTiLTaa-'.v  7ro'-£r'7Qa!.' 

p.VTl{Jl7JV   ào-XELV  *    £V    o'py^    [JLTjTc    T'.    X£y£t.V    ^y]7£    TZpOLCrTBlV  '  JJiaVT'.XTiV 

Tràaav  Tipiav.  24.  tooarç  ^pT|(3-0a'.  upo;  Xùpav  U[jiv'(|J  t£  .5£ojv  xal  àvopwv 
10  âyaGwv  eùXoyov  ^^^pt-v  ïy^iy.  twv  8k  xuàjjiwv  â7rTiyôp£U£v  dnéye'j^cL'. 


§§  23-24.  1\ 

1.  0£6v  S.  TTpoT^iJLàv]  -|-  SaijjLovaç  8k  ripwwv  Cob.2  (ex  Jambl.,  V.  P.y 
37).  2.  ^d\i(j~oL]  Cob.  3.  é^Opoùç  Sér^F.  5.  cp9{v£5,v  S  cpGEtpeiv 

BPl  a-îv£t.v  F  cp9L£',v  Hermann.  a-ivea-9at  BPE  çp8iv£!.v  F.  [jltiT£  3]  ^r^hï 
Cob.  (ex  DGT).  Çtpcv]  Çwriv  il^''^  ^  6.  a^ooL  xal  EÙAaSELc/.  Mén.  Eivai.] 
(Tuvervai  Mén.  £!,'8£vat.  iMericus  Cas.    ixezeivcni   Reiske  d(7xe\y  Cas. 

WT5.]  XQfTaykAwT!.  s.   7.  oSoLTropir,;  PF  68o'.T:op{or,<;  U  oooLTropiaç 
8.  Ti>  F.  (jiavTuriv]  +  où  Cas.  Mén.  Cob.'i  (at  non  Cob.'^)  cf.  §  20. 
10.  sysiv  yâp!.v^S.  aTiriyopeuev  àTceyearSai.  BP'  (cf.  §19  :  dnriyo- 
peue  tjiriT£...  £o-9{£t.v...  t£  dTC£y£a-9at.)  â-TrriyopEuev  eyea^oLL  FD^ACT  fr 
d7iYiy6p£'J£v  ypTi^jhx'.  D-G  dTzéye<7^y.i  S. 


2.  àXÀTQXotç  T£  6[j.tX£"iv...]  Jamblique,  V.  P.,  40  (Timée). 

3-  4.  't'Stdv  TE  fjLTjSsv...]  Supra,  §  10. 

vo[jLt{j  poTjôô^v,  àvofjLt'qc  TToXcfxelv]  AfiiSTOxÈNE  dans  Jamblique,  V.  P.,  99,  475 
(cf.  223).  Porphyre,  V.  P.,  38  et  39. 

4-  5.  cpuxôv  —  àv6pu)Trou<;]  Aristoxène  dans  Jamblique,  K.  P.,  89  s.  (cf.  69,108, 
168).  — Porphyre,  V.  P.,  39.  Plutarque,  60//.  an.,  2,  5.  Clément,  Strom.,  II,  92. 

6.  aiôw  —  axuôpwTTà^^eiv]  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  196  (cf.  10, 
71,  226,  234).  Porphyre,  V.  P.,  35  et  59. 

7.  (fsuyetv  aapxwv  TrXsovaafj-dv]  ARISTOXÈNE  dans  Jamblique,  V.  P.,  196.  Por- 
phyre, V.  P.,  35. 

8.  [xvn^riv  dtaxeTv]  TiMÉE  dans  Jamblique,  V.  P.,  256.Cicéron,  De  sen.,  11,  38. 
Diodore,  X,  5,  1.  —  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  164  s. 

9.  toSaTç  y  pTjŒÔa:...]  ARISTOXÈNE  dans  Jamblique,  Y.  P.,  111  s.,  149.  Porphyre, 
V.  P.,  38. 

10  ss.  Twv  Sè  xudcfjLtov  —  ]xzzijz\M  ToO  (j^uy^txoO]  Cf.  Héraclide  Pontique  dans 
Lydus,  De  mens.,  IV,  29.  Pline,  H.  nat..  18,  118.  Lucien,  Dial.  mort.,  20,  3; 
Gai.,  4.  Porphyre,  V.  P.,  43.  Clément,  S^rom.,  III,  24.  Athénée,  II,  65  F.  Jam- 
blique, V.  P.,  109  (cf.  106  et  107). 


—  m  — 


aXXw;  xoa-|jL!,(i)T£paç  à.TzepyôiÇe'j^QLi,  |jlyi  -apaA-^cp(i£vTaç,  xàç  yaorepaç 
xal  8 '.à  TOÛTO  xal  Taç  xaB'  ûuvouç  cpavTao-iaç  Xelœç  xal  otTapàyouç 

â7T0T£)veLV. 

4>ri(Tl  8e  6  'AXÉ^avSpo;  £v  TaîTç  twv  4>t.Xoa-6cp(j()v  ZicLhojcdç  xal  5 
TaOTa  eùp-rjxevat,  ïv  ni^Gayopixoi;  UTtopLV7][xao-t.v.  25.  àp^ViV  jjikv 
Twv  ctTràvTwv  [Jiovà8a*  £x  8e  xrjç  ^ovàooç  dopicTTOv  ouâoa  (b;  av 
ÛXt,v  Tr,  {jL0vâ8!.  aiTÎtt)  ôvT!.  UTioo-r/ivat.  •  ex  8e  tt,ç  {jLOvd8o(;  xal 
TTÎç  âopioTOu  8uâ8o;  toÙ;  dpt.9[JiGÙç*  ex  ok  twv  dp!.6jjiwv  rà  «rrifjiera* 
SX  oe  TO'JTwv  Ta;  ypafJL[xà<;,  £ç  wv  Ta  £7r{7r£8a  <7yj\^7.'zaL'  £x  8e  10 
T(ôv   £7r',7r£8(i)v   Ta    oTTepea   or^rifjiaTa*    kx    oe    toutwv    Ta  aia-Gr^Tà 


§  25.  S. 

1.  ^ôikKJTCL  jjiàXXov  F.  2.  epyâÇea-Bat,  F.  Taç  yao-TEpaç  {jlti  rcapa- 
^Y^cpQkvTa;  F.  3.  ).£iaç]  te  ^.  5-6.  cpr,(rl  —  Ù7T0{jLV/i(JLaa-t.v]  £v 
Ù7ro|JLvri|j.aa'!.  8k  TcuGayopuoLi;  xal  Ta'JTa  EuprjTa!.  S,  oe]  --f-  xa{  P.  £v 
—  8t.a8o^arç  >  F.  7.  twv>  F.  iO-41.  £x  ok  -  —  (7^T,[jLaTa  >  F.  11.  oé 
iter.  scr.  Pi. 


2-4.  àXXw;  —  àTTOTeXelv]  Cicéron,  De  div.,  I,  30,  62.  Pline,  H.  nat.,  48,  148. 
Plutarque,  Qu.  conv.,  VIII,  40,  4  ;  Qu.  rom.,  95.  Clément,  Strom.,  III,  24.  Tertul- 
lien,  Dean.,  48.  Lucien,  Fi/.  Auct.,  6.  Apollonius,  Mir.,  46.  Aulu-Gelle,  IV,  11. 
Jérôme,  Com.  in  Ez.,  I,  4,  v.  9.  Photius,  Cod.  249,  p.  439  A.  Siméon  Seth, 
De  alim.^  p.  114,  L. 

6-9.  oL^jyi  —  Toùc;  àpi.3'|ji.ouç]Théophraste,  MeL,  33.  Eudore  dans  Simplicius, 
In  Phys,,  39a.  Aëtius,  I,  3,  8.  Nicomaque  dans  Pholius,  Cod.  187,  p.  143  A. 
Analolius,  TheoL  Arithm.,  p.  5-6.  Théol.  Arithm.  pp.  4  et  7.  Moderatus  dans 
Porphyre,  V.  P.,  49  ss.  Sextus,  Adv.  matk.,  X,  249-284;  Pyrrh.,  III,  452  ss. 
Antonius  Diogène  dans  Porphyre,  V.  P.,  38.  Numénius  dans  Cihalcidius,  In  Tim., 
193.  Jamblique,  In  Nie.  ar.,  p.  74.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  IV,  51;  VI,  23.  Épi- 
phane,  Adu.  Iiaer.,  III,  2,  9.  Ps-Justin,  Co/i.,  19.  Ps-Galien,  Hist.  phiL,  35,  251 
(Dox.  618).  Irénée,  Adv.  haer.,  II,  14,  6.  Ps-Plutarque,  Vit.  Hom.,  145.  Photius, 
Cod.  249,  p.  439  A.  Cf.  Proclus,  In  Remp.,  I,  p.  97,  Kr. 

9-11.  EX  oè  xdiv  àpiôjjLwv  —  ataÔTjTà  acofjLaxa]  Speusippe,  dans  les  Théol. 
Arithm.,  p.  62.  Aristote,  Met.,  Z,  2;  N,  3,  4  et  5.  —  Hippolyte,  Adv.  haer.,  IV,  54 
et  VI,  23.  Sextus,  Adv.  math.,  IV,  4  ss.;  VII,  99;  X,  249-284;  Pyrrh.,  III,  152  ss. 
Aëiius,  I,  3,  8.  Anonyme  dans  Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  I,  5,  12;  I,  6,  35. 
Photius,  Cod.  249,  p.  439  A. 


(TwijLaTa,  (ov  xal  rà  o-Tot-yeCa  etva'.  TÉTTapa,  Ttûp,  uowp,  yriv,  àépa, 
à  {ji£Ta[iiàXXe!.v  xal  xpÉTcea-Oat.  O'.'  oXtov.  xal  yîyveo-Oat  e;  aÙTWv  xÔt(jlov 
ejjuj^uyov,  voepôv,  (T^at.poeLO'/i,  jJLea-r.v  Trept,é'/ovTa  ty^v  yY,v,  xal  avr/iV 
G-cpat.pO£t,5-?i   xal  7r£pt.ouou|jL£V7^v.     26.  E'Ivai.  0£  xal  âvT'i-ooaç  xal 

5  Xà    Tl(i.rv   xâxW    lx£{vOt.Ç    aVW.     '!cTÔ|JLO(.pâ    T£    E'Iva'.    ÈV    XCO    xÔT(JL(jJ  '^(iç 

xal  (TxÔtoç,  xal  GEpfJLOV  xal  tj^'jypov,  xal  ^'ripôv  xal  Oypôv  *  (ov 
xaT'  £T:t.xpâT£t,av  .Bepikoù  [Jikv  Oeûo;  y{yv£a-Oa'.,  ^j^uypoû  ok  y£t.{i.wva' 
èàv  0£  !.'(TO[JLOt.pr,,  Ta  xâAXt.TTa  E'Iva'.  to'j  etouç,  ou  to  (j.£v  OâXXov, 
£ap  ûy'.ELvôv,  TÔ  ok  cpGivov,  (p6!.v67:(i)pov  vodEpov.  àÀAà  xal  ty^ç 
tO  YijJt-Épaç  GâXX£!.v  jjikv   ty^v   £w  ,   cpQ'!v£tv   8k   TTiV   Eo-TTÉpav  •   oGcV  xal 


§  26.  1\ 

'1.  TiTTapa  >  B.  2.  a  >  F.  |jL£TapàXX£!.v ]  +  U  F.  y{v£(7Gat  F. 
3-4.  o'cpai.poEi.SYi  —  xai'l  >  F'*.  4.  7r£pwt.xou{j(.£VT,v  ]  ouou|jl£vyiv  ^. 
6.  xa{2  >  S.  J^uypov]  ûypov  F.  xat  *  >  S.,  xal  ùypôv  xal  ^r,p6v 
r»u  P.  7.  yiV£T9at.  PF.  y£t.jJLWva] -f- Ç'-Opo'^  ^'  S'^P  ^^'f-  ûypoû  cpGt.v67rw- 
pov  Cob.  (ex  C  :  ?ripoù  S'è'apoç  xal  ûypou  çpGtvoTrcopou?  cf.  Intr.,  p.  92). 
8.  i<7o^oiç,ei  F. 


1-  2.  xà  (sxoiyjia.  —  xpsTiEaÔai  8t'  oXtovj  Cf.  Hippase  (  Vor.ç.,  p.  38,  8).  Philo- 
laos,  fr.  12  et  21.  -  Aristote,  Me:.,  A,  5,  p.  986a.  Aelius.  I,  9,  2;  I,  14,  2;  I,  15, 
3;  II,  6,  3.  Ovide,  Met.,  XV,  237.  Lucien,  VU.  auct.,  4.  Vitruve,  Arck.,  II,  2  et 
VIII,  1.  Ps.  Galien,  Hist.  pkil.,  10.  —  Théodoret,  Pr.  ev.,  V,  21.  Joli.  Damasc, 
Flor.,  II,  31.  Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  I,  6,  36  ss.  Servius,  Ad  Aen.,  VI,  724. 
Basile,  Uom..  IV  in  hex.,  S.  —  Ps-Ocelliis,  De  un.  nat.,  I,  12  ss.;  Il,  5  ss. 

2-  3.  xoafxov  £[jl4/u-)(_ov,  vospdv]  Ecphante  {Vors.,  V>,  p.  340,  29).  — Aëtius,  IV, 7, 
1.  Cicéron,  De  nat.  deor.,  1, 11,  27.  Plutarque,  Qu.  plat.,  VIII,  4,  3.  Sexlus,  Adv. 
math.,'  IX,  127.  Servius,  Ad  Aen.,  VI,  724.  —  Cf.  Aristote,  Phys.,  A,  6, 
mb  22. 

3.  ff<patpo£i8?i]  Philolaos,  fr.  7  et  12.  Ecphante,  /.  c.  —  Aëtius,  I,  15,  3. 
[j.£(7-rjv  Tzzpiijovxa.  ttiv  yïiv]  Ecphante  (Vor^.,  P,  p.  340,  31). 

4.  TCEpiotxoufjLsvTjv  —  àvxiTToôaç]  Aristotc,  De  codo,  B,  2,  2856  22. 

5-6.  lad[j.o'.pa  —  -jypdv]  Cf.  Alcméon,  fr.  4.  —  iVIacrobe,  In  Somn,  Scip.,  I,  6, 
60  ss.  —  Ps-Ocellus,  De  un.  nat.,  II,  4. 


—  126  — 


vo<TepwT6pov  eiyoLi.  tÔv  Te  Tiep',  ttjv  yriv  dépa  àae'.o'Tov  xal  voo-epov 
xal  Ta  £v  aÙTw  iràvTa  GvriTâ*  tÔv  8e  dvwTàTw  à£ix{v/iTdv  Te  eivat 
xal  xaGapov  xal  uyia  xal  TiâvTa  Ta  év  aÛT(j)  dOdvaTa  xal  Sià  touto 
Ge-ra.  27.  tIX'.ov  Te  xal  o-eAr^vriv  xal  toÙç  aXXouç  do-Tepaç  etva»,  Geouç' 
£7r(.xpaT£r  yàp  to  Gepp.ôv  év  auTorç,  OTiep  éorTl  Çwriç  aÎTt.ov.  tt|V  te  5 
(TeXrivYiv  Xà|jL7î£(TGat.  bo  r\kiou.  xal  dvGptOTiwv  £ivat.  rcpoç  GeoÙç  auyyé- 
V£!,av  xaTa  to  {jL£Té^e'.v  avGpWTcov  G£p|jLOU*  8to  xal  7rpovo£r<TGai.  tôv 
Geov  Tip.wv.  elijiap{i.évYjv  t£  twv  ôXoiv  xal  xaTa  p-épo;  aiTtav  eivat  Tri; 

8!,0t.XTl(I£WÇ. 


§  27.  S. 

6-8.  <I>»i'^'  :  xal  àvôpwTTtov  —  7)(j.(j5v. 

1.  vo(7£po')Tepov  BFS^^  voaepwTepav  PP-3-4.  ^^p^  2DGT  fr  aiGepa 
BPF  +  xa(X2-3  ^  2.  T£>S.  3.  ùyià  BOyetà  F  ùyeia  Pi.  4.  TiXt-ov — 
Geoù;  >  S.  5.  éTc^xpaTeiv  Cob.  6.  âvGpwTrou;  F  dvGpwTroiç  Gob.  (ex  /  : 
hominibusque  ?).  Geou  F.   7.  dvGpwTrou;         7-8.  8t.o  —  7][jiwv  >  2. 

8.  T£]  8£  F. 


1-4.  TOV  TE  Trepl  xT)v  yï^v  àspa  —  6s"ia]  Cf.  Philolaos  {Vors.,  P,  p.  306,  17).  — 
Épiphane,  Adv.  fiaer.,  I,  1.  Photius,  Cod.  249,  p.  43%  33. 

4.  fiXtov  —  ÔeouçJ  Cf.  Alcméon  (Vors.,  P,  p.  133).  Épicharme,  fr.  8.  —  Sur 
le  culte  du  Soleil,  cf.  Timée  dans  Jamblique,  V.  P.,  256,  et  Maxime  de  Tyr, 
PhiL,  19,  3. 

!).  0ep|j.ov  ...  ô'ttep  latl  ^coîjf;  atxtov]  Cf.  Hippase  (For^.,  P,  p.  38,  15).  —  Épi- 
charme,  fr.  48.  —  Hippolyte,  Adv.  haer.,  VI,  2,  25  et  28. 

6.  (leXnvTiv  Xc([JiTC£a6at  ucp'  rjXt'ou]  Aëtius,  II,  28,  5  (cf.  II,  25,  14  et  II, 
29,4).   ^         ^  ^ 

àvôpwTTtov  slvat  Ttpôç  ôeoùç  auyYsvetav]  Cf.  Aëtius,  IV,  7,  1.  Cicéron,  De 
nat.  deor.,  I,  11,  27;  Tusc,  V,  13,  38;  Caton,  21,  78.  Sextus,  Adv.  math.,  IX, 
127.  Jamblique,  V,  P.,  153.  Servius,  Ad  Aen.,  VI,  724. 

7.  8io  xal  7rpovo£^cj6ai...]  Ecphante  {Vors.,  P,  p.  341,  7).  —  Aristoxène  dans 
Jamblique,  V.  P.,  174  (cf.  217,  219,  240).  —  Épiphane,  Adv.  haer.,  I,  1.  Photius, 
Cod.  249,  p.  Ad%  33. 

8.  £l{jLapfj.£vriv...J  Aëtius,  I,  25,  2.  Ps-Galien,  Hist.  phil.,  10.  Photius,  Le. 
cf.  Lydus,  De  mens.,  II,  101  et  Jamblique,  V.  P.,  109. 


—  127  — 


Tra^iot;.  —  xaXoûa-t.  8e  tÔv  fjiev  àépa  ^u'^pôv  atOépa,  T/iv  oe  Oct^aTO-av 
xal  TÔ  ûypov  Trayjv  a'IOépa.  . —  TaÛTTjv  oe  ttjV  àxTÎva  xal  Ta 
(îiév9T|  Sûea-Gat.  xal  ùià.  toOto  î^(oo-o(.eirv  ~âvTa.  28.  xal  ?^7,v  fjiev 
5  TTOtvTa  ôa-a  ^exéjei  tou  ^epiJioG  *  5'.ô  xal  Ta  cpuTa  Ç(jja  e'/^at.'  'J;uyY,v 
[jLévToi  f/Ti  êyet.v  TtOtvTa.  eflvcxî.  8e  Tr,v  (j;uyT,v  âTroaTrao-iJLa  a'iOépoç 
xal  ToG  3ep{Jioij  xal  toO  t[»uypoO.  T(j)  a-j{jL[jL6Téyef.v  tpuypoO  a'.Oépo; 
8tacpép£',v  tj^uyTjV  ÇwTÏi;*  àQàvaTÔv  Tc  e'ivat.  aiÎTriv ,  eue'.SriTrep  xal 
TO  àcp'  ouTiep  à-édirao-Tat.  âGàvaTOV  èa-Ti.   Ta  8e  Çtoa  yevvàorOa'.  èç 

10  àXXriXwv  d-ô   a-Kep(i.àTwv,  ttjv  8e   èx  yrjç  yéveo-iv  à8tJvaT0v 

Taa-9ai.  to  8e  (JizépiJia  elvai  (Txayova  èyxecpàXou  Tiepieyouo-av  èv  eauT-^ 
aTpov  .vepp-ôv.  TauTYiv  8e  7:poa-(pepo|j.£vriv  Tyj  p-r^Tpa  cxTrô  jjiev  toG 
éyxe^àXou  '.ywpa  xal  uypov  xal  aï[JLa  upotleaGat,  e^  wv  o-àpxa;  Te 
xal  veGpa  xal  do-Ta  xal  Tpîyaç  xal  to  ôXov  o-uvio-Tao-Bat.  o-wjjia'  à-o  oe 

15  ToG  ctTfJLoG  tj;u^7\v  xal  aia-Gria-'.v .    29.  (JLopcpoGo-ôa'-  8e  to  |JLev  TrpwTOv 


3-4.        '  XT^v  oÈ  àxxTva  xou  TjXtou  eiç  —  Tiàvxa. 

1.  At.rixet.v]  8t.0'!xe!.v  B.  2.  Tca^éwç  B.  2-3.  xaXoGo-t. —  Tcayùv  a''Bépa 
>  S.  3.  itayùv]  ^uypov  F.  4.  SévQyi  PiFI  pàGri  B<ï>^.  5.  8iô  >  F. 
7.  Tw  P  TO  BF.  ^uypoG2  iter.  scr.  B^.  7-8.  tpuypoG,  tgj  crup.{jLeTéy^et,v 
(j^u^poG  aLSépoç.  8t.acpépet.v  Te  tpu'^riv  Cob.  (ex  DG,  sed  cf.  Intr.,  p.  83). 
9.  oG  Cob.  (ex  recentioribiis).  àGàvaTov]  -\-  Te  P.  10.  Gcp{a-TaTa!. 
B^P^.  11 .  o-Tayovaç  B.  7i£pt.éyou(7a  B.  éaUTrj] auT'l]  12.  Gepp-ov  aTjjiov 
r^¥.  'ZOLÙ':r^<;  8e  Trpoa-cpepouiévTiç  Wellmann.  13.  î'yywpa  P.  xa{2  >  <|). 
o-àpxa*ï>^^\  Te><ï>.  l4.  xaL^  —  ôXov><î>.  (JUVLo-Taa-Gat.  BP4> 'J(pL^Ta(T9at.  F. 
(TWjJia  >       15.  dT[jioG]  +  xa{  <ï>^. 


1  et  4.  ôtYÎxEtv  —  CwoTToisTv  Ttdcvxa]  Cf.  Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  I,  6,  37.  — 
Ps-Archytas  (?)  dans  Jamblique,  Protr.,  4. 

6-7.  sTvat  oè  xT)v  ^^JX"^"^  aTrdaTraarfjia  ...]  Cf.  Cicéron,  De  nat.  deor.,  I,  11,  27; 
Caton,  24,  78,  Sexius,  Ac^v.  math.,  IX,  127.  Hippolyte,  Arfv.  haer.,  VI,  25. 

11.  xô  8è  (TTreppLa  —  eyxecpocAou]  Alcméon  {Vors.,  l'\  p.  134,  5).  Cf.  Hippon 
(Vors.,  P,  p.  290,  10).  Aëtius,'  II,  3,  2  et  V,  4,  2.  —  Hippolyte,  Adv.  haer.,  IV,  7. 

15  ss.  [jLopcpoî3a6a[  —  sTrtytvofjiÉvajv]  Varron  dans  Censorinus  De  die  nat.,  9  ss. 
Théol.  Arithm.,  p.  39  et  p.  47.  Ps-Plutarque,  Vit.Hom.,  145.  Aristide  Quintilien, 
De  mus.,  III,  p.  142.  Proclus,  In  Remp.,  II,  pp.  26,  33,  35,  K.  Macrobe,  In  Somn. 
Scip.,  I,  6, 14.  Scholie  Iliade,  T,  119  =  Cod.  Voss.  gr.  20  (Reitzenstein,  Berl. 
Phil.  Woch.,  1889,  p.  624).  Cf.  Paul,  Sentent.,  IV,  9,  5.  Plutarque,  De  an. 
procr.,  12  et  dans  Stobée,  Ed.,  I,  1,  10. 


—  128  — 


Tiayev  ev  ripiépat.;  Teo-o-apâxovTa,  xaxà  os  to-jç  ty);  àpjJLOv{aç  Xôyouç 
£v  STiTa  Ti  £vv£a  'r\  8éxa  to  TcXe^o-TOv  {jl-/^(tI  TeXstwGev  (XTioxuLo-xea-Ôat. 
TO  Ppecpo;  •  ey^£t.v  0£  Iv  auTw  Tzàvxaç  Toùç  Xoyouç  Tri;  Çw^iç ,  wv 
£:po{JLév(i)v  a-uvÉ'y^Ea-ôat.  xaTa  toÙ;  T7iç  àp|jt.ovia;  Xoyoïx;,  ExàfTxwv  £v 
T£Tay[7.£voiç  xat-por?  £Trt.y!.vo|i.£va)v.  5 

T7]v  T£  araB-^o-iv  xoLvwç  xolI  xol7*  siSoç  TY\v  opao-Lv  aTULOv  Tiva  s^^^/'ai 
ayav  .S'EpjJiov.  xal  8tà  toÛtov  Xéy£Tat.  8t.'  àÉpo;  opâv  xai  8t.'  u8aToç* 

àvT£p£L8£(T8a!.   yàp   to    ^EpfJLOV    £Tcl   TOÛ  (j^U^pOÙ.  £'n:£{   TOt.  £1  (j^U^pOÇ  TiV 

6  £v  TOîTç  op.|ji.a(nv  âTjJLOç,  ot.£!.a-TY^x£!,  av  Trpôç  tov  OjjLOt.ov  àipa*  vûv 
8k  £a-Tt.v  £v  oXç  r\kiou  TcùXa;  xoLkBi  toÙ;  dcpQaX|jLoù;.  Ta  8'  olÙtol  xal  10 
7ï£pl  Tyiç  àxoïiç  xal  twv  Xot.Tcwv  aio-OrjO'Ewv  8oyjjLaTLÇ£î.v. 

30.    TtjV   0£    àvSpWTUOU   ^U^TlV  8t.7]pYÎ(T8at.   Tp!.^7j,    £{(;  T£  VOÛv  xal 

^pévaç  xal  5'J|jl6v.  voùv  {Jikv  oùv  xal  3u|jt.ov  sivat.  xal  év  toÏç  otXkoiç 
swoiç,  cppÊvaç  8k  [JLOVov  év  dv8pWTr(|3.  £^vat,  8k  tt.v  àp^xiv  tt,?  ^u/fiç 
aTco  xap8Laç  |jL£^pt.(;  £yx£'^àXou*  xal  to  [Jikv  £V  t-^  xapo^a  jJLEpoç  aiJTfjÇ  15 
'J7tap^£t,v  ^UfJidv,  cppÉvaç  8k  xal  vouv  Ta  £v  t^  £yx£^àX({j*  o-Taydvaç 
8k  £^vat.  OLTzb  toÙtwv  Taç  a^o-Orjtfst.ç.  xal  to  p.kv  (ppovt,p.ov  dQàvaTov,  Ta 


12-16.      (Suidas,  s.  v.  voù^*  ôxc  nu6aydpa<;  ttjv  tou  àvôpwTcou  <l>u/_"riv 

1  T£a"(3'£pàxovTa  B.  2.  T£X£w9£v((i)9£v2*m.?)  B.  6.  opaaiv  BPl  xpào-t,v  F. 
6-7.  avav  £tva!.^  BP.  7.  xa{ >  F.  toOto  Cob.  (ex  DGT  fr).  "XÉyETat.]  )iy£i. 
xaiBywatprXÉyEt.  Reiske.  8.  £7rf:  BPF  dTid  TAC /r  ùtio  DG.  i»-10.vuv8£] 
-|-  <  9£p[jL0(;  wv  Ùtzo  ^u^^iç  àvT£p£t.86|JL£V0(;  xaT'  EuGs^av  7rop£U£Tat.  . . .  > 
Reiske.  11.  8oyjjLaT(:^£t.  (^ob.  (ex  /  :  decernit  ?).  12.  8taip7ia-9at.  F. 
13.  cppÉva  F.  Buy.6v^]  +  xa{  ^-'^'K  oùy  >  FS.  £Lvat.  xal  8u[jidv  F. 
4o.  TT)  >  S.   16.  Ta  >  Pl.  17.  £iw.L  DGT  £':8£vai  RPF  lévoLi  Kûhn. 


6-9.  xT^v  TE  aVaOrjaiv  —  ofjioiov  àspal  Cf.  Aëtius,  IV,  13,  9.  —  Héraclide  Poli- 
tique dans  Proclup,  In  Tim.,  p.  141.  Priscianus  Lydus,  Met.  in  Theophr.,  p.  20, 
16.  -  Archyt^s  (  Vor.9.,  P,  p.  330,  17). 

10.  riXlou  TzûloLç]  IIesychius,  Lex.,  s.  h.  v.  —  Cf.  Odyssée,  w,  12. 

12-16.  TT)v  8è  àv0pa)7rou  —  èyxE'^âXtfj]  Cf.  Pliilolaos,  fr.  13.  Lysis, 

Lettre  à  Hipparqne  (Jamblique,  V.  P.,  77).  Aëtius,  IV,  4,  1  et  V, .'),  10.  —  Posi- 
donius  dans  Galien,  De  Hipp.  et  Plat,  dogm.,  5.  Ps-Galien,  Hist.  phiL,  28. 
Cicéron,  Tusc,  IV,  10.  Polhix,  Onom.,  II,  226.  Jamblique,  F.  P.,  109. 


—  129  — 


8è  XoiTtà  .Sv'ri^â.  Tpecpea-Oa;!  te  tyiv  '|''jyYiV  dno  to'j  a'-'j^aTOi;.  Toùç  oe 
'k6yo'j<;  <J>y/T,ç  àvéjJLOtJc;  s'Ivat.  otopaTOv  o'  sivat  aÙTYiV  xal  toÙç  Xôyouç, 
éTcel  xai  ô  a?OY,p  àôpaToç.  31.  oeo-aâ  tô  s'Iva-,  T-rjç  '['uyriç  tv.ç 
cpXépaç  xal  Ta;  àpTr,pLa(;  xal  Ta  veùpa  *  OTav  ok  ''a"'/'j-^  xal  xaO'  aurV.v 
5  y£VO|jt.£vr,  T,pe{jLr),  oeo-jjià  Y'!v£(TOa'-  auTTi;  Toù;  Âoyouç  xal  Ta  ëpya. 
éxp'-cpOera-âv  t£  aiÎTTiV  èni  yr\c,  7rÂàÇ£a-9at  év  T(j)  dépi  6jJLo{av 
(TWiJLaT'..  Tov  8k  'li^puriv  TajjLiav  E^va!,  twv  tj;u'^o)v  xal  ô'.à  to'jto 
Ilofi-Trea  XÉvEa-Oat,  xal  HuXaiTov  xal  XOôv.ov,  é7r£'.OTi7r£p  outoç  xal 
£ia"7r£{JL7r£i  otTco  Twv  a-a)|jiâT(i)v  Ta;  ^"^^(àç  cxtco  te  y/jç  xal  £x  .SaXaTT-rj;  ' 
10  xal  ay£a-6a!.  [jlev  Taç  xaGapaç  etcI  tov  U(j;t.(TTOv,  Taç  ok  dxaQàpTOJç 
p.T|T£  EXEivaiç  uEXâ^E'.v  ixr\'ze  (iXXr\\<xi(; ,  ôE^a-Ga'-  o'  ev  appT^xTO'-ç 
8£a-{jLorç  Ûtto  'Ep!.vuwv.  32.  E'^vai  TE  uâvTa  TOV  âspa  ^^)(wv  ê|i.7ïXewv* 
xal  toÛtouç  Sa^jjLOvàç  te  xal  Tipwaç  vo|jt.(Ç£(T9a'.  xal  utzo  To{)-Z(jdy  ttep.- 
TCEo-Qai  av6pW7rot,ç  toûç  te  ovELpO'j;  xal  Ta  a-ri|jL£ra  voa-ouç  te,  xal  où 

1.  <I>v  :  Tp£çp£a6ai— acjxaxoç.  1-2.  4>ap^'  :  xoùç  81  — elvai*.  3-4.  ^>apv  ;  oeorfxà 
—  àpxTjpi'aç.  3-5.  1'  (Suidas,  s.  v,  8£a{j.à  xî]ç  ^'^X^*'  —  ^'PT°')* 
<ï*^'  :  sTvai  —  voaouç. 

14.  S  (Suidas,  5,  v.  dvetpoTrXTixxov  oxc,  wç  cpTjtrt  II.  dvsipouç  xat  xdTç  xxi^veat 
Ytvedôat  xat  vcaouç  xal  aTi|j.e^a). 

1.  d-o  BF       ÙTTO  p.  3.  dôpaToç  BF  opaTo;  P.  te  Eflvat]  ô£  <Ï>^p.  tt.ç 

>  <î>^.  Ta;  Tïiç  ^uyjiç  F.  4.  t^<3-'/'^'(i  xai  >  ^.  atJTTiv  BP^  auTTiv  F 
kauT'/iv  S.  5.  yEvouLEVYi  PF  y!.vo[JL£V7i  B  >  s.  -î^pEuE^  BF  Toù;  Xoyouç] 
Tcpo  TO'J  Xdyo'j  S.  6.  £xpt.ci)9Era-av  P  xpucpOELcrav  B  E^ÊXGo'ja-av  F.  te]  ùi  F. 
8.  TTopiTiEa  P  TiopiTzaLa  B  TTOjjLTcarov  F.  TruXaiov]  épiTioXaLov  Hûb.  xai^ 

>  Cob.  (ex  ACT  fr),  9.  te]  -j-  Tri;  F.  10.  ijlev  >  F.  Ta;  piv  ^  Gob.  tov 
ûc[»!.a-TOv]  +  ^•^''îXov  vel  tô  'j(J;t.a-Tov  legit  Bohde.  11.  pn^TS^]  {jl/iSe  F. 
12.  te]  8e  <Ï>^.  13.  ToÙTou;  F  toûtou;  tou;  BPl  TaÙTa;  <î>^  DG.  voixi- 
ÇEo-Qat.]  dvopiâ^EO'G ai.  Gob.  14.  toù;  te  >  Ta  >  <ï>^.  vdo-ou;  te  PF 
xal  vdffo'jç  <î>^'  (cf.  U  xal  vdo-otj;)  vda-ou  te  B  v6o"ou  te  xal  uyt,Eia;  Gpb. 
(ex  DG). 


1.  xpEcpsarôat  —  at'[jLaxo(;]  Ps-Plutarque,        //o/?i.,  122. 

T).  Tip£îJ<.f,]  Cf.  Alcméon  {Vors.,  P,  p.  133,  36).—  Photius,  Cod.  249,  p.  439  A. 

6.  TrXdcCsaeat]  Cf.  Jamblique,  K.  P.,  139,  148. 

10.  ettI  xov  'i;4;i3xovJ  Cf.  Philolaos  (  Vors,,  P,  p.  320,  12).  Épicharme,  fr.  9 
et  22.  —  A\Lr.  Carmen,  v.71.—  Aëtius,  IV,  7, 1.  Porphyre,  De  antro  nymph.,  28. 

12.  slvai  —  EfxTtXEœv]  Actius,  I,  8,  2.  Plutarque,  De  gen.  Socr.,  24;  De  fac.  in 
orb.,  28,  6;  30,  1.  Lydus,  De  ost.,  21. 

Tome  XVII.  —  Lettres,  etc.  9 


—  130  — 


{JLOVOV  àvÔpWTTOiç,  (xXXà  xal  TrpopaToiç  xal  toÏç  y-Woiç  xTr^veo-t-v*  ei<;  Te 
toÛtouç  yiyveaBa',  touç  t£  xa9app.oùç  xal  aTïOTpoTriaa-fjioùç  {JLavTt.xT|V  Te 
Tcào-av  xal  xT^riSôvaç  xal  Ta  ôp.OLa. 

MeyidTOV  8é  cpriaiv  twv  év  àvGpW7ro',ç  e^vai  tt^v  ^u^tiv  TieLo-at.  eul 
TO  ayaGov  t]  èul  to  xaxov.  eu8at.|jt.overv  Te  âvOpwTcouç  oTav  âya97\  5- 
'\i'J')(r\  TTpoo-yevriTat.,  ix-f\ùéTzoz£  8e  'r\pe^eïy  {Jir|8è  tov  auTov  pdov  xpaTeiv. 
33.  ôpxiôv  Te  eiyai  to  8îxaiov  xal  Btà  toOto  A{a  ôpxLov  Xéyea-Qat.. 
TT^v  Te  apeTTiV  àp[jLOvlav  eîvat,  xal  ttiV  Oyietav  xal  to  àyaOov  auav 
xal  TOV  5edv*  oCo  xal  xaG'  àp|jiovLav  «ruveaTavat.  Ta  ôXa.  cpt-Xtav 
Te  etvat  évapuLOvwv  idOTriTa.  Tt.p.àç  ^eoiç  BeLV  vo(ji.lÇet.v  xal  yipwo-t.  10 
ti-Ti  "^àç  Lo-aç,  àXAà  ^eoiç  {Jiev  àel  p.eT'  eucpYijJiia;  Xeu^et.|jiovoOvTaç 
xal  àyveùovTaç,  Tipoxrt.  oe  aTio  {JLea-OL»  Yip-épaç.  tt^v  oe  otyveiav  eivat. 
8!.à  xaSapfjiwv  xal  XouTpwv  xal  Trept-ppavT'ripîlwv  xal  8ià  toù  auTov 
xaSapeuet-v  aTïô  Te  xri8ouç  xal  Xe^ouç  xal  ^i(x<7^oLToq  rcavTÔç  xal  aTré- 
y^ecGa!.  ppwTWv  5vifio-£t.8{(i)v  ts  xpewv  xal  Tpt.yXwv  xal  {jieXavoupwv  15 


1.  xT|||||ai.v  F.  2.  yivea-Gai.  PF.  4.  twv]  tov  B.  e^vat.  twv  ev  àvGpw- 
uoLÇr^F.  e^vai]  -j-To  Cob.  5.  [tj  £~l  to  xaxov]  secl.  Reiske.  5-6.  àyaOr, 
'\>i>'/r\  B^.  6.  auTÔv*  Cob.  +  peùjjiaToç  Wellmann.  poov]  vdov  Kûhn. 
10.  Bel  F.  vipwaçF.  11.  [a£v>F.  11-12.  Xeu^e(.[jLOvoùvTa;  xal  àyveùov- 
Taç  >  F^.  13.  auTov  BF  aÛTÔv  P  >  Cob.  14.  7ravT6(;>F.  15.  [ipoTwvB. 


5.  eù8ai(jLov£lv...]Xénocratedans  Aristote,  Top.,  11,6.  Cf.  Aur.Carmen,\.6\-6^. 

6.  jJLTjSè  TÔv  aùxov  poov  xpaT£"tv]  Épicharme,  fr.  2.  Ovide,  Met.,  XV,  214  ss. 
Lucien,  Vit.  auct.,  A. 

7.  ô'pxio'v  xe  eTvai  to  ôtxaiov]  Jamblique,  V.  P.,  47. 

8.  ir\v  uyieiav]  Cf.  Alcméon,  fr.  4. 

9.  xal  TÔV  ^edv]  Lucien,  Vit.  auct.,  4. 

xa3  'àpfjiovi'av  auveaxàvat  xà  oXa]  Philolaos,  fr.  2  et  6.  —  Aristote,  Mét., 

1,  5.  Quintilien,  Jnst.  or.,  I,  iO,  12.  Strabon,  X,  468.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2, 

2.  Sextus,  Adv.  IV,  6;  VII,  98;  Pyrrh.,  III,  155.  Athénée,  XIV,  632  B. 
Censorinus,  De  die  nat.,  43,  5.  Ps-Plutarque,  De  mus.,  44, 2.  Chalcidius,  In  Tim., 
72.  Théon  de  Smyrne,  Expos.,  p.  139,  11. 

cptXi'av...  tadxTjTa]  Supra,  §  10. 

ÎO.  xi(jLàc;  Cf.  Jamblique,  V.  P.,  37  (Timée),  99  (Aristoxène). 

11.  Xeuyet^ovoijvxac...]  Jamblique,  K.  P.,  100,153.  Diodore  de  Sicile,X,9,6. 

12.  àirô  [xÉaou  T)|jL£pa;...  J  Cf.  Orphica,  Op.  et  dies,  24,  p.  154,  A.  Etym.  magn., 
s.  V.  lepov  r^lx(xp.  Scholie  Iliade,  0,  66. 

13.  xai  Xouxpûiv...]  Aristoxène  dans  Jamblique,  F.  P.,  99. 

14.  xal  Xeyoù;]  Jamblique,  V.  P.,  153.  Cf.  Théophraste,  De  superst.,  9. 

15.  3vnae'.5(cL)v  TE  xpewvj  Aristote  dans  Elien,y.//.,  IV,  17.  Hiéroclès,  In  aur, 
car  m.,  67. 


AOLi  (t)(ov  xal  T(5v  (ÔOTOxtov  Ç(t')(ov  xal  xjcx(jL(i)v  xal  T(ôv  à'XXfov  ojv  Trapa- 
xeXeûovTa'.  xal  ol  Taç  reXerà;  £v  toC;  Upoiç  êtt'.têXoÛvts;. 

34.  <I>T,a-l  o'  'Ap'.TTOTéXTiÇ;  £v  Toj  Trepl  xtov  x'j7.j^.(ov  TcapayyiXXeiv 
aÛTOv  à-éyso-Oa'.  tcÔv  x'jâjjiwv  r,TOL  ozi  alooioiq  e'ItIv  o|jlo{,o'.  *  t,  otc 
5  "AtOoL»  TzûXaLç*  àydvaxov  yàp  !j.ôvov  '  r,  otl  cpOcipet.  *  y,  otî.  ty,  to'J  oO.ou 
(^ù<7ei  ô{jLO!.ov'  Ti  OTL  oXiyapy!.xov*  xXYipoOvTa».  yoGv  olÙtoIç.  —  Ta  oè 
TTSO-ovTa  {jLYi  avaiperc-Oat. ,  'JTièp  xoO  èOuea-Oa!,  |jlyi  àxoXào-Tcoç  ètOieiv  Y| 
Ôti  ettI  TeXeuTY]  T'.voç.  xal  ' AoLCTTocpàvYiç  oè  t(ov  Y,p(.)(ov  cpYi-jlv  e^^vaL 

Ta    TTLTTTOVTa,  XsyWV  £V  TOLÇ  "llpOXTt,* 


4.-  Cf.  -  :  Toùi;  xuàfjLO'j<;  os  àTroxpeTrsaôai  oxi  atSototc;  âoi'xaai. 
4.  Cf.  :  èae^exo  81  xoùç  xudc(ji.ou(;  on  alôototç  Eiatv  o(jloioi. 
6-p.  132,  3.  ^  :  oTi  xà  TrtTrxovxa  —  xàc;  copaç  [XTjvûovxa  (non  ad  amu?sim). 

1.  cooxoxdjv]  -|-  7]  BP^.  2.  àTTOxeXoùvxeç  F.  3.  ev  xw  >  F.  post  ev  T(j) 
lacunam  susp.  Roeper.  Tcept  >  Roeper  fut  fr).  xuàjjiwv]  IIuGayopettov 
Diels.  3-4.  TTapayy£XX£!.v  —  xuà{jiwv>F.  4.  aux6v]aùxwvB.  xwv  xuàjjicov 
>  Koeperfut  fr).  4-5.  ^-zi  àSou  TruXat,?  iterum  F.  5.  post  TTOXat.?  lac. 
susp.  Diels.  àyovaxov]  ayovov  J.  Sealiger  (ex  /  :  infecundae?).  xyjjxo 
F.  6.  o'Xt.yapyt.x6v]  +  '^^  aTTe^e^Qat.  vel  <  ojx  >  o'Xi.yapyt.x6v  Richards. 
6-7.  Ta  8è  Tcea-ôvTa]  Tà  TTtTTTOVTa  aTTO  ty^ç  TpaTTe^Y^ç  S  -\-  octto  TpaTre^Y^ç 
Hùb.  Cob.  7.  UTièp  toO]  y,  8t.à  t6  S.  é9{Çea-6at,  FX  aLGi^s^^Gat-  B  à/iGi^eo-Qat. 
Pi.  piYi  eGL^ec-Gai  ^  E.  8.  TeXer^  S^"^"^  xa{  >  FS.  8é]  yàp  2.  cpY^a-l  twv 
Tjpwwv  ^  F.  9.  Xeywv  —  "Hpwo-t.  >  S. 


1.  xal  toôiv]  Plutarque,  Qu.  conv.,  II,  3,  2. 

1-2.  wv  TiapaxeXcuovxat  —  eTrix£Xouvxe(;]  Jamblique,  V.  P.,  438.  Cf.  Hippocrate, 
De  morbo  sacro,  4.  Porphyre,  De  abst.,  IV,  46. 

4.  ôxt  alôoi'oiç  slatv  ô'fjLotoc]  LuciEN,  Vit.  auct.,  6.  Aulu-Gelle,  IV,  41,  40. 

4-  5.  ô'xi  "AtSou  TruXaiç-  àyovaxov..,]  PORPHYRE,  De  antro  nymph. ,  49. 
Eustathe,  Ad  iliad.,  p.  948.  Scholie  Iliade,  N,  589.  —  Cf.  supra,  §  24. 

5.  ô'xt  cpestpet]  Jamblique,  Protr.,  24.  Théophrasie,  Décatis,  pl.,  V,  45,  4.  Clé- 
ment, Strom.,  III,  24.  Eustathe,  Ad  Iliad.,  p.  948. 

5-  6.  oxt  x^  X0Î5  ô'Xou  cpuaet  ô'fjiotov]  Cf.  supra,  §  24  ((j.£X£^£i,v  xou  <];u^txoî3).  — 
Héraclide  Pontique  dans  Lydus,  De  mens.,  IV,  42.  Antonius  Diogène  dans  Por- 
phyre, y.  P.,  44,  et  Lydus,  l.  c.  Hippolyte,  Adv.  haer.,  I,  2, 44.  Ps-Acro,  Schol.  ad 
Horat.  Serm.,  II,  6,  63. 

6.  oxi  dXtYap)(^txdv]  HiPPOLYTE,  Adv.  haer.\  VI,  27.  Lucien,  \it.  auct.,  6. 
Jamblique,  V.  P.,  260.  Ps. -Plutarque,  Ed.  puer.,  47.  Cf.  Arsénius,  Violet.,  44, 44, 
p.  445.  Apostolius,  XV,  44.  Scholie  d'Aristophane,  Equ.,  44.  Suidas,  s.  v. 
xuajjLOxpco^. 

6-  7.  xà  Se  TTEJo'vxa  [xr)  àvatpE"ta6at]  Cf.  Athénée,  X,  427  D. 


—  13-2  — 


Mt,8£  ye'jea-9'  octt'  av  évTOç  tt.ç  Tpa-é^Jri;  xaTaTiéo-T). 

—  àXexxpuovoç  [jlTi  aTiTsaBai  AeuxoO,  ozi  Upoç  toO  MtjVOç  xal  Ixéx-^ç. 
TO  8'  T,v  Twv  cxyaBwv*  tÔj  Te  Mr^vl  Upoç,  a-^ipaivet.  yàp  Tàç  wpa;.  — 
Twv  t^duwv  |JiTi  auTeo-Oa!,,  ôa-ot.  lepo^*  ^ir\  yàp  Setv  Tà  auTà  T£Tà^9at, 
Beoïç  xal  av9pw7:o!,ç,  wo-irep  oùoe  éXeuBepoK;  xal  SouXoiç.  —  35.  xal  5 
TO  [A£v  Xeuxov  TTjÇ  TayaBoù  cpudewç,  to  ô£  p.ÉXav  toG  xaxoG.  — 
apTOv  p/V,  xaTayvu£(.v ,  oTt.  £7:1  £va  ol  -TiaXa!.  twv  olXwv  écpoiTwv, 
xa9â7rep  Itl  xal  vuv  ol  pap^apor  [xt)  Stj  St-aipEiv,  oç  a-uvày£L 
auTO'jç"  ol  o£,  7:pô;  ttiv  sv  "Algou  xpiat-v*  ol  Se,  eiç 'TroXejjLOv  8£t.X{av 
TcO'.erv'  ol  Se,  etteI  aTio  toutou  àpyETat.  to  oXov.  —  xal  twv  o-^YjpiàTojv  \Q 
TO  xàXXtaTov  o-cpaipav  E^vat.  twv  aTspewv,  twv  Se  ett'.tieSwv  xuxXov.  — 
yîipaç  xal  tzSlv  to  |JL£t.ou|jLEvov  Ô{jlo!.oV  xal  au^T,v  xal  vEOTT^Ta  TauTOv. 

2.  Cf.        :  àXsxxpuo'voi;  [xri  a-jrxsaôai  ô'xt  Upbç  xou  {jL-rjvôç  o1x£tt)<;. 
7-9.        :  TcapàYyeX[xa  Sè  auxoO  [xq  xaxayvuetv  —  aùxouç. 
7-10.  Cf.  S  :  apxov  §£  —  SeiXt'av  efjLTroteT. 

1.  ultiSe]  F'I.  ysÛEa-Bat.  B.  xaTa7r£(T7j  tt^ç.  TpaTtÉÇTjÇ  IvToçrw^F'l. 
IJLTiSk  —  xaTaTTEo-Tj]  {jLTiTE  Se  Ta  évTOÇ  Tyjç  TpaTTE^Yii;  TxiTXTOVTa  avaipEro-Ga». 
s.  2.  X£uxoG><î)^.  Mïivo;  BPF  h^^tou  S  Aloç  (ut  DG)  vel  Zyivôç  Cas. 
IxET'riç  BP^  ouETTiç  F<î>^.  3.  TO  5'  Twv  aya9ô)v  >  Mén.  orrijjiauet.] 
cf.  jJLTivuovTa  S.  5  6.  xal  —  xaxoG  post  wpaç  (3)  Diels.  t'  àyaGou 
P.  7.  apTOv]  4"  Se  S.  ol  TtaXai  BP<Î>^  ol  TiaXatoi  S  >  F.  Ttov  'piXwv 
>  S  Mén.  sed  cf.  Jambl.,  V.  P.,  86.  E^poiTouv  F.  8.  xaGaTiEp  —  [3àp- 
papot.  >i;  <ï>^.  ETt.  >  F.  {jiT.  ^  P1B2  piri  hei  B^  piri  yoGv  <ï>^  (jlyiSe 
F  xal  p.Tj  S.   9.  auTOÛçjÉcp'  èauTov  S.  ol  Se  —  xp(Tt.v  >  S.  ol  Se^]  yj  ôtl 

21.     10.  TTOIELV]  £jJl7rOt,Er  2^.  TOUTOU  PF   TOTTOU  B.     11.  TWV  (TTEpetOV  BP 
TO  (TTepeOV  F''.     12.  jJlEt.OU|Jt.£VOV  F  tJH.jJLOÙ[Jl£VOV  BP'i. 


2.  àXexxpuo'voc;  jjlt)  aTixeaôai  XsuxoO...]  Aristote  dans  Elien,  V.  H.,  IV,  17  et 
Jamblique,  V.  P.,  84.  Flularque,  Qu.  conv.^  IV,  5,  2.  —  Cf.  Jamblique,  F.  P., 
447;  Protr.,  21.  Plularque,  De  ej//  carw.,  3;  SMc.  rep.,  32. 

3.  xô  S'  T)v  xôiv  ayaOïTiv  (sc.  tx£X7]v  elvai)]  Cf.  Jamblique,  T.  P.,  48  et  84. 

4.  xwv  r/Guwv  —  lepoi']  Cf.  supra,  §  19.  —  Jamblique,      P.,  109. 

6.  xô  (o-èv  Xeuxov...  (se  rapporte  à  aXexxpuovoç  Xeuxou)]  Cf.  Aristote,  Met.,  N, 
6,  p.  1093rt.  Jamblique,  F.  P.,  100  et  153.  Ps-Plutarque,  Ed.  puer.,  17. 

7.  apxov  [j.rj  xaxayvÛEiv]  Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  86.  —  Cf.  Anaxi- 
m;mdre  le  Jeune  dans  Suidas, 5.  v.  'Avaa'p-avSpoc;.  —  Hippolyte,  Adv.  haer.,\l,  27. 

9.  T.poç  xT^v  £v  "Atoo'j  xpiatv  (scil.  où  au[ji(p£p£i)]  Jamblique,  V.  P.,  86. 

10.  £7r£l  aizo  xouxou  oip-/ExoLi  xô  ôXov]  Cf.  Empédocle,  fr.  34,  Diels. 
10-11.  xojv  oyTj[j.àxcov  xô  xàXXiaxov]  Cf.  Platon,  Thnée,  p.  33 B. 


ùyîeiav  tt,v  toO  eÎ'Sous  OLajjiovriV,  vôaov  TTjV  Toîtxo'j  '^Oopav.  —  Tiepl  to'jv 
âtXwv,  oTt  Ser  irapaTtOeo-Oa»,  irpo;  'J7rô|i.vTiTt.v  tol»  r)K/,c(.wj'  ol  yàp  aXeç 
Trâv  o-wso'jo-'.v  O  TL  xal  7rapaXâ,j(i)a-'.  xal  vcvôvaT'-v  ex  7(07  x'/Oap(.)TâT(j)v 
ûBaxoç  xal  .raXaTO-T,^.  36.  xal  Ta'JTa  ijlÉv  cp/iT'.v  6  'AXéçavopoç  év 
5  tol;  lluOayop'-xors  6Tco[i.vTiuaa-!,v  z'jùt;/Àvcli  xal  Ta  èxe'ivfov  èy6<j.v/(X  h 
'Ap'.a-TOTéXr.ç. 

T'ViV  0£  a-£[jLV07rp£H£!.av  TO'J  ïl'jOayôpo'J  xal  T'!|jl(ov  £v  to~.i;  H'Xâolç 
8âxv(i)v  aÙTOv  ouo);  où  'n:ap£)x!.7r£v,  c'Itiwv  outco  ' 

nuOaydpTQV  T£  y6-/]Ta(;  ct7rox)ivovT'  ettI  oô^aç, 
10  .  '^''îp'fi       àvGcw7ro)v,  <7£|jiVT,yopiTi(;  o'ap!.a-Triv. 

Ikpl  8e  tou  àXXoTE  a).).ov  auTov  yeyevYia-Gat.  HEvocpàv-rjç  £v  E^eyELot 
Tupodii-apTupEtT,  7,i;  apyr^* 

Nûv  aÙT*  a)j.ov  eTTE'.ti.'.  loyov,  Sel^w  8e  xeXe'jBov. 


2-4.  S  :  xat  toù^  aXa?  7rocpaTt6ca6at  —  6aXàaaT)<;. 

41 -p.  134,  5.  II  (Suidas,  5.      Sôvo^pàvTjç .  ev  eXzycia  Trspl  xou  àXXoxs  à'XXov 
aùxôv  Y^^ye^îi'^Qat  •  xaî  tcote  —  àtcov;  et  s.  v.  axucpôXi'^ai  •  xat  tiots  —  àfcov). 
<ï>^'  :  cp-r^al  Sè  Hîvo'f  avrjÇ  irspl  aùtou  •  xai'  —  àftov. 

1.  etSouçBPyÉvotjçK.  2.  âXwvJaXXwv  F.  3.  xa^JavCob.  (ex  DG).  xa9a- 
pwTocTwv  BPF  xaBapwv  S.  4.  ûSaTOç  BPF  ùSaTwv  S'^Xwu  Cob.  4-6.  xal 
Ta'JTa  —  'Apt-a-TOTEAT^ç  >  F^  9.  te]  8e  Plutarchus,  Numa,  VIII,  6.  yor,- 
Ta;  BPi  Plut.  yoT^TEiaç  F  yoTjTOç  Mén.  Cas.  a.TroxXivovT'  Plut.  à7r6xXt.vov 
Bl^^  arcoxXELvôv  F  ocTioxALvavT'  Cob.  etxI  SoÇaç  BPl  Plut.  etilSo^ov  F 
£71',  86^av  Mén.  £ul  oo^y^v  vel  êttI  ^6^ol^  Cas.  10.  ô  âpio-T'/iv  F.  11.  Sevo- 
cpâvYiç  PFS<Ï>^  ^EVoxpaTTiÇ  B.  12. 7rpoa-[;LapTtjpE!rriç  PF  7rpoc7|jLapTup{Tiç  B. 
âpxTiV  F. 


7.  Ttp.cav...]  Plutarque,  Numa,  VIII,  6. 
H.  SsvocpdcvT)?]  Fr.  7,  Diels. 


—  134  — 


h  8e  TTSpl  aÙTO'j  (pr^o-Lv  ouTto;  e^£t.* 

cpao-i  y'  ETroLXTerpat.  xal  ToBe  cpào-Gat  euo;  * 
Ilaûa-at.  ^rpï  ^â^TziÇ' ,  £7ret.7i  cpiXou  àvepoç  bg-zI 

xal  TaÛTa  p-kv  ô  Hevocpàvrjç. 

37.  "Ea-xa)(}»e  oà  auTÔv  KpaTLVoç  fxkv  év  IIu8ayopt.Çoùa-7) *  dXXà  xal 
év  TapavTf!vot.ç  cprja-lv  outw;  ' 

"E^OÇ  £<ttIv  auTorç,  av  Tt.v'  ioiWTrjv  iroGkv 
Xà(3wa-t,v  £to-£XGov-:a,  ot.aTr£t.pa){JL£vov 
TTiç  Twv  Xoywv  pw|jiYiç  TapaTTEt-v  xal  x'jxâv 
tol;  dyTi^ézoïc,,  zolq  TrÉpao^L,  tolç  7îapta-w[jLaa-t., 
TOiç  dTiouAàvoi.;,  Torç  jji£y£9c(7t,v  vouPua-TWWç. 


2-5.  Anthol.  Pal.,  VII,  120. 

7-13.  S  (Suidas,  s.  V.  EsvocpàviQi;  ...  e(jy.ui^s  o'aùxdv  —  voupuaiixaic;). 

1.  6  U  PK  ol  8é  B.  2.  xaqSri  Anth.  (x'.v  PM>  Anth.  |jLTiV  BF. 
Trapt-ovTOç  B  2^'^  (5.  V  S£v.)  rcapovTa  S'^  (s.  v.  S£v.),  3.  ^aort  y' 
P44>^'S  [s.  V.  Sev.)  et  yi"^  (s.  v.  o-xucp.)  cpaa-l  yoùv  V  cpao-^v  B  X^"^  (i'.  v. 
o-Tucp.)  Anth.  cpaa-{  {s.  v.  o-rucp.).  3-4.  £7îot,xT£Lpat,  —  cpiXoi»  >  B. 
4.  poLTzi'Çeiv  2^"^  (6'.  î;.  orTUcp,].  èneiri  I!fï>^  etteI  ti  P'IP  euel  (s. 
(TTU^.)  £7r£l  Ti  Diels.  eo-tl]  eo-tIv  r\  F.  o.  eyvcoç  P.  cp8£yyapi£VTi<;  F'* 
cp6£y^aijL£v-riv  E^'^  (s.  V.  Eev.).  7.  auTOv]  +  xat  E.  {Ji£v  >  FS.  Iltjôayo- 
pî.Ço6(TY)  BP''I1^'^'^'^  TruBayopiÇoua-t.  E^'  zoiq  izu^oLropiy.olç  F.  dXXà  >  S. 
8.  cp-fio-lv  ouTWç  >  s.  ouTwç  BP  oÛto)  F.  9.  av  t(.v']  éàv  S.  9-10.  Xdpw<rt. 
ttoSév  ^  F.  40.  ot.a7tet.pwpi£vo!.;  Scaliger.  ii.  7Tap!.a-w|jLa(7t.  B2  Trapt.- 
(ràjjiaa-t.  Pl  àvT(.a'Oj|jiaa-!.  F.  13.  |JL£y£9£(7t.v  vo'j(3L>a-Tt.xà)<;  S  |ji£y£6£(3-t,v 
vou,j!.a-Ttxw(;  B  [AeyéGEo-t.  vou|3u(7tu6ç  P  p-eyÉSeo-Lv  où  P'jo-tlxwç  F. 


7  ss.  Cf.  Athénée,  IV,  p.  161.  Cratinos,  fr.  7  (Kock,  II,  p.  291). 


'liç  ll'jOayop'.TT'.  3uoaev  Ttô  Aoqîa 

38.   '  Apio-Tocpcov  IIuOayopicTTrj  * 

toeCv  £xâ(TTOL»;*  OLacpspc'.v  os  7ra{ji7ioXu 

Toùq,  ll'jOaYOp'.a-Tàç  tcov  Vcxpwv  *  u-ovoia'.  vàp 

£75.  £V  Ttô  aÙTW  * 

'Fi<j^iou<ji  T£ 

Xâyavà  Te  X7.1  TC!!vOUT!,V  £7:1  TO'JTO'.Ç  u8oJp  * 

cpGsrpaç  0£  xal  Tp{pwva  T'/^v  t'  àAo'Jo-iav 

15  G'JO£li;  aV  'J-Oj'J.£'iv£',£  TWV  V£(i)T£pWV. 


4-15.  s  (Suidas,  5.  V.  noSayopa?  ...  'Aptorxooàiv  XÉyôt  Ttcpl  xwv  IluÔayoptatâiv 
—  vstoxspcov). 

1-2.  o'  'AXxp.a{wvt. •  'Ùç  Cob.  ôaXxua^wvt.  cbç  F  âXxp,at.wv',oç  Pl  Xax- 
|ji.ai(ijv[.  B.  2.  7tu9ayop!.a-TL  F  Ti'jÔayopt.crTT,  BP  n'jOayop!.T-:ai  Mén. 
4.  àpt.o'TO'^âvTiÇ  S'-^"^.  TruGayopiarTrj  BPP  Àsyct.  7r£pl  tcov  II'j9ayopt.a-Tà)v  — . 
T).  £cp7i  Cob.  è'cpri  T£  BPK  >  E.  twv  BPF  auTwv  S.  8  crjvcr'.Tc-rv  BP^  (7u<y- 
<7i,T£!rv  FS.  9.  £u^£pr,)  o'jo-^EpTi  Cob.  9-10.  X£y£',ç  £'' Tor?  P^T  àC /r 
A£y£t.  a-^TOt-ç  B  )iy£!,;  £v  tolç  F  XiyELç  toT;  P^  )iy£!,v  (jhoiç  H^*^  XiyE'.ç 

£La-TUOlÇ  X^"^'*.    10.  IkZ'JTo'Î^JlV  F  {JLEa-TOtTç  BPl  s.     11.  £Tt.  £V  TW  aUT(ô  >  S. 

12.  éaÔiioLicri:  T£  >  BPi:.  13.t£>F.  14.  os]  t£  Pl.  Tpifiwvaç  S^-^*. 
15.  v£o)T£pwv  BFS  £T£p(i)v  P  £v£pT£p(i)v  Naber  £v£ij)T£pwv  Nauck  ETÉpWV 
<  vexpwv  >  Diels. 


i.  Mnésimaque,  fr.  1  (Kock,  II,  p.  436). 

4.  Aristophon,  fr.  12-13  (Kock,  II,  p.  280). 

5.  ecp-q  xaxapàc;]  Supra,  §  21  ;  infra,  §  41. 


—  136  — 


39.   'ExeÀe'jTa  o'  o  TluGaydpaç  toûtov  tÔv  TpoTrov.  auveBpeûovTOç 

{JLETà   TWV    (TUv/jOcOV   £V    T'/)    MO.WVOÇ    Oixîa    TOUTOU,    UTTO   TÎ.VOÇ   TWV  {JLYi 

7rapa8oyT,ç  à^i-wGévTwv  oià  cpGdvov  uuo-pYja-GriVat.  tt,v  o'.xLav  o-uvépri. — 
TLveç  o'  auToùç  Toùç  KpOTwvt.âTaç  touto  Tipâçat.,  Tupavvîooç  è7zihe<7iy 
£Ù).aPou|j.évou(;.  —  tov  hr\  IIuGayopav  xaTaXEicpG'^vat.  Bt.£^!.ôvTa"  xal  5 
Trpdç  T(,vt,  -^wp^t})  yevd{jt.£voç,  TrXripEt  xuâjjiwv,  Lva  <  [jlti  >  8t.£pyo!.TO, 
aÙTdGt,  £a-TT|,  e^TTWV  àÀwvat.  <  av  >  |jt.âXlov  Tj  uaTYia-at,,  âvaLpEGyîva!, 
0£  xpEiTTOv  Ti  Xa)â,(7a!.  *  xal  WOE  Tïpoç  Twv  ôLwxdvTWv  à7ro(7^ayYivat.. — 
OUTW  OTj  xal  Toùç  TïXÊio'Touç  Twv  £Ta{p(i)v  auToû  OLacpGapriva',,  dvTaç 
TTpôç  Toùç  TETTapâxovTa.  ot.a(puy£rv  ô£  oOayouç,  wv  y,v  xal  'Apyùxaç  10 
6  TapavTLVoç  xat.  Aucrt,;  ô  7zpO£!.pT,p.£vo<;.  40. 


1-10.     (âxeXEUTa  —  xsxxapàxovTa). 

1.  -zikeDzàH^.  2.  [toûtou]  secl.  Cob^  toÙ < àGÀ-/i  >  toù  vel  Tou<Kpo- 
Twvtà  >  Tou  Cob^.  4.  xpoTwvLTaç  B.  5.  xaTa^Et-cpOrivat.  Schwartz 
{solum  rtlictum  esse  vertit  Meib.)  xaTaX-/)cpGTivat.  libri.  Èç'.dvTa 
6.  yEvdjjLEvoç  scripsi  y£vd[jL£vov  HPK^^.  uol  <  >  8'.£py^ot.TO  scripsi 
(cf.  §§  40  et  45)  (W  Slt.p^eto  auTdOt.  il  [W  auTdGt.  BPF  auToQ!.  TAPS  [W 
[auTdGt,]  Cob.  auTtxa  auTÔGt.  Mén.  7.  àv  add.  Cob.  7-8.  [àva!.p£G'?|vat.  — 
XaÀYÎa'a!.]  secl.  Cob.  8.  hé]  o'r\  F.  XoiXr^fyo.ij  d'k'xkr\jy.i  Herelius  àXûa-at, 
Mericus  Cas.  (sed  cf.  Intr.,  p.  24).  àTioacpayrivat.  BPS  âvat.p£Grivat  F. 
9.  BF  0£  P2^.  7rX£{ou;  F.  ÉTÉpwv  B.  10.  touç  >  F.  o'^tyL^TOuç  B. 
'ApyuTa;]  "\ç>yiTZTzoq  Mén.  Hùb.  Cob.  ex  Jambl.,  F.  P.,  249,  Por- 
pbyr.,  V.  P.,  55. 


1-3.  auvcopôuovxoç  —  auvé(3T)  et  9-11  :  ojxco  ôr^  —  Tcpoeiprjpivoç]  Hesychius 
(Scholie  Platon).  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  248  ss.  Néanthé  dans 
Porphyre,  V.  P.,  54  ss.  Diodore,  X,  11.  Philodème,  Rhét.,  II,  p.  180.  Tzetzès, 
Chil.,  XI,  80  ss.  Cf.  Plutarque,  De  Gen.  Socr.,  13;  Stoïc.  rep.,  37.  Hippolyîe, 
Adv.  haer.,  I,  2.  Olympiodore,     Phaed.,  p.  8.  Hesychius,  L^j?.,  s.  v.  'IxaXtwxTjç. 

4-  5.  xivèt;  —  euXapoufjLEvouc;]  Timée  dans  Jamblique,  V.  P.,  254  ss.  Justin,  XX, 
4.  Arnobe,  Adv.  nat.^  I,  40.  Ps-Acro,  SchoL  in  Horat.  Serm.,  II,  p.  162.  Cf. 
Polybe,  II,  39.  Alhénagore,  Leg,,  31.  Ausone,  Ed.,  II,  31.  Appien,  De  bello 
mitkr.,  28. 

5-  8.  xov  Ôt)  nuOaydpav  —  à7roaçpaY?^vat]  Cf.  Hermippe,  infra,  §  40.  Ps-Acro, 
Schol.  in  Horat.  Senn.,  II,  p.  185.  Attribué  à  des  Pythagoriciens  par  Néanthe 
et  Hippoboios  dans  Jamblique,  V.  P.,  189  et  Porphyre,  V.  P.,  61;  Ambroise, 
De  Viry.,  I,  4;  Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  5;  Nonnus,  Comm.  in  Greg.  hist.,  18; 
Artemii  Passio,  29. 

11.  cpTjal  Ô£  Atxatap)(^o(;...]  Fragment  plus  étendu  dans  Porphyre,  F,  P.,  56. 
Thémistius,  Or.,  XXIII,  p.  285  B.  Firmicus  Maternus,  1, 8, 18  ss.  Tzetzès,  CkiL,  XI, 


tÔv  ri'jOayôpav  otTToOaveîv  xaTacpuyovTa  etç  to  èv  Mcxa-novTÎCj)  Upôv 
Twv  Mo'J7(ov,  TcTTapâxovTa  r,|Jiépa^  àT'.TriTavTa. 

'llpaxXeWYlÇ    8s   CpT^a'.V   èv   TTj   T0)V   i^aTUpOU    lîûov   ÈTZ'.TOjJLT,    |Jl£Tà  TÔ 

.Sâ'lia!.  0£p£X'JO-r\v   èv   ArjAo)  è-raveXOcrv  £'!<;  'IxaAiav  xal  TravoatTLav 

5  eÛpOVTa   KÛXWVO;   ToO    KpOTCOV.OtTO'J    EtÇ   METaTlÔVT'.OV   'J7r£Ç£Â0£rv  xàxcL 

TÔv  (iitlov  xaTao-Tpstl^a!.  àa-ixta  [ji-rj  [îiotjXop.£vov  TTEpa'.TÉpw  Çt|V. 

"Ep[JLt.Tr7io<;  8e  cp7)0"L,  TroXefJLOuvTwv  'AxpayavT'lvwv  xa'l  X'jpaxo'jo-ûov, 
è^eXOerv  {jt.£Tà  tcov  o-jv/jOcov  tÔv  ll'jOayôpav  xal  7rpo<TTY,va!.  tojv  'Axpa- 
yavTLVwv*  TpoirriÇ  oè  yevojjiévYiç,  7r£p',xà;jL7T;TcivTa  a'JTOv  T7,v  tojv  xuâuiwv 

10  ywpav  UTzo  twv  Xupaxouo-îwv  àvaipc6T,va',.  Toûç  te  Xg!,7T0'jç,  ô'vxaç  Tipôç 
Toùç  7ï£VT£  xal  Tp'.âxovTa,  £v  TâpavTt,  xaTaxauOriVa!.,  .SÉAovTaç  dvT'.Tio- 
XiTeuEdGa!.  Toîç  TipoEo-Two-!..  41.  xal  aXAo  Tt,  Trepl  IluBayopou  cprifrlv 
ô  "EpiJLi.-TîOç.  Xéyei.  yàp  wç  yevopiEvoç  £v  'lTa)ia  xaxà  yT,ç  o'.x^txov 
irot.rjO-at.  xal  T'^   [jiTiTpl  évTELXa'.TO  rà  y!.v6|Ji£va  £''ç  oeàtov  ypâcpe'-v 

15  (TYjp.£tO'j[jL£VTiV  xal  TGV  y ^ôvov ,  ïizzvzcL  xa9(.£va',  aÙTw  eo-t'  av  avéAGï]. 


5-10.  Cf.  (non  ad  amussim).  12-15.  Cf.  4>v  :  (paal  ôè  oxi  y£vo(ji.£voç  — 

aùxqi. 

1.  xaxacpuyovTa  BP  Porphyr.,  V.  P.,  o7  aTrocpuyovxa  F.  3.  'Hpa- 
xXs^Btiç  BP  ripaxXïiç  F.  I^axùpoj]  axùpo'J  B.  i-îii-zo^r^irSi  'zoù  {jl*/]  B. 
4.  postxai:  lac.  susp.Cob.  5.  RûXwvo;]  MîXwvoc;  Mén.  et  Cob2.(utDG). 
p.£T(X7iovTov  B.  È^eXBerv  F  (éXGwv  <ï>).  7.  7roX£p.o'JVT(i)v]  -|- twv  F.  Hupa- 
xouo-twv  BPF^Ï>'^^^  o-uppaxoutriwv  <ï>^  liupaxocT'lwv  Hùb.  Cob.  8.  tov 
IIuQaydpav  [jiSTà  twv  a"uvT|ôwvrw  F.  [j-exà  twv  a-uvT,8wv  >  4^.  tov  IJuOa- 
ydpavJauTov  <I>.  Tcpoa-T'^vat.J  +  'rôv  TzuOaydpav  Fl.  9.  OLaxàjjiTCTOvTa  <Ï>p. 
10.  Supaxouo-iwv  BPF  o-uppaxouo-iwv  o-upaxoo-iwv  ^P'^^'.  11.  toùç] 
Toîc;  B.    13.  ô  >  F.  XÉys'.  yap  >  F.   14.  7ro'//;C7a'.  St.  7ro!.TiC>a!.  BPIF 

£7I0tr>a-£  <t>^.   £VT£!:Xa',TO   F   SVTef.Xat.   TO   P  ÈVTEîTXa!.    Bl    £V£T£{XaTO  <^ï>^. 

15.  auTw  F^ï)""  aÛTo     aÛTOV  B^. 


90.  Cf.  Papyrus  d'Herculanum  (Crônert,  Studien  zur  Pal.  und  Papyr.,  VI, 
p.  147). 

3-6.  'HpaxXeioTic;  —  ^t^v]  Anonyme  dans  Porphyre,  V.  P.,  55  ss.  Nicomaque 
dans  Jamblique,  V.  P.,  252. 

7  ss,  "EpfjLiTCTToc;...]  Hesychius  (Scholie  Plaion).  —  Artemii  Passio,  29. 

12  ss.  xal  oiXko  xi...]  Cf.  supra,  §§  21  et  38.  —  Lucien,  Gai.,  18.  TertuUien, 
De  an.,  28.  Scholie  de  Sophocle,  Electre,  v.  62.  —  Eustathe,  Ad  Ody s.,  pp. ilOi, 
61  et  1961, 10.  Origène,  C.  Celse,  II,  55. 


—  138  — 


TO'JTO  TTO'-TiTat.  TTjv  p.TiT£pa.  Tov  06  IIuGayôpav  [jLSTa  ^povov  àveXÔav 
Lo-^vov  xat  xaT£TX£).eT£"j |i.£vov  *  Eto-eXGdvTa  t£  £tç  TTiV  éxxXria-^av  cpàa-- 
x£',v  w;  otcpixTai  "A'-ôo'J  *  xal  ùr\  xal  àv£y{va)a-x£v  auTorç  rà  (tuijl[3£Ptj- 
xoTa.  ol  Oc  a-a!.v6{JL£V0!,  toTc;  )v£yo|JL£VOLç  Èôûtxpuôv  T£  xal  to|jL(i)Çov  xal 
£7:îa-T£'jûv  £ivai  tov  Il'jôayopav  Beïôv  Ttva,  wo-te  xal  xàç  yuvaixaç  5 
auTw  Tiapaôoûva!.,  wç  xal  tjia67)a-0[JL£vaç  tl  twv  auToCi  *  aç  xal  lluôa- 
yopixà;  xXT,9fiVai..  xal  ra'jTa  {i.£v  o  "Epfjn.TTTroç. 

42.  ^Ilv  G£  TCO  n-jGayôpa  xal  yuyi],  B£avà)  ovo[jia,  BpovTLvo'j  tou 
KpoTwvLâTou  3uyâT7)p*  ol  0£  yuvatxa  (jlev  Eivat.  BpovTtvou,  |jLa6'/iTpt.av 
0£  n^Gayopou.  r|V  auTw  xal  5uyocTTip  Aajjiw,  wç  cprio-t.  Aù(7ic,  év  Eitto--  iO 
toAt)-  TTpôç  'luTtao-ov,  TTEpl  IIuGayopou  Xéywv  outwç  *  ce  AÉyovTi  0£ 
izoXkoi  TL)  xal  8ap.0Tt!a  aît,Xoa-ocp£rv,  Ô7i£p  aTïaÇlwv  IIuGayopaç,  ôç  yé 
TOI  Aa{jLO!r  Ta  Éa'JTO'j  ^uyaTpl  TrapaxaTaGijjLEvoç  Ta  67ro|JLV7]|JLaTa  £X£- 
Xeu^e  jJiT,o£vl  Tcov   extoç   Ta;   oly,ixç  '7rapaôt.Bd[jL£v.   à  oï  Suvap-éva 


1-4.  Cf.  ^I^^'  :  |X£xà  os  y  po'vov  —  cr'jfjL{3£pTixdxa  .  ol  o'eOaufjia^ov. 

2.  îcjy^vov  BPF  cTTuyvôc;  (I>^.  xaT£C7XcX£U{ji£vov  Pi.  te]  Se  <Ï>^.  t>]v  >  F. 
3.  ô>i  xa{  >  OLÙ-oîc,  PP<Ï>^  aÙTOç  B.  7.  xal  —  ''Epp.L7C7roç  >  F. 
9.  |Jt.£v>  F.  ppovTlvou  E^vai. F.  10-11.  sv  —  '  luTrao-ov >  F^.  ll/lTuira- 
(Tov  BP  r7r7rap;)(;ov  F^  Hûb.  Cob.  Jambl.,F.  P.,  7o,  Epistol.  gr.,  p.  603. 
XÉyovTL]  cpavTf!  Jambl.  12.  tù  Hûb.  Cob.  Tot.  BPF  cte  Jambl.  Epist. 
oa[^.aa-îa  F-i.  cp!.Xoa-ocp£v  Cas.  M<^n.  Epist.  (Cod.  Fj  +  ToCç  EVTuy^àvouo-L 
Jambl.  TOîiEp  Jambl.  à-aqiwa-E  Cob.  Jambl.  Epist.  13.  tol  BP^  Jambl. 
Tàt.  F  >  Epist  Ta]  +  ÉauToCi  F.  ù-o|jLvà|jLaTa  Kûhn  Cob.  Epist. 
exéXeute  BPF  £7c£a-xatj;E  kûhn  Cob.  Epist.  TuapaSt.8ô[jLEv.  a]  TiapaSt-So- 
(jLEva  B. 


8.  y\)VTi  Osavo)]  Hermésianax  dans  Athénée,  XIII,  599  A.  Porphyre,  V.  P,,  4. 
Jiiinblique,  V.  P.,  146,265.  Suidas,  s.  v.  Oeavco^.  Artemii  Passio,  29.  Cf.  Photius, 
Cod.  249,  et  Arsénius,  Violet.,  p.  310,  W. 

9.  ol  0£  yuvar/ta  ...]  Suidas,  s.  v.  Bsava)  ^  et 2,  Jamblique,  T.  P.,  267.  —  Cf. 
Dicéarque  dans  Porphyre,  V.  P.,  19,  et  Didyme  dans  Clément, S/rom.,  I,  80. 

10.  ÔuyàxTjp  Aa[xco]  Jamblique,  V.  P.,  146. 

Aufftç  iv  £7riaToXri . . .  ]  EpisTOLOGR.vPHi  GKAEC[,  Hercher,  p.  603  et  Jam- 
blique, V.  P.,  72.  Cf.  Clément,  Strom.,  V,  57.  Synésius,  Epist.  ad  Her.,  143. 
Nicôphore  Greg.,  Hist.,  VIII,  7. 


Taç  Tw  TzaTpô;  £7t!.a-XTi^|;'-aç  èvô(Ji.U£  '/p'^Tw  Tt.ji.'.wTÉpa;  yi{jl£v,  xal  xatJTa 
Y^vâ.   »    43.  TjV  xal  T-riAa'jyri;  u'.oç  a'JTorç,    oç  xal  o'.EOÉqaTO  tÔv 
uaTÉpa  xal  xarâ  Tt-vai;  'Ep.TC£OOxA£OtJç  xaO'r|y-/|a-aTo .  'IrcTcôjjOTÔ;  yi  tol 
5  cp7|(T(.  XÉyELv  'iLjjLTCEOoxXÉa  TriAa'jyEi  * 

xXuTE  XOÛpE  6£aV0UÇ  lIuOayÔpEW  TE. 

(TuyypaijLfjLa  hk  cpÉpETat.  tou  TriXaùyouç  oùSsv,  ttiç  os  [jLTiTpôç  auToO 
SeoLVoùc,  T'.va.   àXXà   xat   cpao-Lv   auTi^v  èpiùZ'rfieï'JOLy   uoa-Ta'Ia  yuvTi 
(XTi'  àvôpoç  xa8ap£'j£'.,  cpâvat.'  (c  ol-ko  [jl£v  tol»  loIou  7iapa^pf,{jLa,  oltzo  0£ 
10  ToG  dWo'zpio'j  oùoETTOTE.   »   T'?,  0£  TCpôç  TOV  ToLov  avopa  [xeAAolktti 


4.  ^pa|jLâTwv  Cob.  âTCoBoa-Ga!,  Epist.  twç  F  Epist.  t'  w;  B  9wç 
Pi.  Xoyw;  F  Epist.  Xoyoç  BPi.  £^00X01671  BP  Epist.  (God.  F)  è^ou- 
XriQri  F  Epist.  (Codd.  PB).  TCVLav]  +  oé  Cob.  Epist.  2.  tw  T^aTpoç  T 
Epist.  Tw  upoç  Tcpç  F  Tw  7rp{  ôç  Pl  Twv  TiaTpiwv  B.  £7rt.a-x-/|^Laç  /r 
£7rt.(3-xTit[;£t.aç  F  ETX'.a-xstpLaç  BPl  £7rt.(7xà(j;t.aç  Epist.  £v6[ai.Ç£  BPF  £v6(Jit.T£ 
Epist.  £v6[ji!.^£  Hercher.  tijjlev  BP  Epist.  (God.  P)  £L(j.£v  F  £{j.£v 
Epist.  (Godd.  FB).  2-3.  xa{  —  yuvà  >  Epist.  3.  yuvà  r\y.  y.y.i  interp.  F. 
aÙTOLç  BPF  auToG  Gob.  (ex  DG).  4.  y£  Tot.]  U  F.  5.  EVTiESoxXéa  B. 
T'(]kciLuyeï  F  TriXauyT,  BP  T'/]Xatjy£ç  Bentley  et  Gob.  (ex  /  :  telauges?). 
6.  riuGayôpEw  F  TruGayôpaw  Pi  TT'jGayopiw  B.  7.  cp£p£Tai,>F.  S.GEavoOç 
TLva  aXXa  F.  9.  Si  >  B. 


3.  Tjv  xat  TT)XauyT](;...]  DioGÈNE,  I,  15  et  VIII,  53.  —  Porphyre,  V.  P.,  4. 
Jamblique,  V.  P.,  i46.  Eusèbe,  Pr.  eu.,  X,  14,  14.  Suidas,  5.  ij.  ©exvw^  et  5. 
T7)XauyTic:.  Photius,  Cod.  249.  Arsénius,  Vw/.,  p.  310,  W. 

4.  xal  xaxoc  xivaç  'EfJiTteSoxXÉouc;  xaG-riy-f^aaTo]  EusÈBE,  Pr.  eu.,  X,  14,  14. 
-Suidas,  s.  v.  TrjXaûyiQç  et  s.  v.  'E[j.7rEÔoxXïjç.  Arsénius,  FzoL,  p.  310,  VV. 

6.  xXuxè  ...  nuGayopoW  xe]  Fr.  155,  Diels. 

8.  Sea^oùç  xtva]  DiDYMEdans  GLÉMfiNT,  Strom.,  I,  80;  cf.  IV,  44.  Suidas,  s.  v. 
0£avûiet2,  stobée.  Ed.  phys.,  10,  13.  PoUux,  Onom.,  X,  21.  Gensorinus,  De  die 
naL,  7.  —  Lettres  dans  Hercher,  Epùtol.  graeci,  p.  603  ss. 

8-10.  spwxTQÔswav  —  ouosTcoxe]  Clément,  Strom.^  IV,  121.  Jamblique,  V.  P., 
132.  Stobée,  Flor.,  74,  53.  Théodoret,  Gr.  aff.,  XII,  7,  3.  Théon,  Progymn.  (Rhet. 
gr.,  II,  p.  98).  Arsénius,  VioL.,  p.  294,  VV.  -  Attribué  à  Pvlhagore  dans  Jamblique, 
V.  P.,  55. 


—  140  — 

Tiopeuea-Sa!,  TrapTjVet.  au.a  toÎi;  évSûjjLaa-!.  xal  ttiv  a'.o-yûv/^v  àTioTiGeaGat., 

(c  TTOLa;  ))  £cp-/)*  ((  TaÙTa  81'  a  yuvT,  xsxXrifjLai..  » 

44.   '0   0'  oùv   TluOayopaç,   wç   [jlev   'Hpax);6{8Ti(;  (pyja-lv  6  Toû 
SapaTtûovoç,   dyooTjXOVTOUTAiç  êteXeuTa,  xaTa  tt^v  i8{av  UTroypacp-r^v  5 
Twv  YiX'.xiwv*  w;  ô£  ol  TcXeiouç,  ett)  P',oÙç  evsvrixovTa. 

Kal  r|{jià)v  è(7Tt,v  siç  auxov  'Tce7rat,y[jiéva  oûxwç  e^ovxa* 

Où  {Jiovoç  d([iu^ot,(;  ETceye;  yipaç,  àXXà  xai  T^p-erç. 

TLç  yàp  ôç  £|JLc[»ùywv  -/]^aTO,  IIuGayopa; 
àXX'  ÔTav  £({>7i97)  Ti  xal  OTiTTiS^  xal  àX(.a-9^,  10 

Stj  tot£  xal  cj^uyY^v  oux  lyov  £a-9w|JL£v. 

^Hv  àpa  IIuôayopTi;  xotToç  a-ocpôç,  wctte  |j.£v  auTOç 

[jLTi  ^oLueiy  xps'.wv  xal  XiyEv  wç  ûf8!.xov, 
(7',T!!Ç£t,v  ô'  aAXouç.  ayajjiat.  aocpov*  aÙTOç  £(pa  |jl£v  15 

oux  a8t.x£rv,  TXkouç,  8'  auTÔ;  sTEuy'  aSt-XEiv. 


7-  11.  <I>v  :  ÈcjtI  ôè  £ic;  auxov  Ti[j.tov  STn'ypajjLfjLa  •  ou  —  £a0i'o[ji.£v. 

8-  11.  Anthol.  Palat.,  YII,  121. 

2.  ol6toI<;  4.  cpria-{v  >  F.  6.  évEvrixovTa]  +  évvia  Cas.  Jacoby. 
7.  7i£7rYiyp.£va  F -f- aiv  BP^.  outw;  iyoyza.  >  F.  8.  àt];ùyot.(;  èizéyeç 
BPl  àt}»6^0!.ç  èrzédje^  F  atj^ùywv  âTriyeç  Anthol.  a^ûywv  â7r£a-^£ç 
<ï>^  £|ji'|»uywv  duéjeç  TAC  /r  Cob.  :  cf.  Intr.,  p.  86.  X£rpa;  <ï>v. 
9.  ô(;>4>^.  nuGayopri  Anthol.  10.  tî.]  tiI  <Î>^  te  F.  ali^^  B4>^  Anthol. 
aÏG^î]  àyXwôvi  P.  il.  oux]  piri  Anthol.  e^Guoî/ev  F.  12.  dlV  F. 
13.  apa  >  F.  l4.  )iy£t.v  B.  15.  âyapiYi  B.  16.  £T£uy'  à8f.x£Lv  Cob. 
£Tuy'  à8ix£rv  BPF  àp'  TjV  a8!.xwv  St.  Cob^.  (ex  DG)  èS,  y'  à8t.x£rv  Meib. 


1,  à|j.a  xoiç  £vÔû[j.aat  xal  ttjv  aia)(^uvT)v...]  Cf.  Hérodote,  I,  8.  Clément,  Paed., 
II,  100,  2  et  III,  33.  Plutarque,  Coniug.  pr.,  10. 

5.  xaxà  TTjv  lôtav  uTroypacpi^v]  Cf.  supra,  §  10. 

6.  EvsvTjxovxa]  Hesychius  (Scholie  Platon).  Papyrus  d'Herculanum  (Cronert, 
Sludien  zur  Palâog.,  VI,  p.  147).  —  Variantes  :  Galien,  t.  XIV,  p.  ^i67,  K.  Jam- 
blique,  V.  P.,  265.  Théol.  Arithm.,  p.  49.  Syncellus,  Chron.,  p.  247  C.  Photius, 
Cod.  249.  Tzetzès,  ChiL,  XI,  92. 

8-11.  Cf.  §13. 
13-16.  Cf.  §  12. 


45.  xal  aXko  ' 


à(T7r LOoç  b]'jcpôpj3o'j  [iiXétj^ov  èç  o'iJLcpâX'.ov. 
cpTidl  yàp  ouxoç*  'Eywv  y^v  TTpôppoxoç.       o'  oxe  oûx  y,v 

S  Ccâo-XWV  (x)Ç  XLÇ  £TlV,   0'JX(.Ç  £7\V  Ox'  £7^7. 

xal  aXXo,  w;  éxEXfiûxa  * 

At,  ai',  lluGaydpr,ç  xt!  xdaov  xi;àp.O'j;  £<T£pàa-9-ri  ; 

xal  3àv£  cpoi-XTixarç  a|JL|jLtya  xoLf;  tSioiç. 
^wptov  Tiv  x'JocfJLwv*  Tva  p.Ti  xoûxo'jç  0£  7rax-r|(Tr), 
10  £^  'AxpayavxLvwv  xàxGav'  çvl  xp'.oow. 

"HxjJLa^E  8e  xal  xaxà  ttiv  É^Tqxoa-xriv  'OXufJiTriàûa  *  xat  aiixoO  xô 
crLi(mr|{jLa  5t.£{jL£'.v£  p>-é^pt.  yevEwv  évvÉa      xal  0£xa.    46.  XEXeuxaîoi 


7-10.  Anthol.  Palau,  VII,  122. 

2.  éôÉXriç  DGT  fr  è^éloïc;  BPF.  lluGaydpac  DGT  fr  TruGaydpoio  BPl 
TTuGayopow  F.  3.  Ecpop^ou  B.  djjicpâX'.ov  Mén.  djjicpaXdov  F  djjicpaXdv  BPl. 
4-5.  cpYio-l  —  xî.;  eV  >  Fl.  4.  sywv  P  aiywv  B.  r\y^  St.  Cob.  (ex  DG) 
rip-Yiv  BP.  5.  cpàa-xwv  Cob'i.  cpà<7X£t.v  BP.  B  P.  ol>x!.ç  Gobi. 
ôxxt.(;  BP'l  6a-xt.ç  F.  ox'  eV.v  F  ôx£  t,v  BP.  4-o,  cprio-l  yâp  •  oDxoç  (ouxoç  * 
St.  Gob^.)  éywv  riv  upo  [3pQxd;  (TrpdPpoxo;  St.  Gob^,)-  dç  8k  ôV  oux 
Tiv  (dç  8'  dxE  oux  'Àjv  St.  dç  o'  dîTox'  o'Jx  T,v  Gob2.)  Il  (X)âa-xcv  dx'  r^v, 
8ri7tOuy'  (ôTiTrou  St.  Gob^.)  oùx  ap'  (av  St.)  £r,v  dx'  È'r^v  (dx£  T|V  St.) 
St.  Boeper  Gob'^.  (cf.  DG,  Intr.,  p.  86).  S.  GàvE  (Gàvat.  B)  cpo'.xrixarç 
BPF  Gav£  cpuLXOLç  Godex  Anthol.  il.  xa{  >  Gob.  x'/^v]  -f-  8£ux£pav  xal 
Jacoby.   12.  r,  >  F.  xai  >  Pear.  Gob"^. 

2-5.  Cf.  §  5. 
7-10.  Cf.  §  40. 

11.  T]y.[ioile  8è...]  Augustin,  De  civ.,  18,  37.  —  Cf.  Aristoxène  dans  Porphyre, 
y.  P.,  9.  Cicéron,  De  rep.,  II,  28;  Tusc,  1, 38  et  IV,  2.  Diodore,  X,  3, 1.  Clément, 
Strom.,  I,  6o  et  129.  Aulu-Gelle,  XVII,  21,  6.  Jamblique,  V.  P.,  35.  Solinus,  XI, 
31.  Strabon,  XIV,  638.  Eusèbe,  Chr.,  II,  201.  Cyrille,  In  JuL,  I,  13  A.  Tatien, 
Adv,  Gr.,41. 

12.  èvvÉa    xal  osxa]  Cf.  Diodore,  XV,  76,  4.  Photius,  Cod.  249. 

12  ss.  xt\t\jTouoi  —  <ï>}aàato'.l  Cf.  Platon,  Phédon.  Jamblique,  V.  P.,  251 
et  267. 


yàp  syevovTO  twv  EuGayopeLwv,  o'jç  xat  'ApLUTd^svoç  eîSe,  SevôcpL^vdç 
T£  0  Xa)^x5.o£Ùç  dTcô  ©pàxT,;  xal  ^âvxwv  o  <ï>Xt.d(7!.0(;  xal  'E^expaTYjç 
xal  ^loxkriç,  xal  noXupLvaoToç,  <ï>Xt.da-Lot.  xal  aÙToL  '/icav  8k  dxpoaTal 
4>t,)voXâo'j  xal  EûpuTOU  twv  ïapavTLvwv. 

Feydvao-'.  ùe  IIuGaydpa^  TETTapeç  TtEpl  toÙç  auToùç  ^pdvouç,  où 
TioÀù  à?:'  dlXrjXwv  oLTïéyyvzeç'  elç  [jl£v  KpOT(i)vt.àTr\ç ,  TupavvLxoç 
avôpwTxoç  '  ETepoç  ^Xt,d(T!.0(;,  <TW{JLao-x7iTriç,  d).eL7T:T'riç  wç  cpao-i  Ti-veç* 
TpLTOÇ  ZaxÙvOtOÇ*  <  TSTapTOÇ  >  OUTOÇ,  OU  cpatTiv  sLvat.  TWTcdppriTov 
zr\ç  (DCko(70<X)iaq,  auTwv  StodcrxaXoç  *  sep'  ou  xal  to  «  Autoç  e«pa  )) 
Trapot-p. Laxov  elç  tov  pioy  r^^^ev.  47.  ol  ôs  xal  cxXkow,  dv8ptav- 
TOTTOiov    TrjyLvov,    yEyovEva».    cpacl    HuBaydpav,    upwTov  8oxoGvTa 


1.  £i8£]  otSe  vel  -rfiei  Richards.  2.  duo  Bpàxïiç  >  F.  cp£Xt.àc7(,oç  F  (ut 
vi(jetur).  3.  xaiS  >  F.  7.  [dA£{7ïT-/^ç]  sec).  Kûhn.  [d).e{7i:T7\ç  —  tlveç] 
secl.  Hûb.  Cob.  8.  TÉTapToç  add.  Hûb.  +  aÙTd;  Cob.  outoç,  ou  cpao-Lv 
Hùb.  ou  cpa(7t.v  ouToç  (oÛtw;  F)r*^BPF.  TWTidpp-AjTov  scripsi  TOUTrdp- 
prjTOv  BP  TOUTrdpTiTov  TaTidpp'riTa  fr  Cob.  9.  [-xutwv  8t.8da'xaXoç] 
secl.  Hûb  Cob.  [8t.8d(7xa).oç]  secl.  Kûhn.  11.  8oxo6vtwv  B. 


1.  ouç  xal  'Apiaxo^evo;  eTSe]  Cf.  Suidas,  5.  t;.  'Aptaxd^evoç.  Aulu-Gelle,  IV,  41. 

6.  sic  {J.èv  KpoTcoviaTT^ç...]  Cf.  Théopompe  et  Hermippe  dans  Athénée,  V, 
p.  213  F.  Tertullien,  ^poL,  46,  13. 

7.  acofxaaxTix-nç]  Cf.  supra,  §§  12-13. 

8.  Zaxuv6tO(;]  Aristoxène,  Harm.,  II,  p.  36.  Artémon  dans  Athénée,  XIV,  637  B. 
8-9.  Ta)7rdpp'r]xov  zTi<;  cptXoaocptaç]  Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  31.  Timée, 

ibid  ,  258.  Dicéarque  dans  Porphyre,  V,  P.,  19.  Aristoxène  dans  Diogène, 
VIII,  15. 

9.  aÙToç  £<pa]  vulgaire.  Cicéron,  De  nat.  deor.,  I,  5,  40.  Quintilien,  Inst.  or., 
II,  1,  27.  Clément,  Strom.,  II,  24.  Origène,  G.  Celse,  l,  7.  Cyrille,  Corn,  in  Is., 
32.  Julien,  Epist.,  63.  Valère-Maxime,  VIII,  15,  ext.  1.  Hermias,  /m^.  gent.,  46. 
Théodoret,  Gr.  a^.,  1, 12.  Grég.  Naz.,  Or.,  27, 10.  Scholie  d'Aristophane,  Nuées, 
195.  Olympiodore,  Vita  Plat.  (fin).  Cramer,  Anecd.  Par.,  IV,  414.  Hiéroclès,  In 
Aur.  Carm.,  45  ss.  Euslathe,  Ad  lliad.,  p.  37,  35.  Suidas,  s.  v.  aùxô*;  l'cpa.  — 
Cf.  Jamblique,  F.  P.,  53,  88,  255  (Timée).  Élien,  V.  H.,  IV,  17.  Ammien- 
Marcellin,  XXII,  16,  24.  Ausone,  XVIII,  29,  38.  Boëce,  Inst.  mus.,  I,  33. 

10-44.  àvSpiavxoTToiàv  Ttjy^vovJ  Polémon  dans  Athénée,  1, 19 B.  Pline,  H,  n., 
34,  19,  etc. 


xat  â'repov,  ir^Topa  pLOy^Oripôv  '  xai  îaxpôv  aXXov,  xà  Trept  tx'Xay.ç 
yeypacpÔTa  xa»!  xtva  -nepl  '()|jLT|po'j  o-uvxexayfjiévov  *  xaî  â'xepov  Afopuà 
7re'jrpay|i.axeu[JLévov,  tbç  At.ovûo-'.oc;  laxopeC. 
5  'Epaxoa-OevT.ç  8é  cprio-t.,  xaOô  xal  <l>aj3wpLvoç  o'yoôr)  lïavxooarcrjÇ 
Ma-xop'-aç  TiapaxiOexat,,  xoùxov  e^vat.  xôv  upwxov  evxéy^vcoç  TC'jxxeÛTavxa 
eul  xfjÇ  oyooTiç  xal  xexxapaxoo-XTiÇ  '()Xup.7r(.â8o<;,  xojjLTixiqv  xal  âXoup- 
yîSa  cpopoOvxa.  êxxpLGfivaL  xe  ex  Traiocov  xal  yXeuacrOévxa  a'jxlxa 
irpoo-p-TiVa!,  xoùç  à'vSpaç  xal  v!.xf,(TaL.  48.  8t,XoÛv  8e  xoûxo  xal  xoù- 
10  7t{ypa|jL|jLa,  ÔTiep  STiolria-e  Heaix'rixoç  * 

Il'jÔay6pr|V  XLvà,  IIuGayopriv,  (b  EeîTve,  xo|JLT,XTiV, 

a86fjL£vov  TiûxxTiV  E^  xaxeyet-ç  i^àfjLiov, 
riuGayopriç  éyw  eijjit.'  xà  8'epya  [jlou  eî' xlv'  epoLO 

'HXelwv,  cpT,a-£(.;  asjxov  aTtio-xa  Xéy£!.v. 


2.  axaXïiç  Muret  et  Cas.  (cf.  Plin.  N.  H.,  XIX,  30,  Galen.,  XIV, 
p.  567,  K)  o-xùXXtic;  C  xiXXriç  B  xriXriç  PF.  5-6.  xa96 —  'lo-xopiaç  >  F. 
£v]  +  XTj  Cob.  6.  TTpwxwç  F.  8.  ExxpiSevxa  Cob.  (ex  /  :  selectumque?). 
£x]  +  xwv  F.  9.  h-r\loùv  Cob.  (ex  DG  StiXol?)  auXoCiv  BPF.  xoùxw  P. 
11.  IIuQavopYiv-  >  F.  42.  â[,86fji.£vov  B  a86[ji.evov  P  àYi8ô|i.evov  F. 
14.  TiXeiov  F. 


1.  Sàfxiov]  Pline,  ibid.,  etc. 

2.  pTQTopa  [jLO)(^6T)pov]  Un  rhéteur  neiGayopaç  est  cité  par  Philostrate,  Vit. 
Sophist.,  19. 

taxpôv  àXXov]  Cf.  Gelse,  /)e  medic.,  I,  proœm. 

2-3.  xà  TTEpl  crxtXXriç  ysypacpoxa]  Cf.  PUNE,  F.  W.,  19,  30.  Galien,  t.  XIV, 
p.  567,  K. 

4.  (bç  Aiovuatoc;  laxopet]  Denys  d'Halicarnasse  ?  (Maass,  Phil.  Unt.,  III,  p.  32). 

7.  Elit  xîjc  dySoTiç  xal  Texxapaxocrxîjç  '0Xufj.7riàÔo<;]  Cf.  Africanus  dans  Eusèbe, 
Chron.,  I,  p.  200.  Antilochus  dans  Clément,  Strom.,  I,  80.  Tite-Live,  I,  18,  2. 
Denys  d'Halic,  Ant.  rom.,  II,  59,  2. 

6-7.  Ttuxxeuaavxa  ...  xofjLT^xfjv]  Syncellus,  Chron.,  p.  239B.  Lucien,  Gai.,  8; 
Vîi.  flwc^.,  2.  Jamblique,  F.  P.,  H  et  30.  Augustin,  Ep.,  III,  137,  3.  Cf.  Ps-Plu- 
tarque,  Prov.  alex.,  108.  Hesychius,  s.  v.  ev  l'ocjxqj  xo[x-nx-n^.  Diogénien,  IV,  58, 
Arsénius,  Viol.,  231.  Apostolius,  VII,  31.  Prov.  Vatic,  app.,  I,  87. 


—  144  — 


uXtiç,   £7tl  TcXéov  ôk  SwxpaTYiv  xal  Toùç  £X£![v(|3  7rXria-Là(TavTaç  xal 
p.£T'   a-jTO'jç  'ApLo-TOTéXriv  xal  Toùç  Stw.xo'Jç  *   âXXà  {jitiv  xal  tov 
oùpavov  TrpwTOV  dvo|JLà(Tat.  xoo-piov  '  xal  tt^v  yr\y  <jTç>oyyùXr\y  '  ôk 
©cOcppao-TOç,  napjjLEviSrjv  *       8k  Zt|Vwv,  'H<t{o8ov.    49.  toÛt(i)  cpriclv  5 
âvTt,7rapaTà(70'£a-6ai.  KùXwva,  xa6à7C£p  'AvtÎXo'^ov  S(i)xpà':£t.. 

'Eul  8k  ToO  âOXrjTOÛ  ITuGayopou  xal  toûto  éXéyeTO  to  £7ztypa|i.|jLa  * 

OuTw  TcuxT£U(j(i)v  £ç  '0Xù|jL7tt.a  Ttaiorlv  aviQ^oç 
r\ku^£  IIuÔayopTiç  'EpaToxXkou;  IlàtJLt.oç. 

'0  8k  cpt^offo^oç  xal  woe  éuko-TeiXe'  10 
(c  IIuBayopT.ç  'Ava$!.{jL£V£!.. 

Kal  cT'j,  w  Xà)a-T£,  £^  |jLT,okv  à|jL£!!v(i)v  Yjç  ITuBayopew  y£V£Tiv  t£  xal 
xXkoç,  {jLETavao-Taç  av  oiyeo  Ix  M!.À7iTG'J.  vùv  8k  xaT£pux£t.  a-e  r\  TiaTpd- 
6£V  £!JxX£!.a*  xal  £[ji£  T£  ocv  xaT£ipux£v  ' Ava?t,{JL£V£!.  lo'.xoTa.  el  8k  ù^eïi; 


2.  (TwxpâTri  B.  ExeLVO  P.  3.  {ji£t'  auTOÙç  scripsi  p.£T'  auToc  Pi  [ji£TauTâ 
B  p.£Tà  TaÙTa  F.  4.  upwTOv  >  B.  5.  toGto  F.  îp/jo-iv  BPF  cpaa-(v  Cob. 
(ex  DGT  fr).  6.  KùXwva  Mén.  Cob.  (cf.  §  40)  x68wva  BPF.  'AvtlXo^^ov 
Cob.  (cf.  II,  46)  âvTiSoxov  BP^F  àvT{8uov  T  fr.  7.  èTzi  PF  èmi  B.  tô  èTzi- 
ypa[AfjLa>  F.  8.  outw  BPlF  oOtoç  Cob.  (ut  fr  T).  £^£;  F.  9.  tiX8£  B. 
'EpaToxXsouç  scripsi  (cf.  Jambl.,  F.  P.,  25)  6  xpo  . . .  B'i  ô  xpoTEw  6 
xpdT£w  F  0  xpàT£03  ACT  fr  Cob.  6  xpoTcWt-o;  B2.  10.  (38e  >  B^ 
13.  71  >  B<.  14.  te]  8e  Cob.  xaTELpuxEv  P  xaTTipuxe  B  xaTepuxev  F. 


I.  ô'potç  yp-fiaaaÔai...]  Aristote,  Met.,  A,  5,  p.  987a;  M,  3,  p.  1078/?  21;  Eth. 
Nicom.,  E,  8,'p.  H326  21.  Cf.  il%na  mor.,  A,  1,  p.  1182a  11.  Jamblique,  F.  P., 
161. 

4.  xo'fffjiov]  Cf.  Platon,  Gorgias,  p.  508 A.  Aëtius.  II,  1,  1.  Jamblique,  V.  P., 
37,  59,  162.  Ps-Galien,  Hist.  phiL,  10.  Scholie  Iliade,  F,  1.  Photius,  Cod.  249, 
p.  440a. 

5.  IIap[x£viOTjvl  Cf.  DiOGÈNE,  IX,  21. 

Touxqj  oTjalv...|  Aristote  dans  Diogène,  II,  46. 

II.  Wu^cLyopr^ç  'Avaçtfjiévçt]  Réponse  à  la  Lettre  d'Anaximène  à  Pythagore, 
Diogène,  II,  5. 


—  i4:i  — 


Ol    OVT/.TTO!.   Tàç    IZoX'.T.^    £XÂe'i(p£T£ ,    OtTTÔ    jJlEV    a'JT£(OV    Ô    XOT[;.0;  7.'.p£- 

OTia"£Ta',,  £7r'-xt.vo'JvdTepa  0£  ai)Tr;Tr.  Ta       Mt,ogjv.    50.  0'JT£  0£  à£Î. 
xaÂÔv  aîOcOoAoy'/r,  ti£Â£0(i)v6v  ts  £'Iva!.  rr,  rraTviv.  xocAÂ'.ov.  xal  iyôj  0£ 
où  TavTa  Tcpl  Toù^  £[jL£(i)'jro'j  aûOo'j;,  aAAa  xal  £v  ttoaejjlo'.;  oO;  O'.a- 
5  cpÉpo'JO't.v  £s  âXÀ'/jAO'jç  'iTaXtcTjTa'-.  » 

'Ktze'.ot)  os  Tzepi  II'j9ay6po'j  0!.£AriÀ'jOatjL£v,  z'r~ioy  tzcO'.  twv  £A),o- 
yîtjLwv  lluGayop!,xwv  *  jjlsO'  O'jç  TCEpl  twv  o-TuopâoY.v  xarà  T'.vaç  cpspo- 
u£V(i)v  *  ETTc'.ô  o'JTw;  £çâ'^oijL£v  TT,v  o'.aooyY^v  TO)v  à^ûov  AÔyo'j  É'ojç 
'E7Z',xoûpo'j  xaOà  xal  7:po£'.prixa[jL£v.  7Z£pl  ti.£v  O'jv  B£avoùç  xa'.  T/iXai!»- 
10  yo'jç  oiE'AsyuLEOa  •  ).cXT£Ov  o£  vùv  -cpl  'EjjiTrEoox/iouç  -p(7jT0V  xaTa 
yâp  T',va;  IluBayopO'j  O'/r^xo'ja-Ev. 


1.  ol  dvr(!,(TTOt.  Hùb.  ol  ôvT,«T-:o{  F  olov  r.TTO'.  B  ol'o/  y,a":oi  l'L  ttoae'.ç 

F.  £x)v£{tj;£T£  P  £x)â6£Ta',  I»  £xA£'!J;TjT£  F  OilzZ^r^dZZX'.  F  £'jp£9Y,a-£Ta'.  Bl*. 
î2.   £T:t.Xt.V0'Jv6T£pa  T   fi'  £Tl!.X'.VOUvdT£pOV   DG   £7rl  0£   X'.VO'JVOTEOa  B'P^F 

(xivô'JvwTepa).  0£  >  BP.  OLUTr^rri  F  ai>Tr,;  P'  a'JTT,;  £'1  T..  0£  >  F', 
aîet  F.  3.  xaAov  >  FV  cx'l^EpoAoyECv  B.  4.  £[jt.£W'JToG  P  £ti.£Oi  biu'où  B 
(wu  2^111.?)  £(j."£  aÙToù  F.  o  £ç  >  F.  6.  tov  B^.  8  Xdyou  F  Àdyoj;  BP'. 

"10.         vOv  >  F.    TZpWTOV    F   -pfOTO'J    l>l'L     11.   O'//,X0U(T£V    F   ôr//iXO'JT£  B 

Sltixo'jev  pl. 


4.  àXÀà  xal  £v  TioXsfjLOK;...]  Cf.  Porphyre,  Y.  P.,  21.  Jamblique,  V.  P.,  33. 
6-11.  i^Tsio^  —  orv/ooj£v]  Cf.  I,  15;  VIII.  91  ;  IX,  20. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


10 


COMMENTAIRE 

ET 

ETUDE  DES  SOURCES 


4>£pc  xa{  —  oiaXàpwjjiev.  Celle  inlroduction  reprend  la  classifi- 
calion  annoncée  dans  le  Prologue,  au  paragraphe  13.  Je  renvoie 
à  ce  propos  aux  noies  de  l'Introduclion,  pages  50  et  suivantes. 

1 .  Le  premier  chapitre  traite  de  l'origine  et  de  l'ascendance 
de  Pythagore. 

^  l.  —  w;  ccY.cr'v  "Epjjl'.titlo;.  Cette  citation  d'Hermippe  me 
paraît,  à  cause  de  sa  place  et  parce  que  Soculoç  représente  plutôt 
l'opinion  vulgaire,  se  rapporter  à  la  profession  du  père  du 
philosophe  et  non  à  la  patrie  de  Pythagore. 

Tuppy.vô;  àuô  [x'-àç  twv  vticj-wv  xtX.]  Néanthe ,  dans  Porphyre, 
V.  P.,  2,  cite  plus  particulièrement  l'île  de  Lemnos.  Celte  opinion 
avait  rallié  de  bonne  heure  de  solides  autorités,  puisque  à 
Aristoxène  se  joignent,  d'après  Clément  d'Alexandrie  (Strom., 
I,  6i),  Arislarque  (lequel?)  (^)  et  Théopompe.  D'où  vient  cette 
tradition?  Les  anciens  biographes  ont-ils  voulu,  comme  le  pense 
Ed.  Meyer  (^),  expliquer  par  cette  origine  barbare  le  mysticisme 
de  Pythagore,  qui  paraissait  étranger  à  la  Grèce?  Ou  les  Pytha- 
goriciens étrusques  (cf.  Jamblique,  V.  P.,  127)  n'ont-ils  pas 
cherché,  par  l'invention,  de  ces  rapports,  à  glorifier  leur  patrie? 


(1)  Preller,  Rose,  Stàhlin  conjecturent,  en  place  de  ce  nom,  celui  d'Aristote. 

(2)  Gesch.  des  Altert.,  II.  §§  502  s. 


—  148  — 


Un  passage  de  Phitarqiie  {Qu.  Conv.,  VIII,  7)  montre  que,  de 
son  temps  encore,  on  fouillait  le  folklore  étrusque  pour  y 
trouver  l'explication  de  plusieurs  croyances  et  préceptes  pytha- 
goriciens et  que  l'on  concluait,  de  ces  concordances,  à  l'origine 
étrusque  de  Pythagore.  Mais,  précisément,  ces  parallèles  sont 
institués  par  quelqu'un  qui  se  réclame  de  la  race  étrusque. 
A  ce  point  de  vue  encore,  rien  de  plus  instructif  qu'un  frag- 
ment d'Antonius  Diogène  conservé  par  Porphyre,  V.  P.,  10  : 
l'opinion  de  l'origine  tyrrhénienne  s'y  trouve  liée  à  une  légende 
miraculeuse  dont  l'origine  étrusque  n'est  pas  douteuse  (^). 

Origine  phliasienne.  —  L'extrait  qui  débute  par  îyioi  U  se 
prolonge,  à  en  juger  par  la  continuation  du  style  indirect, 
jusque  Zis)Ckou  toG  Beiou.  Cette  opinion  est  déjà  signalée  par 
l'historien  Lycus  dans  Porphyre,  V.  P.,  5.  Mais  une  concor- 
dance plus  intéressante  est  fournie  par  un  passage  de  Pausanias 
(II,  13,  1),  qui  rapporte  la  généalogie  suivante  :  Hippase, 
Euphron,  Mnésarque,  Pythagore.  Pausanias  prétend  la  tenir 
de  traditions  locales  de  Sicyone  et  de  Phlionte.  La  ville  de 
Phlionte  servait  de  décor,  dans  un  conte  d'Héraclide  Pontique 
(cf.  in/m,  ^  S),  à  l'entrevue  de  Pythagore  avec  le  tyran  Léon. 
D'autre  part,  il  existait  à  Phlionte,  dès  le  début  du  W  siècle, 
un  cercle  pythagoricien  qu'a  rendu  célèbre  le  début  du  Pliédon. 
Dès  lors,  on  est  fondé  à  chercher  l'origine  de  ces  légendes  du 
type  hagiographique  dans  la  confrérie  de  l'endroit  et  à  donner 
ainsi  raison  à  Pausanias. 

Pour  illustrer  la  tradition  isolée  qui  appelle  Marmacos  le 
père  de  Pythagore,  notons  que  Plutarque  (Paul-Émile,  2,  1  et 
Nurria,  8,  11)  et  Festus  {s.  v.  AemUia)  donnent  le  nom  de 
Mamercus  à  Tun  des  fils  du  philosophe.  Ici,  nous  avons  affaire 
au  travail  des  généalogistes  romains  :  la  gens  Aemilia  prétendait, 
en  effet,  descendre  de  ce  personnage,  qui  aurait  été  surnommé 
Aemylios. 


(^)  W.  ScHULZ,  Herakles  am  Sckeidewege,  —  Philologus,  1909,  p.  493.  L'aiileur  de 
cet  article  s'est  mépris  sur  le  rôle  attribué  à  Pythagore  dans  la  lég^ende. 


—  \\\) 

^  il.  —  xa-  rpLût  TTOTT.G'.a  xtX.  «Ichris  (rniiccdolc  n'csl  pns  ;i  sn 
place  dans  un  chapitre  (pii  esl  réservt3  à  la  Caniille  du  pliilosoplic. 
(le  genre  de  sur[)rises  foinKî  une  des  caracléristi(|ues  de  la 
(c  nianièie  »  de  Diogène.  Celte  note  annonce  déjà  les  relations 
de  Pytliagore  avec  les  prêtres  égyptiens  (J^  «])  :  celles-ci  sont 
attestées  par  un  grand  nombre  de  l)iogra|)lies,  dont  le  plus 
ancien  est  Antiplion  (Porphyre,  V.  /\,  7). 

£(j/£  o£  xal  àûsAcpoLiç . . .  Cette  notice  provient,  à  en  juger  par  le 
nom  de  Tupp/.voç,  de  la  même  source  primordiale  que  les 
traditions  de  l'origine  étrusque.  J'en  vois  une  preuve  de  plus 
dans  le  fait  ([u'elles  se  retrouvent,  réunies,  dans  l'extrait  bio- 
graphique d'Antonius  Diogène,  cité  plus  haut.  Un  degré  plus 
ancien  dans  les  autorités  biographiques  est  formé  par  le  nom 
de  Néanthe  (Por[)hyre,  V.  P.,  il).  Signalons  que  dans  le  frag- 
ment de  Néanthe  connue  dans  celui  d'Antonius  Diogène,  le 
frère  ainé  s'appelle,  non  Euvouo;,  mais  Ejvgctto;  :  ce  sont,  à 
l'origine,  de  simples  variantes  paléographiques. 

xal  ooûXov  Zâ[jLOA;!.v  :  vieille  légende  que  racontaient  déjà,  à  en 
croire  Hérodote  (IV,  95),  les  colons  grecs  du  Pont  et  de 
THellespont.  Elle  est  destinée  à  expliquer  certaines  ressem- 
blances des  idées  religieuses  des  Gètes  avec  celles  des  Pytha- 
goriciens, spécialement  en  ce  qui  concerne  la  croyance  à 
l'immortalité  de  l'âme.  Elle  s'est  constituée  des  mêmes  éléments 
que  les  récits  des  voyages  de  Pythagore,  mais  elle  a  suivi  un 
processus  tout  différent  et  servi  des  tendances  contraires  : 
Pythagore  est  apparu  comme  le  maître,  non  comme  le  disciple 
de  Zamolxis.  C'est,  sans  doute,  parce  que  les  colons  avaient 
grand  intérêt  à  rehausser  le  prestige  de  la  civilisation  grecque 
dans  leurs  relations  avec  les  populations  de  l'hinterland. 

La  citation  d'Hérodote  parait  se  rapporter  à  Kpôvov  vojjllÎ^ovteç  ; 
c'est  à  tort  :  il  n'est  pas  question  de  cette  identification  dans  le 
texte  de  l'historien.  Yoilà  un  des  nombreux  exemples  de 
citations  inexactes  qu'on  trouve  dans  les  compilations  de  la 
littérature  alexandrine.  C'est  Mnaséas  (d'après  Suidas,  s.v.  Zajji., 
et  l'Etymologicum  magnum,  ibid.),  qui  identifiait  Zamolxis 


—  150  — 


avec  Cronos.  Dans  ces  textes,  la  citation  de  Mnaséas  voisine 
avec  celle  d'Hérodote.  On  peut  croire  qu'il  en  était  de  même 
dans  l'un  des  manuels  compulsés  par  Diogène  :  ainsi  s'expli- 
querait la  méprise  du  compilateur. 

2.  Section  réservée  à  l'éducation  et  aux  voyages  d'études  de 
Pythagore. 

o'jTo;  Y.xoj<Tc  xTA.  Lcs  autoHtés  qui  confirment  les  rapports 
avec  Phérécyde  sont  si  nombreuses  et  si  anciennes  et  les 
légendes  qu'elles  racontent  sont  empreintes  d'une  tendance 
édificatrice  si  évidente  qu'on  peut  les  faire  dériver  des  cercles 
des  anciens  Pythagoriciens  eux-mêmes.  La  tradition  repose-t-elle 
sur  un  fondement  historique  ou  est-elle  seulement  destinée  à 
expliquer  des  ressemblances  de  doctrines? 

Ces  rapports  apparaissent,  dans  la  tradition,  sous  un  double 
aspect  :  dans  sa  jeunesse,  Pythagore  reçoit  les  enseignements  de 
Phérécyde;  plus  tard,  il  donne  ses  soins  à  son  maître,  accablé 
par  la  vieillesse  et  la  maladie,  et  l'ensevelit  pieusement.  La 
fixation  chronologique  du  second  événement  était,  chez  les 
Anciens,  fort  débattue.  I^es  uns  estimaient  que  Pythagore,  à 
l'époque  de  la  mort  de  Phérécyde,  n'avait  pas  quitté  l'Ionie; 
selon  les  autres,  il  s'était  déjà  établi  en  Italie  et  il  avait  dû  faire 
le  voyage  de  Crotone  à  Délos  pour  aller  soigner  son  maître. 
L'auteur  suivi  ici  par  Diogène  adopte  la  première  opinion, 
comme  Dicéarque  et  Néanthe  (Porphyre,  V.  P.,  56  et  1), 
Porphyre,  T.  P.,  15,  et  probai)lement  Apulée,  Flor.,  II,  15. 
Un  anonyme  antérieur  à  Dicéarque  (Porphyre,  V.  P.,  55), 
Héraclide  Lembos  (Diogène,  VIII,  40)  etNicomaque  (Jamblique, 
V.  /^,  184,  252;  cf.  Porphyre,  V.  P.,  55)  reportent  ce  voyage 
à  une  date  ultérieure  et  le  font  coïncider  avec  le  début  des  trou- 
bles antipythagoriciens  de  Crotone.  Sans  mentionner  ce  syn- 
chronisme, Diodore,  X,  3,  4,  comme  Aristoxène  probablement 
(Diogène,  I,  1 1^^),  place  le  voyage  à  la  même  époque. 

Ces  divergences  d'opinion  s'expliquent  par  les  variations  des 
historiens  anciens  sur  la  chronologie  de  la  vie  de  Pythagore. 


Par  exemple,  si  I  on  adople  la  lixalion  ordinaire  de  l'àx;//,  de 
JMiéréeyde  à  Tii!  (l)io^ène,  I,  1^1),  et  (ju'on  place,  comme 
Aristoxène  (Porphyre,  \  .  I\,  î)),  le  départ  de  Pyllia^ore  j)Our 
l'Italie  vers  534,  il  est  bien  évident  (jne  Pvtliaj;ore  dut  ([uitter 
l'Italie  [)oiii'  aller  ensevelir  son  maître  à  Délos.  deux  (pii  sont 
d'un  autre  avis  reculent  d'aulant  le  départ  de  Pytliagore  pour 
Crotone  :  c'est  le  cas  [)our  Dicéarcpie  et  Néantlie  et  probable- 
ment aussi  pour  Timée,  qui  plaçait  ce  départ  vers  512  (!). 

La  source  de  Diogène  en  ce  passai^e  paraît  être  Pséantlie; 
qu'on  se  reporte,  pour  en  juger,  au  1  (cf.  15)  de  la  Vie  de 
Porphyre. 

Y.xojo-sv  'Ep[xo8â[jLavTo;.  Ce  personnage  peu  connu  est  présenté 
comme  l'un  des  maîtres  de  Pythagore  par  Néanthe,  ilnd.,  et 
par  Apollonius  (Porphyre,  V,  P.,  2  et  Jamblique,  V.  P.,  11),  qui 
paraît  utiliser  Timée.  Dans  Apulée  (Flor.,  II,  15),  ce  descendant 
de  Créophyle  porte  le  nom  de  Léodamas  :  simple  variante 
orthographique.  Cette  notice  témoigne  des  efforts  tentés  par 
les  familles  des  aèdes  ioniens  pour  rattacher  à  leurs  Ecoles 
un  génie  tel  que  Pythagore. 

J:^  3.  —  éyéveTo  ouv  h  A'.ytJTrTw  ...  Dans  ce  chapitre,  Diogène  cite 
Antiphon,  mais  seulement  pour  corroborer  un  détail  :  Pytha- 
gore aurait  appris  la  langue  égyptienne.  Dans  la  Vie  de  Por- 
phyre, l'extrait  de  ce  biographe  est  plus  étendû  (§§  7  et  8)  et  la 
comparaison  permet  de  lui  rapporter  aussi  le  passage  de  Diogène 
qui  mentionne  une  lettre  de  recommandation  adressée  par 
Polycrate  à  Amasis. 

La  question  chronologique  est,  ici  encore,  très  confuse. 
Antiphon  place  la  période  des  voyages  au  temps  de  Polycrate 
(532  et  après),  à  une  époque  où  d'autres  biographes,  Aristoxène 
en  tête,  font  entreprendre  à  Pythagore  le  voyage  d'Italie.  Nous 
reconnaissons  ici  les  mêmes  divergences  chronologiques  que 
nous  avons  constatées  à  propos  de  Phérécyde.  Antiphon  suit  la 
tradition  de  Dicéarque. 


(1)  Cf.  le  Musée  belge,  1920,  pp.  5  et  suiv. 


Une  autre  difïerence  consiste  en  ce  que  les  relations  de 
Pytliagore  avec  Polycrate  apparaissent  ici  comme  cordiales. 
Selon  Aristoxène  et  d'autres  auteurs,  au  contraire,  Pythagore 
gagne  l'Italie  pour  fuir  la  tyrannie  de  Polycrate. 

Les  auteurs  qui  placent  les  voyages  d'études  au  début  du 
règne  de  Polycrate  sont  :  Jamblique,  V.  P.,  J 1  (Apollonius)  ;  les 
Theologoumena  Arithm.,  p.  40;  Strabon,  XIV,  63:2,  et  Apulée, 
Flor.,  II,  15.  Strabon  combine  d'ailleurs  les  deux  traditions  : 
quand  Pytbagore  rentre  à  Samos,  Polycrate  gouverne  toujours 
la  ville  et  le  philosophe  se  décide  à  s'expatrier.  Même  conta- 
mination de  deux  sources  contradictoires  dans  Diogène  (e^xa 
EîravvOev  elç  Hâij-ov  xta).  Ces  divergences  n'ont  pas  provoqué 
l'étonnement  du  compilateur,  qui  adopte  successivement  les 
deux  points  de  vue. 

On  ne  peut  dire  avec  certitude  si  Diogène  (ou  l'un  de  ses 
auteurs)  a  pris  aussi  dans  Antiphon  l'idée  des  voyages  en 
Chaldée  et  en  Perse.  Mais  Antonius  Diogène  (Porphyre,  V.  P., 
W  ss.),  qui  paraît  utiliser  Antiphon,  décrit  aussi  l'initiation  de 
Pythagore  à  la  science  et  aux  rites  religieux  des  Chaldéens 
et  des  Mages. 

Les  notices  sur  les  voyages  de  Pythagore  à  l'étranger 
remontent  aux  sources  les  plus  anciennes  de  la  biographie, 
Aristoxène  et  ïimée.  On  peut  même  déjà  découvrir  cette  tendance 
chez  Isocrate  {Busiris,  28) .  Cette  partie  de  la  légende  de  Pythagore 
paraît  avoir  une  origine  indépendante  de  la  tradition  de  l'Ecole  : 
Pythagore,  démon  ou  dieu,  n'avait,  en  effet,  rien  à  apprendre 
auprès  des  prêtres  ou  des  savants  étrangers.  C'est  donc  dans  la 
tradition  érudite  que  se  sont  formés  les  rudiments  de  ces  récits. 
Les  tendances  xénophiles  des  historiens  du  IV^  siècle,  toujours 
enclins  à  explicjuer  la  civilisation  grecque  par  des  emprunts  à 
l'Orient  ou  à  l'Egypte,  ont  pénétré  aussi  dans  la  biographie. 
Mais,  une  fois  ce  courant  établi,  l'esprit  de  l'Ecole  réagit  sur  les 
récits  en  vogue  et  s'ingénia  à  leur  donner  un  caractère  mer- 
veilleux ou  édifiant  et  à  les  adapter  à  la  propagande  pythago- 
ricienne. 


On  |)(Mil  nolcr,  dans  ces  recils,  une  Iciidîmcc  i\  élargir  de  plus 
on  |)Ius  le  cercle  des  voya^^^es  du  pliilosoplie.  IMus  la  tradition 
est  récente,  plus  nombreux  et  éloignés  sont  les  peuples  dont 
la  religion,  la  science  ou  les  mœurs  servent  d'ohjet  d'études  à 
iSilia^ore.  C'est  (jue  le  cercle  des  connaissances  i;éot;raphi(pies 
et  elhnoi;raplii(|ues  des  historiens  s'est  ai^randi.  (Vest  aussi  (|ue 
tous  rivalisent  à  trouver  des  sources  nouvelles  des  doctrines 
pvtliagoriciennes.  A  l'origine,  on  se  contente  de  l'Egypte,  de  la 
Chaldée,  de  la  Perse.  Plus  lard,  on  y  joint  l'Arabie,  l'Inde,  la 
Judée,  la  Gaule.  On  voit  que  Diogène  s'en  est  sagement  tenu 
aux  traditions  les  plus  anciennes. 

Notre  auteur  rapporte  ensuite  que  Pythagore  visita,  en  com- 
pagnie d'Épiménide.  l'antre  du  mont  Ida,  en  Crète.  Porphyre, 
r.  P.,  17  (cf.  un  fragment  biographi(|ue  d'un  papyrus  d'Hercu- 
lanum)  (^),  raconte  aussi  l'initiation  de  Pythagore  aux  mystères 
de  l'Ida.  D'autre  part,  Apulée,  Flor.,  II,  15,  met  en  rapport 
Pythagore  avec  le  prophète  crétois  Epiménide.  Ces  biographes 
s'intéressent  avant  tout  à  la  formation  du  caractère  religieux  et 
du  mysticisme  de  Pythagore  A  un  stade  plus  ancien  de  la 
tradition,  au  contraire,  c'est  par  des  motifs  profanes  qu'on 
explique  le  voyage  en  Crète.  Selon  Timée,  que  suivent  Apol- 
lonius (Jamblique,  F.  P.,  25),  Justin,  XX,  4,  et  Valèrë-Maxime, 
VIII,  7,  ext.  2,  le  voyage  de  Pythagore  en  Crète  et  à  Lacédé- 
mone  avait  pour  but  l'étude  des  lois  et  des  institutions.  Il  faut 
encore  rattacher  au  même  groupe  de  traditions  la  légende  selon 
laquelle  Pythagore  prit  femme  en  Crète  (Porphyre,  F.  P.,  4; 
Suidas,  s.  v.  Beavw^). 

Pythagore  revient  ensuite  à  Samos  et,  ne  pouvant  supporter 
la  tyrannie  de  Polycrate,  il  s'embarque  pour  Crotone.  En  Italie, 
il  établit  des  lois  et  fonde  une  Société  de  trois  cents  membres 
qui  gouverne  aristocratiquement  la  ville. 

La  première  partie  de  cette  notice  provient  d'Aristoxène 
(Porphyre,  F.  P.,  9).  La  seconde  est  un  résumé  assez  inexact  de 


0)  Crônert,  Studien  zur  ]*aldographie...,  VI,  p.  i^7. 


Timée  (Justin,  X\, 4,  et  Apollonius  dans  Jamblique,  T. P., ^54). 
Cet  historien  avait  évalué  à  trois  cents  le  nombre  des  membres  de 
la  Société  et  avait  attribué  à  leur  politique  des  tendances  conser- 
vatrices. Mais,  comme,  dans  son  récit  des  persécutions  dirigées 
contre  les  Pythagoriciens  (Jamblique,  V.  P.,  ^54  ss.),  ceux-ci 
s'élèvent  contre  les  exigences  du  mouvement  démocratique,  la 
Société  peut  passer,  aux  yeux  d'un  lecteur  superficiel,  pour  un 
club  aristocratique..  L'erreur  s'est  aggravée  du  fait  que  Diogène 
attribue  à  Pythagore  l'établissement  de  lois  nouvelles.  Pytha- 
gore  est  devenu  ainsi  un  réformateur  politique. 

11  n'est  pas  sans  intérêt  de  suivre  le  processus  de  cette 
altération  de  la  tradition,  puisque,  par  bonheur,  l'examen  des 
passages  parallèles  permet  d'en  découvrir  l'origine.  Nicomaque 
(Porphyre,  V.  P.,  21,  et  Jamblique,  V.  P.,  33),  citant  les 
villes  où  s'est  exercée  l'influence  de  Pythagore,  ajoute  cfXç  xal 
vouLO'jç  eSeTO  oict  Xaowvoa  te  toG  KaTavaîou  xat.  ZaÀsùxou  toG  Aoxpoù. 
Ce  texte  permet  de  reconstituer  trois  étapes  dans  l'altération 
de  la  tradition.  On  commence  par  rattacher  les  législateurs 
(mythiques?)  de  la  Grande-Grèce  à  l'Ecole  pythagoricienne; 
on  fait  ensuite  Iionneur  de  leur  œuvre  à  l'influence  de  Pytha- 
gore; enfin,  un  abréviateur  peu  consciencieux  dépeint  Pythagore 
comme  un  réformateur  politique. 

3.  4  et  5.  —  Diogène  rapporte  quelles  furent,  selon 
Héraclide  Pontique,  les  existences  antérieures  de  Pythagore  : 
Aethalide,  fils  d'Hermès;  Euphorbe,  héros  de  la  guerre  de  Troie; 
Hermotime  et  enfin  Pyrrhos,  pêcheur  délien.  Héraclide  présente 
cette  série  de  préincorporations  comme  un  récit  de  Pythagore 
(TTspl  auToO  Totoe  Xeys'.v)  et  il  insère  dans  ce  récit  deux  anecdotes. 
L'une  rapporte  qu'Euphorbe  décrivait  le  circuit  (ttepitcoXyict!.?)  de 
son  àme  dans  des  métempsycoses  animales  et  végétales,  ainsi  que 
les  châtiments  qu'elle  avait  subis  ou  qu'elle  avait  vu  infliger  à 
d'autres  âmes  dans  les  Enfers.  L'autre  est  un  trait  de  la  vie 
d'Herujotime  :  voulant  prouver  qu'il  avait  existé  sous  le  nom 
d'Euphorbe,  il  se  rendit  à  Brapchides  et  y  désigna  le  bouclier 


(l'lùi|)lu)rlK\  t'x-volo  dédie  pnr  Mciirlas  on  souvenir  de  sa  vie- 
toire  sur  iMiphorhe. 

E.  liolide,  (|in  a,  le  premier,  éliidié  cette  curieuse  léf^cnde 
(Jlhcin.  Mus.,  \\N  I,  p.  557),  supposait  d'ahord  (pi'lléraclide 
s'inspirait  ici  d'un  livre  pvtlia^^oricien  apoci  vplie,  une  sorte  de 
Karâ6aîT'-s  '  A-ooj  OÙ  Pytliagore  se  serait  mis  en  scène.  Dans  une 
Scliolie  de  Sopliocle  [Electre,  v.  G"2),  en  etï'et,  Pytlia^oie  paraît 
présenter  la  connaissance  de  ses  existences  antérieures  comme  une 
révélation  (ju'il  a  reçue  aux  Enfers.  Diogène  nous  aurait  même 
conservé  un  frai>'ment  de  cet  ouvrage,  au    14  de  cette  biot'raj)liie. 

Plus  tard  (Psyché,  IP,  p.  417),  convaincu  par  des  objections 
de  Diels  [Arcliiv  l'ùr  (lesch.  der  Pliii,,  111,  p.  409),  il  convint 
que  l'existence  d'un  tel  écrit  à  l'époque  d'Héraclide  n'était  pas 
prouvée.  Il  admit  que  la  ypacpri  citée  au  14  est  l'ouvrage 
pythagoricien  tripartite  cité  aux  6  et  ss.,  dont  l'auteur  a  pu 
utiliser  le  récit  d'Héraclide.  Le  rai)port  établi  par  le  Scholiaste 
de  Sophocle  entre  les  métempsycoses  et  la  descente  aux  Enfers 
dérive  d'une  combinaison  tardive.  La  seconde  notice  ne  provient 
pas,  d'ailleurs,  d'Héraclide,  puis({ue  la  xaTâêacr'.ç  est  expliquée 
par  une  supercherie,  mais  de  la  parodie  d'Hermippe  (Diogène, 
VIII,  41).  La  légende  des  préincorporations  serait  tout  entière 
de  l'invention  d'Héraclide,  sauf  la  partie  relative  à  Euphorbe, 
où  Rohde  reconnaît  un  fonds  beaucoup  plus  ancien.  Divers 
auteurs  (Scholiaste  d'Apollonius  de  Rhodes,  I,  645;  Cléarque  et 
Dicéarque  dans  Aulu-Gelle,  IV,  11)  répètent  cette  tradition  avec 
de  légères  modifications.  D'après  Rohde,  l'ouvrage  d'Héraclide 
qui  est  utilisé  ici  par  Diogène  ne  peut  pas  être  le  ttcoI  twv  h  aoGu 
comme  le  supposait  Diels.  Cette  conjecture  se  heurterait  aux 
mêmes  objections  que  soulève  l'hypothèse  d'un  ouvrage  intitulé 
KaTotêacrt.;  :  le  rapport  établi  entre  la  descente  aux  Enfers  et  les 
métempsycoses  est  tardif. 

Tout  récemment,  P.  Corssen  [Rliein.  Mus.,  1912,  p.  28) 
et  A.  Rehm  (ibid.,  p.  423)  ont  cru  reconnaître  dans  ce  fragment 
d'Héraclide  un  extrait  du  dialogue  Abaris,  qui  mettait  en  scène 
Pythagore  et  paraît  avoir  contenu  une  description  des  Enfers. 


Ce  me  semble  être  une  entreprise  chimérique  de  rechercher  à 
quelle  œuvre  d'Héraclide  ce  fragment  appartient.  Il  est  possible 
que  ce  soit  au  -ed  twv  év  aooj,  comme  le  pensait  Diels;  je  ne 
puis  me  rallier,  sur  ce  point,  à  la  critique  de  Rohde.  En  effet, 
une  profonde  différence  sépare  la  version  du  Scholiaste  de  celle 
d'Héraclide.  Le  premier  place  la  description  des  Enfers  dans  la 
bouche  de  Pythagore.  Dans  le  récit  d'Héraclide,  au  contraire, 
Pythagore  ne  joue  qu'un  rôle  très  effacé  :  c'est  Euphorbe  qui 
retrace  les  épisodes  de  la  vie  infernale.  Pour  la  même  raison, 
il  est  difficile  d'admettre  que  nous  ayons  affaire  à  un  extrait  de 
VAbaris,  où  Pythagore,  et  non  Euphorbe,  était  au  premier  plan. 

Rohde  estime  que  cette  légende  est  sortie  tout  entière,  hormis 
l'épisode  d'Euphorbe,  de  l'imagination  d'Héraclide.  Cette  opinion 
ne  me  paraît  pas  suffisamment  tenir  compte  de  l'antiquité  des 
passages  parallèles  et  des  conditions  d'éclosion  de  la  littérature 
religieuse.  Pour  jeter  quelque  lumière  sur  ce  sujet,  il  est 
nécessaire  de  considérer  les  rapports  de  la  version  d'Héraclide 
avec  celles  des  autres  auteurs. 

On  peut  classer  en  trois  catégories  les  textes  qui  nous  entre- 
tiennent de  ce  sujet.  Les  uns  ne  mentionnent  que  le  souvenir  de 
l'incarnation  de  l'àme  de  Pythagore  dans  la  personne  d'Euphorbe. 
D'autres  rapportent  la  même  série  de  métempsycoses  que  le  texte 
d'Héraclide.  Dans  cette  catégorie,  il  faut  distinguer  ceux  qui  se 
contentent  de  reproduire  la  même  série  de  noms,  de  ceux  qui 
établissent  un  rapport  entre  cette  révélation  et  une  descente  aux 
Enfers  de  Pythagore  :  Tertullien  (De  anima,  28),  le  Scholiaste 
de  Sophocle  [Èlectre,\.  62)  et  Suidas  [s.  v.  iù-ri).  Cette  tradition, 
dégagée  des  éléments  parodiques  qu'une  critique  assez  tardive 
y  a  introduits,  me  paraît  représenter  une  variante  ancienne 
et  intéressante.  Elle  est  apparentée  aux  notices  du  IV^  siècle 
qui  rapportent  une  descente  de  Pythagore  aux  Enfers  : 
Hiéronyme  de  Rhodes  (Diogène,  VHI,  21),  Aristophon  (Dio- 
gène,  Vm,  38),  etc. 

Enfin,  d'autres  auteurs  connaissent  des  séries  différentes  de 
métempsycoses  dont  Euphorbe  forme  toujours  le  noyau.  Je 


relevé  dans  eelle  ealégorie  les  noms  de  Dieéarcjue  et  de  (^léarcjiie, 
biographes  à  j)eu  près  eonteinporalns  d'Heraelide.  I^a  notice  des 
Theologouiiiena  Aritliinetica,  page  iO,  (jui  eile  eoninie  autorités 
Aristoxène,  Androeyde,  Enbulide,  Néanlhe  et  llij)pol)otos,  a 
négligé  de  rappeler  les  noms  des  personnages  qui  l'orment 
la  ehaine  mystique;  elle  se  borne  à  indicjuer  le  nombre 
d'années  (-!())  de  l'intervalle  qui  sépare  deux  incarnations. 

l^a  plus  ancienne  allusion  au  miracle  mnémoni(jue  de 
Pythagore  paraît  figurer  dans  les  vers  d'Empédocle  (t'r.  1^9 
Diels  =  Porphyre,  V.  P.,  30;  Jamblique,  V  P.,  67)  (')  : 

petT'  ô  ye  twv  o'vtwv  uàvTwv  Asûo-o-ea-xev  é'xao-Tov 
xai  T£  0£x'  àvGpWTctov  xa'i  t'  c'ixoo-'.v  aiwvca-T'.v. 

Si  l'on  considère  l'antiquité  de  ces  notices,  leur  nombre  et 
leur  variété,  il  me  semble  impossible  d'admettre  que  le  seul 
récit  d'Héraclide  puisse  avoir  fourni  la  matière  de  cette  riche 
éclosion  de  légendes  religieuses.  11  faut  en  chercher  l'origine 
dans  la  littérature  miraculeuse  sortie,  dans  le  courant  des  VP,  V* 
et  IV^  siècles,  des  Confréries  pythagoriciennes.  On  peut  affirmer 
que  la  version  d'Héraclide  n'est  pas  empruntée  à  une  KaTàêaa-ic; 
attribuée  à  Pythagore,  non  pour  les  raisons  invoquées  par 
Rohde,  mais  parce  que  la  description  des  Enfers  y  était  faite 
par  Euphorbe.  C'est  là  une  des  caractéristiques  de  la  tradition 
héraclidienne  :  Euphorbe  est  la  figure  centrale  de  la  légende, 
bien  qu'on  ne  puisse  méconnaître  que  Pythagore  forme  comme 
le  couronnement  et  la  raison  d'être  de  la  construction  mystique. 

Cette  remarque  permet  de  jeter  quelque  lumière  sur  le 


(1)  Rohde,  Psyché,  H-,  p.  417;  Diels,  lors.,  I',  p.  272.  Empédocle,  il  est  vrai,  ne 
citait  pas  le  nom  du  personnage  qu'il  décrit  dans  ces  vers.  Timée  y  reconnaissait 
Pyiliagore  (Diogène,  VIII,  54);  d'autres,  Parménide.  En  tout  cas,  l'opinion  de 
quelques  auteurs  modernes  (|)ar  exemple,  Zellek,  Silzungsber.  der  Berl.  Akad., 
1889,  pp.  985  et  suiv.),  selon  qui  ce  portrait  est  celui  d'un  personnage  mythique  de 
l'âge  d'or,  ne  me  parait  pas  soutenabie.  Les  anciens,  qui  lisaient  le  texte  intégral 
du  poème,  y  ont  vu  un  personnage  historique. 


caractère  de  l'œuvre  religieuse  utilisée  par  Héraclide.  Elle  est  née 
d'un  essai  de  syncrétisme  de  la  sotériologie  pythagoricienne 
avec  le  culte  phrygien  du  héros  Bon-Pasteur.  Il  a  dù  exister 
au  VP  siècle,  dans  la  littérature  de  la  renaissance  religieuse 
qu'on  appelle  ordinairement  orphique,  faute  d'une  désignation 
plus  exacte,  quelque  apocalypse  d'Euphorbe.  On  peut  rattacher 
aux  idées  de  ce  courant  religieux  qui  glorifie  le  héros  asiatique, 
une  tradition  rapportée  par  Callimaque  (^)  (Hunt,  Oxijr/i. 
Pap.,  YII.  p.  33)  : 

.  .  .  YpâcpovTa  (scil.  TGV  ©aXvîv)  tÔ  c7/rj[jia 
TO'jçeup'  0  <î>p'j^  E'JcpoG[j[o;],  o<7Tiç  âvOpwTiojv 
Tp[tY]  wva  xal  a-x[a)v7)và]  Tipwxoç  £yp[a](j;£ 

Xal  X'JXAOV  £7r[TaU.T,X£']  Y,0£  V'^a-T£Û£!.V 

Twv  £|JL7rv£é[vT](i)v  e['i7rev  * 

Euphorbe  est  représenté  ici  comme  le  révélateur  de  la  géo- 
métrie astrologique  et  l'initiateur  à  la  pratique  de  l'abstinence. 
On  comprend  ainsi  pourquoi  il  a  pu  être  honoré  comme  un  pré- 
pythagoricien et  pourquoi  il  forme  la  principale  figure  de  la 
chaîne  de  métempsycoses  de  Pythagore  (^). 

On  peut  signaler  un  autre  trait  caractéristique  de  la  légende 
d'Héraclide  dans  l'histoire  de  la  reconnaissance  du  bouclier.  Le 
rôle  joué  par  Hermotime  en  cette  occasion  est  attribué  dans 
toutes  les  autres  traditions  à  Pythagore  et  la  scène  de  l'anec- 
dote est  placée  ailleurs  :  à  Argos,  à  Mycènes,  à  Delphes,  etc. 

La  comparaison  avec  quelques  passages  parallèles  (Maxime  de 
Tyr,  Diodore,  TertuUien,  Scholiaste  de  17/ia(/e)  permet,  malgré 
les  divergences,  d'éclaircir  le  texte  de  Diogène,  qui  pèche  par 

obscurité    (£T:£0£t.;£v  Y,v    MevÉXaoç  àvÉGrixEv  ao-Tiioa,   etc.).  Il  faut 


(1)  L'auteur  f-uivi  par  Diodore,  X.  6,  4,  s'est  imaginé  que  le  nom  d'Euphoibe 
représentait  ici  Pythagore,  ce  qui  est  inadmissible,  pour  des  raisons  d'ordre  chro- 
nologique. On  ne  pouvait  songer  à  faire  décrire  par  Thalès  des  figures  géomé- 
triques inventées  par  Pythagore.  L'auteur  de  Diogène  Laërce,  I,  25,  a  bien  compris 
qu'il  s'agissait  du  héros  phrygien. 

(2)  Comparez  à  ceci  le  rôle  que  joue  ce  personnage  (BouxoXtofjç  Eucpop(3oç)  dans 
la  révélation  des  vertus  magiques  des  pierres  (Orphée,  Lith.,  v.  431  et  suiv.). 


enliMidrv  llerniolinie,  coinine  s'i^ini  du  iniiaclc,  désigne  l'un 
des  boucliei's  déposés  en  ex-voto  comme  étant  celui  d  F^ipliorlx;. 
On  le  retourne  et  l'on  découvre  l'inscription  Kùcpôppoj,  ([ni  con- 
vainc les  assistants. 

4.  J^jj  (l-IO.  —  Chapitre  relatif  aux  écrits  de  IStiiagore. 

Diogène  commence  par  une  polémique  contre  ceux  qui  nient 
que  Pvthagore  ait  laissé  des  écrits.  Le  texte  présente  ici 
quelques  dilïicultés  d'interprétation.  11  est  donc  nécessaire  de 
le  traduire  : 

(c  Certains  prétendent  que  Pvthagore  n'a  pas  laissé  d'écrit; 
mais  ils  se  trompent.  Héraclite,  en  tout  cas,  le  crie  presque 
et  déclare  :  «  Pythagore,  le  fils  de  Mnésarque,  a  pratiqué  la 
»  recherche  plus  que  tous  les  hommes  —  et,  ayant  fait  un  choix, 
))  il  a  composé  ces  livres  (qui  forment)  sa  propre  science,  sa 
»  lourde  érudition,  ses  artifices  [oti  :  et,  ayant  pillé  ces  écrits, 
»  il  a  fabriqué  sa  propre  sagesse...  etc.]  ».  Il  a  parlé  ainsi,  vu 
que,  au  début  de  son  traité  De  la  Nature,  Pythagore  s'exprime 
comme  suit  :  «  Non,  par  l'air  que  je  respire;  non,  par  l'eau  que 
»  je  bois,  je  n'infligerai  pas  un  blâme  au  sujet  de  ce  discours  ». 

Sur  le  point  de  savoir  quel  sens  Diogène  (ou  sa  source)  a 
donné  à  la  seconde  partie  du  fragment  d'Heraclite,  il  n'y  a  pas 
de  doute  possible.  De  toute  évidence,  il  l'a  interprétée  dans  le 
premier  sens,  puisqu'il  y  relève  une  preuve  de  l'existence  d'écrits 
de  Pythagore.  En  outre,  Diogène  établit  un  rapport  de  cause  à 
effet  (é-eLOTjTcep)  entre  le  début  du  cpua-t.xdv  de  Pythagore  et  la  cri- 
tique d'Héraclite.  Diels  remarque,  à  juste  titre  (^),  qu'il  paraît 
considérer  le  blâme  d'Héraclite  comme  une  réplique  à  une  sorte 
de  défi  de  Pythagore  et  il  propose  de  corriger  le  ou  xaToia-to  ^6yov 
des  manuscrits  :  «  je  n'infligerai  pas  de  blâme  »,  d  ailleurs  mal 
construit  avec  tcscl,  en  ou  xot'  olo-w  ^j>6yov  :  «  je  ne  supporterai 
jamais  de  blâme  ». 


(1)  Ein  gefàlscfites  Pythagorasbuch,  dans  VArchiv  fiir  Gesch.  der  Philos.,  III, 
p.  453. 


—  1(30  — 


Diogène  indique  ensuite  la  nature  des  trois  ouvrages  écrits 
par  Pytliagore  :  c'est  un  7za',5£UTwôv,  un  uoXltuov  et  un  tpucj-.xov. 
Il  en  cite  des  extraits  aux      9  et  JO. 

H.  Diels  a  démontré  (^)  que  ce  traité  tripartite  est  un  faux 
écrit  vers  le  IIP  ou  le  IP  siècle  avant  Jésus-Christ  en  dialecte 
ionien  et  rédigé  en  partie  d'après  le  Recueil  de  Sentences  pytha- 
goriciennes d'Aristoxène.  Non  seulement  il  en  retrouve  des 
débris  dans  la  biographie  de  Diogène,  mais  il  en  signale  encore 
l'influence  dans  le  Ps.-Ocellus,  Varron,  Ovide,  Diodore  et  Lucien. 
Diels  pense  que  le  faussaire  a  calqué  la  division  tripartite  de 
son  livre  sur  celle  de  l'ouvrage  pythagoricien  que,  d'après 
certaines  traditions,  Philolaos  aurait  vendu  à  Platon  (Satyrus 
dans  Diogène,  VIII,  9;  Jamblique,  V.  P.,  199,  et  Diogène,  YIII, 
15  =  Aristoxène).  Il  aurait  opposé  son  œuvre,  comme  une 
édition  authentique  des  écrits,  restés  secrets,  de  Pythagore,  à 
la  publication  de  Philolaos,  condamnée  par  les  Pythagoriciens 
restés  réfractai res  à  toute  divulgation  des  doctrines  par  l'écrit. 

On  peut  chercher  ailleurs  encore  l'explication  de  la  division 
tripartite  et  rendre  compte  en  même  temps  des  titres  choisis 
par  le  faussaire.  Il  est  à  noter,  tout  d'abord,  que  la  distinction 
de  trois  sciences  correspond  aux  trois  ordres  d'activité  de  l'an- 
cienne Société  pythagoricienne  :  les  études  scientifiques,  l'édu- 
cation de  la  jeunesse,  la  politique.  C'est  aussi  la  raison  pour 
laquelle  certains  auteurs  prétendent  que  la  Société  était  divisée 
en  classes,  parmi  lesquelles  on  note  des  oixovo|jL'.xo{,  des  Tzokizixoi, 
des  cp'jcruo'l  ou  heiùpri'z'.KO'.  (^).  On  peut  encore  rapprocher  cette 
distinction  de  celle  qu'établit,  dans  la  philosophie  de  Zoroastre, 
une  notice  des  Scholies  de  Platon  (/n  Alcib.,  p.  480).  On 
sait  qu'un  grand  nombre  d'auteurs,  dont  le  plus  ancien  est 
Aristoxène  (Hippolyte,  Adv.  Iiaer.,  I,  2,  13),  considèrent 
Zoroastre  comme  le  principal  maître  de  philosophie  de  Pythagore. 


(*)  Loc.  cit.,  pp.  451  ss. 

(*)  Jamblique,  V.  P.,  72,  74, 107,  lOS,  150;  Scholies  à  Théocrite,  XIV,  o;  Photius, 
€od.  249;  Si  idas.  v.  riuOayopac;;  Aulu-Gelle,  I,  9;  Varron  dans  Augustin, 
heord.,  II,  20.  Cf.  mon  Essai  sur  la  politique  pijthagoricienne  (Paris,  Champion, 
4922),  pp.  23  et  suiv. 


L'extrait  de  la  scliolic  :  xpia  pép/i  çpOvOcroçptaç  c'!va'.  xax'  ajTOv,  cpuduôv, 
otxovo{jLudv,  TToXtTuôv,  rc[)r()d 11  1 1  à  jxmi  près  les  titres  des  oiivraj^es 
pythagorieiens,  car  on  peut  donner  à  o'IxovofjiLxôv  son  sens  le  plus 
général.  Le  uepl  cpOo-ewç  de  Zoroastre  est  cité  par  Antonius  I)io- 
gène  dans  Porphyre,  V.  P.,  1^;  Proclus,  fii  liemp.,  H,  p.  101), 
et  Suidas,  s.  v.  Zwpoàdxpriç,  et  il  est  aisé  de  reconnaître;  dans  les 
doctrines  qui  lui  sont  attribuées  (lïippolyte,  Adv.  Iiacr.,  I,  2,  13 
et  VI,  23;  Plutarque,  De  an,  procr.,  M,  2,  etc.)  des  théories 
pythagoriciennes  qu'on  n'a  mênie  pas  pris  la  peine  de  déguiser. 

Je  crois  retrouver  la  mention  de  ces  ouvrages  pythagoriciens 
dans  l'une  des  versions  de  la  Lettre  de  Lysis  à  Hipparque  (ou 
Hippase)  sur  le  précepte  pythagoricien  du  secret  (Hercher,  Epist. 
gr.,  p.  GOl  ss.;  cf.  Jamblique,  F.  P.,  146;  Diogène,  VIII,  42). 
Pythagore  aurait  laissé  à  sa  fille  Damo  des  uuopLVTifjiaTa,  qui 
auraient  passé  à  sa  fille  Bitalé,  puis  à  Télaugès.  Celui-ci  les 
aurait  utilisés  pour  écrire  1'  'lepo;  A6yo;  (en  prose  et  en  dialecte 
dorien).  Il  est  fort  possible  que  cette  revision  de  la  Lettre  ait 
d'abord  servi  d'introduction  à  la  publication  du  faux  tripartite. 
Elle  aura  servi  plus  tard  de  marraine  à  l'édition  de  l' Ispoç  Aoyoç 
miraculeusement  retrouvé.  Ainsi  se  succèdent  plusieurs  généra- 
tions d'apocryphes  qui  se  volent  leurs  actes  d'état  civil,  d'ailleurs 
truqués,  et  se  chassent  les  uns  les  autres  (^). 

La  constitution  du  texte,  le  sens  et  l'authenticité  du  fragment 
d'Héraclite  forment  des  questions  fort  controversées.  Évidem- 
ment, il  ne  peut  venir  à  Tesprit  de  personne  de  l'interpréter  à 
la  façon  de  Diogène,  qui  fait  dépendre  Taura;  -zk^  o-uyypacpàç  de 
èr^oi-firra-zo  et  qui  regarde  ces  a-uyypacpa{  comme  des  écrits  de 
Pythagore. 

Th.  Gomperz  (Sitzungsher.  der  Wien.  Ak.,  1887,  p.  1003) 
considère  les  mots  éx).£ià{jL£voç  TauTaç  xàç  o-uyypaœà;  comme  une 
interpolation  introduite  par  l'auteur  de  l'ouvrage  pythagoricien 
apocryphe  pour  servir  de  preuve  d'authenticité  à  son  œuvre.  Il 


(*)  Cf.  mes  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  pp.  105  et  205. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


11 


entend  -ol'jaahir^v  comme  un  complément  direct  et  o-ocpiriv  comme 
une  apposition.  Ed.  Zeller  (Sitz.  der  Berl.  Ak.,  1889,  p.  986) 
incline  à  croire  que  xaÛTaç  ràç  crjyypacpà;  aurait  remplacé  un  xauxa 
primitif.  A  son  avis,  o-ocpLTiv  joue  le  rôle  de  complément  direct, 
TzoXutjLaGe'Tiv  celui  d'apposition.  Diels  {Arc/iiv  /'.  Gescli.  der  Pliil., 
III,  p.  451,  n.  1,  et  Vorsokr.,  1^,  p.  103),  qui  interprète  le 
texte  comme  Zeller,  tient  le  fragment  pour  apocryphe  ou  tout 
au  moins  pour  falsifié.  La  principale  objection  qu'il  élève  contre 
l'authenticité  est  que  ce  texte  sert'de  point  d'appui  à  un  faux 
pythagoricien.  Selon  lui,  il  fut  créé  sur  le  modèle  des  fragments 
40  et  81.  Cependant  Burnet  {Early  Greek  Philos.,  p.  147,  3,  — 
trad.  franç.,  p.  150)  et  Eisler  [Weltenmantel  und  Himmelszelt, 
p.  720,  2)  admettent  l'authenticité  du  texte.  Tout  récemment, 
enfin,  Gercke  [Einleitung  in  die  Altert.,  IP,  1902,  p.  366),  pré- 
cisant certaines  remarques  de  Burnet,  a  répondu  d'une  façon  qui 
me  paraît  convaincante  aux  objections  de  Diels.  Concernant  les 
origines  suspectes  du  fragment,  il  remarque  que  le  faussaire 
devait  juger  bien  plus  avantageux  de  tirer  parti  d'un  texte  authen- 
tique d'Héraclite,  qui  paraissait  faire  allusion  aux  (Tuyypà{jL(jiaTa 
pythagoriciens,  que  d'en  forger  de  toutes  pièces  un  nouveau  ou 
d'entreprendre  une  falsification,  qu'un  érudit  alexandrin  pouvait 
aisément  dénoncer.  Après  une  pénétrante  analyse  du  sens  des 
mots  et  des  rapports  grammaticaux,  il  traduit  :  Pytliagoras 
verarbeitete  die  Forschung,  das  vor/iandene  Wissen  (anderer), 
und  mac/ite,  nachdem  er  seine  Auswahl  daraus  getroffen  liatte, 
dièse  Urkunden  zu  einer  eigenen  Afterweisheit.  Taùzaq  tolç 
auyypacpâç  est  pris  ici  pour  un  complément  direct,  mais  le  terme 
ne  désigne  nullement  des  écrits  de  Pythagore,  mais  bien  les 
sources  écrites  de  son  érudition. 

Deux  vers  d'un  auteur  du  siècle,  Ion  de  Chios  (Diels, 
Vors.,  F,  p.  287,  fr.  4  douteux),  rappellent  assez  une  partie 
du  fragment  d'Héraclite  : 

e^Tiep  lludayop'^iç  et'jjjlwç  o  o-ocpoç  izepi  TtàvTwv 


—  1G3  — 


Le  rapport  est  évident.  Ion  aurait-il,  [)ar  hasard,  lait  allusion 
aux  mots  nu'cliants  d' Heraclite?  En  tout  cas,  les  deux  textes 
s'éclairent  l'un  l'autre,  bien  que  l'un  soit  inspiré  par  la  bien- 
veillance, l'autre  pénétré  d'une  acerbe  critique. 

I^evenons  au  texte  de  Diogène. 

Au  ^  7,  après  avoir  cité  les  trois  ouvrages  de  Pythagore, 
l'auteur  ajoute  :  tô  8è  <pepd(jLsvov  tbç  Uu^ctyopou  Aua-.odç  èrjTi.  Cette 
note  paraît  former  le  complément  de  l'opinion  anonyme  qui  ne 
reconnaissait  pas  d'écrits  authentiques  de  Pythagore  :  ï^ioi  pkv 
rijGaydpav  tjiriBk  ev  y.oLTOLknzzïv  (yùyypoL^^ÔL  cpao-L.  Il  semble  qu'on 
puisse  regarder  ces  deux  phrases  comme  des  vestiges  du  fonds 
primitif  de  la  biographie,  recouvert,  lors  d'un  remaniement 
postérieur,  par  l'alluvion  de  l'ouvrage  tripartite.  En  effet,  dans 
le  Prologue  (16),  Pythagore  est  èlassé  parmi  les  philosophes  qui 
n'ont  pas  laissé  d'écrits.  Entre  tous  les  auteurs  qui  niaient 
l'existence  d'ouvrages  authentiques  de  Pythagore,  retenons  le 
nom  de  Démétrius,  l'une  des  sources  favorites  de  nos  biogra- 
phies. Il  citait,  en  effet,  Philolaos  comme  le  premier  Pythago- 
ricien qui  eût  écrit  uepl  (puo-ewç  (Diogène,  VIII,  85). 

Il  n'est  guère  possible  de  préciser  la  nature  ou  le  titre  de 
l'ouvrage  que  la  note  de  Diogène  attribue  à  Lysis.  Ménage  son- 
geait aux  Vers  Dorés.  Mais  Nauck  a  prouvé  que  la  publication 
des  Xpuo-à  "EuT)  est  d'époque  fort  tardive  (^).  Selon  Diels  (/.  c, 
p.  452,  n.  4),  l'auteur  de  Diogène  envisageait  peut-être  le  poème 
del"Iepo;  Adyoç.  On  peut  s'étonner  de  voir  attribuer  un  ouvrage 
pythagoricien  à  Lysis,  car  celui-ci  passait  pour  l'auteur  d'une 
Lettre,  célèbre  dans  la  Tradition  alexandrine,  qui  condamne 
l'enseignement  public  et  réprouve,  par  conséquent,  toute  publi- 
cation. 

Diogène  reproduit  ensuite  un  extrait  d'Héraclide  Lembos  qui 
attribue  six  ouvrages  à  Pythagore.  La  formule  qui  introduit 
cette  citation  paraît,  de  prime  abord,  indiquer  qu'Héraclide  ne 


(*)  Dans  l'Appendice  à  son  édition  de  la  V.  P.  de  Jamblique.  Cf.  mes  Études  sur 
la  Littérature  pythagoricienne,  pp.  45  et  suiv. 


tait  qu'ajouter  ces  ouvrages  aux  trois  livres  cités  plus  haut  : 

ç;t,tI  ...  yeypacpéva!.  aÙTov  xal  Tiepl  toÛ  ôXou  xtX.  Cette  impression 

se  renforce  du  fait  qu'ailleurs  (Diogène  VIII,  44  :  xaxà  zry  ISiav 
ÙTroypacpTiv  twv  t,).u!.wv),  Héraclide  semble  faire  allusion  à  une  doc- 
trine rapportée  dans  l'apocryphe  (§  10).  Mais  cette  théorie  était 
aussi  exposée  dans  l'Mepo;  Aôyoç  cité  par  cet  auteur  (^).  En  outre, 
si  le  compilateur  avait  trouvé  dans  la  biographie  d'Héraclide  la 
mention  des  trois  livres  cités  plus  haut,  il  n'aurait  pas  employé, 
pour  les  introduire,  une  formule  par  laquelle  il  ne  reconnaît 
(jue  ces  trois  ouvrages  comme  authentiques. 

Le  premier  des  ouvrages  portés  sur  la  liste  d'Héraclide  est  un 
poème  intitulé  Tiepl  toD  oXou.  To  qXov  désigne  l'Univers  dans  les 
textes  pythagoriciens  ou  orphiques  (Diels,  Vors.,  P,  pp.  284, 
2-2;  831^  -2;  II,  p.  170,  30). 

Un  autre  poème,  dont  le  premier  vers  est  cité,  est  un  lepoç 
Aôyoç,  dont  le  texte  fut  établi,  au  IV®  siècle  sans  doute,  d'après' 
les  fragments  retrouvés  çà  et  là  dans  la  littérature  pythagori- 
cienne (^).  Il  ne  doit  pas  être  confondu  avec  un  autre  'lepoç  Adyoç 
qui  était  écrit  en  prose  dorienne  (^). 

Du  uepl  'Ituyjic,  et  du  Tiepl  eua-eêeia;,  nous  ne  savons  rien. 

Le  cinquième  nom  de  la  liste  est  Hélotlialès.  Cet  ouvrage  met- 
tait probablement  en  scène,  dans  un  dialogue,  le  père  du  poète- 
philosophe  Epicharme.  On  sait  que  les  Pythagoriciens  avaient 
revendiqué  Epicharme  pour  l'un  des  leurs  (Jamblique.,  V.  P., 
166,  266  etc.)  :  Diogène  le  range  parmi  les  Pythagoriciens  et  lui 
consacre  même  une  biographie.  Plusieurs  ouvrages,  entre  autres 
un  livre  publié  sous  le  nom  de  son  fils  Métrodore  (Jamblique, 
F.  P.,  241),  avaient  mis  en  relief  et  commenté  les  doctrines 
pythagoriciennes  cachées  dans  ses  comédies.  Il  est  vraisemblable, 
en  effet,  qu'Epicharme  a  été  influencé  par  la  renaissance  reli- 


(^)  Cf.  mos  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  pp.  19  el  33. 

(2)  Ibid.,  pp.  1-75. 

(3)  Ibid.,  pp.  191-208. 


—  leri  - 


gieuse  du  Vl"  siècle.  Ilclofhali's  csl  une  j)r()(lu(*li()n  des  eerehîs 
pythagorieiens  (ju'il  faut  ex|)li(|uer  par  les  inènie  leudauces  (*). 

Le  dernier  ouvrage  cité  par  Héraclide  |)()rle  le  tilre  (Iroton. 
On  peul  songer  à  y  reconnaître  le  nom  du  héros  éponyme  fon- 
dateur de  (j'otone,  dont  le  souvenir  est  évo(|ué  dans  l'ini  des 
Discours  prononcés  par  l^ytliagore  à  son  arrivée  à  Crotone 
(Jand)li(iue,  V.  P.,  oO).  Mais,  il  est  i>lus  vraisemblable  que  ce 
livre  était  consacré  à  un  Pythagoricien  ([ui  fut  l'époux  de 
Théano,  selon  certaines  versions  (Suidas,  s.  v.  (-)eav(.)^). 

Tov  ok   U.U  (JT  ixbv  AÔyov   'iTCTrâa-o'j  cpYiT'.v  e'Ivat,,   veypajJLuévov  etzi 

Sia^oXY-  lljSaropou.  Cet  ouvragc,  reconnu  comme  apocryphe  par 
la  critique  alcxandrine,  est  une  variante  de  T'Iepo;  Adyoç  qui, 
selon  ïimée  (Jamblique,  V.  P.,  259),  fut  composé  par  les 
adversaires  politiques  des  Pythagoriciens  comme  une  parodie  du 
poème  authentique  qui  [)ortait  ce  titre.  Cet  historien  attribue  à 
Ninon  la  version  sur  laquelle  il  a  mis  la  main.  Mais  il  cite 
(g*257),  parmi  les  adversaires  de  la  Société  pythagoricienne,  un 
certain  Hippase,  qu'on  peut  identifier  avec  celui  auquel  Héra- 
clide attribue  la  paternité  de  ce  pamphlet  antipythagoricien. 

§  8.  —  "Icov  Sk  ô  \ko<;  sv  to^ç  Tpiayixoiç  cpri(Tt.v  auTOv  £V!.a  -0!.T,a-avTa 

dvsveyxei^v  dç  'Opcpsa.  Cette  note  reparaît  dans  Clément  d'Alexan- 
drie, Strom.,  I,  131.  Elle  doit  être  rapprochée  d'un  extrait 
d'Épigène  cité  par  Clément  au  même  endroit,  d'après  lequel  la 
KaTaêaa-'.ç  elc,  aôou  et  T'Iepoc;  Aôyoç  orphiques  sont  l'œuvre  du 
pythagoricien  Cercops,  les  <ï>'ja-uà  et  le  Ué-izloq,  de  Brontinos. 

Diogène  rapporte  ensuite  l'entrevue  que  Pythagore  aurait  eue 
avec  le  tyran  Léon  de  Phlionte  et  au  cours  de  laquelle  il  se  serait 
proclamé  philosophe.  La  source  citée  est  Sosicrate;  mais  celui-ci 
tient  l'anecdote  d'Héraclide  Pontique  (Cicéron,  Tusc,  V,  8, 
et  Diogène,  L  12).  D'après  Yalère-Maxime  (VIII,  7,  2),  c'est  à 
Olympie  que  Pythagore  aurait  fait  cette  déclaration. 

Les  passages  parallèles,  fort  nombreux,  permettent  de  com- 


(*)  Sur  cette  littérature,  cf.  Diels,  Vors.,  I-,  p.  i46. 


—  166  — 


pléter  et  d'éclaircir  le  texte  de  Diogène.  Si  Pythagore  s'appelle 
modestement  philosophe  («  qui  cherche  la  Sagesse  )>,  ou  mieux, 
peut-être,  «  lami  du  Sage  c'est  parce  que,  à  son  avis.  Dieu 
seul  est  sage.  La  déclaration  de  Pythagore  apparaît  comme 
une  réaction  et  une  protestation  contre  l'idéal  du  VP  siècle,  qui 
visait  à  atteindre  la  sagesse  elle-même  (^). 

Le  mot  (ûil6(70foç  apparaît  pour  la  première  fois,  à  ce  qu'il 
semhle,  dans  un  fragment  d'Héraclide  (35,  Diels)  :  «  il  faut 
que  les  hommes  philosophes  soient  instruits  (Lo-xopa;)  d'un  très 
grand  nombre  de  choses  ».  On  peut  rapprocher  l'expression 

eO  [JiàXa  TzoXkbiy   CaTopaç  de    l' lo-TOp^Ti  et  de  la   TroXufJiaBeLT,  dont 

Héraclide  fait,  par  ailleurs  (fr.  40  et  129),  une  spécialité  de 
Pythagore.  Le  terme  (^il6^o(fO(;  apparaît  encore,  un  peu  plus 
tard,  dans  le  titre  d'un  ouvrage  de  Zénon  d'Elée,  upoç  toù; 
cp'Aocro(po'jç  (Suidas,  s.v.Z.),  livre  de  polémique  qui  visait  peut-être 
les  Pythagoriciens.  Chez  Hérodote  (I,  30),  le  mot  est  associé  à 
l'idée  de  Bewpiyi,  comme  dans  le  conte  d'Héraclide  Pontique. 
A  partir  de  cette  époque,  le  mot  est  assez  souvent  employé  :  on 
le  note  dans  le  Corpus  hippocratique,  dans  Gorgias,  Alcidamas, 
Isocrate,  Platon.  Le  sentiment  religieux  auquel  il  faudrait 
rapporter,  pour  une  part,  d'après  Héraclide  Pontique,  l'inven- 
tion du  mot  philosophe  est  aussi  exprimé  dans  le  Phèdre  de 
Platon,  p.  278  d,  et  dans  V Apologie,  pp.  23  et  29. 

,§,^9-10.  —  Extraits  des  trois  livres  cités  plus  haut;  à  en 
juger  par  la  nature  des  doctrines,  ils  proviennent  du  TratBsuTuov. 

Diogène  cite  le  texte  original  de  deux  fragments  (3  et  4)  ;  les 
deux  autres  extraits  sont  rapportés  sous  la  forme  doxographique. 
Le  troisième  est  illustré  par  une  anecdote,  évidemment  étrangère 
au  livre.  Les  fragments  3  et  4  et  l'anecdote  sont  reproduits  aussi 
par  Diodore,  X,  9  (3,  4,  5);  en  outre,  la  première  doctrine 
rapportée  par  Diogène  se  trouve  dans  cet  auteur  plus  longue- 


(*)  Diodore,  X,  10,  1  :  KaTa(JL£(j.cpd[X£voç  yàp  xoùç  TTpo  aÙTOu  x£xXti|jl£vou(;  èitxà 
aocpoùç  £X£YEV  u>ç  aofpoc  [J-èv  oùôsi'i;  eaitv  àv^pwuoç  wv... 


—  107  — 


inenl  (lévol()p[)ée  (8  cl  9).  Dans  Diodorc,  le  second  IVa^Miient 
inaii(|iic;  par  conlre,  d'aulres  doclriiics  enchâssées  dans  le  même 
chapitre  proviennent  aussi,  sans  doute,  de  l'onvrai^c;  pytha- 
goricien {{),  I ,  :2  et  ()).  L'anecdote  est  rapportée  par  Plutarqne 
au  Pvthafiforicien  (Minias  el,  par  un  Gnomologe,  à  Kpicure  (^). 

L'auteur  à  qui  Diodore  et  Diogène  ont  emprunté  ces  fragments 
ne  se  contentait  donc  pas  de  citer  le  texte  du  7raf,6£UTuov. 
Il  en  rehaussait  le  sens  par  des  anecdotes  tirées  tantôt  de  la 
légende  de  Pythagore,  tantôt  de  celle  des  Pytiiagoriciens 
(Diodore,  X,  9,  1  et  2).  Diels  (/.  c,  p.  4()2)  pense  que 
cet  intermédiaire  a  dû  être  Alexandre  Polyhistor.  Corssen 
{Rli  Mus  ,  19i2,  p.  251)  est  d'avis  que  Diogène  (ou  son  auteur) 
ne  connaît  le  -a!.o£'jT!.x6v  que  par  le  Trepl  7r'j9ayop!.xwv  a-ujjiêôÀwv 
d'Androcyde,  écrivain  ionien  du  IV*"  siècle.  Les  raisons  sur 
lesquelles  il  s'appuie  sont  de  deux  sortes  :  d'abord,  des  vestiges 
de  dialecte  ionien  ont  subsisté  dans  l'anecdote  de  Diogène 
(crw'jToO),  ainsi  que  dans  le  commentaire  du  fragment  4  (veriv'crxo;, 
vsTiviLïiç) .  Ensuite,  Jamblique  rapporte, F.  P.,  145,  sous  l'autorité 
d'Androcyde,  une  anecdote  qui  pourrait  servir  d'exemple  au 
fragment  1  (=  7  et  8  dans  Diodore). 

Les  raisons  linguistiques  invoquées  sont  sans  valeur  :  la 
forme  ionienne  crwuToû  est  de  l'invention  de  Cobot  ;  quant  aux 
termes  veïiviYi;,  vstivlo-xoç,  il  est  naturel  que  l'auteur,  pour  les 
expliquer,  les  retienne  du  texte  à  commenter.  Le  second  motif 
paraît  plus  sérieux,  surtout  si  l'on  considère  que  la  source  de 
Diogène  et  de  Diodore  semble  avoir  eu  pour  principe  d'illustrer 
la  théorie  par  l'exemple.  Mais  le  rapport  est  trop  vague  pour 
qu'on  puisse  se  prononcer  avec  quelque  assurance. 

La  matière  du  TC(^,iteuzix6y  ^paraît  être  fort  antique  et  digne 
d'intérêt,  encore  que  ses  origines  soient  suspectes.  Le  fragment  1 
n'est  qu'une  paraphrase  d'une  doctrine  de  l'ancien  Jepô;  Adyoç  {^). 
Comme  Diels  l'a  montré  (/.  c,  p.  466  ss.),  les  autres  fragments 


(*)  Sur  les  confusions  de  ce  genre,  cf.  Usener,  Epicurea,  pp.  lx  et  suiv. 
(2)  Études,  pp.  24  et  suiv. 


—  168  — 


rappellent,  par  certains  traits,  les  rijGayopLxal  ' kizo'^ÔLiv.q  d'Aris- 
toxène.  Mais  ces  concordances  partielles  ne  me  paraissent  pas 
prouver  à  sulHsance  que  l'auteur  du  Tza'^ôeuT'.xov  ait  pillé  l'ouvrage 
de  ce  biographe;  on  peut  aussi  bien  imaginer  qu'ils  ont  puisé 
tous  deux  à  des  sources  communes  plus  anciennes.  L'ouvrage 
mériterait  qu'on  tentât  un  nouvel  essai  de  reconstitution  plus 
parfait,  par  une  étude  fort  poussée  des  notices  communes  à 
Diodore  et  à  Diogène. 

5.  ^§  10-16.  —  Dans  les  paragraphes  qui  suivent,  le  compi- 
lateur a  jeté  pêle-mêle  une  foule  de  notices  disparates,  abrégées, 
mutilées,  obscures,  concernant  les  différents  genres  d'activité 
de  Pythagore.  Beaucoup  rapportent  des  découvertes  (eOp-^aTa) 
du  philosophe. 

Il  débute  par  une  citation  de  Timée  :  e^Tué  te  upwToç  xoivà  rà 
(pf/wv  zhoLi  xal  a>!.À{av  '^o-oTriTa.  Les  deux  formules  sont  solidaires 
l'une  de  l'autre  et  inséparables  d'une  autre  définition  de  l'amitié, 
célèbre  dans  l'Antiquité  :  ti!  ecttî.  cpiXoç;  aXXoç  éyw.  C'est  Y  aller 
ego  des  Latins,  que  notre  langue  a  adopté.  Très  tôt,  cette 
définition  devint  proverbiale,  puisqu'on  la  trouve  déjà  dans  la 
Grande  Morale,  II,  15.  ^Oia  =  io-otyic;  paraît  avoir  été,  dans 
l'opinion  de  Timée,  le  fondement  de  la  règle  de  la  communauté 
des  biens.  Les  auteurs  d'Alexandre  Polyhistor  (m/ra,  §  33) 
ajoutent  un  correctif  à  cette  définition  :  l'amitié  est,  pour  eux, 
une  £vap{j(.ovîa  '.o-oTTiç  (^).  Le  xot.và  Ta  twv  cpîXwv  est  déjà  cité  dans 
certains  textes  du  et  du  [V''  siècle  comme  une  sorte  de  pro- 
verbe :  Euripide,  Oreste,  v.  735  (cf.  Phénic,  v.  243);  Platon, 
Lysis,  p.  207  c,  et  Phèdre,  p.  279  c.  Selon  Timée,  ce  n'était  pas 
une  vaine  fornmle,  mais  une  règle  de  l'organisation  de  la 
Société,  oïl  les  biens  étaient  mis  en  communauté.  Zénobe 
[Centur.,  IV,  79),  Photius  [Lex.,  s.  v.  xoivâ)  et  le  Scholiaste 
du  Phèdre  ont  conservé  un  extrait  de  Timée  qui  ne  laisse  aucun 


(*)  Allusion  de  Platon,  Lois,  VI,  {>.  757  A.  Cf.  Euripide,  Phén.,  536  :  laoTT^xa  Tt[j.av 


doute  sur  cotte  inleiprélation.  On  jKMit  donc,  avec  c(Mtitii(le, 
rattaclier  à  la  citalion  de  Tiinée,  dans  Dioj^ène,  le  (lél)iit  de  la 
description  de  la  Société  [)ytlia^oricienne  :  xaTex'iGcVTo  Tà;  oùi'.y.c, 

zic,  £v  t:owj]xzvoi, 

JaniMi([iie  [V .  P.,  71-73)  nous  présente,  de  l'or^^anisation  de 
la  Société,  un  tableau  complet  (pTil  tient  d'Apollonius,  (^elui-ci, 
qui  est  tributaire  de  Tiiiiée  pour  la  [)lus  grande  partie  de  sa 
Biograpbie  de  Pvtliagore,  a  utilisé,  ici  aussi,  son  auteur  l'avori  : 
une  siuij)le  comparaison  avec  le  fragment  de  Timée  cité  plus  haut 
et  avec  le  début  de  son  récit  des  Persécutions  (,^^o4)  (^)  permet 
de  le  constater.  Or,  il  y  a  une  concordance  remarquable  entre  la 
description  d'Apollonius  et  la  notice  incomplète  et  obscure  de 
Diogène.  Voici  comment  il  faut  reconstituer  le  texte  original,  si 
mal  utilisé  par  Diogène  :  après  une  période  d'examen  de  trois  ans 
(oubliée  ici),  les  disciples  entrent  dans  une  sorte  de  noviciat  et 
mettent  leurs  biens  en  communauté.  On  ne  leur  permet  pas  de 
voir  le  maître;  un  rideau  le  dérobe  à  leurs  yeux  pendant  qu'ils 
écoutent  ses  paroles.  En  outre,  ils  doivent  garder  le  silence. 
Après  cinq  années  de  ce  régime,  ils  sont  admis  à  voir  Pytba- 
gore  (^)  et  deviennent  des  disciples  parfaits  ou  ésotériques. 

L'exposé  emprunté  à  Timée  est  interrompu  mal  à  propos  en 
cet  endroit  par  l'intercalation  d'une  note  tirée  d'Hermippe.  Mais 
il  se  continue  au  §  li  :  xal  yàp  xal  o-ejjivoTrpeTréarTaToç  xtX.  L'auteur 
veut  justifier  la  règle  qui  faisait  de  la  contemplation  de  Pytha- 
gore  un  privilège  réservé  aux  disciples  parfaits  :  c'est  qu'il  était 
d'une  beauté  majestueuse  et  qu'on  le  croyait  une  incarnation 
d'Apollon. 

Des  traits  de  la  description  de  Timée  se  retrouvent  épars  et 
souvent  défigurés  dans  la  tradition.  Tantôt,  on  rappelle  la  règle 
du  silence  de  cinq  ans  (^),  que  l'on  interprète  dans  un  sens 


(1)  Cf.  la  Revue  de  l'Instruction  publique  en  Belgique,  4909,  pp.  95  et  suiv.  ' 

(2)  l'yihagore,  selon  Timée  (Jamblique,  V.  P.,  f254),  paraît  avoir  mené,  après  la 
fondation  de  la  Société,  une  vie  complètement  retirée  et  pour  ainsi  dire  secrète. 

(')  La  plus  ancienne  allusion  au  silence  pythagoricien  est  celle  d'IsocRATE, 
Busiris,  29. 


absolu;  tantôt,  celle  de  la  communauté  des  biens,  qui  se  mue 
rapidement  en  une  sorte  de  communisme;  tantôt  encore,  la 
distinction  des  disciples  en  ésotériques  et  exotériques,  qui  a 
servi  de  point  de  départ  à  l'établissement  de  diverses  classifica- 
tions et  hiérarchies  dans  la  Société  pythagoricienne.  Ce  type 
d'organisation,  si  étonnant  qu'il  puisse  paraître  à  nos  yeux 
modernes,  trop  habitués  à  ne  considérer  en  Pythagore  que  le 
savant  et  le  philosophe,  cadre  assez  avec  les  idées  de  la  sotério- 
logie  et  de  la  mystique  de  son  École. 

Hermippe  rapporte  que  les  Pythagoriciens  n'ensevelissaient 
pas  leurs  morts  dans  des  cercueils  de  cyprès.  J'ai  montré 
ailleurs  (^)  qu'il  tient  ce  détail  d'un  recueil  d'  'AxouajjiaTa,  tout 
comme  Jamblique,  F.  P.,  155.  Le  cyprès  rentre  dans  la  caté- 
gorie des  arbres  sacrés  {ibid.,  15i).  La  raison  invoquée  est  que 
le  sceptre  de  Zeus  est  fait  de  ce  bois;  d'autres  hypothèses  avaient 
été  émises,  car  Jamblique  ajoute  r\  oC  aXXov  Tivà  {jLuc7Tt.x6v  Xoyov. 
Les  rites  d'ensevelissement  de  certaines  sectes  pythagoriciennes 
nous  sont  connus  par  une  note  de  Pline,  H,  iV.,  XXXY,  46  : 
le  mort  est  enveloppé  de  feuilles  de  myrte,  d'olivier  et  de  peu- 
plier noir  et  déposé  dans  un  cercueil  de  terre  cuite.  Nous  ne 
savons  (|uelle  est  la  nature  des  règles  d'inhumation  auxquelles 
Plutarque  {De  gen.  Soc7\,  16)  fait  allusion. 

§  11.  —  (]omme  je  l'ai  dit,  les  légendes  miraculeuses  rap- 
portées par  Diogène  au  §  11  se  rattachent  à  l'extrait  de  Timée. 
La  première  :  wç  elri  'AttÔXXwv  TTcepêopeiwv  àcp',y|i.£vo; ,  est 
empruntée  au  même  cycle  de  croyances  que  la  note  d'Aristote 
dans  Élien,  V.  //.,  Il,  26  (cf.  IV,  17,  Jamblique,  F.  P.,  91, 
135;  Porphyre,  V.  P.,  28).  Ailleurs,  il  est  représenté  comme 
l'incarnation  d'Apollon  Péan  ou  Pythien  ou  encore  d'un  autre 
Olympien  (Jamblique,  F.  P.,  1  à  9,  30;  cf.  Lucien,  Dial.  mort., 
20,  3,  et  Gallus,  15  et  18).  D'autres  traditions,  plus  modestes, 
rapportent  qu'il  était  honoré  comme  un  dieu  ou  un  bon  démon. 
Ce  sont  là  des  variantes  de  la  doctrine  sotériologique. 


(1)  Études,  p.  301. 


—  171  — 


La  seconde  légende  :  Xoyoç  oi  ttiote  aù-roO  uapayuavroOÉvTo;  TÔv 
jjLTjpov  dcpOr.vat-  XP'^^^^^^»  iiitiineiueiil  liée  à  la  |)reiiiière,  car  elle 
en  est  comme  le  ibiidemenl  lliaumatiir^iciiie.  Illlies  apparaissent 
dans  le  même  rapport  dans  un  récit  de  Jaml)li(|ue,  V.  /\,  91-1)2 
(cf.  13^)  el  l^rphyre,  Y.  P.,  28),  viaisemhlahlement  emprunté 
au  dialoij^ue  Abaris  d'Héraclide  Pontique:  PvLlia^oie  montre,  au 
prêtre  d'Apollon  lïyperhoréen,  Abaris,  sa  «  cuisse  d'or  »,  comme 
le  signe  de  son  incarnation  apollinienne.  Un  sclioliaste  de 
Lucien  (p.  124,  Habe)  a  fort  bien  saisi  ce  rapport  :  EÀeyeTo  yàp  6  11. 
£VT£T'jKW(T9a'.  Tw  QLÙToù  [XT,p(j)  TOV  <ï>orêov.  D'autrcs  vcrsîons 
placent  la  révélation  de  la  nature  divine  de  Pythagore  en 
d'autres  circonstances  :  év  aywvL  (Élien,  V,  H.,  Il,  26;  Jam- 
blique,  V.P.,  140),  év  'Olui^ni^  (Élien,  V.  U.,  IV,  17;  Plu- 
tarque,  Numa,  8,6;  Artemii  Passio,  29),  h  ^eàxpy  (Apollonius, 
Mr.,  6). 

Un  autre  trait  merveilleux  de  la  vie  de  Pythagore  est  le  salut 
que  lui  adressa  un  fleuve  qu'il  traversait.  Les  textes  parallèles 
ne  s'accordent  pas  sur  le  nom  du  fleuve.  Diogène  et  Jamblique, 
F.  P.,  134,  lisent  Nécrao;;  Aristote  (Élien,  F.  Il,  26  et 
lY,  17)  :  Ko(7aç;  Apollonius,  Mir,,  6  :  ô  xaxà  Sàjxov  -kq-zol^ôc,; 
Porphyre,  F.  P.,  27  :  Kauxaoroç.  Diels  {De  Casa  flumine  Meta- 
pontino, — Hermès,  XXXIII  [1898],  pp.  334  et  suiv.)  a  retrouvé 
le  nom  exact  du  fleuve  qui  passait  à  Métaponte,  dans  un  poème 
de  Bacchylide  (X,  119)  :  à'Xcroç  zé  toi  l;jiep6ev  |  Kào-av  Tiap'  eùuopov... 
L'accord  de  Jamblique  et  de  Diogène  indique  une  source  com- 
mune :  précisément,  les  trois  légendes  se  suivent  aussi  dans  le 
contexte  de  Jamblique. 

Diogène  termine  ce  long  extrait  par  une  citation  du  dixième 
livre  des  Histoires  de  Timée  :  Pythagore  remarque  que  la  femme 
porte,  à  ses  différents  âges,  des  noms  de  divinités,  Kopri,  Nupicpri, 
Mv^TTrip.  Ceci  est  emprunté  à  l'un  des  grands  Discours  que 
Pythagore  prononça  à  son  arrivée  à  Crotone  et  dont  Jamblique 
a  conservé  le  texte,  emprunté  à  Timée.  Il  ressort  de  la  compa- 
raison avec  Jamblique,  F.  P.,  56,  que  Diogène  a  omis  le  der- 
nier nom  de  la  série  :  MaîTa. 


12.  —  L'expose  se  poursuit  sous  la  forme  du  discours 
indirect;  mais,  il  ne  s'ensuit  pas  nécessairement  que  Diogène 
ou  son  auteur  continue  à  puiser  dans  Timée.  Il  est  possible  que 
la  citation  d'Anticlide  ne  se  rapporte  pas  uniquement  au  rôle 
joué  par  Moiris  dans  l'invention  des  éléments  de  la  géométrie. 
Pythagore  étudia  spécialement  1'  (c  espèce  arithmétique  w  de  la 
géométrie  (e^ooç  àp!.9{jL7iTixov) .  Par  cette  expression,  il  faut 
entendre  simplement  l'arithmétique,  qui,  pour  les  Anciens, 
faisait  partie  de  la  géométrie.  Le  manuel  de  Nicomaque,  par 
exemple,  représente  les  nombres  sous  des  formes  géométriques 
et  étudie  leurs  propriétés  et  leurs  combinaisons  par  les  mêmes 
procédés  que  celles  des  figures. 

T6v  Ts  xavova  tov  éx  |i.t.â;  yopBïi;  eupsLv.  Cette  note,  peu  explicite, 
attribue  à  Pythagore  l'invention  d'un  instrument  de  musique 
monocorde,  appelé  xavwv  (règle),  employé  quelquefois  dans  la 
pratique,  mais  réservé  surtout  aux  démonstrations  théoriques. 
Les  passages  parallèles  montrent  que  Diogène  ne  songe  pas 
tant  à  rapporter  à  Pythagore  la  fabrication  du  monocorde, 
que  la  découverte  des  rapports  arithmétiques  des  inter- 
valles musicaux.  Chez  un  grand  nombre  d'autres  auteurs,  la 
même  notice  se  présente  sous  une  autre  forme,  d'ailleurs 
anecdotique.  Pythagore,  passant  à  côté  d'une  forge,  remarque 
que  les  sons  produits  par  les  coups  de  différents  marteaux  sont 
harmonieux  ;  il  étudie  le  phénomène  et  découvre  les  lois  de 
l'harmonique.  Le  plus  ancien  témoignage  qui  confirme  l'attri- 
bution à  Pythagore  de  cet  eupr^i^y.  est  celui  de  Xénocrate  (d'après 
Héiaclide,  dans  Porphyre,  In  Ptol.  Iiarm.,  I,  3);  mais  la  notice 
y  est  dépourvue  des  éléments  anecdotiques. 

Oùx  Yi[jL£).r,cr£  8s  ouok  taTpLxr,;.  Nombreux  sont  les  passages 
parallèles,  cités  dans  l'édition,  qui  n'offrent  pas  plus  d'in- 
lérêt  que  la  note  de  Diogène.  Un  seul  texte  de  Jamblique, 
deux  fois  répété  (§§  163  et  '2/<^4),  précise  la  nature  des  méthodes 
thérapeutiques  des  Pythagoriciens.  Rohde  a  cru  retrouver  dans 
ces  passages  un  extrait  d'Aristoxène  (^).  Je  ne  puis  me  rallier 


(•)  Kleine  Schriften,  II,  p.  156. 


à  son  avis,  car  la  (•onij)araison  d'iiii  autre  passage  de  ia  V.  P. 
de  Jaiiibli(jiie,  lire  de  Tiinée  (')  (^(ii  :  sv  olc,  èni  T->iV  taTpLxr,v 
Tcvsç  xaTeveyOÉvTeq  xai  oiaÎTT)  to'j;  àppwTTO'j;  ô'vTa;  OepaTieuovTe; 
T)ye|jLÔveç  xaT£a-TT,a-av  tt^ç  eipT| jjLévx,;  pieOooo'j)  avec  les  notices 
des  103  et  :2ii,  montre  ([u'il  s'a^nt  ici  d'un  emprunt  lait 
à  Timée. 

iNotons,  chez  Diogène,  une  tendance  à  rap|)orter  à  Pytliagore 
des  coutumes  ou  des  doctrines  qui,  dans  ses  sources,  sont 
simplement  attribuées  aux  Pythagoriciens.  C'est  l'un  des  fer- 
ments les  plus  actifs  d'altération  qui  agissent  dans  la  littérature 
alexandrine  aux  dépens  de  l'ancienne  tradition. 

Diogène  rapporte  ensuite,  d'après  Apollodore  le  Mathéma- 
ticien (ô  XoyLo-TLxôç,  ou,  comme  dit  Athénée,  6  âpt.O|jiriT!.x&ç),  une 
anecdote  célèbre  :  Pythagore,  ayant  découvert  la  proposition 
géométrique  du  carré  de  l'hypoténuse  (a^  [a  =  hypoténuse  du 
triangle  rectangle]  =  b^^  -\-  c^),  sacrifia  une  hécatombe.  La 
même  citation  d'Apollodore  reparaît  dans  Athénée,  X,  418  F,  et 
dans  Plutarque,  No7i  possesuav.  etc.,  11.  Diogène  y  fait  encore 
allusion  au  livre  I,  25,  où  la  proposition  en  question  a  fait 
place  à  un  problème  de  nature  peu  différente  :  inscrire  un 
triangle  rectangle  dans  le  cercle. 

Dans  les  traditions  parallèles,  on  peut  relever  diverses 
variantes.  Tout  d'abord,  les  auteurs  ne  s'accordent  pas  sur  la 
nature  de  la  proposition  ou  du  problème  géométrique  dont 
Pythagore  est  l'inventeur.  Plutarque,  /.  c,  donne  à  choisir 
entre  la  formule  du  carré  de  l'hypoténuse  et  la  surface  de  la 
parabole;  ailleurs  [Qu.  conv.,  VIII,  2,  4),  il  imagine  un  autre 
problème  :  deux  figures  étant  données,  en  construire  une  troi- 
sième, égale  à  la  première,  semblable  à  la  seconde.  Une  autre 
variante  concerne  le  sacrifice  d'actions  de  grâces.  Les  sectes 
pythagoriciennes  qui  condamnaient  le  a  meurtre  »  des  animaux 
et  prêchaient  l'abstinence  de  viande  s'étaient  offusquées  de  voir 
attribuer  à  leur  maître  le  sacrifice  d'une  hécatombe  ou  même 


(*)  Revue  de  l'Instruction  publique  en  Belgique,  1909,  pp.  91  et  suiv. 


—  174  — 


simplement  d'un  bœuf  (^).  Aussi  représentaient-ils  ce  bœuf 
comme  une  reproduction  en  pâte  (Antonius  Diogène  dans  Por- 
phyre, V.  P.,  36)  ou  en  argile  (Grégoire  de  Naz.,  Ep.,  198). 
On  peut  comparer,  à  cette  substitution,  l'offrande  d'un  bœuf  formé 
de  pâte  (Diogène,  VIII,  53),  ou  d'aromates  (Athénée,  I,  5  E), 
faite  par  le  pythagoricien  (?)  Empédocle,  grand-père  du 
philosophe,  après  une  victoire  aux  Jeux.  Enfin,  Pamphila 
(Diogène,  I,  24)  rapporte  que  Thalès  sacrifia  un  bœuf,  après 
qu'il  eut  réussi  à  inscrire  le  triangle  rectangle  dans  le  cercle  : 
c'est  une  simple  variante  d'attribution. 

Le  reste  du  §  12  et  le  §  13  sont  constitués  par  l'exposé  d'une 
polémique  qui  débute  par  deux  citations  de  Favorinus.  Diogène 
tire  la  première  notice  des  'A7T:o|jLviri[jiov£U|jiaTa  :  avant  Pythagore, 
les  entraîneurs  nourrissaient  les  athlètes  de  fromages  humides 
et  de  figues  sèches.  Le  philosophe,  le  premier,  introduisit  la 
viande  dans  leur  régime;  son  premier  élève  fut  Eurymène. 
Diogène  joint  à  ces  indications  une  note  tirée  de  la  navxoSarri 
'IffTopta  du  même  auteur  :  «  autrefois,  on  nourrissait  aussi  les 
athlètes  de  froment  ».  Remarquons  d'abord  que  cette  note 
additionnelle  provient  sans  doute  d'une  erreur  de  lecture  com- 
mise par  Favorinus  ou  par  Diogène  :  le  même  mot  a  été  écrit 
dans  l'un  des  ouvrages  -zopoïç,  dans  l'autre,  Tiupo^.  Dans  les 
passages  parallèles,  en  effet,  il  n'est  jamais  question  de  froment. 

Une  légende  analogue  est  rapportée  par  Porphyre,  dans 
sa  V.  P.,  15,  et  dans  le  De  abst.,  I,  26,  où  je  relève, 
parmi  les  sources  citées,  le  nom  d'Héraclide  Pontique.  Ces 
notices  doivent  être  rattachées,  sans  doute,  à  la  tradition  qui 
représentait  Pythagore  exerçant,  dans  sa  jeunesse,  le  métier 
d'athlète  (Ératosthène,  dans  Diogène,  VIII,  47;  S'  Augustin, 
Epist.,  III,  137,  3;  Lucien,  Gallus,  8,  etc.).  Dans  l'hypothèse, 
probable,  que  cette  forme  de  la  légende  est  la  plus  ancienne. 


(<)  Un  écho  de  ces  polémiques  s'est  conservé  dans  Cicéron,  De  nat.  deor.,  III, 
36,  88  :  sed  id  quidem  non  credo,  quoniam  ille  ne  Apollini  quidem  Delio  hostiam 
immolare  voluit. 


—  175  - 


(juelle  altitude  les  sectes  (jiii  rejetaient,  cohuikî  un  crime,  l'usage 
de  la  viande,  allaient-elles  pnMidre  à  l'égard  de  ces  combinaisons? 
Une  simple  négation  eut  paru  tendancieuse.  On  recourut  à 
l'artilice  des  homonymes.  Le  l^ytliagore  (jui  nourrissait  les 
athlètes  de  viande  n'était  pas  le  phil()so|)he,  mais  un  maître  de 
gymnase  du  même  nom.  Telle  est  la  variante  recueillie  par  Dio- 
gène  et  qu'on  retrouve  dans  Jamhlique,  V.  P.,  25  (Timée?)  (*); 
Diogène,  VIII,  4G;  Pline,  //.  iV.,  XXIII,  63.  Les  citations  de 
plusieurs  athlètes  du  nom  de  Pythagore  dans  les  listes  des  vain- 
queurs olympiques  (Ératosthène ,  dans  Diogène,  VIII,  47, 
[48^  olymp.];  Plutarque,  Numa,  13  [16^  olymp.];  Denys 
d'Halicarnasse,  Ant.  rom.,  II,  58,  etc.)  étaient  de  nature  à 
favoriser  ce  dédoublement. 

Diogène  explique  pourquoi  certains  auteurs  se  refusent  à 
attribuer  à  Pythagore  cette  innovation  :  c'est  que  le  philosophe 
ordonne  de  respecter  la  vie  des  animaux;  ceux-ci  ont,  en  effet, 
en  commun  avec  nous,  le  droit  de  vivre,  que  confère  la  posses- 
sion d'une  âme.  La  doctrine  que  les  animaux  sont  les  frères  de 
l'homme  est  vieille.  Dans  la  doxographie,  le  plus  ancien  témoi- 
gnage est  celui  de  Dicéarque  (Porphyre,  F.  P.,  19),  si  l'on  ne 
veut  pas  faire  état  des  extraits  d'ouvrages  pythagoriciens  con- 
servés par  Alexandre  Polyhistor  (Diogène,  YIII,  28).  L'idée  de 
conclure,  comme  un  corollaire  de  cette  théorie,  que  les  animaux 
ont  un  droit  intangible  à  la  vie,  a  dû  naître  assez  tôt,  puisqu'elle 
apparaît  déjà  dans  les  Ka9ap{jioL  d'Empédocle  (fr.  135,  Diels). 
On  retrouve  la  même  théorie  du  droit  naturel  chez  Cicéron, 
fie  rep.,  III,  11,  19;  Plutarque,  De  esu  carn.,  II,  3;  Sénèque, 
Ep.,  108,  18;  Porphyre,  De  abst.,  III,  1  et  26;  Sextus  Empi- 
ricus,  Adv.  math.,  IX,  127;  Jamhlique, F.  P., 69, 108, 168,etc., 
où  je  devine  l'influence  de  Timée,  rehaussée  plus  tard  de  couleurs 
stoïciennes . 

Sur  cette  explication  est  venue  se  greffer  une  autre  interpréta- 
tion. La  raison  de  justice  qui  vient  d'être  invoquée  ne  serait 


(*)  Comparez  le  contenu  de  ce  paragraphe  avec  Justin,  XX,  4  (Timée). 


—  176  — 


qu'un  prétexte  :  en  réalité,  Pythagore,  en  interdisant  l'usage  de 
la  viande,  voulait  habituer  les  hommes  à  vivre  simplement  et 
aisément,  à  manger  des  légumes  crus  comme  à  boire  de  l'eau, 
car  ce  régime  entretient  la  santé  du  corps  et  la  pénétration  de 
l'esprit.  On  reconnaît  ici,  à  n'en  pas  douter,  des  vestiges  d'une 
contamination  des  théories  pythagoriciennes  par  l'idéal  cynique. 
On  sait  qu'au  IV*'  siècle,  par  l'intermédiaire  de  Diodore 
d'Aspende  (^)  et  d'autres  pythagoriciens,  une  certaine  fusion  ou, 
pour  mieux  dire,  un  rapprochement  s'opéra  entre  ces  deux 
conceptions  de  la  vie  morale. 

Diodore  de  Sicile  (X,  17,  1-3)  croit  que  Pythagore  obéit  aux 
mêmes  préoccupations  en  établissant  les  prescriptions  de  son 
régime  alimentaire.  La  communauté  des  sources  transparaît 
parfaitement  dans  l'emploi  des  mêmes  termes  et  l'exposé  des 
mêmes  lieux  communs  cyniques.  Je  relève  encore  des  traces  de 
cette  interprétation  dans  la  Vie  de  Pythagore  de  Jamblique, 
§  13  (Apollonius)  :  -^^ô^ou  tj.âX!.(TTa  cpetôea-Sat.  xal  ^àpiv  toutou 
(cf.  ôÙTzopi'7'cou;,  de  Diogène)  oivoTroo-Loc  te  xal  xpewcpayia  xal  hi 
upoTepov  uoÀucpav'ia  à7coTaqàiJL£vo<;  .  .  .  xal  ^'^/'^ç  xaOapOT'/^Ta  xTT,(Tà|jLevO(; 
ùysiav  T£  .  .  .  Toû  o-wjjiaTOc;.  Ihid.,  68  (ApoUonius)  :  £|JLi[;u)^(i)V  dizoyry 
TrâvTwv  xal  eTt.  j3pw|jiâTwv  f'.vwv  zaïc,  eùayeLaiç  tou  \oyi<7^ou  xal 
eLXixp!.v£{a'.£;  EjjLTioQ'Zovnrwv.  Dans  ce  dernier  passage,  les  abstinences 
sont  rapportées  au  principe  invoqué  en  première  ligne  par 

Diogène   :    (69)    â).6ywv    Çwwv   TLvà   ow.   S'.xawo-uvriç    xal  (^u^ixr\ç 

éîciTcXoxY.ç  xal  xo'.vÔTTiTGç  . . .  £'.pTiv£ua-!.v .  JambHquc  tirc  encore  parti 
de  cette  double  interprétation  dans  le  chapitre  XXIY  (§§  106- 
108),  relatif  au  régime  alimentaire.  C'est  dans  Timée  que  nos 
auteurs  paraissent  avoir  pris  la  formule  de  cette  contamination 
des  deux  points  de  vue,  absolument  étrangers  à  l'origine. 

Jamblique,  V.  P.,  25  (=  Apollonius  —  Timée)  attribue 
aussi  à  un  homonyme  du  philosophe  l'introduction  de  Tusage 
de  la  viande  dans  les  gymnases  et  il  rappelle  aussitôt  que  dans 
son  voyage  à  Délos,  Pythagore  avait  réservé  ses  dévotions  à  un 


(*)  Cf.  Tannery,  Archiv  fur  Gesch.  der  Philos.,  IX,  pp.  476  et  suiv. 


—  i77  — 


seul  autel,  celui  où  l'on  n'olïre  pas  (I(î  saeriliees  sanj'lanls.  Nous 
pouvons  suivre  un  développeinenl  |)arallèl(;  dans  le  texte  de 
Dio^ène,  (|ui  rapporte  la  même  tradition.  l/idcMitité  des  sources 
en  parait  plus  évidente.  L'autorité  d'Aristote  (èv  AyjAûov  noliTeia.) 
n'est  invoquée,  semble-t-il,  (pie  pour  confirmer  l'existence  de 
l'autel  en  question.  Cette  anecdote,  (pii  ligure  encore  dans 
Cicéron  {De  nat.  deor.,  111,  ^50,  88)  et  Clément  (Slrom.,  Vil, 
(),  représente  les  tendances  des  sectes  qui  prêchaient  le 

respect  de  la  vie  des  animaux. 

Revenons  à  la  polémique  qui  se  termine  ici.  On  pourrait 
supposer  que  Diogène  en  emprunte  les  premiers  éléments  à 
Favorinus.  Il  s'ensuivrait  que  la  réplique  serait  donnée  par 
Diogène  lui-même.  Mais  cela  supposerait  qu'il  utilisait  les  œuvres 
de  Timée  ou,  si  l'on  n'accepte  pas  cette  conclusion,  d'anciens 
auteurs  en  tout  cas  (Aristote,  par  exem[)le)  qui  figurent  parmi 
les  sources  ordinaires  du  fonds  primitif  de  la  biographie.  11  paraît 
donc  plus  sage  de  renoncer  à  cette  hypothèse  et  d'admettre  que 
la  première  citation  de  Favorinus  ne  corrobore  qu'un  détail, 
mis  d'ailleurs  en  évidence  comme  une  addition  :  xaî.  TrpwTÔv  ys 
Eùp'juévri. 

^  i  i.  —  Diogène  énumère  ici  trois  découvertes  de  Pythagore 
(TîpwTov  est  répété  trois  fois)  ;  et,  comme  l'introduction  du  régime 
carné  dans  les  gymnases  est  présentée  aussi  sous  une  forme 
heuiématique  (îcpwToç),  à  côté  des  notices  sur  l'invention  du 
xavwv  et  la  découverte  du  carré  de  l'hypoténuse  (eOpe)  (^), 
il  devient  clair  que  cette  section  de  la  biographie  est  consacrée 

aux  £'jpri[j.aTa. 

llpwTov  T£  cpaa-t.  toGtov  otTïocpYivat.  tt^v  ^'J'/V  xÛxàov  âvàyxT^ç  d^d- 
êojG-av  xklo-'  caXoiç  évoercrSa'.  Çwo^ç  :  c'est  la  doctrine  de  la  métem- 
psycose. Innombrables  sont  les  passages  parallèles,  dont  le  plus 


(1)  Cf.  encore,  plus  haut  (10)  :  tlrA  xz  uptlixoc;...  xoivà  xà  cpiXwv  zhai  xal  cpiXi'av 
tadxTjxa. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


12 


ancien  est  formé  par  l'anecdote  de  Xénophane  {infra,  §  36). 
Elle  est  exposée  ici  sous  une  forme  poétique  :  on  y  reconnaît, 
en  effet,  les  formules  qu'emploient  deux  vers  orphiques  cités 
par  Proclus  (Abel,  Orpli.,  fr.  222-228)  : 

OUV£x'  â[JL£t.êoiJl£VTl  ^Uyj]  XOLTOL  xÛxXa  '^pOVO'.O 

L'expression  xùvloç  dvÔLyxric,  désigne  le  cercle  que  décrit,  par 
une  loi  fatale,  l'âme  tombée  du  ciel,  émigrant  de  corps  en 
corps  sur  la  terre  pour  se  purifier  et  retournant  enfm  à  son 
lieu  d'origine.  Le  terme,  employé  dans  ce  sens  mystique  par 
les  Orphiques  (fr.  226)  et  par  les  inscriptions  sur  tablettes  d'or 
de  Pétélie  (xuxXoj  o'iEÉTTTav  j3apL»7r£v6£oç  dpyccXéoio) ,  est  devenu 
commun  dans  la  théologie  néo-platonicienne  (par  exemple 
Olympiodore,  Fn  Phaed.,  p.  103).  'Ev8£ra-6at.,  se  lier,  est  l'ex- 
pression consacrée,  dans  les  textes  pythagoriciens,  pour  désigner 
l'entrée  de  l'àme  dans  le  corps  :  Euxithée,  dans  Athénée,  IV, 
157  C;  Jamblique,  F.  P.,  153;  Clément,  Strom.,  VII,  31.  Dans 
Clément,  comme  dans  Diogène,la  notice  doxographique  accom- 
pagne l'anecdote  de  la  visite  à  l'autel  non  sanglant  de  Délos. 

Le  second  £'jpTi;j.a  est  plutôt  une  adaptation  :  Pythagore,  selon 
Aristoxène,  introduisit  en  Grèce  les  poids  et  les  mesures.  Une 
note  d'Hippolyte  {Adv.  haer.,  I,  2,  18  :  loùç  o£  âpt.9|jLoù;  xal  Ta 
;jiTpa  -apà  AiyuTxxîwv  oaa-l  tov  H.  (jcaOE^v)  permet  de  conjecturer 
que  Pythagore  fit  ces  emprunts  à  l'Egypte.  Cette  notice  doit 
nous  ouvrir  les  yeux  sur  les  défauts  qui  déparent  même  l'an- 
cienne tradition  pythagoricienne. 

Voici  enfin  une  découverte  astronomique  :  Pythagore  reconnut 
que  l'étoile  du  matin  et  l'étoile  du  soir  ne  sont  qu'un  seul  et 
même  astre.  Diogène  rapporte  cette  note  doxographique  à 
i^arménide.  On  peut  voir,  par  l'examen  d'un  autre  passage,  IX, 
23,  que  Diogène  a  pris  pour  une  citation  la  formule  de  ses 
sources  qui  signalait  une  variante  d'attribution  :  ol  U  cpaai  nap|^£- 


vîSyiv  (*).  Selon  Apollodorc  (Slolu'e,  Ed.,  I,  celle  décou- 
verte nslroiioiniijiK»  doil  èlre  rapportée  au  Pythagorisine.  Notre 
notice  peut  servir  à  expli(|uer  la  note  trop  vague  de  Féline,  //. 
N.,  Il,  37,  de  uiéine  qu'elle  esl  éelaircie  à  son  tour  [>ar  le  texte 
de  Marlianus  ('apella,  VIII,  88^2  :  Pytha^^ore  tixe  à  un  an  la 
durée  de  la  révolution  de  la  planète  Vénus. 

Le  reste  du  14  et  le  ^  15  sont  consacrés  à  montrer  que 
Pytliagore  jouissait  en  Italie  d'un  grand  prestige  :  telle  est  la 
seule  idée  commune  des  notes  assez  dis[)arates  qui  suivent. 

I .  OÛtw  8e  sBa'jfJLàaSr,  wtte  êXeyov  to-jç  yvwpLfjio'jç  œjzou  7rav-:o{a<; 
(uavroiouç  F)  3eoù  cpwvàç  :  «  il  fut  tant  admiré  qu'on  appelait  ses 
familiers  des  voix  de  Dieu  de  toute  espèce  )>.  Déjà  l'ancienne 
philologie  avait  jugé  le  texte  corrompu.  Elle  s'offusquait  d'abord 
de  rimage  hardie  des  «  hommes-voix  »;  mais  l'adjectif  Tîavuotaç 
lui  paraissait  surtout  maladroitement  employé.  Is.  Casaubon 
soupçonnait  une  lacune.  Les  anciennes  corrections  cherchent  à 
appliquer  Beoîj  cpwvâ;,  non  aux  disciples  de  Pythagore,  mais  à 
ses  doctrines.  Méricus  Casaubon  propose  :  Tà;  yvwpîfjLOjc;  y.ÙToù 
TïapoLjjL'iaç  5£ou  cpwvà;  (ses  préceptes  notoires)  (^).  La  correction 
de  Rittershuis,  remplaçant  -zoùç  yvwp{|jiou(;  par  Tàç  yvo^iJLa;;,  ne 
résout  qu'à  moitié  la  difficulté,  puisqu'elle  laisse  subsister 
TravToiaç  ;  on  peut  en  dire  autant  de  celle  de  Kùhn  :  wore  Xéys'.v 

Toùç  yvojp'ip.ouç  <  rot  >  aÙToO. 

Cobet  suppose  avoir  affaire  à  une  formule  en  dialecte  dorien. 
Pour  résoudre  la  première  difficulté,  il  considère  cpo^vâ;  non 
comme  un  accusatif,  mais  comme  un  génitif  (cpwvàç).  Il  rattache 
ensuite  ce  génitif  à  un  substantif  qu'il  retrouve  dans  TïavTotaç  : 
jjLàvT'.aç  (=  (jiâvTe'ç)  ;  reste  à  rendre  à  5eoû  sa  forme  dorienne  5ew. 
11  tvâdmt  divinae  vocis  interprètes.  Ainsi,  par  le  jeu  d'une  simple 
conjecture,  qui,  au  point  de  vue  paléographique,  s'écarte  très 
peu  du  texte  originel,  Cobet  paraît  avoir  surmonté  un  double 
embarras. 

Mais  on  peut  présenter  plusieurs  objections  à  cette  brillante 


(1)  Cf.  Introd.,  p.  10. 

(*)  CoRSSEN  {Rh.  Mîis.,  1912,  p.  241)  intercale  Xoyouç  après  aùxoo. 


—  180  — 


conjecture.  Il  me  semble  difficile  d'admettre,  tout  d'abord,  que 
le  dialecte  dorien  ait  subsisté  dans  la  forme  casuelle  de  l'accu- 
satif, alors  que  l'auteur  cite,  non  un  écrit,  mais  une  formule 
du  langage.  Ensuite,  dans  l'bypothèse  de  Cobet,  ce  serait  les 
profanes  qui  considéreraient  les  disciples  de  Pythagore  comme 
des  interprètes  d'une  voix  divine  (qui  est  évidemment  celle  de 
Pylhagore)  :  les  paroles  sibyllines  du  maître  seraient  expliquées 
au  vulgaire  par  les  disciples.  Mais  cette  conception  est  en  contra- 
diction avec  la  lègle  du  secret  de  l'Ecole,  dont  la  réalité  est 
admise  par  toute  la  tradition  ancienne. 

Je  préférerais  revenir  aux  premiers  essais  de  l'ancienne  philo- 
logie. Il  faut  toujours,  autant  que  possible,  illustrer  les  passages 
obscurs  de  notre  biographie  par  des  parallèles  empruntés  au 
reste  de  la  tradition.  En  voici  quelques-uns,  décisifs,  à  mon 
avis.  Aristote,  dans  Elien,  Ver,  hist.,  lY,  17  :  ^^pyicrjjiw  5£(w, 
olÎtwç  oi  TÔTc  Tipoa-ciyov  To^;  Xeyofjievot,;  utt'  auToû,  et  dans  Jamblique, 
V.  p.,  84  :  ôtra  Tcap'  sxcîvou  éppsGri,  raÛTa  TrsipwvTaL  ^'.y/fukâz'zeiy 
fisTa  oôyfjiaTa;  Timée,  dans  Jamblique,  V.  P.,  53  :  oCol  ùï  ràç 

7zapat,v£a-£iç  o^oXoyeiTOLi  7:apaa-x£uàa-a!.  |jLY|S£va  TYjV  £xe(vou  TrpoT'^yopiav 

dvouà!l£!.v,  dXkà.  TûàvTaç  Beiov  aÙTov  xa^Erv.  Ce  sont  les  paroles  de 
Pylhagore  qui  sont  considérées  par  ses  disciples  comme  des 
ècw.  ypr^'Jiioi.  Qui  ne  voit  l'exacte  concordance  de  cette  expres- 
sion avec  .5£où  cpwvaL?  Ce  qui  manque  dans  le  texte  de  Diogène, 
c'est  un  substantif  qui  soit  l'équivalent  de  Ta  A£  YOUEval  il  est 
évident  qu'il  se  cache  dans  le  mot  izcLVîoiy.q.  Les  termes  ordinai- 
rement employés  par  nos  biographes  pour  désigner  les  préceptes 
ou  maximes  des  philosophes  sont,  non  7rapo!.|ji'!a'.,  d'ordinaire 

réservé  aux  proverbes,  mais  àT:ocp9£y|j.aTa,  T,ap(xx\-f\(jeiç,  Tiapat-veo-et.;, 
TzapayyiAjjiaTa,  uapayyc)ia(.,  cpwvai  (par  exemple,  Jamblique,  F.  P., 
iOl  et  466).  —  Je  choisirais  TiapayycXiai.  :  c'est  le  terme  qui  se 
rap[)roche  le  plus,  par  la  forme,  du  mot  à  éliminer. 

4.   'A).Xà  xai,  auTOç  £v  zr^  YP^-'f'^  cprio-L  «  ùC  ETiTa  xal  oi-rixoo-Lwv  etswv 

é;  àCoEO)  Tcapay£y£VY,a-6a!.  £;  ctvBpw-o-jc;.  Cette  note  paraît  être 
d'introduction  assez  récente,  car  elle  n'a  avec  le  contexte  qu'un 
raj)port  fort  vague.  Le  dialecte  ionien  indique  une  citation 


—  181  — 


texluollo.  K.  \\o\h\o  (R/i.  Mus.,  I87i,  |).  r)57,  n.  I)  y  voyait 
priinilivoinonl  iiii  cxlinit  d'une  sorte  de  KaTâ^'aTLc;  eJç  aooL»  attri- 
buée à  I^ytliagore;  mais  il  s'est  rallié,  plus  tard  [Psuché,  IP, 
p.  417),  à  l'avis  de  Diels,  (|iii  rappoi'te  ee  frai^inent  à  l'ouvrage 
eité  aux  î^J:^ 

Plus  réeenunent,  (^orssen  [Wi.  Mus.,  191:2,  pp.  ^41  etsuiv.) 
a  émis  l'opinion  que  Diogène  tient  d'Androcyde,  (jui  écrivait 
en  dialecte  ionien,  tous  les  extraits  de  cet  ouvrage.  Ainsi 
s'expliquerait  que  le  dialecte  ionien  soit  conservé  même  dans 
le  discours  indirect.  Cet  argument  est  faible.  Dans  les  citations 
textuelles,  les  auteurs  adaptent  les  cas  et  les  modes  de  la  pbrase 
citée  aux  nécessités  de  la  syntaxe  de  leur  phrase.  En  outre,  il 
est  bien  évident  que  Diogène  ne  conserve  le  dialecte  ionien 
que  parce  qu'il  cite  Pythagore  :  le  texte  d'Androcyde  n'eût  pas 
été  jugé  digne  d'un  tel  honneur. 

La  doctrine  de  ce  fragment  doit  être  expliquée  par  la  légende 
des  métempsycoses  rapportée  par  Héraclide.  Après  avoir  quitté 
un  corps  humain,  l'âme  (qui  deviendra  celle  de  Pythagore)  passe 
par  des  vies  animales  et  végétales  et  descend  aux  Enfers  pour 

y  être  punie      4  :  xal  elç  ôo-a  cpurà  xal  Çoja  TïapsyévETo  xal  ocra  r\ 

^u')(y\  £v  Tw  aSri  euaGe)  ;  c'est  seulement  après  ces  purifications 
qu'elle  revient  dans  un  corps  humain.  Selon  notre  texte,  il  faut 
compter  207  ans  entre  deux  incorporations  humaines.  Mais 
dans  le  texte  parallèle  des  Théol.  Arithm.,  p.  40,  qui  cite  tout 
à  la  fois  trois  biographes  :  Aristoxène,  Néanthe,  Hippobotos, 
et  deux  écrivains  pythagoriciens  :  Androcyde  et  Eubulide,  le 
nombre  d'années  est  fixé  à  216.  Or,  dans  les  Arithmologies,  6  est 
le  chiffre  consacré  à  l'âme  et  son  cube,  216,  est  appelé  le  cube 
«  psychogonique  générateur  de  l'âme  (Théol.  Arithm.,  /.  c.  ; 
Plutarque,  De  an.  procr.,  13;  Proclus,  In  Remp.,  II,  pp.  68 
et  suiv.;  Tn  Tint.,  II,  p.  270,  etc.).  Cette  variante  a  donc  des 
titres  à  notre  préférence  (^).  On  peut  déduire  encore  de  cette 


(*)  Comparez  à  ceci  le  rôle  que  joue  le  nombre  216  dans  les  récentes  explications 
du  nombre  nuptial  platonicien  {Rép.,  VIII,  546  B),  par  exemple,  Adam,  The  Rep. 
of  Plalo,  II,  pp.  274  et  suiv. 


—  18-2  — 


note  que  les  auteurs  cités  plus  haut  admettaient,  pour  Pytha- 
gore,  une  chaîne  de  métempsycoses  analogue,  pour  le  nombre 
des  participants,  à  celle  d'Héraclide  Pontique  :  Pythagore,  né 
vers  570,  aurait  vécu  sous  le  nom  de  Pyrrhus,  né  vers  786, 
d'Hermotime,  vers  1002,  et,  vers  1218,  dans  la  personne 
d'Euphorbe,  qui  était  un  homme  fait  à  la  date  des  Tpwiixâ  (1184). 

Le  Commentaire  de  Berne  à  Lucain  (p.  289,  Us.)  attribue  à 
Pythagore  la  doctrine  d'un  intervalle  métempsychique  beaucoup 
plus  long,  462  ans.  Selon  Varron  (S'  Augustin,  De  civ,  Deiy 
XXII,  28),  les  Genet/iliaci  comptent  440  ans.  D'autres  traditions 
(Proclus,  In  Remp.,  II,  p.  173),  qui  s'inspirent  de  l'Orphisme, 
ramènent  la  période  à  300  ans. 

3.  Diogène  rapporte  que  des  étrangers  :  Lucaniens,  Peucé- 
tiens,  Messapiens  et  Romains,  reçurent  l'enseignement  de  Pytha- 
gore. Cette  note  provient  d'Aristoxène,  comme  le  montre  une 
citation  de  Porphyre,  V.  P.,  22,  et  de  Jamblique,  F.  P.,  241 
(Nicomaque).  11  semble  que  le  Pythagorisme  ait  pénétré  dans 
les  populations  italiques  indigènes,  principalement  en  Lucanie  : 
des  Lucaniens  figurent  dans  le  Catalogue  des  Pythagoriciens 
de  Jamblique  (F.  P.,  267  Aristoxène) .  La  mention  des 
Romains  me  paraît  être  une  allusion  à  la  légende  bien  connue 
des  rapports  de  Pythagore  avec  Numa. 

§  15.  —  Deux  phrases  (twv  t£  s^axocriwv  —  'IcjTopia',;)  inter- 
rompent l'ordre  de  l'exposé  et  doivent  avoir  été  introduites 
assez  tard  dans  la  biographie.  Il  est  évident,  en  efFet,  que 
les  mots  eXeyov  Te  xai  ol  aXXot.  ITuGayopeLot.  (fin  du  §  15)  Suivaient 
immédiatement,  à  l'origine,  la  note  qui  concerne  Philolaos.  Les 
deux  phrases  intruses  ont  rompu  la  succession  naturelle  des 
idées  et  les  rapports  de  transition.  Elles  ont  été  insérées  à  cette 
place  pour  donner  de  nouvelles  preuves  de  la  célébrité  de 
Pythagore.  Une  citation  de  Favorinus  nous  permet  de  conjec- 
turer que  ce  sont  des  additions  de  Diogène. 

La  première  de  ces  notices  porte  des  traits  légendaires  :  six 
cents  disciples  venaient  la  nuit  écouter  Pythagore.  Elle  est 
issue  d'une  combinaison  de  deux  traditions.  Selon  Antiphon 


—  18:{  — 


(Porphyro.  V.  0;  cf.  Jainhiiquc.  T.  /\,  ^27).  PytliagoiT 
enseignait,  à  Sainos,  aussi  bien  la  nuil  (jiie  le  jour.  D'autre 
part,  le  nombre  de  six  eents  disciples  est  donné  par  Janihlique, 
V.  P.,  ^9,  et  Suidas,  s.  V.  vvwpLjjio!.  et  5.  V.  IluÔayôpa;. 

«  Si  (piehpies-nns  parvenaient  à  le  voir,  ils  l'écrivaient  à 
leurs  parents,  connue  s'ils  avaient  obtenu  un  grand  bienfait.  » 
Contempler  Pytbagore  est  représenté  comme  une  rare  faveur  : 
nous  reconnaissons  ici  la  conception  de  Timée  analysée  plus 
baut. 

Selon  l'autre  légende,  les  Métapontins  auraient  appelé  sa 
maison  le  temple  de  Déméter  et  la  rue  où  il  babitait,  le  temple 
des  Muses.  Même  notice  dans  Jamblique,  F.  l\,  170,  et  Justin, 
XX,  4  (ici  moins  précise  :  ut  ex  domo  eius  ternplum  facerent). 
Par  contre,  à  en  croire  Porpbyre,  V.  P.,  4,  ïimée  rapportait 
ces  faits  à  la  ville  de  Crotone  et  Valère-Maxime,  VIII,  15,  :2, 
adopte  la  même  variante.  Cette  divergence  ne  provient  pas  de 
deux  sources  différentes,  car  le  contexte  de  la  note  de  Jamblique 
est  le  même  que  celui  de  Porphyre,  mais  elle  dérive  d'une  con- 
fusion qui  paraît  avoir  été  commise  par  Porphyre  et  Valère- 
Maxime.  En  effet,  il  est  admis,  tout  d'abord,  que  Justin  s'inspire 
de  Timée  (^);  or,  il  est  en  désaccord  avec  Porphyre.  En  outre, 
Timée  rapportait  que  les  Crotoniates  avaient  élevé  un  temple 
aux  Muses  sur  le  conseil  de  Pytbagore  (Jamblique,  V.  P.,  50 
et  264)  ;  il  est  donc  peu  vraisemblable  qu'ils  aient  donné  ce 
nom  à  la  rue  où  habitait  le  philosophe.  Enfin,  nous  savons  que 
Métaponte  se  montra  plus  longtemps  accueillante  au  Pytha- 
gorisme  (^)  que  Crotone,  d'où  il  fut  expulsé  assez  tôt  et  pour 
longtemps,  par  des  troubles  politiques  (Jamblique  [Timée], 
F.  P.,  254-264). 

Revenons  à  la  notice  du  début  du  §  15  :  «  Philolaos  est  le 
seul  qui  dérogea  à  la  règle  du  secret  en  publiant  les  trois  livres 
fameux  que  Platon  demanda  par  lettre  qu'on  lui  achetât  La 


(*)  RoHDE,  Kleine  Schriften,  II,  p.  12-2. 

Cf.  GicÉRON,  De  lin.,  V,  2,  et  Valèhe-Maxime,  VIII,  7,  2. 


—  m  — 


lettre  en  question,  adressée  à  Dion,  est  mentionnée  encore  par 
Diogène,  III,  9,  et  VIII,  84. 

Un  texte  plus  complet  de  cette  tradition  figure  dans  Jam- 
blique,  F.  P.,  199,  où  Diels  [Vors.,  P,  p.  84,  12)  reconnaît 
par  conjecture  un  extrait  d'Aristoxène,  On  y  apprend  que  Phi- 
lolaos,  grâce  à  sa  parenté  avec  les  QuQayopsw!.,  avait  eu  connais- 
sance des  trois  livres  pythagoriciens.  Réduit  à  la  plus  grande 
misère,  il  les  aurait  vendus  à  Dion,  qui  agissait  pour  le  compte 
de  Platon.  Les  nuGayopeiot.  ne  désignent  pas  ici  les  Pythagori- 
ciens, semble-t-il,  mais  les  descendants  de  Pythagore,  à  moins 
que  l'auteur  de  la  note  ne  se  soit  refusé  à  voir  un  pythago- 
ricien en  Philolaos.  Une  vieille  légende,  qui  se  rattache  à  une 
tradition  de  la  Lettre  de  Lysis,  voulait  que  la  famille  de 
Pythagore  gardât,  dans  le  plus  grand  secret,  des  ÛTropivTijjiaTa 
de  l'ancêtre  (Jamblique,  F.  P.,  146;  Hercher,  Epist.  gr., 
p.  608).  Ce  sont  ces  livres,  apparemment,  que  Philolaos  aurait 
vendus. 

Ce  qui  donne  du  poids  à  la  conjecture  de  Diels,  c'est  que  la 
citation  d'Aristoxène,  qui  suit  dans  Diogène  (eXsyov  re  xal  ol 

cf.Woi  nuBayopeiot.  {jlt,  eivai  7zç>oç  TiàvTaç  TtâvTa  èriTa,        (p'/i<Tt.v  'A.),  se 

répète  dans  la  notice  de  Jamblique  :  GaupiàÇsTaL  8k  xal  ri  t7\<;  «puXaxri; 
ixpi^eia  xtX.  Satyrus,dans  Diogène,  III,  9,  et  Aulu-Gelle,  111,17, 
reproduisent  la  même  forme  de  la  légende,  tandis  qu'Hermippe 
varie,  selon  sa  coutume,  l'anecdote  traditionnelle  (Diogène, 
YIII,  85)  :  Platon  achète  un  livre  de  Philolaos  à  l'un  des  parents 
de  celui-ci.  Une  autre  variante  (anonyme  dans  Diogène,  VIII,  85) 
est  plus  légendaire  encore  :  Platon  intervient  auprès  de  Denys 
pour  faire  relâcher  un  disciple  de  Philolaos  jeté  en  prison;  en 
récompense,  il  reçoit  les  livres  pythagoriciens.  ïzetzès,  tout 
en  se  tenant  dans  la  tradition  d'Hermippe,  accentue  le  côté 
romanesque  de  l'histoire  {ChiL,  X,  797  ss.)  :  le  rôle  de  Platon 
y  est  devenu  plus  odieux  encore,  puisqu'il  fait  acheter  les  livres 
à  des  veuves  tombées  dans  la  misère. 

L'étude  des  traditions  et  de  la  valeur  de  cette  légende  se  com- 
plique du  fait  qu'elle  touche  à  plusieurs  problèmes  qui  n'ont 


pas  encore  été  déliniti veinent  résolus  :  la  puhlicalioii  et  l'au- 
thenticité des  écrits  de  lMnlolaos(*)  ;  la  légende  du  [)ythagoricien 
ïimée,  (pii  n'est,  senible-t-il,  (pi'un  double  de  celle  de  Pbilo- 
laos;  l'origine  d'une  des  traditions  de  la  Lettre  de  Lysis,  etc. 

—  I.e  second  exti'ait  d'Aristoxène  (evOa  xa-  indi(jue  un 
second  emprunt  aux  IIat.o£jT'.xoi  Nôjjio'.  (pii  vienn(Mit  d'être  cités) 
est  une  anecdote  :  comme  quebpi'un  demandait  à  Xénopbile 
comment  il  donnerait  à  son  fils  la  meilleure  éducation,  il 
répondit  :  «  si  la  ville  qu'il  habite  est  bien  gouvernée  ».  Le  sens 
et  l'intention  de  la  réponse  ne  ressortent  pas  au  premier  coup 
d'œil.  C'est  que,  dans  l'original,  l'anecdote  illustrait  des  consi- 
dérations philosophiques,  que  Diogène  a  omises,  sur  les  rapports 
de  la  politique  et  de  l'éducation.  Mais  on  peut  rapprocher,  de 
ce  passage,  des  fragments  des  nuSayopt-xal  ÀTuo-sâTsu  où  Aris- 
toxène enseigne  que  le  succès  de  l'éducation  privée,  morale  et 
religieuse,  dépend  de  la  fermeté  de  l'autorité  politique  (Stobée, 
F/or.,  43,  49;  Jamblique,  F.  P.,  175,  203,  etc.). 

C'est  encore  à  Aristoxène  qu'est  emprunté  le  noyau  de  la 
seconde  notice  du  §  16,  où  on  lit  que  les  législateurs  Zaleucus  et 
Charondas  appartenaient  à  l'Ecole  de  Pythagore.  Ce  biographe 
étendait  d'ailleurs  ces  rapports  à  d'autres  législateurs  de  la 
Grande-Grèce  (Jamblique,  F.  P.,  130,  112  et  2G7)  [^)  : 
Timarès  de  Locres  (ou  Timaratos),  Phytios,  Hélicaon,  Théoclès 
(variantes  :  Euthyclès  et  Théétète)  et  Aristocratès  de  Rhégium. 
Un  bon  nombre  d'autres  auteurs,  dont  le  plus  ancien  est 
Posidonius  (Sénèque,  Ep.,  90,  6),  se  font  l'écho  de  la  tradition 
relative  à  Zaleucus  et  Charondas.  Inutile  de  dire  que,  si  les 
rapports  pythagoriciens  des  législateui's  de  Rhégium  paraissent 
vraisemblables,  par  contre,  on  se  trouve  en  plein  mystère  quand 
on  aborde  les  personnages  de  Zaleucus  et  Charondas  (^). 


(^)  Cf.  là-dPssuF,  BuRNET,  L'Aurore  de  la  Philos,  grecque,  pp.  320  et  suiv. 

(2)  Le  texte  des  §§  129-130  se  retrouve  inchangée  au  §  249,  qui  est  un  extrait 
«i'Aristoxène  (la  citation  est  au  §  251). 

(5)  Cf.  là-dessus,  mon  Essai  sur  la  Politique  pythagoricienne,  pp.  28  177  et  suiv., 
et  254. 


—  186  — 


6.  17-18.  —  Énoncé  et  explication  des  Symboles  pytha- 
goriciens. 

Les  symboles  sont  des  formules  de  défenses  visant  des  actions 
qui  concernent  des  objets  ou  des  êtres  doués  d'une  force 
magique  (Upâ)  :  ils  rappellent,  par  maint  côté,  les  tabous  de 
certains  peuples  sauvages.  Appelés  originellement  dxoL»o-{ji.aTa 
(révélations)  et  o-ujjiêoXa  (signes  de  reconnaissance?),  ils  ont  été 
observés  à  la  lettre  dans  les  temps  les  plus  anciens  du  Pythago- 
risme.  Plus  tard,  par  la  vertu  d'une  confusion  à  laquelle  prêtait 
le  mot  symbole  et,  concurremment,  d'un  progrès  de  la  conscience 
morale  et  religieuse,  ils  ont  été  expliqués  symboliquement. 
Deux  auteurs  du  IV*  siècle  :  Androcyde  le  Pythagoricien  (Try- 
phon,  dans  les  R/iet.  gr.,  III,  193)  et  Anaximandre  le  Jeune 
(Suidas,  s.  v.),  ont  écrit  des  traités  d'interprétation  allégorique 
des  Symboles.  Celui  d'Anaximandre  paraît  n'avoir  guère  laissé 
des  traces  que  dans  Suidas  et  Hippolyte,  Adv.  fiaer.,  VI,  27.  La 
fortune  de  l'autre  ouvrage,  au  contraire,  fut  considérable  (^)'. 
Hoelk  [De  Acusmatis  sive  Symbolis  PytU,,  Kiel,  1894)  rapporte 
à  Androcyde  le  plus  grand  nombre  des  textes  qui  présentent 
une  interprétation  allégorique  (^). 

Bœhm  (De  Symbolis  Pyth.,  Berlin,  1905),  prenant  ces  pré- 
ceptes dans  leur  sens  le  plus  littéral,  en  a  étudié  les  origines 
en  se  servant  de  la  méthode  ethnologique  bien  connue.  Les 
coutumes  des  peuples  sauvages,  barbares  ou  moyenâgeux  sont 
invoquées  pour  expliquer  ces  survivances  d'un  état  préhistorique 
dans  la  mystique  grecque  du  Vl""  siècle.  Déjà  Aristote  avait  tracé 
la  voie  dans  ce  mode  d'interprétation  (Jamblique,  V.  P.,  84-86). 
Les  croyances  animistes  sont  l'alpha  et  l'oméga  de  cette  hermé- 
neutique. La  méthode  est  un  peu  monotone  et  trop  uniforme 
pour  être  toujours  vraie.  Elle  manque  aussi  de  critique  :  il  est 


(1)  Sur  l'authenticilé  de  cel  ouvrage,  voyez  les  opinions  contradictoires  de  Hoelk, 
loc.  cil.,  p.  44;  de  Cokssen,  R/i.  Mvs.,  1912,  pp.  244  et  suiv.,  et  de  Freudentiial,  .s.  v. 
Androeydes,  dans  Pauly-Wissowa. 

(^)  Voyez  dans  mes  Études,  p.  286,  le  siemma  des  diverses  traditions. 


—  187  — 


évident  (jiio,  sons  le  nom  d'otxoûaijLaTa  ou  a-ûfji^VAa,  on  a  réuni  des 
abslinenees  et  des  préceptes  de  nature  (^t  d'ori^iiKi  très  diverses, 
qu'il  ne  sullit  pas  de  classer  selon  leur  ohjet  (nourriture,  rites, 
instruments,  etc.).  l^e  principe  du  tabou  (|jL>i  ...  or»  Upôv)  me 
parait  être  la  raison  d'être  orii^inelle  de  la  plu|)arl  d'entre  eux. 
iMais  il  n'y  a  pas  qu'une  sorte  de  tabou.  Divers  essais  de  classi- 
fication d'après  les  genres  de  tabous  devraient  servir  d'étude 
préliminaire  à  une  nouvelle  tentative  d'exégèse. 

Dans  la  tradition  adoptée  par  Diogène,  le  texte  de  deux 
symboles  diffère  notablement  de  celui  des  passages  paral- 
lèles. 

1.  cpopT'iov  o-jyxaQaipeîv  xolI  [jlti  (Ttjv£7zt.Tt.9£va',.  Les  autres  auteurs 
rapportent  une  formule  contradictoire  :  cpoprîov  (jltj  (ruyxaôaipeîv, 
cTuvsTc^TiQsvat  8e.  L'erreur  de  Diogène  est  évidente,  mais  je  m'en 
tiens  ici  au  principe  conservateur  que  j'ai  suivi  partout  ailleurs. 
Il  tant  garder  cette  correction  d'un  esprit  simple  (Diogène  ou 
ses  sources?),  qui  aura  trouvé  peu  charitable  la  formule  ordinaire 
du  précepte. 

2.  J'observe  la  même  réserve  à  l'égard  du  symbole  èxtg; 
lewQÔpou  ix-ri  paoï^eiv,  que  les  textes  parallèles  formulent  ainsi  : 
Ta;  XewcpôpoDç  [jlti  jSaôîÇsLv.  L'origine  de  cette  faute  doit  sans  doute 
être  cherchée  dans  une  confusion  paléographique  (sxto;  serait 
sorti  de  év-ôç),  mais  je  la  tiens  pour  antérieure  au  travail  de 
nos  copistes. 

La  tradition  des  Symboles  présente  plusieurs  méprises  de  ce 
genre;  à  n'en  pas  douter,  elles  doivent  être  portées  en  compte 
aux  écrivains  eux-mêmes.  Ainsi  Olympiodore  (In  P/iaed.,  p.  :25) 
a  lu,  dans  le  texte  d'un  autre  symbole,  y.r\  bixCkeïy  (comme  BP^ 
d'ailleurs),  au  tieu  de  |jl>i  ôixlyeiy,  puisqu'il  écrit  |jlti  lilei.  Dans 
un  autre  passage,  eu  Up6v  tient  la  place  de  sic,  opicx.  (ou  ôpojç). 
Autre  exemple  :  un  symbole  défend  de  représenter  sur  les 
anneaux  une  figure  de  dieu;  Julien  (Or.,  VIII,  p.  »]06)  croit  qu'il 
est  interdit  d'y  graver  le  nom  d'une  divinité.  La  variante  pro- 
vient d'une  confusion  :  EIKONA  =  ONOMA.  D'autres  exemples 
pourraient  être  cités. 


—  188  — 


7.  ^^^^  19-2J.  —  Régime  calimentaire  et  habitudes  de  vie  de 
Pythagore. 

Remarquons  tout  d'abord  que  toutes  les  particularités  par 
lesquelles  Diogène  caractérise  le  genre  de  vie  de  Pythagore  sont 
d'ordinaire  appliquées,  dans  les  sources,  aux  Pythagoriciens. 
Aristote,  Aristoxène,  Timée  dépeignent  la  vie  pythagoricienne 
de  lenr  temps  :  le  compilateur  rapporte  l'établissement  de  ces 
règles  à  Pythagore. 

Diogène  mentionne  l'abstinence  du  rouget  (epuQivoç  ou  spuOpivo?) , 
de  l'oblade  ({j.eXàvoL»po;),  des  fèves  et  du  cœur  des  animaux.  Il 
ajoute,  d'après  Aristote,  le  mullet  de  mer  (Tpiylr,)  et  la  matrice. 
On  pourrait  préjuger,  de  la  forme  de  la  citation,  que  la  seconde 
notice  seule  provient  d'Aristote.  Mais  l'étude  des  sources  montre 
que  la  première  aussi  dérive  du  même  auteur,  probablement  par 
une  voie  indirecte.  D'après  Diogène,  VIII,  34,  et  Plutarque 
(dans  Aulu-Gelle,  IV,  H)  (*),  Aristote  rapportait  aux  Pythago- 
riciens l'interdiction  de  manger  des  fèves,  le  cœur  des  animaux 
et  certains  poissons  qualifiés  Upoi,  tels  que  le  mullet,  l'ortie  de 
mer  (àxaXrioTi)  et  d'autres  encore,  dont  les  noms  sont  omis.  Or, 
dans  un  passage  de  Jamblique  manifestement  inspiré  des  mêmes 
sources,  V.  P.,  109  (cf.  Élien,  V.  H.,  IV,  17  et  II,  Aulu- 
Gelle,  /.  c.  ;  Diogène,  VIII,  34),  les  abstinences  du  rouget  et  de 
l'oblade  sont  attribuées  au  même  scrupule  religieux  {-y^^ovitov  ecttI 
5£wv).  La  notice  de  Porphyre,  F.  P.,  45,  dérive  aussi  d'Aristote. 

Aristoxène  convenait  (Jamblique,  V.  P.,  98)  que  les  Pytha- 
goriciens, ses  amis,  admettaient  rarement  des  poissons  sur  leur 
table;  mais,  selon  sa  coutume,  il  néglige  la  signification 
religieuse  de  cette  abstinence  pour  l'attribuer  à  des  raisons 
d'hygiène.  Sur  la  question  des  fèves,  son  opinion  est  plus 
étrange  encore  et  en  contradiction  avec  le  reste  de  la  tradition. 
11  soutenait,  en  effet,  que  c'était  l'un  des  légumes  préférés  de 
Pythagore  (Aulu-Gelle,  IV,  11).  L'origine  de  ces  divergences 


(1)  Cf.  encore  Qii.  conv.,  II,  3,  i  ;  IV,  5,  %  et  VIII,  8. 


—  181)  — 


doit  ôtro  clKMcliéc  dans  la  divcrsilc  des  règles  des  noinhreiiscîs 
sectes  pythagoriciennes  (|iii  existaient  au  V"  et  au  IV"  siècle. 

Ces  restrictions  du  l'égiuie  alimentaire  étaient  ex|)li(juées 
allégoriquenient  par  certains  auteurs  :  |)our  le  coMir,  voii'  dans 
les  symboles  du  18;  pour  les  fèves,  Ps-IMutar<[ue,  h^d.  puer., 
17;  Ilippolyte,  Adv.  Iiaer.,  YI,  27,  etc.;  pour  le  rouget,  Jaiu- 
blique,  i'rotrcpL,  21;  pour  l'oblade,  Androcyde  dans  Tryphon 
[Hh.  gr.,  111,  193);  Ps-Plut.,  /.  c;  Janiblique,  /.  c;  pour  les 
poissons  d'une  fa(;on  générale,  Plutar(pie,  Qu.  conv.,  VIll,  8; 
Athénée,  VII,  308  C;  Eustathe,  hi  Odijss.,  jjl,  p.  1720,  31. 
Les  abstinences  avaient  donc  été  enveloppées  dans  le  système 
général  d'interprétation  allégorique  des  otxoLxrfjLaTa.  Il  est  clair 
cependant  qu'elles  furent  primitivement  observées  à  la  lettre, 
comme  des  tabous  alimentaires. 

Le  reste  du  chapitre  19  et  ^^20),  composé  de  notes  détachées 
et  assez  disparates  (régime,  costume,  habitudes,  pratiques  reli- 
gieuses), est  un  remaniement  de  la  description  qu'Aristoxène 
avait  laissée  de  la  vie  pythagorique.  Comme  c'est  l'habitude  dans 
les  compilations,  la  source  ne  se  trouve  citée  qu'à  la  fin  de 
l'exposé,  à  propos  d'un  détail;  l'origine  des  autres  notices 
resterait  mystérieuse,  si  les  passages  parallèles  ne  fournissaient 
la  matière  de  comparaisons  instructives.  Un  second  procédé, 
dont  nous  avons  déjà  signalé  l'emploi  ci-dessus,  consiste  à 
rapporter  à  Pythagore  ce  qui,  dans  le  texte  originel,  était 
donné  comme  une  pratique  des  Pythagoriciens.  Enfin,  une 
nouvelle  particularité  des  méthodes  du  compilateur  est  qu'il 
remanie  le  texte  qu'il  copie,  en  adoptant,  sur  différents  points, 
des  opinions  diamétralement  opposées  à  celle  de  sa  source,  sans 
signaler  la  contradiction.  Ce  travail  de  démarquage  est  un 
échantillon  remarquable  de  la  manière  de  Diogène  et  il  carac- 
térise, en  général,  l'érudition  de  l'époque  alexandrine  et 
impériale.  Aussi  ce  chapitre  mérite-t-il  une  étude  détaillée. 

1.  'EvLOTE  8'  aÙTÔv  dpxsCdÔa!.  [JLeXiTi.  |jt.6v({>  (fOLori  t[.v£ç  Ti  yi'ripiiô  'r\  àpT(j), 

oLvou  ô£  jjisÔ'  7][jL£pav  [JLT,  yeusTGai.  Comparez  Jamblique,  V.  P.,  97 
(Aristoxène)  :  àpio-Tw  ùï  ïy^dyzo  apT({)  xal  Y-ikiTi  \  XYip{(f),  oTvou  8k 


—  190  — 


(jLeG'  rjuspav  où  {jLeTsiyov.  Le  terme  vague  £vlot£  a  remplacé 
l'expression  précise  âpia-w  des  sources.  Diogène,  en  outre, 
laisse  croire  que  Pythagore  mangeait  tantôt  du  pain,  tantôt 
du  miel  seul.  Aristoxène  réunit  ces  deux  aliments  (cf.  encore 
Athénée,  II,  p.  47  A).  Porphyre,  F.  P.,  34,  commet  la  même 
erreur  que  Diogène. 

(TTiaviwç  correspond  à  Aristoxène,  ibid.,  98  :  ^pyjaBa'.  Bk  oeinyi^ 

xolI  olvo)  xal  (i-âÇr,  xal  apTG)  xal  o^i^  xal  Àayàvot.ç  ecpGorç  te  xal  Wfjiorç* 
TTapaTÎOea-Ga'.  os  xpea  Çtôwv  .S'jo-tlawv  Ups'icov*  twv  5e  OaXaa-aLwv  ot|>a)v 
(TTiavîojç  ypTicrOai.  Cf.  Porphyre,  V.  P.,  3i,  qui  ne  parle  pas  des 
poissons.  Dans  Diogène,  la  mention  de  la  viande  (oc{>ov  et  xpéaTa) 
a  été  omise  à  dessein  parce  que  le  compilateur  admet  l'abstinence 
complète,  comme  on  le  verra  plus  loin. 

3.  cTToXri  ôk  aÙTÔ)  Xeuxri ,  xaGapà  =  ld.,  ibid.,  100  et  149. 

4.  xal  !7Tpw[i.aTa  Aeuxà  éH  spûov'  xà  yàp  Xt,và  outtw  e^ç  exe'Ivo'jç 
dt^ixTO  TOJç  tÔkOUc;.  Cf.  Id.,  ibid.,  100  (et  149)  :  sivat.  Be  xà  0-Tpw- 

[jtaTa  lu-aTLa  ).'.và*  xo^Swt.;  yàp  ou  ypr^i^oci.  Ici,  le  compilateur  a 
rejeté,  pour  des  raisons  archéologiques,  la  tradition  d'Aristoxène, 
admise  par  Apulée,  ApoL,  56,  et  Philostrate,  Vit.  ApoL.,  I,  32,  2 
(cf.  Hérodote,  II,  81,  pour  les  usages  funéraires). 

5.  OlioE    TtWTIOTE    lyVCOO-G'/^    OUTE    ÔLa^WpWV     oÙtE    acppo8!,a-LàÇu)V  OUTE 

(jieOuctGe'Iç.  Cette  note  manque  dans  nos  fragments  d'Aristoxène, 
mais  elle  est  bien  dans  le  goût  des  lluGayopixal  'A7uocpàa-et.ç.  Les 
parallèles  doivent  être  cherchés  ailleurs  :  Diodore,  X,  5,  2; 
Clément,  Strom.,  III,  24;  Jérôme,  Adv,  Jovin.,  II,  14  et  38. 
Les  deux  premiers  traits  sont  destinés,  à  mon  avis,  à  distinguer 
l'idéal  purement  pythagoricien  des  amis  d'Aristoxène,  des  cou- 
tumes relâchées  de  certains  pythagoriciens  cyniques. 

6.  â7r£'//£T0  xarayéXwTOç  xal  Tcâo-riç  âp£a-x£'!aç  xtX.  =  AristOxène, 
dans  Jamhlique,  V.  P.,  171  :  otjc7cpTijji''aç  Se  TtâcrYic;  xa9apEL>£!.v  tyÏç 
TE    o-yET^iao-TUTif;   xal   TTjç    {j.a^L|JLOU   xal   tt,?    'koihop'r\'zixî]ç   xal  Triç 

CpOpTLXTÎç. 

7.  <5py!.Cop.Evoç  TE  OUTE  oixÉT'riv  Ixo^a^Ev  OUTE  fkeù^Bpov  ouSéva 
=  Aristoxène,  ibid.,  197  :  XÉysTaL  . . .  wç  oùte  ouetyiv  ExôXao-Ev 


—  — 


Dio^ène  a  omis  un  mot  intéressant  :  évouOexTiie,  (jiii  devait  être 
dans  ses  sources,  car  il  passe  aussitôt  à  cette  notion. 
8.  sxâXet.  0£  tÔ  vo'jOeTELv  TreXapyàv. 

Toute  la  tradition  manuscrite,  y  compris  lit  ici  -eAapyàv 
(ueXâpyav  V^}.  Les  seuls  passages  parallèles  sont  Suidas,  s.  v. 
TieXapyàv,  et  Jamblique,  V.  P.,  101,  231  et  197  (Aristoxène),  où 
on  lit,  respectivement  :  TuaLSapTadei;,  TieoapTâa-ei;  (le  substantif), 
et  TratoapTàv.  Scaliger  conjecturait  îrawapTÙae^ç.  Hemsterhuis, 
Schàfer,  Cobet  et  Nauck  rétablissent  -eoapràv  et  TrsoapTâcrc'.;. 
Schafer  y  reconnaissait  une  forme  dorienne  :  Tieo  (=  [jlet)  —  âpxâv, 
et  expliquait  par  (jieGapjjLÔÇeiv. 

L'explication  donnée  par  Jamblique,  V.  P.,  197,  n'est  pas 
très  claire  :  «  Aucun  Pythagoricien...  ne  réprimanda  jamais  une 
personne  de  condition  libre  quand  il  était  en  colère;  mais  il 
attendait  (àvsjjLsvsv)  le  retour  de  la  raison.  Ils  donnaient  au 
fait  de  réprimander  le  nom  de  Tratôapxàv,  car  ils  pratiquaient 
l'attente  (dvafjiovTi),  en  gardant  le  silence  et  le  calme  ». 

L'explication  vise  moins  à  caractériser  la  façon  dont  l'admo- 
nestation était  faite  qu'à  montrer  l'attitude  du  maître  pendant  la 
réprimande,  comme  si  Tca!.5apTàv  (ou  TceSapTav)  s'appliquait,  non 
à  l'action  même  de  réprimander,  mais  à  l'effort  que  le  supérieur 
devait  faire  sur  lui-même  pour  se  mettre  en  état  de  corriger  son 
élève.  Par  conséquent,  s'il  fallait  lire  TzsoapTâv  et  considérer  le 
mot  comme  l'équivalent  de  {jieGapiJLÔÇe'.v  (=  arranger  d'une  autre 
manière  :  le  passif  de  âprav  a,  dans  Hérodote  au  moins,  le  sens 
de  dpTLiea-Ga'.) ,  le  mot  signifierait,  d'après  le  texte  de  Jamblique, 
non  pas  changer  le  sentiment  de  l'enfant  (qui  a  commis  une 
faute),  mais  changer  son  propre  état  d'âme  avant  de  répri- 
mander. Dans  ce  cas,  on  peut  s'étonner  que  le  verbe  ne  soit  pas 
employé  à  la  voix  moyenne. 

11  n'est  pas  facile  de  déterminer  avec  certitude  quelle  leçon  il 
faut  adopter  dans  le  texte  de  Diogène.  Il  me  paraît  plus  prudent 
de  conserver  la  tradition  unanime  des  manuscrits.  N'est-il  pas 
vraisemblable  qu'un  auteur  aussi  peu  averti  que  lui  a  lu  et  écrit 


—  19-2  — 


IlEAAPrAN?  Il  serait  d'ailleurs  bien  excusable,  puisqu'il  s'agit, 
en  l'espèce,  d'un  ocTiai,  sur  l'orthographe  duquel  il  était  difficile 
de  se  renseigner. 

hioL  Twv  EfjLTTjpwv,  E^w  T7)<;  ô!.à  Xi^ôlvo'j .  Lc  scul  tcxtc  parallèle  que 
nous  puissions  tirer  de  Jamblique  provient,  lui  aussi,  d'un 
remaniement  (cf.  la  mention  des  classes  de  la  Société,  au  §  150)  : 
149  :  Tipoo-er^s  0£  xal  cp-/i|JLaL<;  xal  jjLavTstlat.;  xal  xXyiôoo-'.v  xal  ôXwç  Tiàa-s. 
To^ç  aÙTO[JiàTO',ç  ;  150  :  eTcsGuE  0£  B^olc,  Xiêavov.  Cf.  98  :  yivso-Ga!. 
(7~ovôâç  T£  xal  ^uo-îaç  5uri[JLâTwv  te  xal  ÀtêavwTO'j,  et  Porphyre, 

F.  P.,  36. 

La  note  signifie  que  Pythagore  ne  pratiquait  pas  la  divination 
par  l'examen  des  entrailles  des  victimes;  évidemment  parce  que, 
selon  l'auteur,  il  ne  sacrifiait  pas  d'animaux.  Aëtius,  V,  J ,  3 
([jLÔvov  TQ  .S^'jTuov  o'jx  £yxp'!v£'.  i  cf.  Ps-Galicn,  Hîst.  pliiL,  30, 
où  oux  àv7]p£t.  provient  d'une  confusion),  partage  cet  avis. 
Hippolyte,  Adv,  haer.,  I,  25,  2,  et  Jamblique,  F.  P.,  93 
et  147,  connaissent  une  méthode  de  divination  par  les  nom- 
bres dont  on  a  retrouvé  des  exemples  dans  les  manuscrits 
magiques  (^). 

10.  .^'jrriai^  t£  ï-j[or{zo  à^ùyoïc,'  ol  §£  cpaa-'.v  ot'.  àXsxTopa-!.  jjiôvov  xal 
Ipicpot.;  xal  yaAa9-r[Vorç  toîT;  X£YO|ji£vot.ç  à7:a)aa'.ç,  T|Xt.a--a  ok  àpvàa-!,v. 
Voici  ce  que  le  texte  d'Aristoxène  offrait  au  compilateur,  d'après 

la  citation  qui  suit  ([jlovov  8'dTr£'^£a-9a!.  pooç  âpOTTjpoç  xal  xpiou)  et 

d'après  Athénée,  X,  418  E;  Jamblique,  V.  P.,  98,  et  Aulu- 
Gelle,  lY,  il  :  Pythagore  permettait  de  manger  toute  espèce 
d'animaux,  sauf  le  bœuf  laboureur  et  le  bélier;  quant  à  lui,  il 
avait  une  préférence  marquée  pour  les  porcelets  et  les  chevreaux. 
Selon  Porphyre,  F.  P.,  36,  il  sacrifiait  quelquefois  des  poulets  et 
des  porcelets.  D'après  le  remaniement  de  Jamblique,  F.  P.,  150, 
il  permettait  aux  disciples  de  rang  inférieur  de  sacrifier  un  coq, 


(^)  Tanneiiy,  Notices  et  Extraits,  XXXI,  2  (1886),  pp.  248  et  suiv.  ;  Desrousseaux, 
Mélanges  d' Archéologie  et  d'Histoire  (Éc.  fr.  de  Rome,  VI  [1886],  pp.  534  et  suiv.); 
Catalogus  God.  Astrol.  gr.,  VII,  p.  21,  etc. 


un  a^'iK'aii  ou  (|U('I(|U('  autre  jeune'  animal,  point  de  ïnvuï.  On 
voit  (|ue  le  compilateur  a  adopté  un  point  de  vue  entièrement 
opposé  à  l'opinion  de  sa  source.  II  en  a  l'ait  une  variante 
anonyme,  sans  en  respecter  d'ailleurs  la  teneur  :  fjLÔvov  remplace 
Ta  t.oHôl;  r/j.a'oL  est  en  contradiction  avec  Jaml)li([ue,  V.  /\,  150, 
mais  il  est  d  accord  avec  i-è/zcihai  xp'.ou.  Il  se  pourrait,  d'ailleurs, 
que  l'auteur  de  Jamhlique  y  ait  mis  du  sien. 

Le  remaniement  parail  être  l'œuvre  d'un  comjiilateur  qui 
corrigeait  Aristoxène  par  Timée.  J'ai  montré  plus  haut  que 
les  Pytliai;oriciens  de  ïimée  rejetaient  les  sacrifices  sanglants 
(cf.  encore  Plutarque,  iSuma,  VIII,  10  ;  Jamblique,  V,  /^, 
25,  54,  108;  Épiphane,  Adv.  Iiaer.,  I,  1)  et  l'alimentation 
carnée  et  interdisaient  l'usage  du  vin  (Jamblique  [Apollonius), 
V.  P.,  13  et  69).  Je  ne  connais  pas  l'origine  de  la  note  qui 
concerne  l'emploi  de  la  laine  :  elle  est  en  contradiction  consciente 
avec  le  reste  de  la  tradition. 

Timée  paraît  avoir  été  l'un  des  rares  auteurs  du  IV^  siècle  qui 
n'aient  pas  admis  que  les  Pythagoriciens  tuaient  des  animaux, 
soit  pour  les  sacrifices,  soit  pour  l'alimentation.  Eudoxe  (Por- 
phyre, V.  P.,  7)  et  Onésicrite  (Strabon,  XV,  716)  ainsi  que  les 
poètes  de  la  comédie  moyenne  (cf.  infra,  g§  36-38)  suivent, 
il  est  vrai,  une  tradition  analogue;  mais  ïimée  est  le  seul 
biographe  érudit  chez  qui  cette  doctrine  soit  systématiquement 
exposée.  Tel  n'est  pas  l'avis  d'Aristote  (Jamblique,  V.  P.,  85), 
selon  qui  les  Pythagoriciens  sacrifiaient  et  mangeaient  des 
animaux  en  qui  n'entrait  pas  l'àme  humaine,  au  cours  de  ses 
transmigrations  ;  ni  d'Aristoxène  [ibid.,  98,  cf.  Porphyre, 
De  abst..  II,  28;  Photius,  Cod.  249,  p.  438  B),  d'après  qui 
les  Pythagoriciens  ne  touchaient  qu'aux  chairs  des  victimes  des 
sacrifices;  ni  d'Héraclide  Pontique  (Porphyre,  De  abst.,  I,  26), 
qui  attribuait  à  Pythagore  l'introduction  de  l'usage  de  la  viande 
dans  les  gymnases.  Dans  ces  opinions  si  variées,  nous  perce- 
vons comme  un  écho  des  querelles  des  sectes  pythagoriciennes 
du  IV"*  siècle. 


Tome  XVII.  —  Lettres. 


13 


—  194  — 


§  21.  —  Citation  d'Hiéronyme  de  Rhodes  :  Pythagore  étant 
descendu  aux  Enfers,  y  a  vu  les  tourments  infligés  aux  âmes 
d'Hésiode  et  d'Homère,  en  punition  des  fables  immorales  qu'ils 
avaient  débitées  sur  les  dieux;  il  a  assisté  aussi  au  châtiment 
des  hommes  qui  s'étaient  dérobés  pendant  leur  vie  au  devoir 
conjui^al.  Le  biographe  ajoute  naïvement  que  les  femmes  de 
Grotone,  au  récit  de  cette  aventure,  comblèrent  d'honneurs 
Pythagore. 

C'est  là  la  plus  ancienne  mention  de  la  légende  d'une  descente 
aux  Enfers  de  Pythagore;  le  poète  comique  Aristophon,  qui  est 
à  peu  près  contemporain  d'Hiéronyme,  y  fait  aussi  allusion 
(infra,  §  38)  et,  un  peu  plus  tard,  Hermippe  [infra,  §  41) 
explique  la  croyance  à  ce  miracle  par  une  supercherie. 

La  description  des  récompenses  et  des  châtiments  de  l'autre 
vie  est  un  thème  que  les  prédicateurs  ont,  de  tout  temps,  aimé 
à  développer.  Les  deux  doctrines  que  Pythagore  rapporte  des 
Enfers,  dans  le  récit  d'Hiéronyme,  trouvent  un  parallèle  dans  le 
reste  de  la  tradition  :  Jamblique,  V.  P.,  48  (cf.  50),  132  et 
218;  mais,  ici,  la  mise  en  scène  est  différente. 

Diogène  rapporte  ensuite  l'étymologie  qu'Aristippe  donnait 
du  nom  de  Pythagore  :  6tl  rr^y  aXT^Se^av  Tjyopsusv  oùy^  iiTTov  ToG 
Uo^io'j.  Jamblique,  V.  P.,  7  (Apollonius),  l'explique  d'une 
façon  différente  :  6zi  apa  ut.o  toû  U'j^iou  TiporiyopeuGir)  auTw  (se.  Tw 
TiaTp'l).  Toutefois,  les  deux  étymologies  ont  ceci  de  commun 
qu'elles  établissent  un  rapport  entre  le  nom  de  Pythagore  et  le 
culte  d'Apollon  Pythien,  comme  certains  récits  merveilleux  de 
la  Tradition  de  l'École  [supra,  p.  170). 

L'Étymol.  magnum  (cod.  Vindob.),  s.  v.  lluGayopa;,  propose 
une  autre  étymologie  encore  :  uapà  t6  —  xo  spwxw  —  xa-. 
To  avopw  —  To  Xéyii).  spwTWjjLSvoç  yàp  |j.ôvov,  eXeysv.  Elle  présente 
Pythagore  dans  le  rôle  d'un  oracle. 

8.  Dans  les  §§  22-24,  l'auteur  a  rassemblé  des  préceptes 
pythagoriciens  de  nature  fort  différente.  Par  la  disparate  des 
notices,  le  décousu  des  idées,  l'asyndète  des  phrases,  le  morceau 


rappclh'  ass(v.  les  lî)-:2().  Le  liavail  de  rtMlactioii  y  a  diit 
ivduil  au  iniiiinunn,  ce       en  rend  la  compiTlionsioii  malaisée. 

I^e  texte  (lél>iile  par  Ar-sTa'.  -apcvvjàv  et,  comme  toutes  l(;s 
pro[)ositions  (|ui  suivent  lesteut  ii  l'iiifinitiC,  on  peut  en  déduire 
(pi'elles  ont  une  commune  orii;ine.  Il  semhle  (pie  Dio^ène,  ou 
l'un  de  ses  auteurs,  apiès  îivoir  dé|)ouillé  l'mie  ou  l'autre  de 
ses  sources,  a  jeté  ses  notes  dans  ce  casier,  sans  prendi'e  la 
peine  de  les  répartir,  selon  leur  sujet,  dans  les  diverses  sections 
de  la  biographie.  I^eut-on  retrouver  le  nom  de  l'auteur  ou  des 
auteurs  dont  les  ouvrai^es  ont  fourni  la  matière  de  cette  étrange 
moisson? 

Rohde,  après  avoir  relevé  d'abord  (/?//.  Mus.,  IS72, 
p.  -8)  (^)  des  traces  des  Histoires  de  Timée,  y  reconnaît,  dans 
une  étude  postérieure  {Gr.  Roman,  p.  n.  un  extrait 
(l'Aristote.  iVlais  cette  liApothèse  ne  résiste  pas  à  l'examen  : 
plusieurs  notices,  comme  Tinterdiction  des  sacrifices  sanglants 
(cf.  Jamblique,  V.  P.,  85),  ne  peuvent  provenir  d'Aristote;  une 
autre  présente  un  commentaire  de  l'abstinence  des  fèves  qui  est 
tout  différent  de  celui  d'Aristote  (m/m,  §  34). 

Selon  Diels  {Arcliiv,  III,  p.  470),  Diogène  aurait  réuni  ici 
des  notes  extraites  du  r.aiùeuzixôv ,  l'apocryphe  cité  au  g  {),  Il 
fait  valoir  des  concordances  avec  les  fragments  d'Aristoxène,  la 
source  habituelle  du  faussaire,  et  relève,  dans  la  langue,  des 
traces  de  dialecte  ionien  (aiivecrSa',,  b6onzopiri<;) .  Mais  on  peut 
objecter  que  deux  notes  de  la  collection,  o-cpayia  5£orç  TtpoTcpsoc'.v 
xo))jj£t.v  et  x!jà|jiwv  oLTzéysG^oLi,  ne  proviennent  pas  d'Aristoxène 
(cf.  Aulu-Gelle,  IV,  11).  En  outre,  la  présence  d'un  fragment 
poétique  (t:?,  Trapiêriv  xt)..)  dans  un  ouvrage  en  prose  tel  que  le 
7raLB£L»Tf.x6v  serait  difficile  à  expliquer. 

Conformément  à  son  principe,  qui  consiste  à  rapporter  à 
Androcyde  tout  vestige  de  dialecte  ionien  (cf.  supra,  pp.  167 
et  181),  Corssen  [Rli.  Mus.,  1912,  pp.  255  et  suiv.)  suppose  ici 


(1)  Kleine  Schriften,  II,  pp.  133  et  suiv. 


—  196  — 


un  nouvel  extrait  du  -soi  ajtjLêôXwv  ;  mais  il  accorde  que  c'est  là 
une  pure  hypothèse. 

En  face  de  ces  divergences  d'opinion,  il  me  paraît  nécessaire 
de  passer  en  revue  les  notices  pour  étudier  le  sens,  les  parallèles 
et  l'origine  de  chacune  d'elles. 

1.  Pylhagore  recommande  à  ses  disciples  de  réciter  ce  vers, 
tous  les  jours,  en  rentrant  chez  eux  :  tt-?,  Trapsgyiv;  -zi  o  spe^a; 
zi  ;jLO'.  osov  ojx  sTe/io-Gri;  Cette  note  est  relative  à  l'examen  de 
conscience  auquel  les  Pythagoriciens  se  livraient  chaque  jour. 
Selon  Timée  (Jamblique,  V.  P.,  :256),  non  seulement  ils  pra- 
tiquaient cet  exercice  au  soir,  mais  chaque  matin  encore  ils 
procédaient  à  un  autre  examen  où  ils  traçaient  le  plan  des 
occupations  de  la  journée.  Cette  remarque  permet  de  rapporter 
encore  à  ïimée  quatre  autres  vers  que  cite  Porphyre,  V.  P.,  40, 
et  qui  complètent  la  notice.  J'ai  montré  ailleurs  (^)  qu'il  faut 
les  rattacher  à  1'  'lepôç  Aoyoç. 

^-3.  <7z^7.yiy.  T£  .^eoïc,  TipoGrcpépsLv  xwAu£r.v  et  son  complément  (Jiôvov 

o£  Tov  âva'ijjiaxTov  jjwfxov  upocrxuvsrv  dérivent,  comme  nous  l'avons 
vu  (pp.  475  et  suiv.),  du  même  auteur.  La  première  note  est 
empruntée  à  un  discours  que  Pythagore  prononça  à  son  arrivée 
à  Crotone  (Jamblique,  F.  P.,  54). 

4-7.  C'est  de  la  même  série  de  discours  que  sont  extraits  les 
préceptes  suivants  :  |JLTiok  o^vOvai  Beoùç  . . .  zoùç  te  Trpsa-êuTspouç 
Ti.p.àv  oe^v  . . .  .Seoùç  {jiev  oat.p.ovwv  TipoTi^j-àv  . . .  dXkrîkoiç  Te  oiJuXe^v . . . , 
avec  les  commentaires  qui  les  accompagnent  (Jamblique,  F.  P., 
47,  37,  40).  Les  parallèles  tirés  d'autres  auteurs  ne  manquent 
pas,  mais  des  concordances  textuelles  en  rendent  certaine  l'attri- 
bution à  Timée. 

8.  iBwv  T£  fjLYiôkv  TiveraBat.  :  déjà  rapporté  à  Timée,  au  §  10. 

9-10.  vô|JL(î)  ^O'rfie^y,  avofjitia  7ro)s£[jt.erv  et  cpuTÔv  rj[J.£p6v  ixr\Te  cp9f!v£t.v 

jjLYiT£  o-LV£o-8a'.  xTÀ.  Ccs  dcux  préccptcs  font  partie  des  recomman- 
dations adressées  tous  les  soirs  à  la  société  par  le  membre  le 


(*j  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  p.  9. 


iî)7  - 


plus  à^c.  J'y  ai  locomm,  dans  une  aulie  cliidc  ('),  (I(îs  tbruiule.s 
stéréotypées  (Janil)lique,  V.  I\,  \)\),  175,  Porphyre,  F.  /*., 
f{8  et  »}9),  issues  de  l'  iepô;  Adyo;  :  de  là  le  mol  Tive-rOa'.. 

(TXijOp(f)7:â^£!.v.  —  cp£'jyÊt.v  Tapxwv  TcÀsovaTuôv.  -     ooo'.uop'/z'jÇ  avcT'.v  xa'. 

ÈTTLTadLv  TroLEr^Ga'..  Daiis  uii  exU'ait  d'Aristoxène  (Jainblique,  V.  /\, 
196),  on  peut  signaler  des  concordances  avec  les  deux  premiers 
préceptes.  Quant  au  troisième,  il  est  isolé  dans  la  tradition.  La 
même  antithèse  des  mots  ce  tension  »  et  «  relâchement  »  reparaît 
dans  Jamblique,  1.  P.,  :22i,  appli(|uée  à  l'action  de  la  nmsique 
sur  les  passions. 

14-15.  |jivri[jLT,v  à(7X£rv  =  Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P., 
164-165;  Timée,  ibid.,  256.  —  iv  opy/j  [jl/ite  t'.  AEyE'.v  (xvs 
-pao-TELv  :  cf.  supra,  ^  20  (Aristoxène) . 

16.  pLavT'.xTiv  Tzàdav  T'.jjiàv  est  en  contradiction  avec  la  note  du 
20;  aussi  a-t-on  voulu  ajouter  <où>  devant  -^ào-av.  C'est  sans 

doute  une  erreur  de  transcription  de  Diogène,  qui  a  résumé  par 
le  mot  Tiàcrav  diverses  espèces  de  mantique,  sans  songer  qu'il  y 
englobait  la  divination  extispiciale. 

17.  ùyrjcdq,  ypTicrSa'.  Trpôç  Xûpav  xta.  =  Aristoxènc  dans  Jamblique, 
V,  P.,  111-112,  119  (remaniement);  Porphyre,  F.  P.,  38. 

18.  Interdiction  de  manger  des  fèves.  Deux  raisons  sont  invo- 
quées. La  première  est  d'ordre  religieux  :  o(.à  tô...  ^àXi^-za  pLETÉyc'.v 
Toù  (L'j'/'.xoG;  l'autre,  d'ordre  plutôt  médical  :  cette  alimentation 
trouble  les  fonctions  digestives  et  procure  des  songes  agités. 

La  première  est  expliquée  par  un  vers  de  1'  Ispôç  Aoyoç  souvent 

cité  :   '>6v  TOI  xtjàp.ou;  TE  cpayELv  xecpaXàç  te  '■:oy.r\b)y  (^).  La  secOnde 

est  reproduite  par  une  foule  d'auteurs  dont  les  textes  n'apportent 
pas  d'élément  nouveau.  La  juxtaposition  de  ces  deux  sortes 
d'interprétation,  religieuse  et  rationaliste,  rappelle  le  commen- 
taire sur  l'abstinence  de  viande  (§  13).  Dans  le  chapitre  XXIV 
de  Jamblique  (106-109),  où  les  notices  de  Timée  sont  com- 


(1)  Études,  p.  13. 

(2)  Études,  pp.  23,  36  et  suiv. 


—  198  - 


binées  avec  celles  d'Aristote,  les  mêmes  raisons  sont  invoquées 
pour  expliquer  la  répulsion  ou  la  préférence  de  Pythagore 
pour  telle  ou  telle  nourriture.  Serait-il  trop  hardi  de  conjecturer 
dans  le  texte  de  Diogène,  qui  ne  peut  être  rapporté  ni  à  Aris- 
toxène  ni  à  Aristote,  un  emprunt  à  ïimée? 

Résumons  les  conclusions  de  notre  étude  comparative.  Ce 
chapitre  est  forn>é  de  notes  de  lecture  prises  par  moitié  à  Aris- 
toxène,  par  moitié  à  Timée,  rédigées  à  la  hâte  et  rassemblées 
sans  ordre.  Un  certain  nombre  proviennent  indirectement  de 
r  'lepô;  Aoyo;. 

9.  Les  25  à  33  sont  formés  par  un  exposé  de  doctrines 
pythagoriciennes  qu'Alexandre  Polyhistor  a  empruntées  à  des 
lljdayop'.xà  •j-o|j.vT,aaTa.  Ces  extraits,  qu'on  attribue  générale- 
ment, depuis  Zeller,  au  néo-pythagorisme,  n'ont  jamais  été 
étudiés,  malgré  leur  importance  capitale  pour  l'histoire  philoso- 
phique (^).  J'ai  l'intention  d'éclaircir  tout  d'abord  un  texte  qui 
présente  de  nombreuses  difficultés  d'interprétation;  ensuite  de 
montrer  par  des  rapprochements  tirés  de  la  littérature  pré- 
socratique et  spécialement  pythagoricienne,  l'ancienneté  des 
problèmes  qui  sont  discutés  ici  et  le  caractère  pythagoricien  de 
la  plupart  des  doctrines  qui  y  sont  exposées. 

1.  Doctrine  des  nombres. 

Nos  auteurs  semblent  ramener  tout  à  la  monade  primitive; 
mais  ils  ajoutent  que  la  dyade  formée  de  la  monade  doit  être 
tenue  pour  une  seconde  dp^/r^  :  la  première  est  considérée  comme 
la  cause  agissante,  l'autre  comme  la  matière.  I^a  même  doctrine 
est  exposée  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes  par  Aëtius,  1,3,8: 

(Diels,  \  ors.,        p.  349,  23)  :  nâliy  ok  t->iV  jjiovâSa  xal  Tr\y  âop!.a-TOV 


{^)  Je  n'ai  eu  connaissance  de  l'article  de  Wellmanm  :  Eine  Pijtkagoreische  Urkunde 
des  IV  Jahrh.  v.  Chr.  (Hernies,  4919,  pp.  225-248).  qu'après  la  rédaction  de  ces 
pages.  Ce  critique  revendi(|ue  les  extraits  d'Alexandre  pour  un  document  authen- 
tiquement  pytlia£,'oricien  :  il  cherche  à  prouver  qu'ils  sont  tirés  de  l'œuvre  d'un 
disciple  de  l»hilolaos,  qui  serait,  peut-être  bien,  Xénoi>hile.  On  pourra  se  rendre 
compte  que  mon  étude  ne  fait  pas  double  emploi  avec  l'article,  si  instructif  par 
certains  côtés,  de  VVellmann. 


û'jâoa  iv  Taï;  àpyaC^  *  ^-rzeùoei      aÙTo)  (T(j>  lluGayopa)  tcov  àpy(ôv  r,  jjisv 

£711  TÔ   TTO'.riT'.xÔv    aiTlOV   Xal    e'.0!.XÔv   OTCEp   éo-T'.   VoOç   "^J   OeÔç,   r,    0£   £71'.  TÔ 

uaOriTixôv  T£  xal  OA'.xÔv,  OTiEp  èttIv  ô  ôpaTÔç  xÔtjjlo;. 

Certains  Pythagoriciens  n'adniellenl  (ju'iin  principe  (la  mo- 
nade), d'aulres,  deux  [)rincipes  (la  monade  el  la  dyade  indéter- 
minée). Selon  les  apparences,  ces  deux  théories  se  sont  accom- 
modées et  fondues  dans  le  texte  de  Diogène.  Voici  l'explication 
de  ces  divergences  d'opinion,  selon  Eudore,  dans  Simplicius, 

hl  P/llJS.,  39  a,  p.  181,  10  :  xaTà  tÔv  àvwTâTw  AÔvov  cpaTÉov  toj; 
Il'jBavopwoùç  TÔ  £v  âpyT,v  twv  TcâvTwv  XkyEiv,  xaTa  ok  tov  0£'JT£pov  AÔyov 
oûo  àpyàç  Twv  oItlOTE  Ào'j  [jl  £v tov  £'!va'.,  to  te  iv  xal  tTjV  EvavT'iav 
toÙtw  oûfjiv  .  .  .  (0(7T£  (bç  (JL£v  àpyT,  tÔ  £v,  (bç  ok  iTov/^^oL  tÔ  £v  xal  'r\ 
àôp'-o-Toç  O'jàç  àpyal,  àijLcpw  £v  ô'vTa  -âA!,v,  xal  or^Ao^^  ozi  aAAo  (jlev  £tt'.v 
£v  7]  àpyr,  Twv  TiâvTwv,  aAXo  ôk  £V  tÔ  tt,  ouâo',  ocvt'.xeIjjlevov,  ô  xal  |j.ovâoa 
xaXoO(T',v. 

Certains  Pythagoriciens,  visés  par  Théophraste,  Met.,  33 
[Vors.,  F,  p.  349,  14),  avaient  établi  une  opposition  entre  la 
monade  et  la  dyade  indéterminée  :  xaGa-Ep  àvTlGEalv  Tiva  t.o\o~j^^.v 

TTjÇ  àoplcTTO'j  ôuâooç  xal  ToO  £vôç,  £V  r,  xal  tÔ  a7ï£!.pov  xal  tÔ  aTaxTOv  xal 

Tiào-a  (b;  ziTztly  àuioocsla  xa9'  a'jTT.v.  La  même  distinction  entre  la 
monade,  cause  agissante  et  divine,  et  la  dyade  indéterminée, 
principe  matériel,  reparaît  dans  les  traités  d'Arithmologie  : 
Nicomaque  (Photius,  Cod.  187,  p.  143  A),  Anatolius,  Trepl 
OExâoo;  (éd.  Heiherg,  pp.  5  et  (j),  ïhéol.  Arithm.,  pp.  4  et  7. 
La  source  commune  de  ces  textes  date  au  moins  du  IV*"  siècle. 
Cette  doctrine  est  exposée  encore  avec  clarté  par  plusieurs 
doxographes  :  Modératus  dans  Porphyre,  V .  P.,  49  s.;  Antonius 
Diogène,  ibid.,  38;  Épiphane,  Adv.  haer.,  III,  2,  9;  Ps-Justin, 
Coll.,  19;  Ps-Galien,  Hist.  phil.,  35,  :2ol  ;  Irénée,  Adv.  haer,, 
II,  14,  (3;  Ps-Plutarque,  Vit.  Hom.,  145;  Jamblique,  hi  Nie. 
arithm.,  p.  74;  Proclus,  In  Remp.,  I,  p.  97,  K. 

Les  termes  employés  par  Hippolyte,  Adv.  haer.,  VI,  :23, 
pour  caractériser  ces  deux  principes  sont  particulièrement  aptes 
à  éclaircir  le  texte  de  Diogène  :  IljQayôpaç  toIvjv  apyriv  twv  ôXwv 

àyÉvvTiTOv  âTTEcpYjvaTO  T7JV  jjiovàSa,  y£vvirjTY)v  ?£  TT^v  ouàoa  xal  TrâvTaç 


-    200  - 


TO'j<;  aXXo'jç  àp'.ôuLO'Jç.  xat.  zr^ç  pikv  O'jâooç  uaTepa  cp-ri^-lv  e'Ivat.  tt^v  aovàoa. 

D'après  Nuinéniiis  (dans  Chalcidius,  In  Tim.,  193),  la  doc- 
trine qui  fait  éciore  la  dyade  de  la  monade  est  celle  d'une  partie 
seulement  des  Pythagoriciens.  Sextus  Empiricus,  qui  développe 
longuement  (Âdv.  math.,  X,  i>49-:284,  cl'.  Ihjrrii.,  III,  152-157) 
la  doctrine  résumée  par  Alexandre  Polyhistor,  distingue  nette- 
ment cette  théorie  des  deux  àp/at,  de  celle  qui  n'admet  qu'un 
principe,  le  point,  dont  sortent  tous  les  éléments  géométriques  : 

(281)  T!.v£!;  o'  d-6  Évôç  (j'r['^eiou  t6  o-wjjià  cpao-i  o-uvio-Tao-Gai *  toutI  yàp 
tÔ  'JTiixc^ov  p'jkv  ypajjijjLYiV  â7tOT£A£LV,  TTiV  0£  ypap-uLT^v  p'j£L'7av  êtï^tieSov 
7ro!.£rv,  TO'JTo  o£  £'!;  ^âSoç  xt.v/^9£v  TÔ  <7Îùij OL  ysvvàv  Tp!.^'rj  ôLacjTaTÔv. 

(282)  o'.acpÉps'.  0£  r,  TOLauT'^  twv  n*j9ayop',xwv  o-TaTt-ç  tt;;  to'Îv  -pOTÉpwv 

(ceux  dont  les  doctrines  ont  été  rapportées  précédemment  [261- 

280  J)  *  £X£rvot.  !j.£v  yàp  £X  BuoLv  àpy^wv,  tt,ç  T£  uiovâoo;  xal  Tr|Ç  àopîo-Tou 
o'jâoo;,  £7coîo'Jv  to'Ji;  àp!.9[xouç,  eit'  £x  twv  dpt.Bp.à)v  Ta  a"/)[j.£ra  xal  Taç 
ypa;jL;j.àç  Ta  T£  è-r.iTzeoa  (Tyri^aza.  xal  Ta  a-T£p£à  *  ouTOt.  ok  aTio  kvô;; 

7Ti!jL£'>yj  Ta  -âvTa  T£XTalvo'jç7!.v  xta.  Les  auteurs  d'Alexandre  déve- 
loppent donc  le  point  de  vue  de  l'une  de  ces  o-Tao-fi^.  L'Anonyme 
de  Photius  {Cod.  2i9,  p.  439  A.)  expose  successivement  les 
deux  systèmes,  sans  faire  ressortir  leur  opposition.  Ajoutons 
encore  que  les  Pythagoriciens  cités  par  Aristote,  Met.,  Z,  2, 
p.  1028  b  16  et  N,  3,  p.  1090  h  5  (Fon;.,  P,  p.  351,  23  et  27), 
paraissent  avoir  défendu  la  seconde  de  ces  théories  :  ùoxel  U  -zkji 

Ta  TO'J  a-w[JiaTOi;  TikpaTa,  owv  £7r',cpàv£t.a  xal  ypa{jL[JiT)  xal  a-TiyfJiT,  xal 
aovâ;,  c'iva'.  où'j'.ai,  xal  jjiàXXov  y\  to  a"wp.a  xal  t6  (7T£p£Ôv,  et  :  bItI 
0£  T!.v£;  o'i  £x  TO'J  rÀ^crcoL  eivoL',  xal  so-y^aTa  Triv  a-T'.yjJiTiv  [j.kv  ypa|i.tj.T,ç, 
Ta'jTT,v  o'  £7r'-7r£00'j,  TOÛTO  ok  Toù  a-T£p£où,  oloyzoL'.  £t!va'.  âvàyxT.v  TOt.auTa; 
'^'jT£i;  c^/'a'.. 

2.  Les  formes  géométriques. 

Diogène  continue  en  exposant  la  formation  des  corps  géomé- 


(^)  Hippolyle  appuie  cette  doctrine  d'une  comparaison  avec  les  théories  de 
Zaratas  (Zoroastre),  le  maître  de  Pyîhagnre  :  c'est  un  emprunt  au  irep't  cpuaew:; 
(pylhaij^oricien)  attrihué  au  mage.  Cf.  ci-dessus,  p.  161. 


-201  — 


Iriqiies,  (jiii  consliliuMit  rarmnluio  des  coij^s  sensibles  el  (i(îs 
éléiiieiils.  La  ronnatioii  des  solides  au  moyen  des  surfaces, 
de  celles-ci  au  uioyen  des  lignes,  des  lignes  |)ar  les  ()()iiils  esl  une 
théorie  IVéqiuMnnient  développée  dans  la  géométrie  aMci(înne 
et  dans  l'arillunologie  et  la  philosophie  pylhai^oriciennes. 
Déjà  elle  esl  atliibuée  aux  Pythagoriciens  cités  par  Speusippe, 
(Théol.  arilhm.,  p.  0^).  Elle  se  confond  sensiblement  avec  celle 
de  la  seconde  rr^y-^iç  pythagoricienne  distinguée  par  Sextus  (^)  : 
le  point  de  départ  seul  est  différent.  Dans  la  plu[)art  de  ces 
extraits,  les  premiers  nombres  sont  dits  correspondre  aux 
éléments  géométriques  (1  est  le  point,  2,  la  ligne,  3,  la  sui  face, 
i,  le  solide)  ;  ceux-ci  sortent  les  uns  des  autres  à  la  façon  des 
|)remiers  nombres.  La  formule  employée  par  Diogène  n'est  pas 
très  claire  :  èx  twv  àp'fifjLOJv  Ta  ^tt^ixzïol,  «  des  nombres  sortent  les 
points  ».  Le  singulier  («  du  nombre  1  se  forme  le  point  »)  eût  été 
j)lus  exact  et  eût  mieux  concordé  avec  les  exposés  des  autres 
doxographes.  Il  faut  expliquer,  sans  doute,  cette  divergence  par 
l'habitude,  propre  à  l'arithmétique  pythagoricienne,  de  repré- 
senter les  chiffres  par  des  points  disposés  en  constructions  géo- 
métriques. La  même  méthode  rend  compte  de  la  doctrine  qui 
fait  dériver  les  éléments  géométriques  des  premiers  nombres  : 
les  unités  du  nombre  trois  sont  disposées  en  triangle,  le  nombre 
quatre  représente  les  quatre  angles  de  la  pyramide  triangulaire, 
le  plus  simple  des  solides. 

3.  Les  éléments  et  leur  transmutation. 

La  théorie  des  éléments  nous  est  connue  par  un  fragment  de 

Philolaos,  12  (Fors.,  F,  p.  314,  12)  :  xal  -zy.  {Jiev  Tàç  crcpa^paç 
ctopiaTa  7t£VT£  évTL,  Ta  £v  Ta  (T^atpa  Tzùp  <  xal  >  ûowp  xal  y  à  xal  àrip, 

xal  ô  Tàç  Tcpalpa;  oÀxàç  -éjjLTTTov.  Les  derniers  mots  de  cet  extrait 
sont  expliqués  pas  cette  notice  d'Aëtius  (=Théophraste) ,  II,  6, 3, 
(Vors.,  F,  p.  306,  6)  sx  oe  toÛ  ôwoexaéSpou  tt,v  toÛ  iravTÔç 


(1)  Cf.  les  auteurs  cités  ci-dessus  à  propos  du  rôle  de  la  monade  et  de  la  dyade. 
On  peut  y  joindre  :  Hippolyte,  Adv.  haer.,  IV,  5i  ;  Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  I,  5, 
15  ss.,  et  I,  6,  35;  Proci.us,  In  Tim.,  II,  p.  m  e. 


a-cparpav.  Que  les  ouvrages  pytliagoriciens  utilisés  par  Aristote 
aient  admis  aussi  la  théorie  des  éléments,  c'est  ce  que  prouve 
cette  note,  Met.,  A,  p.  986  a  4,  où  le  mot  i-qv/cIol  désigne  bien 

les  éléments  matériels  (^)  :  so-lxaT',  w;  kv  jXt,;  sîoei  xà  n-zoïyda. 
TaTTELv  ■  £x  TOUTwv  yàp  (b;  evjTiap'^ôvTwv  o-jVcO-Tâva;  xal  7ï£TcÀàa-9at.  ccacl 

TT.v  oùdîav,  et  une  autre,  p.  987  (^). 

Certains  passages  des  doxographes  attribuent  aux  Pythago- 
riciens la  doctrine  de  quatre  éléments  :  Aëtius,  II,  6,  3, 
I,  14,  :2,  eti,  15,  3;  cf.  Lucien,  Vit.  auct.,  4;  Ovide,  Met.,  XV, 
237;  Vitruve,  Dearcli.,  II,  2  et  VIII,  1.  D'autres  y  ajoutent  un 
cinquième  élément,  l'éther  :  Aëtius,  IV,  9,  10  et  II,  (i,  2.  iN'ous 
verrons  plus  loin  que  les  extraits  d'Alexandre  mentionnent 
également  l'atOrip,  mais  ce  mot,  auquel  est  accolé  chaque  fois  un 
adjectif  différent,  désigne  l'un  ou  l'autre  des  quatre  éléments. 

Notons  que  les  Pythagoriciens  d'Alexandre  négligent  ou 
ignorent  le  cinquième  a  corps  )>  dont  parle  Philolaos.  D'autre 
part,  le  mot  employé  ici  pour  désigner  les  éléments,  (^^oijzZa, 
prouverait  que  ces  Pythagoriciens  sont  tout  au  plus  des  con- 
temporains de  Platon  (^)  :  Philolaos  appelle  encore  les  éléments 
G-w{jiaTa.  Mais  il  est  possible  que  la  terminologie  des  sources 
n'ait  pas  été  fidèlement  gardée  par  Alexandre.  On  constate 
souvent  ce  défaut  dans  la  doxographie  ancienne  :  ainsi  Aëtius 
emploie  le  mot  a-Tor/era  dans  son  exposé  des  doctrines  de  Philo- 
laos [Vors.,  F,  p.  ;i06,  15). 

La  doctrine  de  la  transmutation  des  éléments  (a  ^kzicSôlû^ziv 
xal  TpÉTredOa!.  o'/  oAo^v)  est  commune  à  tous  les  philosophes  préso- 
cratiques ou  à  peu  près  (/*).  Elle  n'est  pas  étrangère  au  Pytha- 
gorisme.  Voici  d'abord  un  fragment  de  Philolaos  où  elle  me 
paraît  implicitement  contenue  (  Fors.,  P,  p.  306,  17)  ...  to  8'  bizo 


(^)  Gilbert,  Aristoteles'  Urteile  iïber  die  pyth.  Lehre,  —  Arcliiv  fur  Gesch.  der 
PfiiL,  XXII  (1909),  p.  152. 

(2)  GiMiEKT,  ibid.,  p.  i53.  Cf.  Aristote,  Met.,  A,  p.  990  a  16. 

(3)  Wellma>n.  Loc.  cit.,  p.  228. 

(*)  W.  Heidel,  Qualitative  Change  in  Pré-socratic  Philosophy,  dans  YArchiv, 
XIX  (1906),  pp.  333-379. 


—  -m 


TOUTOtÇ  'J7I0T£AT,V0V  T£  XOlI  TrepîyE'.OV  JXSpOs,  ÊV  (O  Ta  TY,;  Cp(.A0[JL£Ta6'ÔA0U 

yevscrewsi  oùpavôv  IjGs  doxo^raplies  soiil  plus  cx[)licites  : 
Aotilis,  I,  î),  "1  :  OL  aTTO  HâAcw  xal  ll'jOayôpou  xai  ol  i^Tfouo'.  TpcTTY.v 
xal  àXXoLtoTY.v  xal  jJLeTaôXr.T y,v  xal  peuTTYiV  oAy,v  oAy,ç  ty,v  'jAYjV. 
Cf.  l*s-(lalien,  ///.s7.  pliiL,  10.  Dans  les  passaf»es,  cités  pins  haut,, 
(l'Ovide,  de  Lucien  et  de  Vilruve,  celle  liiéoriiî  est  liée  iiilinie- 
iiient  à  la  doctrine  des  ([uatre  élén)ents.  On  peut  y  joindre  des 
notes  de  Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  1,  0,  30;  Servius,  In  Aen., 
VI,  7:24,  et  S'  Basile,  flom.  fV  inlhx.,  5. 

Comment  expliquer,  en  face  de  ces  témoignages,  la  notice 
d'Aristote,  Met.,  A,  8,  [>  1)89  h  28  :  èx  t'!voc;  [jisvtoi  toôtto-j  x'IvYicrt,; 
eTTat,  —spaTo;  xal  d—z'.po'j  jjiôvov  'J7:ox£'.|j.£vwv  xat,  7î£p'.TT0'j  xal  dz'ziou, 
O'jÔsv  XÉyo'JCTLv,  Y,  -co;  O'jvaTÔv  av£'j  x'.vt, a-£W(;  xal  |jL£Ta^oAY,ç  y£V£a-t,v 
e'iva',  xal  cpGopàv  y,  Ta  twv  '.p£po{Ji£vwv  s'pya  xaTa  tÔv  oùpavôv  ?  Ce 
reproche  ne  s'adresse,  probablement,  qu'aux  Pythagoriciens  qui 
expliquaient  par  les  seuls  nombres  la  formation  du  monde. 

4.   Le  xôo-ijLo;. 

D'après  certains  doxographes,  Pythagore  aurait  le  premier 
attribué  à  l'Univers  le  nom  de  xôo-ijioc;  :  Aëtius,  II,  I,  i;  Jam- 
blique,  V.  P.,  'Il  (Timée),  59,  102;  Favorinus  dans  Diogène, 
VIII,  48;  Ps-Galien,  Hist.  pliil,,  10;  Scholie  de  ï Iliade,  r,  1; 
Photius,  Cod.  249,  p.  440  A.  Toutefois,  certains  doxographes 
emploient  déjà  le  terme  xôo-pio;  en  décrivant  le  système  astrono- 
mique d'Anaximandre  (Vors.,  F,  p.  10;  (^).  Dans  la  termino- 
logie de  Philolaos,  xôc7tj.Gç  désigne  la  région  supralunaire. 

Le  monde  est  considéré  comme  animé  et  spirituel,  théorie 
qui  est  aussi  celle  du  pythagoricien  Ecphante  (  Vors.,  p.  340, 
28)  :  xt-Vcro-Oat.  6s  Ta  o-WjjiaTa  ^'r\Tz  utto  pàpo'jç  ^a'/iTS  Tikriyric,  dW  'jtïo 
Gslaç  6uvâ[i.£{t)ç,  YiV  vGUv  xal  t}juyT,v  izpo'jayopeùe'. .  to'jto-j  [asv  oùv  tov 
xô(7[i.ov  (je  préférerais  :  toÛtov  |jl£v  ouv  toO  xÔo-jjlou]  £^va',  wiav*  oi'ô  xal 


(1)  Cf.  HIPPASE  {Vors.,  P,  p.  38,  9)  ;  Ps-Philolaos,  fr.  21  {Vors.,  p.  318,  21  ss  ). 

(-)  Dans  Diogène,  VIII,  48,  la  citation  de  Théophraste  ne  se  rapporte  pas  à 
l'invention  du  mot  xô<t[jloc;,  mais  seulement  à  la  doctrine  de  la  rotondité  de  la  terre, 
comme  on  peut  en  juger  par  IX,  21  (Diels,  Doxogr.  gr.,  p.  492,  7.) 


—  204  — 


Tcpat.po£'.oYi  'jTcô  ^ciy.ç  ô'jvâjjLsw;  yeyovsva!,.  La  doxograpliie  nous  pré- 
sente plusieurs  notices  qui  complètent  et  expliquent  le  résumé 
trop  succinct  de  Diogène  :  Aëtius,  lY,  7,  1;  Plutarque,  Qu. 
plat.,  VIII,  4,  3;  Sextus,  Adv.  math.,  IX,  127  :  h  yàp  ÔTzâcijzi^f 

Trvs'jtjia  TÔ  oiOL  TravToç  toO  x6o-|jlou  Ô',T|X0v  ^îJ^'^ç  TpOTîOV,  t6  xal  evo'jv 

Ti;j.âç  Tzpoc;  sxsiva;  Cicéron,  De  nat.  deor. .  I,  Jl ,  "27:  censuit  animum 
esse  per  natiiram  reriim  omnem  intentum  et  commeantem  ex  quo 
nostri  animi  carperentur  ;  cf.  Servius,  Ad  Aen.,  YI,  724.  Il 
faut  bien  admettre  que  c'est  là  une  doctrine  de  l'ancien  Pytha- 
gorisme,  si  l'on  veut  comprendre  la  théorie  de  la  respiration 
du  monde,  particulière  aux  Pythagoriciens  que  citent  Aristote, 
Pliys.,  A,  6,  p.  213  b  22,  et"  Stobée,  Ed.  I,  18,  1  c  (Fors., 
F,  p.  3e^i,  16).  D'après  Épiphane,  Adv.  haer.,  I,  7  (Doxogr., 
p.  589),  Pythagore  aurait  même  considéré  le  monde  comme  un 
dieu  personnel  :  o-wfjia  ok  Aeyet.  eivai  Tov  Bsôv  tout'  Eo-Tiv  oupavov, 
d'^BaÀuo'j!;  os  olÙtoÙ  xai  Ta  aXXa  wo-usp  év  àv9po)TC(o  YjXwv  xal  (7£)'f\vry 
xal  Ta  aAAa  à'a-Tpa  xal  Ta  xaT'  oùpavôv  rrTOiyeïy.  (^). 

La  théorie  de  la  sphéricité  du  x6c7[jlo;  est  attestée  par  un  grand 
nombre  de  fragments  pythagoriciens  et  de  notes  doxogra- 
phiques  :  je  renvoie  surtout  aux  fragments  7  et  12  de  Philolaos, 
au  fragment  d'Ecphante  rapporté  ci-dessus  et  à  Aëtius,  I,  15,  3. 

En  cet  endroit,  on  s'attendrait  à  rencontrer  le  système  astro- 
nomique qui  est  regardé,  depuis  Aristote,  comme  propre  au 
Pythagorisme  :  la  théorie  du  feu  central,  de  l'antiterre,  etc. 
Il  est  remarquable  que  nos  extraits  ne  s'étendent  pas  sur  la 
partie  astronomique  :  cependant  le  peu  qu'en  dit  Alexandre 
permet  de  juger  que  la  théorie  admise  par  ses  auteurs  est  celle 
du  géocentrisme. 

Ce  phénomène  peut  s'expliquer  par  plusieurs  raisons.  [1  est 
possible  que  les  ouvrages  utilisés  par  Alexandre  appartiennent 
à  une  période  du  Pythagorisme  antérieure  au  développement 
des  théories  astronomiques  décrites  par  Aristote.  Mais  on  peut 
admettre  aussi  qu'ils  n'ont  pas  subi  l'influence  de  Philolaos  et 


0)  Cf.  Ohphica,  éd.  Abel,  fr.  123. 


qu'ils  inar()ii(Mil  un  retour  à  ropiiiioii  counnuiu'  (pic  l'on  ol>serve 
encore  clie/  certains  philosophes  du  IV*"  siècle  dépendant  de 
r École  pythagoricienne  (^). 

La  dernière  des  théories  de  ce  chapitre  :  (yf,v)  Treo'.ououjjiévTiv 
£'!va!.  ô£  xal  dvT'iuooaç  xal  tol  T,aCv  xâT(.)  Èxeîvo!.;  av(o,  nie  parait 
admise  aussi  par  les  l^ythagoriciens  d'Aiistote,  si  j'interprète 
bien  ce  passage  du  De  coelo,  B,  ^,  ^Ho  h  2:2  :  otiAov  to'Ivjv  ot'. 

6  âcpavr\ç  ttÔ^.oç  £o-tI  tÔ  avco  '  xal  ol  [jl£v  exeC  o'ixouvxeç  £v  tw  avoj  c'ItIv 
YjtjLt.o-<pat.p'!({)  xal  TtpOs  toiç  Oe^torç  '  T(U.£'7(;  o'  £v  tw  xaTo)  xal  -pô;  to^ç 
àp!.a-T£poC;,  kvavTÛoç  r,  (b;  ol  Ilu8ayôp£'.oL  TvÉyouT'.v  '  £X£trvo!.  yàp  Yip.àç 

citVli)  T£  7T0t.0Ùa-!.  Xal  £V  Ss^LW  jJlépEi,  TOÙ;  o'  éxEl  vATh)  Xal  £V  T(b  âp',(7T£pOJ. 

5.  Formation  des  saisons. 

La  distinction  des  quatre  qualités  des  éléments  :  chaud,  froid, 
sec,  humide,  est  commune  à  tous  les  systèmes  cosmologiques 
des  Présocratiques;  il  en  va  de  même  pour  l'explication  des 
quatre  saisons  de  l'année  par  l'alternance  de  leurs  influences. 
Chez  les  Pythagoriciens,  ces  qualités  devaient  rentrer  dans  le 
tableau  général  des  Oppositions,  qui  furent  plus  tard  réduites 
à  dix.  La  théorie  présente  affirme  qu'elles  se  trouvent  en  pro- 
portions égales  dans  la  nature.  La  présence  de  la  lumière  et  de 
l'obscurité  dans  ces  oppositions  était  destinée  à  expliquer  la 
formation  du  jour  et  de  la  nuit,  qui  a  été  oubliée  par  le  doxo- 
graphe.  Voici  ce  qu'en  dit  Parménide,  fragment  9  {Vors.,  P, 

p.  159)  :  auxàp  ETcetOYi  uâvTa  cpàoç  xal  vù^  dv6|Jt.aa-Ta',  |  xal  Ta  xaxà 
(TCpeTspaç  8uvâ[ji.£L(;  etiI  TOio-t  T£  xal  zoiç  |  irâv  ttXeov  eo-tIv  ô(jLOLi  cpàeoç 
xal  vi/xToç  àipâvTou  !  to-wv  âjjicpoTÉpojv,  etceI  ouosTÉpiù  }ji£Ta  |jiYiO£v.  Peut- 
être  aussi  les  auteurs  d'Alexandre  avaient-ils  établi  un  rapport 
de  dépendance  entre  la  lumière  et  Tobscurité,  d'une  part,  et 
certaines  qualités  physiques,  d'autre  part,  comme  l'avait  fait 
déjà  Héraclite  (Diogène,  IX,  H  =  Vors.,  P,  p.  69,  ;28)  :  tV 


(4)  C'est  l'hypothèse  à  laquelle  se  rallie  Wellmann,  loc.  cit.,  pp.  242  et  suiv.  ;  il 
fait  remarquer,  à  juste  titre,  que  dans  le  Phédon,  Simmias  accorde  sans  difficulté 
à  Socrate  que  la  terre  se  trouve  au  centre  du  monde.  On  peut  ajouter  qu'Ecphante 
est  revenu,  lui  aussi,  à  la  théorie  du  géocentrisme  {Vors.,  P,  p.  340). 


—  206  — 


{JLSV  yàp  ÂatjLTCpàv  àvab'j|jL'iaa-î.v  '^AoycoGeio-av  £V  tôj  xûxAw  tol»  ti).'!o'j 
TlfjLSpav  TTO'-srv,  TTiV  06  svavTtlav  STUpaTT^o-aa-av  vûxTa  aTroTsAsiv  '  xal 
ex  ukv  TO'J  Àa[jL7rpo'j  tÔ  BspjjLÔv  aù^ôjjievov  Gspoç  TiOLeCv,  éx  os  toO  o-xq- 
Tcivo'j  tÔ  'jvpov  TcÂeovâ^ov  ye'-iJLwva  àTrEpYàÇeo-Gat.. 

Du  texte  rapporté  par  Alexandre,  on  peut  dégager  une  seconde 
théorie  :  c'est  que  ï  l<7o>^oipic(.  est  une  cause  de  beauté  et  de  salu- 
brité. L'influence  prépondérante  des  théories  médicales  sur  la 
philosophie  de  nos  auteurs  apparaîtra  plus  loin  d'une  façon 
remarquable.  Nous  en  relevons,  ici  déjà,  un  indice.  Même  obser 
vation,  en  effet,  dans  ce  texte  d'Alcméon  (fr.  4=  Voi^s.,  F, 
p,  130,  1)  :  TT,;  fi.£v  uyeîa;  eivat,  a-jv£XT',xYiV  ttiV  lo-ovouiîav  twv 
0'jvâu.cwv,    'jypo'j,    qr^poù,   ^uypoù,  Gep^-ioO,   TtUpO'j,  yXuxéoç  xal  twv 

Ào'.TTwv,  TTiV  o'  £v  auToîç  ]±ov'xpyiccj  voa-o'j  tuol'/itw/^v.  C'est  encore  le 
thème  du  discours  du  médecin  Euryximaque  dans  le  Banquet 
de  Platon  (p.  188  a  b).  Enfin,  Hippocrate  estime  aussi  que  le 
printemps  est  la  saison  la  plus  saine,  Tautomne,  la  plus  funeste 
(Apli.,  3,  9);  ailleurs  (Epid.,  II,  1,  4),  il  compare,  comme  nos 
auteurs,  l'automne  à  la  soirée  pour  l'insalubrité. 

6.  Distinction  de  l'air  terrestre  et  de  l'air  supérieur. 

La  division  du  monde  en  deux  parties,  à  l'une  desquelles  on 
attribue  la  perfection  et  le  don  d'immortalité,  tandis  qu'on  fait, 
de  l'autre,  le  domaine  du  changement  et  de  la  mort,  n'est  qu'une 
variante  de  la  distinction  des  régions  sublunaire  et  supralunaire. 
Or,  celle-ci  est  attestée  dans  l'ancien  Pythagorisme  par  un  texte 
de  Philolaos  cité  ci-dessus.  Les  doxographes  aussi  en  font 
mention  :  tel  Photius,  Cod.  ^49,  p.  439  B  33,  et  spécialement 

Epiphane,  Adv.  Iiaer.,  I,  1  :  htùpiÇs'^  oï  ajjia  xà  àmo  a-£XriV7|Ç  [xal] 
avw  âÔàvaxa  Xiywv,  Ta  8k  'JTroxàxw  ^vrixâ.  Ce  qui  est  nouveau,  ici, 
c'est  que  les  caractères  propres  à  chaque  partie  sont  imputés  à 
la  qualité  de  l'air  qu'elle  renferme.  C'est  le  mouvement  perpé- 
tuel qui  détermine  sa  pureté,  son  aptitude  à  former  et  à 
conserver  la  vie;  c'est  son  immobilité  qui  cause  la  maladie  et  la 
mort.  Alcméon,  lui  aussi,  reconnaît  une  nature  divine  au  mouve- 
ment perpétuel  (Aristote,  De  an.,  A,  ^,  p.  405  a  30  =  Vors.,  l\ 
p.   133,   40)  :   cp-z^o-l  yàp  auTYiv  (tyiv  '-j^uyV)  àGavaTov  eivat.  8t.à  to 


x'.vfiLO-Oa'.  yàp  xal  Ta  Ofi^a  TiâvTa  ajvsyo);  àet,  TeA'/iVY,v,  Y.Xtov,  ToO; 
àarépa;  xat,  tÔv  o'jpavôv  ôXov. 

On  peut  ieinar(|iiei'  que  l'iniportance  altrihuée  à  l'air,  ainsi 
que  la  théorie  du  niouveuient  perpétu(*l  de  l'air  supraterrestre, 
rappellent  la  doelrine  d'Anaxiniène  [Vors.,  l\  p.  li,  il)  et  de 
Diogène  d'Apollonie  {Vors.,  \\  p.  4:25,  J(),  Ir.  o).  Va\  tout 
eas,  le  earactère  uiatérialiste  de  ce  passage  atteste  une  origine 
ancienne  et  une  étroite  parenté  avec  la  |)l)ysi(]ue  ionienne. . 

7.  Divinité  des  astres. 

«  Le  Soleil,  la  Lune  et  les  autres  astres  sont  des  dieux.  » 

Alcméon  avait  déjà  formulé  une  doctrine  semblable  [Vors., 
F,  p.  133,  40  ss.)  :  il  croyait  que  les  astres  sont  immortels  et 
divins  parce  qu'ils  sont  animés  et  qu'ils  ont  un  mouvement 
perpétuel.  Les  raisons  invoquées  par  nos  auteurs  sont  un  peu 
différentes  :  les  astres  sont  animés  et  divins  parce  qu'ils  se 
trouvent  dans  l'air  supérieur,  qui  est  perpétuellement  agité 
(§  26,  fin),  et  qu'ils  contiennent  le  maximum  de  chaleur;  or,  le 
chaud  est  la  cause  de  la  vie.  Ceci  nous  reporte  aux  théories 
d'Héraclite,  de  Diogène  d'Apollonie,  des  Atomistes  et  de  certains 
écrivains  hippocratiques  (cf.,  par  exemple,  De  carn.,  Parmi 
les  écrivains  pythagoriciens  dont  les  tendances  rappellent  le 
mieux  ce  point  de  vue,  il  faut  citer  surtout  Hippase  [Vors.,  P, 
p.  38,  15).  Certains  extraits,  que  nous  examinerons  plus  loin 
et  qui  concernent  la  nature  de  l'âme  humaine,  nous  fourniront 
l'occasion  d'approfondir  ces  théories. 

On  peut  se  demander  s'il  ne  faut  pas  établir  un  rapport  entre 
cette  doctrine  de  la  divinité  des  astres  et  le  culte  des  planètes 
des  astrologues,  bien  que  celle-là  soit  justifiée  par  des  considé- 
rations d'ordre  purement  scientifique.  Certains  ont  cru  retrouver, 
€n  effet,  dans  l'ancien  Pythagorisme,  des  traces  d'une  influence 
des  doctrines  astrologiques  (^). 


(1)  HoLL,  Die  Erfnrschuiig  der  antiken  Astrologie,  dans  Jes  Neiie  Jahrb.  f.  d.  kl. 
Alt.,  1908,  p.  119. 


—  208  — 


8.  On  ne  sait  à  qui  rapporter  la  paternité  de  la  doctrine 
astronomique  :  (Jtk'r\vr\v  AàiJLTieo-Gai  6cp'  r\kiou  (^).  Aëtius,  II, 
28,  5,  l'attribue  déjà  à  Thalès  et  à  Pythagore,  Eudème  {Vors,, 
P,  p.  25,  7)  à  Anaximène.  En  tout  cas,  la  théorie  paraît  bien 
établie  dès  le  siècle;  elle  figure  dans  les  fragments  de  Parmé- 
nide  (14  et  15)  et  d'Empédocle  (45).  Selon  Aëtius,  II,  25.  14, 
les  Pythagoriciens  considéraient  la  Lune  comme  un  corps  réflec- 
teur et,  d'après  Aristote,  un  certain  nombre  d'entre  eux  expli- 
quaient les  éclipses  de  lune  par  l'interposition  de  la  Terre  ou  de 
l'Antiterre  entre  le  Soleil  et  la  Lune  (Aëtius,  II,  29,  4). 

9.  La  doctrine  que  la  chaleur  est  l'origine  de  la  vie  a  un 
corollaire  :  c'est  que  les  hommes  sont  parents  des  dieux.  Ceci 
est  une  vieille  idée  religieuse  qui  trouve  son  expression  et  son 
développement  surtout  dans  le  mysticisme  orphique.  C'est  une 
des  théories  fondamentales  du  Pythagorisme  primitif  (^),  pour 
la  même  raison  qu'elle  est  à  la  base  de  l'Orphisme.  Le  Pytha- 
gorisme savant  n'a  pas  répudié  l'ancienne  tradition  religieuse, 
mais  il  tache  de  l'épurer,  comme  dans  maint  autre  cas,  et  de 
la  justifier  par  une  doctrine  scientifique  assez  matérialiste. 
Aëtius,  IV,  7,  1,  Sextus,  Adv.  math.,  IX,  127,  et  Cicéron, 
De  nat.  deor.,  I,  11,  27,  Cato,  21,  78,  Tusc,  V,  13,  38, 
sont  d'accord  pour  rapporter  aux  Pythagoriciens  la  doctrine  de 
la  parenté  des  dieux  et  des  hommes  :  mais  ils  l'expliquent  par 
l'identité  de  nature  de  l'âme  universelle  et  de  l'âme  humaine, 
sans  en  chercher  la  cause  primordiale  dans  une  essence  com- 
mune, la  chaleur. 

10.  La  croyance  à  la  7ïp6vo!.a  divine  est  si  naturelle  dans  une 
société  religieuse  qui  a  comme  but  le  perfectionnement  moral, 
qu'il  n'est  pas  nécessaire  d'en  rechercher  la  source.  D'autres 
écrivains  pythagoriciens  en  affirment  l'existence  :  Ecphante 
(Aëtius,  II,  3,  3  =  Vors.,  F,  p.  341,7)  :  éx  i^ïy  àTopiwv  o-uvecrTavai 


(1)  Cf.  Boi>L,  Finsternisse,  dans  Panly-Wissowa,  VI,  col.  2342  ss. 

(2)  Cf.  .Iambmque,  V.  P.,  153,  et  des  vers  de  l'iepcx;  Adyoç,  dans  mes  Études  sur 
la  fJttérature  pythagoricienne,  pp.  70  et  suiv. 


—  ^209  — 


TÔv  xôdijLov,  otoue-ro-Oat.  ôe  ù-no  rzpovoîa;  ;  Aristoxriie  (Jaiiibli(jU(% 
V.  P.  y  174    ^  Vors.y  F,  p.  4)  :  tô  O'.avoe'^aOai  irepl  toO  9etOL>, 

(oç  so-Tt  Te  xal  Ttpô;  tÔ  otvOpwTct.vov  yévoc;  outc.x;  ^yet.  ô)ç  i7H.60i7ie'.v  xal 
oXiywperv  aÙTOÙ,  ypr\<7<.[ioy  eivat  Û7r6Xot|jL6'avov  ol  lluôayopetou  Ajoutons 
Jamblique,  K.  P.,  !2I7,  219,  240;  Épiphane,  Adv.  huer.,  1,  1. 

H.  L'explication  de  la  otoîxricr'ç  twv  oXo)v  est  encore  un  des 
grands  problèmes  que  se  pose  la  pbysique  ionienne.  Non  seule- 
ment chaque  philosophe  la  rapporte  à  une  cause  différente  : 
ÛTcô  Toù  Neîxoj;  xai  Triq  ^ikioL<;  (Empédocle,  Vors.,  p.  273,  Ti)  ; 
ÙTzo  TTpovoLaç  (Ecphantc,  ibid.y  341,  7);  ùnb  toù  Noj  (Aiiaxagore, 
p.  390,  4);  cpûdei  TLvl  âXôyG)  (les  Atomistes,  ^7>/^/.,  I^^  p.  0,  40)  ; 
xaO'  £l{jLap{jL£VTiV  (Heraclite,  ilnd.,P,  pp.  68,28,  —  09,  8,  —  72, 
35),  mais  on  finit  par  ne  plus  s'entendre  sur  le  sens  des  mois 
€t  certaines  formules  paraissent  de  plus  en  plus  vides  de  sens. 
Ainsi  Anaxagore,  déjà,  remarque  :  eivat  xevôv  toùto  TO'jvoaa  (tViv 
eljjiapfjLsvTiv) .  Parménide  et  Démocrite  identifient  l'àvàyxYi  avec 
rel{jap(jL£VYi,  la  SixTi  et  la  upcivota  (Aëtius,  I,  25,  3=  Vors.,  F, 
p.  143,  33). 

La  croyance  pythagoricienne  à  l'eljjiapiJisvYi  est  attestée  par 
<livers  passages  des  doxographes  :  Aëlius,  I,  25,  2,  Ps-Galien, 
Hist.  p/iiL,  10,  Lydus,  De  mens.,  II,  101,  Jamblique,  F.  P.,  219. 
La  notice  détaillée  de  Photius,  Cod.  249,  p.  439  B,  est  curieuse 
par  les  distinctions  qu'elle  établit  entre  les  diverses  causes  de 
la  St-oixTio-iç  :  xal  TrâvTa  {Jièv  Ta  aXXa  [xépYi  xaTa  tt^v  irpôvo'.av  xal  ty^v 
j^sêaïav  Ta^iv  xal  tt^v  slfjiapfJievYjv  toù  ^eoû  £TCO|i.£VYiv  aÛT(jî  (pa(7t. 
ùioixeifT^oLt.,  Ta  8k  |jL£Tà  TTjv  (7£XT|VYiv  Té<7<T0Lp(7i'^  alTLOLiq,  xaTa  5£ÔV, 
xo{6'  el|jLapp.£viriV,  xaTa  TipcaipEG-iv  7i{jieT£pav,  xaTa  tu^yiv. 

12.  Origine  de  la  vie. 

Les  théories  cosmogoniques  exposées  ici  sont  complètement 
différentes  de  celles  que  Varron  et  Censorinus  attribuent  aux 
Pythagoriciens.  En  effet,  d'après  les  auteurs  qu'ils  suivent, 
auxquels  il  faut  joindre  les  sources  du  Ps-Ocellus  (1.  III),  les 
animaux,  et  en  particulier  le  genre  humain,  ont  toujours  existé. 
Varron,  De  re  rust.,  I,  3  :  sive  contra  principium  horum 


Tome  XVIL  - 


Lettres,  etc. 


14 


—  210  — 

[animalium)  exstitit  nullum,  ut  credidit  Pythagoras  Samius; 
Censorinus,  De  dienat.,  IV,  3  :  sed  prior  illa  sententia,  qua 
semper  humanum  genus  fuisse  creditur,  auctores  habet  Pyt/ia- 
goram  Samium  et  Ocellum  Lucanum  et  Archytam  Tarentinum 
omnesque  adeo  Pythagoricos . 

Notre  cosmogonie,  au  contraire,  expose  et  explique  l'appa- 
rition de  la  vie  sur  la  terre.  C'est  au  soleil  qu'est  dévolu  le  rôle 
de  puissance  créatrice  de  la  vie.  Un  texte  attribué  à  Archytas 
par  Jamblique,  Protr.,  4,  développe  la  même  conception  :  aXw; 
ye  |jt.àv  dcp6aX[xô;  svTi  xal  ^u'^à  twv  cpuaiv  é^ôvxwv  *  bpr\T(xi  Te  yàp  oi 
auTw  TcotvTa  xal  yevv^Tat.  xal  vo^^Tat,  piÇwGevTa  xal  yewaOevTa  8k  Tpà- 
cpsTat.  xal  asisTa',  xal  ÇwTrupYjTat  jjlet'  (xl<yhâ<7io^  (^).  L'auteur  de 
riepo;  Aoyoç  dorien  professait  une  tbéorie  analogue  (Hippolyte, 
Adv.  Iiaer.,  VI,  2,  28)  :  oT,{jit.oupyèv  oï  ewai  twv  yevofjievwv  Tiâvxwv 
cpTiG-lv  ô  lIuQaydpeioç  Xdyoç  tov  p.£yav  y£W|j.£TpriV  xal  àp!.6|jL-riTriV  Yi)^wv 
xtX  (^).  Somme  toute,  la  doctrine  que  les  âmes  proviennent  des 
astres  —  attribuée  à  Pythagore  par  Hippolyte,  Adv.  haer,,  VI, 
2,  25,  et  proclamée  par  Epicharme  (Vors.,  P,  p.  127,  22)  — 
ou  qu'elles  y  retournent  (axoucrfjia  recueilli  par  Aristote,  dans 
Jamblique,  V.  P.,  82)  n'est  pas  essentiellement  différente  de 
celle-ci.  Elle  se  retrouve  encore  chez  un  philosophe  imbu  d'idées 
pythagoriciennes,  Parménide,  qui  en  fait  une  théorie  cosmo- 
gonique  (Diogène,  IX,  22=  Vors.,  F,  p.  138,  12)  :  yevE^iLv 
T£  àvGpwTcwv  £?  Y.XioL»  TipwTov  y£V£a9at.  Une  influence  semblable 
est  reconnue  au  feu  central  par  quelques  Pythagoriciens  cités 
par  Aristote  (Vors.,  P,  p.  356,  20)  :  Tiûp  i^ïy  £v  tcJ)  |X£(T(j)  léyoïxjL 

Try  8Yi{jLt0L>pyî.XT,v  8ùva|JLt,v  tt;v  £x  [jL£a-ou  Tcâarav  tt,v  yf,v  î^(i)oyovoG(7av 
xal  To  à7:£^j;uy|JL£vov  ai>Tf,ç  avaGa^Tioua-av. 

Notre  système  cosmogonique,  en  plaçant  l'origine  de  la  vie 
dans  les  abîmes  de  la  mer,  reproduit  une  conception  qui  est 
fréquente  dans  la  physique  ionienne.  Il  convient  de  citer  ici 
quelques  philosophes  présocratiques  dont  les  fragments  sont 


(*)  Cf.  Macrore,  In  Somn.  Scip.,  I,  6,  37. 
(*)  Cf.  Éludes,  p.  197. 


—  2H  — 


aptes  à  éclaircir  I  t^xposé  Irop  Uivï  el  ohsciir  de  Diogène.  Je 
renvoie  tout  d'abord  aux  théories  d'Kuipédocle  (  Vors.,Y\  p.  "213, 
<lont  les  attaches  pytliagorieiennes  sont  connues.  Mais  les 
parallèles  les  plus  instructifs  sont  ceux  qu'on  peut  emprunter  à 
Anaxiniandre  (  Vors.,  P,  p.  17,  Ti)  :  rà  oe  Çwa  yiveaBa».  èç  'jvpoO  > 
ÊiaT;jL'ZotjLévou  6ug  toù  7\kio'j  (cf.  21 ,  7);  à  Archélaos  {fbid.,  pp.  41 1, 
2  et  412,  2),  à  Déniocrite  ■  Vors.,  II^  p.  49,  6)  et  à  Hippocrate, 
i)c  cani.,  3  (cf.  2)  :  x'JxXeo[Ji£V(t)v  oe  toutÉwv,  otc  TuveTapây Ot^ , 
àTreXe'icpGïj  toù  .3£pijL0'j  noukit  sv  tt]  vtj  aAXoGt.  xal  (xX)vo6t.,  Ta  p.£v  |jLevâAa, 
xà  ok  Aâ(T<TW,  Ta  ok  xal  7:âvu  ar|jL!.xpâ,  Tzkrfio^  uo^Aâ.  xal  Tto  '/povw  Otto 
ToO  GepjJioG  Ç'/ipat.vo{ji£VT,;  tt,;  y-^ç,  TaÙTa  xaTaXe'.cpGevTa  7zep[  au  Ta 
cy\T.eo6waç  7rot.se'.  oîovrcep  y^t-Twvaç  xtX. 

De  ces  rapprochements,  on  pourrait  conclure  que  ces  théories 
cosmogoniques  appartiennent  à  un  Pythagorisme  assez  tardif,  où 
rinttuence  de  la  physique  ionienne  l'emporte  sur  les  doctrines 
propres  à  l'Ecole.  II  n'en  est  rien.  La  conception  d'un  état 
cosmique  primordial,  où  tous  les  éléments  étaient  mêlés  et  en 
pleine  fermentation  et  d'où  sortirent  par  évolution  les  êtres 
vivants,  fait  partie  des  doctrines  les  plus  anciennes  du  Pylha- 
gorisme  superstitieux  (^).  Il  en  est  question,  en  effet,  dans  les 
superstitions  qui  concernent  les  fèves  :  l'abstinence  des  fèves  est 
expliquée  par  la  croyance  que  cette  plante  sortit  de  la  même 
fermentation  ou  «  pourriture  »  que  les  hommes,  à  l'origine  des 
choses.  Voici  comment  s'exprime  Antonius  Diogène  (Porphyre, 
V.  P.,  44;  cf.  Lydus,  De  mens.,  IV,  42,  et  Hippolyte,  Adv. 
haer,,  I,  2,  14)  (^)  sur  ce  sujet  :  o-zi  tïîç  TipwTriç  ctp^rjç  xal  ysvé- 

aew;  TapaTTOjJiévTiç  xal  ttoXXwv  àp.a  <TUVYiv£y|ji.évwv  xal  <7ua-Tcst.pO[Jiév(t)v 
xal  a-tj<T(Ty}7i:o|jL£vwv  evT^y^  xaT*  dXiyov  yéveiTt.ç  xal  o'.àxp'.Ttç  ctuvett-^ 


(1)  Cf.  Jamblique,  V.  P.,  154  (un  texte  transposé  par  Westermann  au  §  153  pour 
expliquer  3'aXà'CTTi)  :  TauTTjv  Trptj&XTjv  yovTjv  xTjç  uypaç  <pu(Tetjaç  xal  xpocpTjv  xy^ç  7:pc6xT]<; 
xat  xoivioxspaç  uXtjç  uTroXafx^àvcov. 

(2)  Dans  Hippolyte,  cette  doctrine  est  tirée  de  l'ouvrage  (d'origine  pythagori- 
cienne) attribué  à  Zaratas,  le  irepi  «puffetoç  dont  j'ai  parlé  ci-dessus,  p.  161  et  p.  200, 
note  1 . 


  212  — 


Çtôwv  T6  ôpLOL»  y£vvw|jL£vo)v  xal  ixîUTwv  dva8t.oo(i.£va)v ,  tÔT£  Sri  duo  XTjç 
auTfiÇ  aTiu£o6vO(;  dvGpwuouç  (Tuarrivat.  xal  xûa|jLOv  QXaa-Trja-at. . 

C'est  dans  cette  partie  de  nos  extraits  qu'il  est  fait  mention 
pour  la  première  fois  de  l'éther.  Il  est  remarquable  qu'Alexandre 
n'en  ait  pas  parlé  dans  la  notice  relative  aux  quatre  éléments. 
Au  reste,  l'éther  n'apparaît  pas  ici  comme  le  nom  d'un  cinquième 
élément,  mais  il  désigne,  différencié  par  divers  adjectifs,  les 
éléments  connus  :  atSrip  ^^XP®^^  l'air;  aiGrip  ua^u;,  l'eau;  au  §  28, 
il  est  question  d'un  atGïip  ^epiioç  qui  ne  peut  être  que  le  feu. 
Nous  n'avons  pas  l'équivalent  de  la  terre,  à  supposer  que  le 
terme  ait  pu  s'appliquer  aussi  à  cet  élément.  Toutefois,  si 
l'on  se  reporte  à  la  distinction  des  quatre  qualités  physiques 
énumérées  plus  haut  :  ^u-y^pôv,  Qepjjlov,  ùypov,  ^ripov,  dont  trois 
termes  au  moins  s'appliquent  à  l'éther,  on  peut  admettre  que 
les  deux  théories  se  recouvrent  complètement  :  dans  ce  cas 
irjpoc;  aiÔTip  aurait  désigné  la  terre. 

Ces  appellations  peuvent  paraître,  à  première  vue,  bizarres. 
Mais,  si  l'on  recherche  le  sens  du  mot  ai^p  chez  les  Présocra- 
tiques, on  remarque  qu'il  a  subi  de  grandes  variations  et  l'on 
comprend  qu'il  a  pu  prêter  à  confusion.  Il  désigne  tantôt  le  feu 
(Phérécyde,  Anaxagore,  Hippocrate  et,  en  certains  endroits, 
Empédocle),  tantôt  l'air  (Empédocle,  cf.  le  Timée  de  Platon), 
tantôt  un  élément  de  nature  assez  indéterminée,  plus  pur  et  plus 
élevé  que  les  autres  (les  Orphiques,  les  Poètes,  etc.).  Dans  nos 
extraits  pythagoriciens,  le  mot  atGrip  s'applique  à  tous  les  élé- 
ments. Comment  expliquer  cette  particularité?  Par  la  doctrine 
de  la  fjLETaêoXrj  des  éléments  qui  a  été  exposée  plus  haut.  Si  les 
éléments  sont  sujets  à  la  transmutation,  c'est  qu'il  y  a  au  fond 
de  tous  un  même  substratum ,  l'a^Grip,  qui,  en  prenant  ces  diffé- 
rentes qualités  physiques,  change  d'aspect  et  de  nom  pour  le 
vulgaire,  mais  non  pour  le  philosophe.  Alexandre  ne  nous 
a,  malheureusement,  conservé  aucune  notice  sur  le  fonctionne- 
ment de  cette  transmutation  et  sur  l'essence  même  de  l'éther. 

13.  La  doctrine  de  la  parenté  de  tous  les  êtres  vivants,  dont  il 
est  question  dans  l'extrait  suivant,  est  encore  un  reste  du  Pytha- 


—  218  — 


gorisiuo  priinilif.  (]hez  nos  aiilcMirs,  elle  rcroil  un  londeiïienl 
scien(ili(|no,  analogue  à  celui  (|ui  élahlil  la  |)ar(Milé  des  dieux  et 
des  liounnes  :  aussi,  je  renvoie  aux  doxographes  eilés  |)lus  haut 
à  ce  propos.  On  peut  y  joindre  celle  noie  de  l)icéar(pie,  dans 
Porphyre,  V.  /*.,  19  :  uavra  xà  y«.vôii.eva  eiji'j^uya  Ôijloycvyi  oe\ 
vo{jLue!.v.  Elle  explique  aussi  les  vieux  piéceples  pythagoriciens 
rapportés  par  Aristoxène  (Jauihlicpie,  V.  P.,  î)8  et  99  —  Dio- 

^ène,  Vlll ,  2i])  :  s(j)Ov  ô  Tiécpuxs  [jAaéicpôv  T(7)  àv(jp(.)7t'!v(j)  yévei 
p.riTe  pAàTTTS'.v  (jl-Zite  ç^Gs'ipc'.v  et  Y;|JL£pov  (ùUToy  xal  eyxapTTOv  [JiTiTe 
pXocTrTEiv  tjLTiTc  cpOsîpsî-v.  D'ailicurs,  celte  doctrine  se  retrouve  chez 
un  grand  nombre  de  philosophes  présocratiques  :  Anaxagore, 
Empédocle,  Démocrite,  Diogène  d'Apollonie,  Archélaos,  Clei- 
dème,  etc. 

14.  Nature  de  l'âme. 

Les  animaux  seuls,  à  l'exclusion  des  plantes,  ont  une  âme, 
laquelle  est  une  particule  d'éther  chaud  et  d'éther  froid.  C'est 
par  sa  participation  à  l'éther  froid  que  l'âme  diffère  du  simple 
principe  vital  (^). 

La  théorie  que  la  vie  a  son  origine  dans  le  feu  (to  Gep^jiôv  o-nsp 
ecttI  (^wïiç  ati'T'ov)  nous  est  déjà  connue.  Dans  l'échelle  des  êtres, 
l'âme  des  animaux  forme  donc  un  degré  plus  élevé  que  la  vie 
des  plantes  :  elle  est  constituée  par  l'adjonction  de  l'air  au  feu. 
Il  semble  que  ceci  soit  un  compromis  entre  les  deux  doctrines 
principales  des  philosophes  présocratiques  :  a)  l'âme  est  de 
nature  aérienne  et  froide  (jeu  de  mots  étymologique  :  ^u^ri  = 
tj^'j^pdv)  ;  b)  l'âme  est  de  nature  ignée  et  chaude  (^tiv  =  Çsrv)  (^). 

.  Mais  comment  Tâme  se  forme-t-elle  par  l'adjonction,  à  la 
chaleur  de  la  vie,  de  l'éther  froid,  c'est-à-dire  de  l'air?  On  peut 

(*)  Cf.  Introduction,  p.  83.  Wellmann,  lac.  cit.,  pp.  229  et  241,  me  paraît  s'être 
mépris  sur  le  sens  de  ce  passage.  Il  croit  que  la  partie  immortelle  de  l'âme  est 
constituée  par  l'éther  chaud;  la  partie  mortelle,  par  l'éther  froid.  L'auteur  pytha- 
goricien dit  tout  autre  chose  :  les  plantes  sont  aussi  des  êtres  vivants  (Cv*)» 
parce  qu'elles  participent  à  l'éther  chaud;  les  animaux,  en  plus  de  la  vie,  ont 
une  âme,  parce  qu'ils  participent  à  l'éther  froid. 

(2)  Cf.  Aristote,  De  anima.  A,  2,  405  b  24,  et  le  commentaire  de  Philoponus  à 
ce  passage,  92,  2. 


—  -214  — 


éclaircir  et  expliquer  celte  obscure  théorie  par  les  doctrines 
d'autres  physiciens  ioniens;  on  apprend  ainsi  que  c'est  par 
l'intermédiaire  de  la  première  respiration  du  nouveau-né.  Les 
Orphiques  croyaient  que  l'âme  entre  dans  le  corps  humain  par 
la  respiration  (Aristote,  De  an,,  A,  5  =  Vors.,  IF,  p.  170, 
30)  :  TYiv  ^u^V  £x  Toû  ôXou  eio-'ivat.  àvaTTveôvTwv,  et  Philopo- 
nus  [Comm,  in  h.  Loc.)  explique  ainsi  cette  doctrine  :  cpacrl  8k 
aiviTTeo-Oat.  xà  îiz'f^  (dp^ixà)  ùik  ji.kv  Trii;  àvaTuvoviç  ttiv  iizvzrpziôir^'zaL 

l'p^uTov  ^eppov  et;  (j!j|i.p.eTpîav  àyeu  Heraclite  professe  la  même 
opinion  (Vors.,  F,  p,  75,  14)  :  toOtov  ût^  tov  ^cîTov  ).6yov  xaB' 
'HpàxAeLTov  8t,'  àvaTtvoïiç  o-Trao-avreç  vospol  yt.vo(i.£9a.  Ce  SOnt  les  doc- 
trines du  pythagoricien  Hippon  qui  expliquent  le  mieux  notre 
texte  (  Vors.,  F,  p.  289,  36)  ...  etcsI  yàp  ti  pb  Çwtj  éx  ttIç  ^^x^i; 

ÛTcàp^si,  i\  ô£  'j'uy^Yi  £x  'j^u^pou  (e^  ûoaxoç  yap),  ot.à  toGto  ôei  ttÎç 
dvaTcvoTiÇ  xoXa^ouo-Yiç  Trj  to  TuepLxàpowv  ^eppov  xal  oux  ewo-TjÇ  ttî; 

(BU^LXTiç  ôuvàp.£w;  £7rt.xpaT£a-T£pov  yevÉo-Gat.,  ÀÉyw  87\  ttÎç  6uypàç.  Le 
traité  hippocratique  Swr  la  nature  de  l* Enfant,  c.  12,  expose 
une  théorie  un  peu  différente,  dont  j'extrais  ce  passage  :  auxô 
ô£  TÔ  5epp.a5.vop.evov  îXyzi  £ç  £wuto  aùÔLç  exEpov  T:v£L»pa  d»u^pov  5tà  ty^ç 
payTji;,  acp'  ou  xpicpeTat.  .  .  .  Tcàv  yàp  to  ^eppov  T(j)  ^u^pw  Tp£cp£Tat.  tw 
p£TptC{).  Il  faut  encore  rapprocher  de  cette  doctrine,  malgré  des 
divergences  sensibles,  cet  extrait  de  Philolaos  rapporté  par 
Ménon  [Vors.,  F,  p.  308,  16)  :  pexà  yàp  t>iv  è'xTeçiv  euOewç  TO  t^(^ov 
£7ri(77tàTai  tô  éxTÔç  TTveùpa  tj^uypov  o v  *  e^Ta  TiaXt-v  xaSaTiepel  '^^ioc,, 
exTtépTiet.  auTO.  ûtà  toÙto  or\  xal  ôp£çt.ç  tou  exto;  TivEupaTo;,  îva  t'^ 
£7r£'.a-àxT(ij  ToO  TuvEupaTOç  ôXxT)  3eppoTepa  bizoL^yo^zcL  Ta  YjpeTepa  orwpaTa 
TTpôç  aÛTOÙ  xaTat^iù^-riTai. 

La  doctrine  de  l'immortalité  de  l'âme  est  basée  sur  les  qualités 
de  ses  éléments,  Téther  froid  et  l'éther  chaud,  dont  il  a  été 
question  précédemment.  En  effet,  l'air  supraterrestre  est 
xaGapoç  xal  Oytriç  xal  TràvTa  Tà  ev  auTcj)  àBàvaTa;  d'autre  part,  le 
5eppo(;  at9/ip  est  Çwtî;  atTiov.  Ici  se  pose  un  problème  assez 
important  pour  la  reconstitution  des  théories  des  auteurs 
d'Alexandre.  Cette  preuve  de  l'immortalité  de  l'âme  semble 


s'appli(|iMM'  aussi  à  l'àinc  des  animaux,  puiscju'ollc  a  la  nièine 
origine  et  la  même  nature  que  l'âme  humaine.  Or,  au  )^  30, 
l'auteur  déclare  que  la  partie  immortelle  de  l'âme  humaine 
(çppéve;)  est  précisément  celle  dont  sont  dépourvus  les  animaux. 
Ces  deux  doctrines  paraissent  inconciliables,  sans  doute  parce 
qu'elles  proviennent  de  sources  dilïerentes.  D'après  la  première, 
Tâme  des  animaux  participerait  aussi  à  l'immortalité  :  cette 
théorie  s'accorde  assez  avec  la  croyance  pythagoricienne  à  la 
métempsycose  animale.  D'après  la  seconde,  au  contraire,  la 
transition  de  l'animal  à  l'homme  est  impossible,  vu  que  l'âme 
animale  périt  avec  le  corps.  Il  est  remarquable  qu'on  ne  trouve 
pas  dans  ces  extraits  la  moindre  allusion  à  la  métempsycose.  Il 
apparaît  de  plus  en  plus  clairement  qu'Alexandre  a  choisi  ses 
auteurs  parmi  les  physiciens  et  les  médecins  pythagoriciens, 
dont  l'esprit  scientifique  s'était  déjà  dégagé  des  superstitions 
anciennes  et  chez  qui  l'influence  de  la  physique  ionienne  l'em- 
porte sur  les  spéculations  propres  à  l'Ecole. 
15.  Théorie  de  la  reproduction. 

«  Les  animaux  naissent  les  uns  des  autres,  par  le  moyen  des 
semences;  il  est  impossible  de  supposer  (^)  la  génération  par 
la  terre.  » 

Par  ces  mots,  il  ne  faut  pas  entendre,  je  pense  (^),  la  géné- 
ration cosmogonique,  dont  il  a  été  question  plus  haut  :  il  s'agit 
maintenant  de  la  reproduction  actuelle  des  animaux.  D'après 
une  croyance  populaire,  en  effet,  certains  animaux  se  repro- 
duiraient par  l'intermédiaire  de  la  terre.  Platon  y  fait  allusion 
dans  le  Banquet,  p.  191  b  :  éyswwv  xai  Itutov  oûx  sic,  âXXriXoj;, 
aXX'  yriv,  waTuep  ol  TSTTLysç.  Nos  auteurs  auraient  donc  voulu 
rencontrer  ici  cette  théorie  populaire. 


(*)  i)<pt(Txa<j6at  (moyen)  =  uiroXaiJLÎ^âvstv.  On  peut  aussi  considérer  ucptaxaciÔat 
comme  un  passif  et  traduire  :  «  Il  est  impossible  que  la  génération  par  le  moyen 
de  la  terre  existe.  » 

(')  Wellmann,  loc.  cit..  p.  229,  croit  qu'il  s'agit  toujours  de  la  création;  mais  les 
mots  y£vva(j6ai  àXXT^Xiov  ne  sont  pas  ambigus  et  d'ailleurs  la  cosmogonie  est 
terminée  au  §  27. 


—  216  — 


La  définition  du  sperme  (o-Taywv  eyxEcpâXou  Trep'i^ouo-a  £v  sauTr; 

âT{jLov  Bep^jLov)  se  rapproche  beaucoup  de  celle  d'Alcméon  et  de 
celle  d'Hippon  :  Aëtius,  V,  8,  8,  et  Censorinus,  De  die  nat., 
5,  2  (  Vors.,  F,  pp.  134  et  290).  L'opinion  du  Timée,  pp.  73  d, 
91  b,  et  d'Hippocrate,  De  gen.,  1,  n'en  est  qu'une  variante. 
D'après  les  doxographes,  tous  les  débats  des  philosophes  anciens 
sur  ce  sujet  se  ramènent  à  la  question  :  le  sperme  est-il  de 
nature  corporelle  ou  spirituelle?  La  définition  de  nos  auteurs 
paraît  provenir,  encore  une  fois,  d'un  compromis  de  deux 
théories  contraires  :  le  sperme  est  en  partie  de  nature  corpo- 
relle, par  la  goutte  de  cervelle  ;  en  partie  d'essence  spirituelle, 
par  ràTfjLo;  5ep|jLÔc;  qu'elle  contient  (^).  Aëtius  attribue  à  Pytha- 
gore  deux  définitions  différentes  :  la  première  n'a  rien  de  com- 
mun avec  celle  de  nos  auteurs  (V,  3,  2  =  i)o;r.,p.  417)  :  âcppôv 

TO'J  yp-^o-TOTaTou  ai!^cf.Toç  tÔ  aTiÉpjjia,  TieptTTwjjia  Tpo(p7jç  iùGTzep  [tô]  olI^ol 
xal  (jL'jsAÔv.  La  seconde  s'en  rapproche  davantage  (A^  4,  2)  :  acrw- 
{jiaTOv  {JL£V  eiyai  'zry  oûva[Jit.v  tou  (77r£p{jLa':oç  wa-Tïsp  vouv  tÔv  x'.voOvxa,, 
<T(i)p.aTLXTiv  o£  T->iv  uÀYiv  TTjv  7rpoy£0|.jL£VT,v .  Pour  Anaxagorc  aussi,  la 
semence  contient  une  sorte  de  Bepi^bç  ctTjjLoç;  d'après  Censorinus, 
De  die  nat.,  6,  2  (=  Vors.,  \\  p.  398,  1),  sunt  qui  aetlierium 
calorem  inesse  arbitrentur ,  qui  membra  disponat,  Anaxa- 
goran  secuti, 

La  théorie  la  plus  intéressante  à  relever  dans  ce  chapitre  est 
celle  des  rapports  harmoniques  des  périodes  du  développement 
du  fœtus.  Elle  est  exprimée  en  ces  termes  :  £y£!.v  3k  év  a'jTw 
TiâvTaç  Toùç  Xôyouç  T7)ç  ÇwTiÇ,  wv  ef!pop.£VG()v  a-uv£y£a-Gat.  xaxà  to-j;  tt.ç 

(1)  L'auteur  pythagoricien  explique  la  formation  du  fœtus  par  le  moyen  de  la 
goutte  de  cervelle  et  de  la  vapeur  chaude  du  mâle;  il  ne  dit  mot  d'une  coopération 
quelconque  de  la  femelle.  Je  ne  puis  donc  me  rallier  à  l'interprétation  de  Well- 
MANN,  loc.  cit.,  p.  233,  qui  distingue  ici  une  semence  mâle  contenant  une  vapeur 
chaude,  laquelle  donne  la  vie,  et  une  semence  femelle  {oltzo  [aèv  to5  èyxEcpàXou 
<  scil.  ^T^Xco;  >  !)  fournissant  la  matière  du  corps.  Le  texte  ne  dit  rien  de  tel  : 
la  cervelle  dont  il  est  question  ici  est  évidemment  celle  du  mâle,  dont  une  goutte 
contenant  une  vapeur  forme  le  sperme.  La  goutte  de  cervelle  fournit  la  lymphe, 
l'humeur  et  le  sang,  dont  se  créera  le  corps;  la  vapeur  donne  l'âme  et  la  sensation. 
Il  est  donc  inutile  de  corriger  le  texte  xauxtiv  U  Trpo<ycp£po{j.£VTjv  en  xaux7)c  8è 
7cpo(ryepo(j.évTi;. 


àpjjiov'iaç  ÂÔyo'Js.  sxâa-Twv  ev  TSTayjjiévo'-ç  xaipoCç  £7T!.v!.vojjiév(f)v.  Le  tcxlc 
n'est  pas  trèselaii'  :  heureiisemenl,  un  ^laiid  nombn;  [)assa^es 
parallèles  indi([iienl  ce  (ju'il  faut  entendre  par  I(îs  rapports 
harmoniques.  La  |)liipart  de  ces  t(;xles  admettent  deux  sortes 
de  grossesses,  l'une  de  sept  mois,  dont  la  délivrance  arrive  vers 
le  deux  cent  dixième  jour,  l'aulre  de  neuf  mois,  (\u\  se  ter- 
mine soit  au  deux  cent  soixante-dixième  jour,  soit  au  début  du 
dixième  mois,  vers  le  deux  cent  soixante-quatorzième  jour.  Ils 
expliquent  ce  nombre  exact  de  jours  par  des  combinaisons 
aritbmologiques  que  la  phrase  de  Diogène  laisse  seulement 
deviner  et  dans  le  détail  desquelles  il  nous  faut  maintenant 
entrer. 

Le  fœtus  se  développe  dans  le  corps  de  la  mère  suivant  des 
lois  harmoniques  semblables  à  celles  de  la  musique.  Le  xavwv 
des  principales  haruionies  musicales,  celles  de  quarte,  de  quinte 
et  d'octave,  peut  être  représenté  par  les  chilï'res  6-8-9-12.  Un 
autre  xavwv,  celui  de  la  quinte,  de  l'octave  et  de  la  double  quinte, 
a  comme  échelle  6-9-12-18.  Si  l'on  additionne  ces  chiffres,  on 
obtient,  pour  la  première  somme,  35,  pour  la  seconde,  45.  En 
multipliant  ces  nombres  par  6,  chiffre  qui  représente  le  nombre 
de  jours  pendant  lesquels  le  fœtus  est  encore  de  consistance  lai- 
teuse (^),  on  trouve  le  chiffre  exact  du  jour  de  l'accouchement  du 
septième  et  du  neuvième  mois,  soit  210  et  270.  Telle  est,  en 
résumé,  la  théorie  la  plus  ordinaire  des  Aoyo'.  o-^p-cpcovlaç  ou  àG[jLo- 
v''a<;.  On  la  trouve  exposée,  par  exemple,  dans  les  Tliêol. 
Aritfim.,  j).  39,  et  dans  Proclus,  In  Rcmp.,  Il,  pp.  34  et  35, 
qui  l'attribue  à  Empédocle  et  à  certains  médecins  (àvaTO|ji!.xo'i) . 
Dans  d'autres  auteurs,  se  présentent  diverses  variantes  :  ainsi 
Varron  (Censorinus,  De  die  nat.,  9  ss.)  obtient  le  nombre  de 
jours  de  la  grossesse  du  dixième  mois,  274,  en  multipliant  7,  le 
nombre  des  jours  nécessaires  à  la  preuiière  formation  du  fœtus 

(*)  Telle  est  l'explication  fournie  par  Vakuon,  dans  Censorinus,  De  die  nat.,  11. 
Mais  il  est  plus  vraisemblable  que  6  est  employé  ici  parce  qu'il  représente  le 
nombre  zoogonique  ou  psychotonique.  {Tliéol.  Arithm.,  p.  39,  et  Psellus.  TCEpl 
àpi6|j.tïiv,  d'après  Tannery,  Revue  des  Études  grecques,  1892,  p.  345.) 


—  218  — 


dans  ce  genre  de  grossesse,  par  40,  le  nombre  des  jours  néces- 
saires au  second  développement  :  le  produit,  soit  280,  représen- 
terait quarante  semaines,  mais  il  doit  être  diminué  des  six  jours, 
parce  que  l'accouchement  a  lieu  au  début  de  la  dernière  semaine. 
Macrobe,  /n  Somn.  Scip.,  I,  6.  l  i  ss.,  tire  le  nombre  .35  de 
l'addition  des  deux  premiers  cubes  8  et  27,  dont  Tun  est  mâle, 
l'autre  femelle.  Aristide  Quintilien  {De  mus.,  III,  p.  142,  M) 
obtient  le  nombre  45  de  la  grossesse  de  neuf  mois,  en  ajoutant, 
à  35,  le  nombre  parfait  10,  dont  les  parties  i,  2,  3  et  4,  peuvent 
représenter  aussi  un  xavwv  harmonique.  On  trouve  encore  des 
allusions  à  ces  doctrines  dans  Plutarque,  De  an.  procr,  in  Tim., 
12  (cf.  Stobée,  Ed.,  I,  1,  10);  Ps-Plutarque,  De  vit.  Hom., 
145;  les  T/iéol,  Aritlim.,  p.  47. 

Proclus,  In  Remp.,  II,  26,  rapporte  à  Pythagore  une  théorie 
analogue,  où  les  nombres  35  et  45  sont  obtenus  par  les  rapports 
de  certains  éléments  d'un  triangle  ;  mais  le  texte  est  trop  lacu- 
neux  pour  qu'on  puisse  reconstituer  la  doctrine.  Un  Scholiaste 
d'Homère,  i4(i  Uiad.,  T,  119(Bekker,  II,  p.  521;  cf.  Reitzenstein, 
Berl.  Dhil.  Woch.,  1889,  p.  624),  prend  pour  point  de  départ 
un  triangle  dont  les  côtés  ont  comme  longueurs  :  3,  4  et  5.  La. 
base  de  la  démonstration  est  constituée  par  la  doctrine  que  les 
nombres  impairs  sont  mâles,  les  nombres  pairs  femelles.  Si  Ton 
multiplie  la  somme  des  deux  produits  4  X  5  et  5  X  5  (=  45) 
par  le  nombre  de  la  surface  (6),  on  obtient  270,  le  nombre  des 
jours  de  la  grossesse  de  neuf  mois  ;  si  l'on  procède  de  même  pour 
4  X  5  et  3  X  5  (=  35),  le  produit,  210,  représente  le  nombre 
des  jours  de  la  grossesse  de  sept  mois.  Ces  enfants  naissent 
viables  parce  qu'il  entre  un  nombre  mâle  et  un  nombre  femelle 
dans  la  conjonction  d'où  ils  tirent  leur  origine.  Par  contre,  les 
lioBtus  qui  naissent  au  bout  de  Imit  mois  sont  des  avortons  parce 
que  le  nombre  des  jours  de  celte  grossesse,  240,  est  produit  par 
conjonction  des  seuls  nombres  femelles  :  (5  X  5)  +  (3  X  5). 

Si  l'on  se  demande  à  quoi  correspond,  en  embryologie,  cha- 
-cune  des  périodes  de  six,  huit,  neuf  et  douze  jours,  qui  sont 
en  rapports  harmoniques,  on  trouvera  la  réponse  dans  Varron 
(Censorinus,  De  die  nat.,  9)  :  eos  vero  numéros  qui  in  uno 


quoquc  partit  alujuid  adfcrunt  mulaiwim,  dum  aut  seuim  in 
samjunwm,  aut  saïKjuis  in  cariiem,  aut  caro  in  hominis  jiguram 
convertitur,  intcr  se  coula tos  rationcm  hahere  eam  quam  voces 
liahent  quae  in  musicc  aûfxcpwvoi  vocantur. 

Ces  théories  exlrèmeinent  curieuses  ont  eu  une  influence 
même  sur  les  auteurs  du  (lorpus  hippocratique.  C'est  par  elles 
qu'il  faut  expliquer  certains  passages  obscurs  de  leurs  ouvrages, 
par  exemple,  De  diaeta,  I,  8  (Diels,  Vors.y       p.  107,  4)  : 

xal  Txpoa-ôev*  TjV  ôs  jjlti  '^^X'^  '^^'^  ^cpp-oviT^ç  ...  7rà;  o  tovo;  (JiàTa'.oç,  oii 
■yàp  av  TipOTaeifTaL*  âXX'  ap.£tês'.  ex  toO  p.é^ovo;  sç  to  li-sCov  Tipo  poipYiç 
(cf.  I,  9).  L'auteur  du  De  septim,  partu,  9,  paraît  aussi  faire 
allusion  à  une  théorie  de  ce  genre.  Enfin,  il  est  intéressant  de 
noter  que  la  doctrine  pythagoricienne  des  nombres  de  la  gros- 
sesse a  pénétré  jusque  dans  le  droit  romain  :  Paul,  Sentent., 
IV,  9,  5. 

16.  Théorie  des  sensations  (^). 

Les  auteurs  d'Alexandre  expliquent  la  vue  par  la  seule  activité 
du  cerveau  :  celui-ci  émet  une  vapeur  chaude  (cf.  infra  :  o-xayovaç 

sivat,  dizo  toûtwv  Ta;  <xl(7^r\rTei^)  qui  va  saisir  l'objet  extérieur. 
Ces  Pythagoriciens  forment  la  seule  école  philosophique  qui 
explique  la  vue  par  une  émanation  des  yeux,  sans  supposer  une 
activité  quelconque  de  l'objet  ou  du  milieu.  Aëtius  attribue  à 
Pythagore  une  théorie  qui  repose  sur  le  même  principe 
(IV,  13,  9==Dox.,  p.  404,  9)  :  ev.ot.  8s  xal  IIuGayopav  Trj  oô^rj 
zclÙtt^  TuvsTrt.ypàcpoua-t.v  =  <  dxTLva;  >  âcp  '  sxaTspou  cprio-l  twv  o^- 
3'aXfjLwv  âuoTS'.voj^.svaç  toiç  Trepao-tv  aurwv  olovsi  ysipwv  STracpa^  Ti£p',xa- 
^auTOUo-ac;  to^ç  êxtÔ;  rri^ixa^Ji  tt^v  avTtXri^Lv  aUTwv  Trpoç  TÔ  opaTf.xôv 

ûtvaSioovau  Archytas  professait  une  théorie  analogue,  d'après 


(*)  Je  proposerais  de  restituer  ainsi  le  texte  de  ce  passage  si  discuté  ;  (juXXapt^v, 
d^ewv,  8tà  iratjÉcDv,  qui  sont  les  noms  des  trois  «  accordements  »  principaux . 

(PHILOLAOS,  fr.  6,  Diels.) 
(*)  Concernant  les  problèmes  que  se  posaient  les  philosophes  anciens  sur  ce 

sujet,  voyez  l'article  d'A.  Haas,  Antike  Lichttheorien^  dans  VArchiv,  XX  (1907), 

pp.  345-386. 


—  220  — 


Apulée,  ApoL,  15  {Vors.,  P,  p.  830,  18)  :  seu  tantum  oculis 
profecti  (radii)  sine  ullo  foris  amminicuLo . 

Voici  comment  je  comprends  le  raisonnement,  assez  obscur, 
formulé  par  les  auteurs  d'Alexandre  pour  prouver  que  la  sen- 
sation est  une  vapeur  chaude.  Prenons  la  vue  comme  exemple. 
C'est  par  l'intermédiaire  de  la  vapeur  chaude  des  yeux  qu'on  voit 
à  travers  l'air  et  l'eau.  Si  la  vue  s'opère  à  travers  ces  éléments, 
c'est  parce  que  le  chaud  s'appuie  contre  le  froid.  —  Enten- 
dons par  là  que  la  vapeur  chaude  sortant  des  yeux  résiste,  se 
conserve  intacte  et  distincte  de  l'air  qu'elle  traverse.  En  effet, 
si  cette  vapeur  était  froide,  elle  s'entr'ouvrirait  au  contact  de 
l'air  extérieur,  qui  serait  semblable  à  elle  ;  elle  se  confondrait 
avec  lui  et  la  sensation  ne  pourrait  s'opérer  (^). 

En  certains  endroits,  l'auteur  pythagoricien  appelle  les  yeux 
les  «  portes  du  Soleil  (^)  ».  Il  faut  entendre,  par  cette  expres- 


(0  Haas  {loc.  cit.,  p.  354)  comprend  d'une  façon  un  peu  différente  la  théorie 
exposée  ici  :  «  Pythagoras  erklârte  das  Sehen  durcii  eine  heisse  Ausdiinstung,  die 
von  dem  Auge  zu  dem  Objekte  slrômt,  infolge  des  VViderstandes,  den  sie  bei  dem 
Kallen  findet,  von  deii  sichtbaren  Gegenstanden  zurùckgedrângt  wird  und  so  deren 
Emptindung  zu  dem  Auge  gelangen  lâsst,  »  Il  adopte  la  leçon  de  la  Vulgate  cltzô  et 
il  paraît  croire  que  le  ^^xpô^^  dont  il  est  question  dans  le  texte  est  le  froid  des 
objets  visibles.  A  mon  avis,  le  froid  dont  parle  l'auteur  est  celui  du  milieu  (l'air) 
que  traverse  la  vapeur  chaude  avant  d'arriver  aux  objets.  La  différence  des  qualités 
ptiysiques  du  milieu  et  de  la  vapeur  permet  à  celle-ci  de  résister,  de  se  conserver 
intacte  et  d'arriver  jusqu'aux  objets.  L'auteur,  en  effet,  cherche  à  expliquer  par  là 
(yâp)  le  fait  qu'on  voit  seulement  à  travers  l'eau  et  à  travers  l'air. 

(2j  vuv  8è  l'axtv  £v  oic  riXiou  TcuXa;  xaXel  toùç  dîpOaXfjioûç.  Gobet  suppose  une 
lacune  après  v5v  ci.  Reiske  la  remplit  en  partie  :  vuv  ôè  <  ^zpixo^  wv  uttô  ^^x^'^ 
àvxEpctôojjLsvoç  xa-r'  £'j6£"tav  TropEusxat  >...;  il  ajoute  qu'elle  a  dû  être  plus  longue, 
mais  il  renonce  à  l'achever.  —  Après  une  hypothèse  irréelle,  vOv  os  annonce  l'exposé 
de  l'état  de  choses  réel.  Celui-ci  manquerait-il  ici  ?  Dans  l'hypothèse  d'une  lacune,  la 
restitution  de  Reiske  seiait  en  tout  cas  fautive.  Il  croit,  en  effet,  que  dans  la  phrase  : 
àvt£pEio£a6ai  yàp  z6  ^EpfJ-ov  éttI  {àno  vulg.)  xoO  <]/u-j(^pou,  ce  dernier  mot  désigne  l'air 
de  l'âme.  C'est  une  erreur  :  le  ']>o-/pov  représente  l'air  froid  à  travers  lequel  la 
vapeur  passe.  L'hypothétique  lacune  devrait  donc  être  ainsi  comblée,  pour  le  sens 
bien  entendu  :  vGv  oè  <  «^ep^xo;  wv,  ètiI  xoO  àÉpoc;  àvx£p£too[X£vo<;  xax£u6uv£i  .  àXXà 
xat  >  è'axtv...  Mais  je  pense  qu'on  peut  supprimer  tous  ces  détours  et  se  contenter 
du  texte  des  manuscrits.  L'expression  7)Xi'ou  tzûXolç,  tirée  de  VOdyssée,  signifie  que 
les  yeux  sont  le  réceptacle  des  rayons  solaires  (cf.  Tiupiov  et  r)Xio£tÔ£(;  de  Priscianusj. 
La  remarque  n'aurait  aucune  raison  d'être  en  cet  endroit,  si  l'auteur  ne  voulait 


sion,  (jue  1rs  v(Mix  soiil  comme  les  réceplaclcs  (i(is  r;i}'()iis 
solaires  et  qu'ils  contieniieiil  un  élément  igné.  Iléraclide  Pon- 
tique  attribuait  une  doctrine  de  ce  genre  à  Pythagore  (Proclus, 
fn  Titn.,  p.  141  =11,  p.  8,  9,  D)  :  ot'.  tÔv  ocpOaApiôv  âvâAoyov  e'Ivat, 
T(j)  Tiupl  oeîxv'ja-!.v  h  Wj^ayôpa^  T(o  Txpôç  "A6'apf.v  ÀÔyo).  l/expression 
Yi>wj  uûXa;  (Odjfsscey  w,  12)  est  illustrée  par  cette  note  de 
Priscianus  l.ydus.  Met.  in  Theoplt.,  p.  20,  16  :  rto;  oùv  xal 
uupLov  xal  TjÀt,oe'-5£ç  Trapà  Toîq  lluôayopeîo'-ç  tô  otitixov  XéyeTai 
ata'9-rjTript.ov  ;  cpwTOç,  ç/jaw,  oexTWOv,  6!.â  te  to'jç  Ietitouç  xal  O'.au- 
yscjTâTO'j;  xal  xaGapojTaTOu;  6[jL£vas  xal  oià  toc  £v  auTor?  7i£pt.£yô|jL£va 

0{.acpav£a-TaTa  6ypâ  xtX.  Il  est  encore  question  des  rayons  des  yeux 
dans  la  théorie  pythagoricienne  qui  explique  les  images  des 
miroirs,  d'après  Aëtius,  VI,  14,  8  :  ol  dr^b  IIjBayôpou  xaTà  xàç 

âvTavaxXàa-Et.;  tt^ç  Ô'cJ^ewç  *  cpÉpEa-Qat  p.£v  yàp  tt|V  Ô'^lv  T£Ta!jL£VT|V  wç  ettI 
tÔv  yaXxôv  xtX. 

Il  est  difficile  d'établir  un  rapport  entre  cette  théorie  des  sensa- 
tions et  celle  qui  est  attribuée  à  Pythagore  dans  une  autre  notice 

d'Aëtius,  Wy  9,  10  :  xaôapov  â'xaa-Tov  zlycf.i  twv  aiaBriTwv  Ïxoltzou 

<7TO'/^£t!o'J  7rpO£p^OJJL£VOV*  TTpOÇ  p.£V  OÙV  TT|V  Opa<7tV  TO  at9£pW0£Ç  TTECpaxÉvat., 
TTpO;  0£  TT,V  aXOTiV  TO  7:V£U|JLaTlX0V ,  Trpo;  hé  TY^V  OO-CppTlO-lV  TO  TIUpWOEÇ, 
TTpO;  0£  TT\V  yEUiTlV  TO  UypÔv,  UpOÇ  0£  TT^V  âcpT,V  TO  yEWOEÇ  (^).  Il  SCmble 

que  le  système  exposé  par  Alexandre  suppose  la  théorie  des  nerfs 
ou  Tûôpot.,  telle  qu'Alcméon,  Empédocle  et  Parménide  l'avaient 
formulée  (cf.  Fors.,  F,  p.  221,  10  :  lajjiEv  5k  otl  ol  toù;  uopouç 

U7:OT',8£(JL£VOt    OÙ  XEVOÙÇ  6tC£Tî[9£VTO  TOÙtOUÇ,   dWoL    7r£7r)v7jpOJ|JL£V0UÇ  ÂETTTO- 

{jt.£p£(TT£pou  TLvoç  (TW|ji.aTO<;  oïov  aÉpoç). 


expliquer  par  là  pourquoi  la  vapeur  qui  est  dans  les  yeux  est  très  chaude  (ttjv  opautv 
àxfjidv  Ttva  etvai  àyav  .^epfjLo'v).  Pour  en  revenir  aux  formes  de  l'hypothèse  irréelle, 
notons  qu'il  est  des  cas  où  l'exposé  réel  des  faits,  annoncé  par  vûv  Se,  est  omis  : 
c'est  quand  une  phrase  explicative  en  tient  lieu  (Matthaei,  Gramm.,  n»  1216). 
N'est-ce  pas  le  cas  du  passage  que  nous  examinons?  L'auteur  de  cet  exposé  succinct 
a  remplacé  l'idée  que  nous  rendrions  éventuellement  par  ^ep{jio<;  wv  xaxeuôuvet  par 
l'énoncé  de  ses  causes. 

(*)  C'est  cette  doctrine  apparemment  que  résument  Albinus,  Inst.  de  Plat,  doctr., 
14,  et  Chalcidius,  In  Tim.,  50  :  est  porro  Pythagoricum  dogma  similia  non  nisi  a 
similibus  suis  compreliendi. 


—  222  — 


17.  Psychologie,  a)  Les  parties  de  l'âme. 

L'àme,  d'après  les  auteurs  d'Alexandre,  comprend  trois 
parties  :  D'abord  le  3u|jl6;,  mot  auquel  on  peut  donner  le  sens 
ancien  de  priticipe  vital,  qui  a  son  siège  dans  le  cœur.  Le  voG;^ 
situé  dans  le  cerveau,  n'est  pas  entendu  ici  dans  le  sens  platoni- 
cien, car  l'homme  l'a  en  commun  avec  les  animaux;  c'est  une 
sorte  d'intelligence  inférieure,  un  centre  des  sensations.  Enfin, 
les  cppéveç  (ou  cpp6vL|jiov),  c'est-à-dire  l'esprit  proprement  dit,  qui 
est  particulier  à  Thomme,  ont  aussi  leur  siège  dans  le  cerveau. 

Cette  doctrine  est  tout  à  fait  remarquable.  D'abord,  elle  est 
exempte  de  toute  influence  platonicienne  et  elle  diffère  complè- 
tement de  celle  des  néo-pythagoriciens.  Ensuite,  la  terminologie 
présente  des  signes  certains  d'antiquité.  Ainsi,  le  sens  du  mot 
voO;  est  aussi  celui  que  lui  attribuent  Anaxagore  {Vors.,  F, 
p.  396,  36  ss.),  Archélaos  (ibid.,  p.  412,  7)  et  Diogène 
d'Apollonie  (ibid.,  pp.  425,  5  et  426,  il  s.),  et  les  cppéve; 
occupent  un  rang  supérieur  au  vouç,  ce  qui  est  contraire  à 
l'opinion  commune. 

Si  nous  consultons  la  doxographie  pythagoricienne,  nous  ne 
trouvons  nulle  part  une  classification  identique.  Ce  qui  reparaît 
le  plus  fréquemment  c'est  la  distinction  de  raWov  et  du  Xoyt.x6v, 
chez  Posidonius,  par  exemple  (Galien,  deHipp.  et  Plat,  dogm., 
5),  et  Cicéron,  Tusc,  IV,  10.  Ailleurs  (Aëtius,  IV,  4,  1,  Pollux, 
Onom.y  II,  226),  l'aXoyov  est  divisé  en  3'J|jlu6v  et  £7:i9u{X7itixov, 
comme  chez  Platon. 

Un  seul  texte  offre  avec  l'extrait  d'Alexandre  quelque  ana- 
logie :  c'est  celui  d'Aètius,  IV,  5,  10  [Dox.,  p.  391  a  23)  :  n^Oa- 

yopa;  to  {jlsv  Çwtuov  7:epl  tyiv  xapoîav,  t6  ok  )voyixov  xal  voepôv  uepl 

TTiv  xecpaÀTiv  (cf.  Ps-Galien,  Hist.  phil.,  28).  Pour  le  siège  de  ces 
différentes  facultés  psychiques,  je  renvoie  à  cette  note  de  Jam- 
blique,  V.  P.,  109  :  riyeiJLOviai  yàp  el<7i  (t]  xapSia  xal  o  iyxécpaXoç) 
xal  (ba-avel  £7H.êà8pai  xal  è'Bpat  Tt.v£<;  tou  (ppovEiv  xal  toD  Çt^v. 

La  doctrine  de  Philolaos  présente  certaines  concordances 
dans  la  classification  des  facultés,  mais  des  différences  notables^ 
dans  le  choix  des  vocables  (fr.  13  =  Vors.,  F,  p.  314) • 


11  place  le  voûç  dans  le  cerveau,  la  ^jyr^  et  l'aLdOriat.;  dans  le  cœur. 
Le  voO;  semble  correspondre  aux  cppéve;  des  auteurs  d'Alexandre, 
l'aiCTOTiCTLç  au  voùç,  la  'J^u/Ti  au  .Su|jlô;.  Il  est  encore  (juestion  des 
parties  de  ràine  dans  la  Lettre  de  Lysis  (  Jainhliciue.  V.  /*.,  77), 
niais  non  sous  une  l'orme  de  classification  rigoureuse  :  l'auteur 
dislin^nie  le  ).oyLa-TLx6v  ou  voy)tuôv  et  les  £7rJju|jLiai,  (|ui  ont 
leur  siège  à  la  fois  dans  le  cœur  et  les  cppÉveç.  Raf)pelons 
encore,  pour  clore  cette  série  de  rapprochements,  (ju'AIcméon, 
tout  en  distinguant  ^uviéva».,  le  propre  de  l'esprit  humain,  de 
a'l(T9(3cv£<79a',,  comumn  à  tous  les  animaux  (Théophraste,  De  sensu, 
25),  place  dans  le  cerveau  le  siège  de  ces  deux  facultés.  Empé- 
docle  (Aristote,  De  an.,  F,  4,  427  b  21,  Théophraste,  De 
sensu,  25)  et  Parménide  (Théophraste,  De  sensu,  3)  ignorent 
cette  différence. 

h)  Tp£cp£(7Qa{  TE  tV  ^uyir\y  duo  toG  aijjLaToç  :  doctrine  attribuée  à 
Pythagore  par  le  Ps-Plutarque,  De  vit.  Uom.,  122.  Telle  est 
aussi  la  croyance  d'Empédocle  (fr.  105,  Vors.,  P,  p.  261)  et  de 
certains  auteurs  du  Corpus  hippocratique.  De  vent.,  14,  De 
morb.,  I,  30.  On  peut  en  rapprocher  la  vieille  conception  selon 
laquelle  les  âmes  des  morts  se  nourrissent  de  sang. 

c)  Nos  auteurs  se  préoccupent  aussi,  comme  la  plupart  des 
philosophes  anciens  (^) ,  de  donner  une  définition  de  la  voix  et  des 
paroles.  Le  problème  ordinairement  posé  consiste  à  déterminer 
si  la  voix  est  de  nature  corporelle  ou  incorporelle.  Les  Pytha- 
goriciens, par  un  compromis  dont  nous  avons  signalé  ailleurs 
d'autres  exemples,  estiment  qu'elle  est  corporelle  (dv£|i.ouç  eivai)  ; 
mais  elle  est  invisible,  comme  l'âme,  parce  que  l'éther,  dont 
elles  sont  formées  l'une  et  l'autre,  est  invisible.  —  Cet  éther 
est  simplement  l'air  (appelé  parfois  éther  froid)  dont  l'âme  est, 
pour  une  part,  composée;  nous  allons  apprendre,  d'ailleurs, 
que  l'âme  est  attachée  au  corps  par  les  bronches. 

d)  Par  les  liens  de  l'âme,  dont  il  est  question  dans  la  suite, 


(1)  Voyez  sur  ce  sujet  les  opinions  d'ANAXAGORE  {Vors.,  I*,  p.  397^30),  d'ARCHÉ- 
LAOS  (Ibid.,  p.  411,  3)  et  de  Démocrite  {Vors,,  IP,  p.  39,  11). 


_  224   


il  faut  entendre  ceux  qui  l'attachent  au  corps  et  non  ceux  qui 
unissent  toutes  ses  parties  entre  elles  pour  en  former  un  tout. 
Dans  les  textes  pythagoriciens,  on  ne  peut  retrouver  cette 
doctrine  que  dans  de  brèves  allusions  :  Euxithée  dans  Athénée, 
IV,  p.  157  G;  Jamblique,  V.  P.,  153;  Diogène,  YIII,  14. 

Ce  sont  les  veines,  les  bronches  {dpTripiot.i)  et  les  tendons  qui 
sont  considérés  comme  les  liens  de  l'âme.  En  effet,  d'une  part, 
l'air  entre  dans  la  composition  de  l'âme  (cf.  supra,  p.  213); 
d'autre  part,  le  sang  constitue  sa  nourriture.  Il  est  remarquable 
que  nos  auteurs  ne  citent  pas  la  moelle  et  le  cerveau  parmi  les 
liens  de  l'âme,  comme  le  font  Démocrite  {  Vors.,  p.  55,  18) 
et  le  Timée  de  Platon  (p.  73)  :  et  cela,  malgré  le  rôle  impor- 
tant qu'ils  attribuent  à  la  substance  nerveuse  dans  la  reproduc- 
tion et  les  sensations. 

Que  signifie  la  phrase  :  ôxav  ok  xal  xa9'  aurriv  y£VO{JL£vyj 

TjpejjLTi?  Le  sens  de  ces  expressions  peut  être  éclairé  par  un  pas- 
sage du  P/iédon  de  Platon,  où  l'on  a  découvert  une  allusion  aux 
doctrines  d'Alcméon,  p.  96b  (Fors., F,  p.  133,  34)  :  ô  8'éyxeçpaXoç 

ea-T'.v  6  Ta;  aïo-Brio-et.;  Tiapf^wv  toÛ  âxoÙ£t.v  xal  opàv  xal  do-opaîvea-BaL,  ex 
TOUTwv  8e  Y^yvoiTO  piVT[[JLTi  xal  ôo^a,  £x  ô£  [jLVT[[JiTjÇ  xocl  ù6^y\^  XaPouiTYi; 
To  rjp£|jL£rv,  xaxà  xauTa  yiyvea-Gat,  ett !.(TTTi{i.-/iv  (^).  Un  passage 
d'Hippocrate,  De  rnorbo  sacro,  14,  explique  encore  le  sens  de 
TjpefXELV  :  ox6(TOv  o'av  àTpEjjLTiO-r,  6  £yx£cpa).o<;  ypôvov,  totoÛtov  xal  cppoveL 
avGpwTcoç.  —  LTyÙE'.v  et  rip£[jL£Lv  représentent  l'état  de  l'âme  qui 
laisse  reposer  les  sensations  et  en  tire  la  réflexion.  xa9'  au-riv 
y£vo|jL£V7i  ne  désigne  pas  l'âme  séparée  du  corps  par  la  mort  (car 
alors  il  n'y  a  plus  de  oeo-pià),  mais  caractérise  son  état  pendant 
les  profondes  méditations,  les  extases  ou  les  songes.  C'est  alors, 
en  effet,  que  l'âme  jouit  d'une  vigueur  particulière,  d'après  les 
Pythagoriciens  cités  par  Photius,  Cod.  ^49,  p.  439  A  :  el  yàp 
xarà  noiôv  tî.      ^'jyyi  toi>  crwiJiaToç  ev  tw  ÇyÏv  to  Çwov  ywp!.^op-£VTf| 


(*)  Voir  encore  dans  le  Timée,  pp.  43  à  45,  la  description  des  effets  des  mouve- 
ments déréglés  et  du  retour  au  calme  des  cercles  de  l'âme  (particulièrement 
p.  44  b,  c). 


PsXtÛov  ytveTa!.  èauTri^  è'v  te  ro'Iç  'jt:vo'.<;  xaxà  toj;  dve'ipo-j;  xal  £v  Ta'?; 
£X(TTâ(Tea-t,  Twv  vôo-wv  jjiavTUTi  yilvexat  xt)^. 
18.  Eschatologie. 

La  plii'ase  expicpOelo-âv  xe  aÙTTjV  éicl  yrjç  TrXàî^eo-Oa'.  èv  to)  asp'.  ou.oioLy 
Tiù  atôijLaTL  esl  destinée  à  jiistifiei'  la  ei'oyanee  aux  raiitôines,  très 
vivace  dans  le  Pvtliagorisine.  Il  semble  ([iie  l'auteur  n'envisage 
ici  ([ue  le  sort  des  âmes  ([ui  ont  été  violemment  arrachées 
(kxpicpOe-Taav)  au  cor|)s  par  le  suicide,  l'assassinat  ou  un  accident 
mortel,  les  P'.awOâvaTot.  des  textes  magiques.  A^ii'gile,  Aen.,  VI, 
435,  emploie  une  expn^ssion  analogue  en  parlant  des  suicidés  : 
luceniqiie  perosi  \  proiecere  animas.  D'après  le  pythagoricien 
de  Lucien,  Pliilops.,  29,  seules  les  âmes  de  ceux  qui  ont  péri 
de  mort  violente  errent  sur  la  terre. 

Les  surnoms  d'Hermès,  yOov.oç,  T.o]XT,z\jq  (ailleurs  TuojjLTcawç  ou 
TTojjLuô;),  sont  assez  connus,  et  leur  rapport  avec  les  fonctions 
qu'on  attribue  ici  au  dieu  est  bien  clair.  lluXaio;,  l'Hermès  gar- 
dien des  portes  est  pris  ici  dans  un  sens  figuré.  Le  sens  mys- 
tique de  TTÛXat.  est  expliqué  ainsi  par  Porphyre,  De  antro 
nymp/l.,  31  :  toO  Suplou  <ï>£p£XUoo'jç  ^.ûyou^  xal  pôGpo'jç  xal  avTpa 
xal  BûpoLq  xal  TrûXaç  XiyovTOç  xal  o',à  to'jtwv  aivLTTOjJiÉvo'j  Ta;  twv 

t[;u)(wv  yEvÉo-E'.ç  xal  à7:oy£V£a-£t.<;.  L' Hermès  izukaïoç  est  donc  celui 
qui  préside  à  l'entrée  des  âmes  dans  le  corps  et  à  leur  sortie. 

Alexandre  expose  ensuite  quel  est  le  sort  des  âmes  après  la 
mort.  Mais  le  rapport  de  ces  nouvelles  théories  avec  celles  qu'on 
attribue  d'ordinaire  aux  Pythagoriciens,  la  métempsycose  et 
la  croyance  à  l'Hades,  n'est  pas  bien  clair.  Les  âmes  pures  vont 
èizi  Tov  utj^tcTTov;  les  âmes  impures  sont  retenues  dans  des  liens 
éternels  par  les  Erinyes.  L'endroit  réservé  à  ces  châtiments 
n'est  pas  indiqué.  Est-ce  l'Hadès  sous  son  ancienne  forme 
chthonienne?  Est-ce, au  contraire,  l'atmosphère  terrestre  qui  sert 
de  séjour  aux  âmes,  comme  on  le  voit  dans  certains  fragments 
orphiques  (par  exemple  fr.  155),  dans  Virgile,  Aen.,  VI,  740; 
Plutarque,  De  fac.  in  orbe  lunae,  28;  Cicéron,  Somn.  Scip.,  etc.. 


Tome  XVIL  —  Lettres,  etc. 


15 


—  ±26  — 


qui  utilisent  des  sources  beaucoup  plus  anciennes  (^)?  Notre 
texte  ne  permet  pas  de  répondre  à  cette  question  avec  préci- 
sion; mais  une  autre  ooca  que  nous  analyserons  plus  loin  : 
ehcii  T£  -âvTa  tov  àepa  ^uywv  £[jitc).£wv,  plaide  en  faveur  de  la 
seconde  solution. 

Un  autre  problème  consiste  à  fixer  le  sens  de  ini  t6v  û^j^ia-rov. 
Zeller  (P/iil,  der  Griechen,  III,  ±,  p.  91,  1)  sous-entend  ici 
^eov  et  voit  dans  ces  mots  la  trace  d'une  influence  des  doctrines 
hébraïques.  Rohde  {Psyché,  II,  p.  165,  2)  estime  que,  dans 
ce  cas,  T.pôç  conviendrait  mieux  que  èrd  et  qu'on  n'est  pas  en 
droit,  d'ailleurs,  d'attribuer  aux  auteurs  d'Alexandre  des  doc- 
trines judaïques.  Il  conjecture  éut.  tov  û^j^iaTov  <xl»xXov>  ou 

'0  jtj^LTTo;  ne  doit  pas  être  interprété  dans  le  sens  judaïque, 
mais  bien  dans  le  sens  astrologique.  '0  {j^i^jzoç,  (Beoç  ou  xùylo<;, 
c'est  une  seule  et  même  chose)  désigne,  d'après  certains  textes, 
la  plus  haute  des  sphères  célestes  divinisée,  celle  des  étoiles 
fixes  :  Cicéron,  Somn,  Scip.,  4  :  quorum  unus  (globus)  est 
caelestis  extumus  qui  reliquos  complectitur ,  summus  ipse  deus, 
arcens  et  continens  ceteros;  Apulée,  De  munclo,  27  (cf.  De  Plat., 
I,  12),  l'appelle  summus  exsupermntissimusque  divum  (^). 

Nous  retrouvons,  dans  d'autres  textes  pythagoriciens,  la 
croyance  à  un  retour  de  l'âme  vers  les  liauteurs  du  ciel  :  les 
Vers  d'or,  où  ont  été  recueillis  tardivement  un  bon  nombre  de 
fragments  de  l'ancien  'hpôç  Aoyoç  (^),  promettent  à  l'âme  purifiée 
du  disciple  l'arrivée  à  l'éther  libre  (v.  70).  D'après  les  Pythagori- 
ciens d'Aëtius,  IV,  7,  1,  les  âmes  retournent,  après  la  mort,  vers 


(1)  NoRDEN,  Aeneis,  Buch  VI,  1903,  p.  19  et  pp.  34  et  suiv. 

(2)  M.  CuMONT  {Jupiter  summus  exsuper anlissimus,  dans  VArchiv  fur  Religions- 
wiss.,  VI  [1909],  pp.  323  et  suiv.)  a  montré  comment  cette  croyance  d'origine 
«  chaldéenne  »,  c'est-à-dire  astrologique,  s'est  répandue  dans  le  monde  grec  et 
romain.  Dans  une  première  étude  [Hypsistos,  Supplément  à  la  Revue  de  L'instr. 
publ.  en  Belgique,  1897,  p.  11),  M.  Cumont  estimait  que  le  mot  ut];taxo(;  de  notre 
passage  était  l'indice  d'un  syncrétisme  judéo-hellénique. 

(5)  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  p.  77. 


l'àmo  du  iuoikIc  don!  elles  ont.  élé  détaehéiis  et  qui,  pour  nos 
auteurs,  est  constituée  par  l'éther  chaud.  Pour  Kpicliaruie  aussi, 
chez  qui  les  Anciens  avaient  découvert  tant  d'inihiences  pytha- 
goriciennes :  sùdspYiç  vô([)  TZECûoxtoc,  oô  TiâOo!.*;  x'  oùosv  xaxôv  I  xaTOav(.')v . 
avd)  To  ~v6'j(JLa  8',a|ji£V£^  xaT'  oùpavôv  (fr.  ^2,  Vors.,  |•^  p.  1^4,  4; 
cf.  fr.  9,  p.  122,  18).  La  théorie  (jue  (llaudicMi  rap[)()rte  à 
Philolaos  {De  statu  an.,  II,  7  =  Vors.,  P,  p.  820,  12)  n'est  pas 
très  différente:  diligitur  corpus  ab  anima  quia  sine  eo  non  potcst 
uti  sensihus  :  a  quo  postqucun  morte  dedncta  est  ar/it  in  mundo 
(=  le  xÔTuoc;  situé  au-dessus  de  Totjpavôç)  incorporalem  vitam. 

La  doctrine  rapportée  ici  peut  être  ancienne  (^)  ;  seul  l'emploi 
du  mot  u4^tc7To;  pour  désigner  la  sphère  la  plus  élevée  divinisée 
peut  paraître  un  indice  d'un  remaniement  récent  (^),  si  l'on  ne 
veut  pas  admettre  que  le  doxographe  a  déformé  quelque  peu 
la  pensée  de  ses  auteurs. 

La  suite  de  l'exposé  d'Alexandre  présente  encore  quelques 
difficultés.  D'après  les  Pythagoriciens,  l'air  est  plein  d'àmes  :  ce 
sont  elles  que  nous  appelons  démons  et  héros.  Il  ne  peut  être 
question  ici  des  âmes  qui  sont  sorties  du  corps  en  état  de  pureté 
parfaite  :  celles-ci  résident,  en  effet,  au  plus  haut  des  cieux. 
D'après  une  notice  d'Aëtius  (1,  8,  2  =  Doxogr.,  p.  307),  les 
termes  r.pwsç  et  oaiiioveç  désignent  également  les  âmes  boimes  et 
mauvaises  dans  le  langage  pythagoricien,  comme  dans  la  religion 
grecque  ordinaire.  Suivant  une  autre  doctrine  pythagoricienne, 
au  contraire,  les  oaip-ovcç  et  vipwe;  sont  des  âmes  divinisées 
(Aristoxène  dans  Jamblique,  V.  P.,  99;  Timée,  ibid.,  37). 

-Ici,  ces  termes  s'appliquent  apparemment  aux  âmes  impures 
et  à  celles  qui  ont  été  purifiées  par  des  châtiments  et  qui 
séjournent  dans  les  airs.  De  là,  on  peut  tirer  une  présomption 
en  faveur  de  l'hypothèse  que  nous  avons  formulée  plus  haut, 
selon  laquelle  l'Hadès  serait  situé  dans  l'atmosphère  terrestre. 

(1)  Gruppe,  Griech.  Myth.,  p.  1095,  n.  1  (cf.  p.  1498),  a  montré  que  la  croyance 
selon  laquelle  les  âmes  des  morts  vont  dans  le  ciel  est  fort  ancienne. 

(2)  On  songera  à  rapprocher  cette  croyance  d'origine  astrologique  de  la  doctrine 
selon  laquelle  les  astres  sont  des  dieux  (supra,  p.  207). 


—  ^228  — 


Une  autre  preuve  que  ces  ouatai  (j>uyt.xa{,  comme  les  appelle 
Aëtius,  comprennent  de  bons  et  de  mauvais  esprits,  c'est  que 
certains  d'entre  eux  envoient  aux  hommes  des  maladies  et 
qu'on  doit  se  purifier  de  leur  contact  par  l'observation  de  rites 
religieux  (xaGapjjLo;;  et  à7roTpGT:t.ac3-jjLO'!)  ;  tandis  que  d'autres  mani- 
festent leur  bienfaisante  influence  par  l'envoi  de  présages  et  en 
se  prêtant  aux  pratiques  divinatoires  des  hommes. 
19.  Notes  diverses. 

âyaGov  r\  ettI  to  xaxov.  On  reconnaît  dans  ces  mots  une  conception 
de  la  Rhétorique  qui  rappelle  celle  des  Sophistes  :  un  art  de 
persuasion  indiffèrent  à  la  morale,  capable  de  pousser  au  mal 
comme  au  bien. 

b)  euSaipiove^v  Te  àvGpwTOUç  oTav  àyaGri  ^o'/r\  Tcpoo-yévriTat..  Il  y  a, 
dans  cette  doctrine,  un  jeu  de  mots  étymologique  [euhaiiioveiy  et 
eu  —  8ar!{jLwv)  qui  se  rehausse,  aux  yeux  des  Pythagoriciens,  d'un 
sens  philosophique  profond  (Baijxwv  =  ^^^x^)  -  on  ne  peut  être 
heureux  sans  posséder  une  âme  vertueuse  ou  un  «  bon  démon  ». 
Cette  idée  reparaît  dans  divers  fragments  pythagoriciens,  comme 
dans  ces  vers  de  l'iepoç  Aoyo;  conservés  par  les  Vers  d'or  (61)  : 

Zeû  TraTep,  t,  izoXkCdy  xe  xaxwv  Xua-eiaç  cxiravTaç 
ei  7Tàc7t.v  oei^ctic,  oiiô  tw  oyl^oyi  xpwvTat.  (^). 

On  trouve  des  conceptions  analogues  dans  Xénocrate  (Aristote, 

.,  II,  G)  :  euôaîfjLOva  eiyai  tov  tV  ^'^'/''''^  Ijo^zcl  (jTcou^aiav  TauTY^v 
yàp  èxà(7Tou  eha.i  tov  ôatfjiova,  et  dans  Démocrite  (fr.  171,  Vors., 

IP,  p.  95,  6)  :  £Ùoai.{JLOV'//i  oùx  £v  (3oa-x'rijjtaa-!.v  oly.el  ouoe  ev  ypucrtji* 
^^y^^i  OW'^TTiplOV  oat!{Jiovoç. 

c)  |Ji7,oé7roTe  os  -^pejjLerv  [Ji rjok  tov  «Ùtov  poov  xpaTeCv.  Le  sujet  de 
cette  phrase,  d'allure  héraclitique,  n'est  pas  défmi;  mais  il  est 
vraisemblable  qu'il  est  question  ici  de  l'homme,  comme  dans 
la  phrase  précédente. 


(*)  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  pp.  67  et  suiv. 


On  peut  V  voir  une  allusion  à  la  doctrine  do,  la  inoleinpsvcose. 
Le  sort  de  l'ànie  varie  d'une  incaination  à  l'autre,  eounne  le  dit 
le  Pythagore  de  Lucien,         mut.,  5  :  xal  o-ewjtôv  ëva  rjoxéo^-zcx 
xal  à'XXov  ôpeôijLcvov  iXXov  sôvra  s'icxca!.. . .  vOv  p.£v  o'jtoç,  TocXa'.  ok 
aXXtfj  (TW[ji.aTL  xal  £v  y.Xkiù  o'votjLaTt.  ècpavxâ^co. 

Mais  il  est  [)ossible  que  l'auteur  fasse  allusion  aux  cliange- 
nients  que  subissent  le  corps  et  l'àme  pendant  le  cours  de  la  vie. 
A  ce  sujet,  on  peut  rappeler  les  paroles  qu'Ovide  place  dans  la 
bouche  de  Pytliagore,  Met.,  XV,  214  :  nostra  quoque  ipsorum 
semper  requieqm  sine  ulla  \  corpora  vertuntiir  ;  nec  quocl  fuimus 
sumusve  cras  erinius.  Épicharine  a  conservé  un  écho  d'une  telle 
doctrine  (fr.  2,  Vors.,  V,  p.  L18)  :  wSe  vùv  6pr^  \  xai  tôç  àvGpojTiwç* 

0  {JL£V  yàp  a'j^£8',  ô  0£  ya  p.àv  cpOîvEt.,  |  év  [jL£TaXXayà  û£  TràvTeç  evtl 
TtàvTa  TOV  ^povov  XTA. 

(/J  opxlov  T£  ELvat.  tÔ  ouawv  xal  O'.à  toÙto  Aia  opxLov  XÉyEo-Ga',. 

Il  faut  entendre  :  ce  qui  est  juste  a  la  valeur  du  serment; 
en  d'autres  termes,  il  n'est  pas  nécessaire  de  prêter  serment 
pour  être  tenu  à  l'observation  d'une  promesse.  Une  idée  peu 
différente  est  exposée  dans  Jamblique,  V.  P.,  47,  et  Diogène, 
Vin,  22  (^)  :  elle  tend  à  bannir  le  serment  des  conventions 
et  surtout  des  conversations  des  hommes. 

e)  TÔv  5£Ôv  <  ap[jLov'-!av  elvoLi  >  .  Même  doctrine  dans  Lucien, 
Vit.  auct.,  4.  Nous  ne  trouvons  dans  la  littérature  pythago- 
ricienne aucun  texte  qui  explique  cette  doctrine. 

f)  xoL.B'  bLpu.oyioLv  oruveo-Tava!.  Ta  ola.  Pour  les  Pythagoriciens 

d'AristOte  {^Met.,  A,  5)  tov  oXov  oùpavôv  àp[j.ov'iav  E^va!,  xai  âp'.Gjxov, 

comme  pour  Philolaos  d'ailleurs  (fr.  2  et  6).  Nombre  de  notices 
doxographiques  rapportent  la  même  doctrine. 

g)  T'.txà;  GcotTs  oELv  vojjLÎ^cLv  xa'l  '/lpwa-5.  zoLç  1(77.^.  —  Jambliquc, 
V.  p.,  37  (Timée)  et  99  (Aristoxène),  ainsi  que  Diogène, 
ci-dessus,  23,  distinguent  aussi  les  honneurs  qu'on  doit  réserver 
aux  dieux  de  ceux  qu'on  rend  aux  héros. 


(*)  Cf.  Diogène,  I,  60  :  xaXo/,àYa6i'av  ôpxou  iziazo-ipav  ïyz 


—  230  — 


En  consacrant  raprès-n)idi  au  culte  des  héros,  les  Pythago- 
riciens sont  d'accord  avec  les  Orphiques  (Abel,  Orp/i.,  p.  154, 
fr.  24;  cf.  ÏEtym.  magnum,  s.  v.  Upov  riiiao,  et  le  scholiaste  de 
Y  Iliade,  6,  66) 

Il)  Sur  le  port  de  vêtements  blancs  dans  les  cérémonies  du 
culte,  cf.  Jamblique,  F.  P.,  i53.  Selon  Aristoxène  (Jamblique, 
V.  P.,  100),  Diodore  de  Sicile,  X,  9,  6,  et  Diogène,  ci-dessus, 
19,  les  Pythagoriciens  ne  portaient  que  des  vêtements  blancs. 

ij  La  définition  de  la  pureté  rituelle  est  destinée  à  expliquer 
le  terme  àyveûovTaç,  qualité  requise  pour  l'accomplissement  des 
cérémonies.  Les  moyens  préconisés  dans  ce  but  diffèrent  peu 
des  règles  ordinaires  de  la  religion  grecque.  Ainsi  le  deuil  et  les 
accouchements  sont  des  causes  de  souillure;  même  croyance 
dans  Jamblique,  V.  P.,  153  et  256  (Timée)  (^).  En  ce  qui 
concerne  l'usage  des  bains,  les  notices  varient  :  d'après  nos 
auteurs  et  Aristoxène  (Jamblique,  F.  P.,  98),  les  Pythago- 
riciens se  baignaient  volontiers.  D'après  Aristote  (Jamblique, 
F.  P.,  83,  Élien,  F.  H.,  IV,  il),  il  leur  était  interdit  ouBk 
7r6pt.ppavTTipt.ov  ép.pà7rT£!.v  oùoï  £v  [3aXav£((o  Xouea-Ba!.;  mais  il  est 
question  ici  des  bains  publics,  qui  les  auraient  exposés  au  con- 
tact des  hommes  impurs  (^). 

Les  auteurs  d'Alexandre  ne  paraissent  pas  avoir  observé 
l'abstinence  de  toute  espèce  de  viande,  mais  seulement  de  la 
chair  de  certains  poissons,  des  animaux  ovipares  et  des  animaux 
morts  ou  tués  sans  effusion  de  sang,  ainsi  que  des  viandes  déjà 
entamées,  accidentellement,  par  d'autres  animaux  (ppwxwv  xpswv). 
L'abstinence  des  5vricr£W(.a  xpéaxa  est  confirmée  par  des  notes 
d'Aristote  (Élien,  F.  H.,  IV,  17)  et  d'Hiéroclès,  Inaur.  Carm,, 
67;  les  mystes  d'Éleusis  y  étaient  aussi  astreints,  d'après  Por- 
phyre, De  abst.,  ÏV,  16. 


(*)  L'heure  de  midi  est  celle  où  les  fantômes  se  manifestent,  dans  les  légendes 
grecques  :  Kohde,  Psyché,  1,  p.  149,  2. 

(')  Cf.  aussi  Théophrâste,  De  superst.,  9,  et,  pour  le  culte  d'Éleusis,  Porphyre, 
De  abst.,  IV,  16. 

(')  Cf.  Orphée,  Lith.,  366  ss.,  et  Hippocrate,  De  morbo  sacro,  2. 


(]e  passufce  (lo  Dioj^ène  esl,  U\  seul  léiiioi^iia^'c  (|ui  nous 
autorise  à  attril)uer  aux  Pytliagoiiciens  l'abstinence  des  (ïîufs. 
On  peut  en  rapprocher,  il  est  vrai,  un  texte  de  Plutarque,  Qu. 
conv..  Il,  3,  ^,  mais  il  n'est  pas  très  décisif  :  eç  évuTiviou  t'.vôç 
aireî.'^ôjjLTiV  (ôwv  tioXÙv  TjÔtj  ^pôvov...  ÛTrôvotav  {i.£VTO'.  7:ap£Tyciv  £V£- 
^Eo-Oa!.  Sôyp.aa-',v  dpcpuoCç  ti  TruGayopt-xoii;  xal  rô  (ôôv,  wo-iTEp  ëvLOL 
xapSîav  xal  éyxÉcpaXov,  àpyV  Tiyo'JfjiEvo;  yEvéo-ew;  icpoo-iouo-Oau  On  peut 
expliquer  cette  abstinence  soit,  comme  Plutarque,  par  des 
théories  biologiques,  soit,  avec  plus  de  vraisemblance,  par 
l'usage  qu'on  faisait  des  œufs  dans  les  cultes  funéraires  (^). 

La  remarque  finale  d'Alexandre  :  xal  twv  aXXwv  wv  ruapaxe- 
XeuovTai  xal  ol  xàç  XEXETaç  sv  to^ç  Upo^ç  £Tct.T£XoûvT£(;,  trouve  un 
parallèle  dans  Jamblique,  V.  P.,  138  :  'é<7Ti  ok  xal  twv  dizo- 
TayfjiâTwv  Ta  TioXXà  £x  tsXetwv  eta-evrivsyiJLEva.  Une  notice  de  Por- 
phyre, De  abst.,  lY,  16,  sur  les  abstinences  des  cultes  d'Eleusis, 
présente  un  bon  nombre  de  points  de  concordance  avec  les  pré- 
ceptes pythagoriciens  :  uapayyiXXsTa',  yàp  xal  'EXe-jo-^vl  oLTzéje^^oL', 
xal  xaTO!.xLolwv  dpvlÔwv  xal  (.'yBuwv  xal  xuau-wv  pot.àç  te  xal  |i.-riAwv  xal 
eu'  Lo-TiÇ  jjLEjjiiavTa!.  t6  te  Xéjo'jq  (1.  ÂEyoùç?)  a^aa-Oa!.  xal  to  5vria-£t.0L(t)v. 
D'après  un  autre  passage  (i7n(/.,  IV,  2^),  une  loi  sacrée  d'Eleusis 
défendait  de  nuire  aux  animaux.  Yoici  quelques  autres  exemples 
de  concordances  entre  les  prescriptions  pythagoriciennes  et 
celles  des  cultes  : 

1.  9'jEt.v  ypTi  àv'jTrdoYiTov  (Aristote  dans  Jamblique,  V.  P.,  85)  : 
se  retrouve  dans  les  lois  sacrées  d'Andanie  (Michel,  n''  694),  de 
Lycosura  (Dittenberger,  IP,  p.  803) ,  de  Jalysos  (Michel,  n°  434)  ; 

2.  port  de  vêtements  blancs  :  Andanie  [ibid.),  Lycosura 
[ibid.)  ; 

3.  abstinence  de  fèves  et  de  poissons  :  règles  orphique  et 
éleusinienne; 

4.  défense  de  porter  des  anneaux  (Jamblique,  Protr.,  21, 
Clément,  Str.,  V,  5,  28)  :  Lycosura  [ibid,)  ; 


(*)  M.  NiLSSON,  DasEi  im  Totenkult  der  Alten,  dans  VArchiv  fiir  Relig.,  XI  (1908), 
p.  530;  RoHDE,  Psyché,  II,  p.  126, 1  et  p.  407. 


—  23-2  - 


5.  éuL^uywv  d-ijzts^oLi  :  attribué  aussi  aux  Orphiques; 

6.  emploi  de  linges  blancs  pour  l'ensevelissement  des  morts 
(Jamblique,  V.  P.,  155)  :  loi  de  Julis  (Michel,  n«  398). 

La  polémique  d'Hippocrate  contre  les  (jLàyot.,  xaôapTa(,  àyupTai 
et  âAaÇove;,  dans  le  Traité  de  la  maladie  sacrée,  i,  est  très  in- 
structive au  point  de  vue  des  concordances  qui  nous  intéressent. 
Parmi  les  moyens  qu'emploient  ces  charlatans  pour  soigner 
l'épilepsie,  je  relève  ceux-ci,  qui  rappellent  des  pratiques  pytha- 
goriciennes :  xaGapfjLoùç  Tïpoa-cpspovTe;  xai  zizoloiZolc,  ,  XouTpwv  Te 
dTTÉyeo-Qat.  xeXs'JOVTe;  xal  éoeo-piàTwv  ttoXXwv  (l'auteur  cite  la  trigle, 
l'oblade,  le  coq,  etc.),  ...  {\kâr:iov  ok  piXav  |jl'>i  lyziv  (5avaTwo£ç 
yàp  TÔ  fjiéXav) . .  .  [i-'A^oe  Tiôoa  ïizl  ttoSI  eyetv  pi-^oe  ye^pa  £7ïl  ^£t.pl  (xauxa 
yàp  TiàvTa  xwXùjjiaTa  eîvat.) . 

* 

Dans  son  Histoire  de  la  Philosophie  grecque  (^),  Ed.  Zeller 
se  refuse  à  reconnaître  dans  ces  extraits  des  théories  de 
l'ancienne  école  pythagoricienne.  Il  attribue  les  67ïop.vTi|j.aTa 
cités  par  Alexandre  au  ou  au  siècle  avant  J.-C,  c'est-à-dire 
à  une  période  du  développement  de  la  philosophie  pythagori- 
cienne qu'on  est  convenu  d'appeler  néopythagorisme.  Diverses 
raisons,  importantes,  on  le  devine,  ont  amené  le  père  de 
l'histoire  philosophique  à  prononcer  une  condamnation  aussi 
grave.  D'abord,  on  ne  retrouve  pas  dans  cet  exposé  plusieurs 
des  doctrines  qu'Aristote  et  les  principaux  doxographes  nous 
ont  habitués  à  considérer  comme  des  caractéristiques  de  l'ancien 
pythagorisme  :  les  théories  du  uspaç  et  de  V^It^z^^ov,  les  dix  oppo- 
sitions et  le  système  astronomique  bien  connu  (antiterre,  feu 
central,  etc.). 

On  doit  avouer  qu'une  bonne  partie  des  doctrines  exposées  ici 
sortent  du  cadre  des  études  ordinaires  des  anciens  Pythagoriciens  ; 
elles  se  rapportent  surtout  à  l'anthropologie  et  à  la  psyciiologie. 
En  outre,  on  y  chercherait  en  vain  les  théories  caractéristiques 


0)  Die  Philosophie  der  Griechen,  I,  1^,  pp.  360  et  suiv.,  et  surtout  III,  2^,  pp.  103 
et  suiv.  o 


—  -233  - 


du  l^vthaj^orismc  d'ArisloU'.  Mais  il  laul  remarquer  ([iic  celui-ci 
n'a  pas  épuisé  son  sujel  el  (pTil  ne  cile  ^nière  cpic  les  travaux 
nîatliéniati([ues  et  astrononiiipies  des  Pvlhaf^oriciens,  parce  que 
c'est  dans  ce  domaine  (ju'ils  se  sont  spécialisés  et  (pi'ils  ont 
inventé  des  méthodes  et  des  théories  ori^inahîs.  Lui-même 
prend  soin  de  nous  en  instruire  :  }lct..  A,  p.  \){){)  a  1(>  :  -cpl 

(XTS  o'jokv  TTEol  Twv  a',*a-Or,T(ov  OLua',  XsvovTe;  'lo'.ov  ('ioLOv  —  indépendant, 
original);  p.  987  a  ^,  il  ohserve  que  les  Pythagoriciens  se 
sont  ralliés  aux  opinions  de  lein's  prédécesseurs,  en  ce  qui 
concerne  la  o-wuaT'-xTi  àpy  /i,  définie  conune  Gowp,  uOp  xal  TO'.aÛTa 
o-wuaTa  (^).  Sur  toutes  ces  questions,  ils  n'ont  rien  changé  aux 
points  de  vue  et  aux  méthodes  des  autres  philosophes  présocra- 
tiques, en  sorte  que  leurs  théories  ne  présentaient,  aux  yeux 
d'Aristote.  aucun  intérêt  pour  son  histoire  de  la  philosophie. 
Aussi  a-t-il  passé  sous  silence  les  doctrines  qu'ils  avaient  pro- 
fessées dans  le  domaine  de  l'histoire  naturelle. 

Un  exemple  typique  peut  ap[)uyer  notre  argumentation  : 
la  découverte  du  papyrus  de  Ménon  nous  a  révélé  un  ensemble 
de  doctrines  médicales  de  Philolaos  (^)  ;  or,  ces  extraits  ne 
rappellent  en  rien  les  autres  théories  de  Philolaos,  pas  plus 
que  celles  des  autres  Pythagoriciens. 

Il  semble  donc  que  les  j-ouvTijj-a-a  TïjBayop'.xa  qui  ont  fourni 
la  matière  des  extraits  d'Alexandre  étaient  des  traités  de  phy- 
sique, de  physiologie  et  de  psychologie,  dans  le  genre  des  t.coI 
aûo-sw;  des  Présocratiques.  Ces  sciences  étaient  à  coup  sûr 
cultivées  dans  l'Ecole  pythagoricienne  :  les  fragments  nouveaux 
de  Philolaos  suffiraient  à  le  prouver.  En  outie,  parmi  les 
Présocratiques;  il  est  un  bon  nombre  de  philosophes  que 
les  doxographes  rattachent  au  Pytiiagorisme,  quoique  leurs 
théories  philosophiques  et  le  genre  des  recherches  auxquelles 


(*)  Cf.  0.  Gilbert,  Aristnteles  Urieile  iiber  die  pijthag.  Lekre  dans  l'Arc/i.  f^r 
Gesch.  der  Philos.,  XXII,  1909,  pp.  152  et  153. 
(2)  Anonymus  Lond.,  18,  8,  p.  31,  dans  Diels,  Vors.,     p.  308. 


—  234  — 


ils  se  sont  adonnés  s'écartent  beaucoup  de  la  tradition  pythago- 
ricienne à  laquelle  Aristote  a  donné  une  sorte  de  caractère 
officiel.  On  ne  saurait  trop  insister  sur  leurs  attaches  pytha- 
goriciennes et  sur  l'importance  de  la  place  qu'ils  devraient 
tenir  dans  un  exposé  de  la  philosophie  de  l'École.  Tels  sont 
Alcinéon,  Hippase,  Ménestor,  Xuthos,  Hippon,  Ecphante, 
Lycon,  etc.,  qui  se  sont  occupés  surtout  de  cosmologie,  de 
physiologie,  de  médecine,  et  dont  les  fragments  ne  présentent, 
peut-on  dire,  aucune  théorie  spécifiquement  pythagoricienne. 

Enfin,  notre  étude  a  montré  qu'en  cherchant  bien  dans  les 
maigres  fragments  qui  subsistent  des  travaux  pythagoriciens 
sur  ce  genre  de  questions,  on  peut  instituer  de  nombreux 
parallèles  avec  les  extraits  d'Alexandre.  Au  contraire,  en  compa- 
rant ceux-ci  à  divers  ouvrages  néopythagoriciens,  on  n'arrive 
pas  à  établir  de  concordance  probante.  Les  passages  parallèles 
montrent  bien,  çà  et  là,  quelque  rapport  avec  des  apocryphes 
ou  des  fragments  d'apocryphes  connus  :  Ocellus,  Archytas, 
Philolaos,  etc.,  mais  en  de  si  rares  occasions,  qu'on  ne  peut 
supposer  une  utilisation  de  ces  sources.  D'autre  part,  il  est 
tout  à  fait  remarquable  que  les  doctrines  platoniciennes  n'aient 
exercé  aucune  influence  sur  les  ouvrages  consultés  par  Alexandre 
(cf.,  par  exemple,  p.  222),  tandis  qu'elles  ont  marqué  de  leur 
empreinte  les  théories  néopythagoriciennes. 

La  seconde  objection  de  Zeller  est  qu'on  peut  relever,  dans 
nos  'j-o|jiv7iu.aTa,  des  influences  stoïciennes  :  cette  objection 
vise  le  fond  comme  la  langue  philosophique  des  extraits.  Zeller 
signale  tout  d'abord  plusieurs  emprunts  à  la  terminologie 
scientifique  du  stoïcisme  :  tels  seraient  le  mot  al-zio^,  pour 
désigner  la  cause  agissante,  et  les  termes  |jL£Ta(3â)0.ef.v  xal  xpÉTreo-- 
6at,  0'.'  ôXwv,  appliqués  aux  trnnsmutations  des  éléments  (^).  On 
peut  répondre  (jue  ces  observations,  si  elles  étaient  justes, 
prouveraient  seulement  que  le  doxographe  emploie  une  termi- 
nologie philosophique  influencée  par  le  stoïcisme.  Aristote 


0)  m,  2*,  p.  104,  notes  1  et  2. 


liii-iiK'inc  se  sci  l  de  son  j)i'()pi*t'  vocMbiilMirc  L(i('liiii(|ii(^  m  cxposiuil 
les  lluM)i'ios  (le  SCS  |H'(Mlrc(Vss(Mii's.  (Soumit'  Ir  dil  M.  Kohiii  ('), 
((  s'il  y  a  là  une  raison  sullisanir  pour  appoi  lcr  an  Icnioif^naj^c, 
dans  sa  foiMnc,  la  concclion  (pTil  coin poi  lc,  il  n  y  en  a  pcnl  cire 
pas  poni'  1  invalider  coniplèlenicnl  ».  Une  bonne  pailie  des 
doelrin(\s  des  plnl()so|)lies  présocralicpies  esl  Irailée  de  celLe 
façon  par  lesdoxographes.Tliéophrasle,  par  exenîj)le  (Alexandre, 
In  Met.,  A,  3,  l)8i/>  8  — V'or.s'.,  1*,  p.  I  iO,  7),  expose  ainsi  nne 
doctrine  de  Parniénide  :  oûo  tloiwv  Ta;  ào/â;,  u-jp  xal  y/jv,  -h  {jlev 
(bç  ûXyiv,  tô  8s  w;  a'I'T'.ov  xal  tiowjv  (^).  Qn;inl  à  l'exjjri^ssion  |jL£-:a- 
pâXXsLv,  on  me  permettra  de  mettre  en  doute  l'exactitude  de  la 
remarque  de  Zeller  :  je  m'en  réfère,  là-dessus,  à  l'étude  de 
W.  Heidel,  Qualitative  cliarige  in  presocratic  P/iilosop/iy  (^). 

Pour  le  fond,  Zeller  établit  quelques  rappi'ochements  entre 
les  doctrines  des  Pythagoriciens  d'Alexandre  Polyhistor  et  cer- 
taines théories  stoïciennes.  Mais  aucun  de  ces  parallèles  n'est 
décisif.  On  ne  trouve,  dans  notre  exposé,  aucune  des  doctrines 
fondamentales  du  stoïcisme,  non  plus  qu'aucun  des  mots  de  la 
terminologie  spéciale  créée  par  les  Stoïciens.  Là  où  quelque 
analogie  est  évidente,  on  peut  l'attribuer  au  foit  que  le  Pytha- 
gorisme  et  le  Stoïcisme  ont  puisé  à  des  sources  communes 
(conceptions  populaires,  superstitions  religieuses,  physique 
ionienne,  etc.),  ou  l'expliquer  par  des  emprunts  des  Stoïciens 
au  Pythagorisme.  De  telles  influences  ont  souvent  été  signalées  : 
on  sait  que  Zénon  avait  écrit  un  livre  intitulé  HjBayop'.xà 
(Diogèiie,  VII,  4). 

.  On  peut  d'ailleurs  reprochpr  à  Zeller  d'avoir  employé  quel- 
quefois des  critères  arbitraires  en  essayant  de  distinguer  les  doc- 
trines de  l'ancien  Pythagorisme  des  développemeiUs  qu'elles 
reçurent  dans  la  suite.  Je  n'en  veux  qu'un  exemple  :  un  frag- 


(»)  Sur  une  hypothèse  récente  relative  à  Socrate,  dans  la  Revue  des  Études 
grecques,  1916,  p.  162. 

(2)  Voyez  dans  Wellmânn,  toc.  cit.,  p.  227,  n.  4,  la  justification  des  expressions 
atxiov  —  uXtj,  Ttotouv  —  Tiàa^ov. 

(5)  Archiv  fiir  Gesch.  der  Philos.,  XIX  (1906),  pp.  333-379. 


—  -m  — 


ment  d'un  ouvrage  [)ei'du  d'Aristole  assure  que  riuGayôpav  aXAo 

(Damascius,  De  princ,  II,  I7:2=Fors.,  F,  p.  326,  7).  Zeller  en 
conteste  simplement  l'authenticité  ou  refuse  de  reconnaître 
l'antiquité  de  la  doctrine  (^),  parce  que  ce  texte  est  en  contra- 
diction avec  sa  conception  des  doctrines  de  l'ancien  Pytha- 
gorisme. 

Nous  n'avons  aucune  indication  précise  qui  nous  permette 
de  deviner  quels  sont  les  6-o[^.vTi[jLara  TïjBayop'.xà  dont  Alexandre 
a  tiré  ces  extraits.  Tantôt  le  verbe  des  citations  est  au  sin^u- 
lier  :  (30)  xaXer,  (82)  cpY,cr'iv  ;  on  pourrait  supposer  qu'Alexandre 
vise  Pythagore,  mais  on  peut  croire  aussi  que  cette  forme 
désigne  l'auteur  particulier  qui  est  résumé  en  cet  endroit. 
Tantôt  la  citation  est  au  pluriel  :  (27)  xa).oùo-!.v,  et  paraît  se 
rapporter  aux  œuvres  de  divers  Pythagoriciens.  En  quelques 
endroits  la  langue  paraît  se  ressentir  d'influences  poétiques  : 
(27)  e'.s  Ta  pivÔYi  ousaGat.,  (31)  Tc>vâÇ£crBa';,  (32)  ^oov  non  contracté, 
sans  qu'on  puisse  en  tirer  une  conclusion  précise. 

Diels  (^)  croit  qu'il  est  possible  de  considérer  ces  67ro[jLv-ri[jLaTa 
comme  les  trois  livres  :  7ra!,o£L»T(.xôv,  7zo\m/.6v,  cpuo-Lxôv,  dont  il  est 
question  au  paragraphe  G  et  dont  Diogène  cite  des  extraits  aux 
paragraphes  1)  et  10.  Mais  on  peut  objecter,  à  cette  hypothèse, 
le  pluriel  de  la  citation  que  nous  venons  de  signaler  (^). 


(1)  I,  l•^  p.  366. 

(2)  Archiv  filr  Gesch.  der  Philos.,  III,  p.  471. 

(•>)  Wei.lman.x  {loc.  cit.,  pp.  24"2  et  suiv.)  ne  me  paraît  pas  avoir  remarqué  cette 
difficulté,  puisqu'il  rappoi  te  toutes  les  doctrines  à  l'ouvrage  d'un  seul  Pythagoricien. 
—  L'expression  Tr'jOayopixà  'jTrofjt.v7^ijLaxa,  employée  pour  désigner  ces  livres,  est 
remarquable.  Ce  terme  uTuopT^piaTa  s'applique  proprement  aux  Notes  ou  Souvenirs. 
On  le  retrouve  dans  Jamblique,  V.  P.,  446  ({>'jTO[ji.vY^{ji.aTa  laissés  par  Pythagore  à  -a 
famille)  et  199  (xà  Tr'jÔayo'pEta  u7io[jt.vrj[jLata)  et  dans  une  seconde  rédaction  de  la 
Lettre  de  Lysis  à  llipparque  {Etudes,  p.  104j.  —  On  pourrait  croire  que  nous  avons 
aiïaire  ici  à  ce  llecucil  de  notes  secrètes  prétendument  retrouvé,  mais  en  réalité 
compoj^é  par  un  faussaire,  et  tenu  par  Alexandre  pour  un  ouvrage  authentique. 
Mais  cette  hypothèse  rencontre  la  même  objection  que  celle  de  Uiels.  En  tout  cas, 
nos  u7ro;j.v*^[j.aTa  seraient  tout  ditï'érents  de  ra[)Ocryphe  pythagoricien  du  même 
nom  dont  un  faussaire  a  tiré  V'hp6<;  Ao'yoç  écrit  en  dialecte  dorien  :  cet  opuscule 
traitait,  en  effet,  de  l'anthmologie  (Études,  p.,  205). 


—  ^2:n  — 


L  inl('i'("M  i\uo  iurscnlri'îiiciil  ces  rxliJiils,  si  l'on  |)()nv;iil  les 
allrihiKM'  avec  scciiiilc  à  I  Miicicii  Pylliagoi'ismc,  (Iccoiilei'aiL 
surtout  (lu  sujol  (ju'ils  liailcnl.  La  doxo^^n'apliic  ri  les  rra^iiicnls 
pythagoriciens  nous  apincnnenl  en  jm'ii  de  chose  sur  h's 
(loclrinos  ('osinoi»()ni(|U('s,  |)hvsiologi(|ii('s  cl  j)sy('hoh>i^i(|U('S 
propres  à  1  b^coh'. 

Une  ten(hince  rationaliste  se  l'ail  jour  nianifeslein<Mil  chez  l(;s 
auteurs  consultés  par  Alexandre  :  s  ils  ont  consei  vé  les  anciennes 
doctrines  pythagoriciennes,  c'est  en  les  épurant  et  en  cherchant 
à  leur  donner  une  explication  scientifKjue.  On  aura  reniai'(pié, 
au  cours  de  l'étude  qui  précède,  mainte  concordance  avec  les 
physiciens  de  l'École  pythagoricienne  :  liippon,  Ecphante, 
Alcméon  etc.,  ainsi  qu'avec  des  écrivrains  dont  les  attaches 
pythagoriciennes  sont  bien  connues  :  Parménide  et  Empédocle 
surtout.  On  ne  peut  y  découvrir  une  influence  profonde  et 
prépondérante  de  l'un  ou  l'autre  système  piésocratique.  On 
reconnaît  des  traces  d'Iiéraclitisme  dans  les  théories  de  l'ori- 
gine ignée  de  la  vie,  du  flux  des  choses  humaines,  du  rôle  de 
la  respiration  dans  la  formation  de  l'àme.  L'Ecole  ionienne 
proprement  dite  ( Anaximandre,  Anaximène,  Anaxagore,  Dio- 
gène  d'ApoUonie)  pourrait  avoir  inspiré  à  nos  auteurs  leur  sys- 
tème cosmogonique.  Enfin,  les  concordances  ne  sont  pas  rares 
avec  quelques  œuvres  du  Corpus  hippocratique,  ce  qui  s'expli- 
querait aussi  bien  par  des  influences  de  l'École  médicale  pytha- 
goricienne sur  l'École  de  Cos,  dont  la  floraison  est  d'époque 
plus  récente. 

10.  34-35.  —  Extrait  d'Aristote,  provenant  probable- 
ment du  recueil  aristotélicien  izepi  n'jSayopetwv  (^).  Ces  notes. 


(1)  I.a  citation  de  Dio§:ène  âv  rip  Tispl  xwv  xuafjLwv  (=BP;  TzepX  xûv  xuot[jL(wv  F) 
paraît  provenir  d'une  méprise.  Comme  on  ne  connaît  pas  d'ouvrage  aristotélicien 
qui  porte  ce  titre,  Roeper  a  supposé  une  lacune  après  sv  xi^  :  le  nom  de  l'ouvrage 
cité  serait  perdu.  Il  supprime,  en  outre,  uspi  et  le  second  xwv  xuàfjLwv,  qui  provien- 
draient d'additions  postérieures  à  la  perte  du  titre  de  l'ouvrage.  On  peut  admettre 
simplement  que  Diogène,  ou  l'une  de  ses  sources,  a  confondu  une  rubrique,  indi- 
quant le  contenu  d'un  chapitre  ou  d'un  paragraphe,  avec  le  titre  d'un  ouvrage. 


—  238  — 


qu'on  peut  compléter  par  l'exposé  de  Jamblique,  V.  P.,  82-86, 
appartiennent  au  chapitre  qui  traitait  des  àx&ij(7|jLaTa  ou  préceptes 
superstitieux.  Elles  contiennent  six  formules  de  ce  genre,  dont 
cinq  prohibitives.  Aristote  présente  pour  chacune  d'elles  plu- 
sieurs interprétations  tirées  des  livres  de  propagande  pythago- 
riciens (cf.  Jamblique,  F.  P.,  87)  ou  des  observations  qu'il 
avait  pu  faire  dans  le  domaine  du  folklore  et  de  l'ethnologie. 

Pour  les  tabous  alimentaires,  xoâiJiwv  aueyecrGat.,  dÀexTpuovoc;  ii-r\ 
aTiTÊO-Qa'.  \Buy.où,  twv  r/Quwv  p-Ti  ocTiTec-Ba!.  ôa-ot.  Upoî,  je  me  permets 
de  renvoyer  à  mes  Ewdes  sur  la  Liuératnre  pythagoricienne  y 
pp.  289  et  suivantes, 

Tà  o£  TZEcrôvTa  [jlvi  avaipeiaBat.  :  il  s'agit  des  miettes  qui  tombent 
de  la  table.  Rohde  (Psyché,  I,  p.  2 15)  a  retrouvé  dans  cette 
pratique  une  survivance  d'une  vieille  superstition  indo-euro- 
péenne :  les  miettes  qui  tombent  à  terre  sont  la  part  des 
âmes  des  morts  (cf.  Athénée,  X,  p.  427  D).  La  note  explicative 
d'Aristote  :  ettI  TeXeuTr)  Tt.voc;  est  une  bien  vague  indication.  Faut-il 
traduire  :  après,  lors  de,  ou  à  cause  de  la  mort  de  qiielqiùni? 
Et  quel  est  ce  quelqu'un? 

La  note  xal  to  [i-kv  ).£tjxGv  zr^c,  TayaBoL»  cpLiçjswç,  to  8e  pieXav  toO  xaxoù- 
n'est  pas  à  la  place  qui  lui  convient,  car  elle  se  rapporte  au 
mot  leuyoù  de  l'avant-dernier  précepte. 

à'pTov  piYi  xaTayvu£!.v  :  il  ne  faut  pas  briser  ou  émietter  le  pain. 
Selon  Boehm  (De  Symbolis,  p.  43),  cette  défense  équivaudrait  à 
un  ordre  de  couper  le  pain  avec  un  couteau  :  le  contact  du  fer 
était  censé  éloigner  les  mauvais  esprits  qui  auraient  pu  se  fixer  au 
pain!  Mais  il  est  absurde  de  supposer  qu'on  eût  remplacé  un 
précepte  positif,  au  sens  précis,  par  une  formule  négative  et 
plutôt  équivoque.  Anaximandre  le  Jeune  présente  une  autre 

formule  :  a-o  o)vOxAT,potJ  àpTou  ||jiyi  eçrG'ie'.v  (ou  p.Yi  àîrooaxve)  :  il  ne 

faut  pas  rompre  le  pain  avec  les  dents. 

Je  ne  me  hasarderai  pas  à  conjecturer  la  raison  d'être  de  ce 
tabou.  Aristote  était  fort  embarrassé  :  6ti  inl  ha  ol  nylai  twv 
cptXwv  £<po{T03v...  [jLYi  ZicLi^zv^  oç  (TuvàyEî.  auToûç.  La  défcusc  scrait 
donc  dérivée  d'une  ancienne  coutume,  encore  observée  chez  les 


Barbares,  selon  Aristote  :  une  société  d  amis  se  réunissait 
autour  (l'un  pain  (sans  y  toucher  sans  doute);  c'eut  été  un 
fâcheux  présage  (comme  rexplicpie  h'  texte  plus  comphît  de 
Jamblique,  V  .  /*.,  86)  de  rompre  ce  symbole  de  l'amitié.  Mais 
pourquoi  établir  un  ra[)j»ort  entre  cette  coutume  antique  et 
l'usage  journalier?  On  pourrait  supposer,  il  est  vrai,  (jue  le 
précepte  n'était  observé  qu'en  certaines  circonstances,  dans  des 
repas  de  société,  par  exemple. 

ol  8é,  Tîpo;  tV  £v  aBou  xpria-',v.  Jamblique,  /.  c,  précise  : 
où  c7L»[jLcp£pe'.,  sans  donner,  d'ailleurs,  une  explication  sutïisante. 

ol  ô£,  eU  7r6X£p!.ov  oeàîav  izoïeiv  :  même  observation. 

ol  Bi,  ItteI  dnb  zoùzou  ap^£Tai.  to  oXov  :  «  parce  que  l'univers 
commence  par  un  pain  >).  La  notice  est  tellement  bizarre  que 
Hœlk  {De  Acusmatis,  p.  27)  veut  la  rapporter  aux  fèves,  invo- 
quant le  parallèle  d'une  doctrine  rapportée  par  Antonius  Diogène 
(dans  Lydus,  De  mens.,  IV,  42,  et  Porphyre,  V.  P.,  44),  qui 
n'a  d'ailleurs  aucun  rapport  avec  la  phrase  qui  nous  occupe  (^). 
En  réalité,  il  y  a,  dans  cette  simple  remarque,  une  allusion 
à  quelque  théorie  cosmogonique  qui  comparait  la  formation  du 
monde  à  la  fabrication  du  pain.  On  connaît  une  doctrine  sem- 
blable d'Empédccle  (Aristote,  Météor.,  IV,  4,  3  =  Fors.,  P, 
p.  239). 

Aristote  rapporte  ensuite  trois  oo;a'.  qui  n'ont  aucune  analogie 
avec  les  àxoùcrîjLaTa,  à  moins  qu'on  ne  veuille  les  classer  dans 
la  catégorie  des  formules  -zi  ï^zi;  tL  iizi  ^^ilirr-za  (Jamblique, 
V.  P.,  82),  qui  comprennent  des  définitions  des  idées  abstraites 
et  des  perfections  (^). 

11.  §§  36-38.  —  Extraits  poétiques  où  Pythagore  est 
moqué.  Tout  d'abord,  les  vers  traditionnels  de  Timon  le  Sillo- 
graphe,  où  Pythagore  est  représenté  comme  un  charlatan  et  un 


(*)  En  effet,  ces  textes  ne  disent  pas  que  la  fève  est  à  l'origine  des  choses,  mais 
bien  qu'elle  est  sortie  de  la  même  souche  que  l'homme. 
(2)  Études,  p.  274. 


—  -240  — 


pi  peur  d'homnies.  Suit  un  fragment  de  Xénophane,  qui  rapporte 
une  anecdote  amusante  :  P}  thagore,  passant  à  côté  d'un  chien 
qu'on  battait,  s'écria  :  «  Anête!  je  reconnais  la  voix  d'un  de 
mes  amis  ».  L'intention  est  satirique  (cf.  Diogène,  IX,  18  : 

àvT'.ooçâcra'.  T£  AeyeTat,  (Zevocpàv/iç)   ©aXrj  xal  IIuBayopa)  ;   mais  le 

récit  lui-même  provient  peut-être  de  l'entourage  de  Pythagore. 
VAi'temii  Passio,  29,  rapporte  une  variante  du  même  thème  : 
Pythagore  reconnaît  la  voix  d'un  de  ses  amis  dans  le  mugis- 
sement d'un  bœuf  qu'on  menait  au  sacrifice  (^). 

Diogène  cite  encore  d'importants  extraits  de  quelques  poètes 
de  la  comédie  moyenne  :  Gratinos  (le  jeune),  Mnésimaque, 
Aristophon.  On  peut  en  compléter  la  série  par  des  fragments 
conservés  par  Athénée,  IV,  p.  IGI  (Alexis,  Antiphane,  Aristo- 
phon) (^).  Les  témoignages  sont  intéressants  parce  qu'ils 
décrivent  l'état  du  Pythagorisme  au  lY^  siècle.  Les  Pythago- 
riciens qu'ils  ont  observés  ne  sacrifient  pas  d'animaux,  ignorent 
l'usage  de  la  viande,  se  distinguent  par  une  extrême  sobriété  et 
une  répugnante  saleté.  On  dirait  d'un  Pythagorisme  cynique. 

Deux  de  ces  fragments  présentent  un  intérêt  spécial.  L'un, 
emprunté  aux  Tarentins  de  Gratinos,  décrit  un  cercle  de  Pytha- 
goriciens avec  des  traits  qui  ne  conviennent  qu'à  une  école  de 
rhétorique.  Voici  les  noms  des  figures  de  rhétorique  au  manie- 
ment desquelles  ils  s'exercent  :  avTt!Ô£Ta,  qui  désigne  les  anti- 
thèses; TTspaTa,  la  définition;  TuapLTWjjiaTa  (variante  de  Tiapio-waiç), 
la  correspondance  symétrique;  âTTOTrXava,  qui  est  une  variante, 
sans  doute,  de  ràTrouXavricrt,;,  moyen  de  détourner  l'attention  de  la 
question;  (JisyeBri,  l'amplification  oratoire.  Gette  notice  doit  être 
rapprochée  de  celle  qui  mentionne  un  manuel  de  KoTrtlSeç  dans  la 
littérature  pythagoricienne  (^^  8)  et  de  divers  autres  indices  du 
rôle  important  que  les  Pythagoriciens  ont  dû  jouer  dans  l'élabo- 
ration de  la  rhétorique. 


(1)  Cf.  Empédocle,  fr.  136  et  fr.  137  {Vors.,  P,  p.  275), 

(2)  DiELS,  Vors.,  I',  p.  373.  Cf.  sur  la  valeur  de  ces  textes,  G.  Méautis,  Recherches 
sur  le  Pylhagnrisme  (Neuchâtel,  1922),  pp.  10  et  suiv. 


La  compaiaisoii  do  ce  Iraj^iiKMil  avec  l'iin  de  ceux  (ju'a  con- 
servés Athénée,  IV,  |).  Kil  D,  soulève  une  intéressante  question 
de  critique.  (]et  auteur  attribue,  en  effet,  à  Alexis  une  pièce  inti- 
tulée les  Tarentins,  comme  celle  de  Cratinos.  En  outre,  les  idées 
développées  dans  ce  (ravinent  concordent  avec  celles  des  vers  de 
Cratinos  :  7r'jOayop!.a-{jLo!.  xal  \6rot.  I  AeTtTol  O'.eo-ijLOvc'jiJLeva!.  T£  cppovxîoe;  | 
xpecpouo-'  sxeîvojç...  Aussi  Casaubon  attribuait-il  à  Alexis  les 
Tarcntins  cités  par  Diogène.  Mais  si  l'on  s'engage  dans  cette 
voie,  on  ne  peut  s'arrêter  à  mi-chemin.  Athénée  attribue, 
en  effet,  à  Alexis  une  comédie,  r\  MuGayop'.Çojcrr,,  dont  Diogène  fait 
une  pièce  de  Cratinos.  Les  trois  coïncidences  ne  peuvent  être 
accidentelles.  Il  est  vraisemblable  qu'il  n'y  a  jamais  eu  que  deux 
pièces  dont  les  fragments,  empruntés  sans  doute  à  des  Antho- 
logies, sont  rapportés  par  Diogène  à  Cratinos,  par  Athénée  à 
Alexis.  Nous  laissons  aux  spécialistes  le  soin  de  décider  quelle 
est  l'exacte  attribution. 

Le  second  fragment  intéressant  est  emprunté  au  ÏIuGayopiarTriç 
d'Aristophon.  Il  rapporte  une  variante  de  la  Descente  aux 
Enfers  de  Pythagore,  dont  il  a  été  question  plus  haut  (p.  194). 

12.  39-40.  —  Mort  de  Pythagore  et  persécution  de  ses 
disciples. 

Diogène  a  recueilli  trois  versions  sur  ces  événements  :  l*'  une 
opinion  anonyme  qu'il  paraît  faire  sienne  et  dont  l'exposé  est 
interrompu  par  deux  variantes  concernant  des  questions  de 
détail  :  tivs;...  et  . . .  cprio-l  Sk  Auaiap^oç;  l'avis  d'Héraclide 
Lembos;  3"  le  récit  d'Hermippe. 

1.  Opinion  anonyme.  Si  l'on  fait  abstraction  de  la  variante 

Ttveç  5'   aÔToùq  toÙ;  KpoTwv!,âTaç  tgGto  Tipâ^at.,   T-jpavviôoç  èTzi^B'Jiy 

euXapoufxévoL»;,  qui  n'est  qu'un  résumé  de  ïimée  (Jamblique, 
F.  P.,  234  ss.;  Justin,  XX,  4),  il  reste  un  récit  complet,  que 
termine  une  citation  de  Dicéarque.  Cette  version  est  formée 
d'éléments  fort  hétérogènes  dont  il  est  encore  assez  aisé,  à  cause 
de  la  richesse  des  traditions  sur  ce  sujet,  d'établir  les  origines. 


Tome  XVII.  —  Lettres. 


16 


  242  — 


Voici  les  points  qui  sont  empruntés  au  récit  d'Aristoxène 
(Jamblique,  V.  P.,  248  ss.)  :  réunion  des  Pythagoriciens  dans 
la  maison  de  Milon  ;  incendie  criminel  causé  par  les  menées  de& 
Cyloniens,  dont  le  chef  avait  été  repoussé,  pour  cause  d'in- 
dignité, de  la  Société;  fuite  de  Lysis  et  d'Archytas. 

Le  compilateur  a  modifié  ce  récit  par  l'adjonction  d'éléments 
pris  à  Dicéarque  (Porphyre,  V.  P.,  56)  :  la  catastrophe  est 
placée  au  temps  de  Pythagore;  le  nombre  de  Pythagoriciens 
massacrés  est  fixé  à  quarante.  Le  récit  de  Dicéarque  n'apparaît, 
indépendant  et  traité  comme  une  variante,  qu'à  la  fin  du 
morceau. 

Or,  nous  connaissons  l'auteur  d'une  contamination  semblable  : 
c'est  Néanthe,  dont  le  récit  a  été  adopté  par  Porphyre  (F.  P., 
54-o6)  (M.  En  cours  de  route,  la  tradition  a  souffert,  naturel- 
lement :  d'abord,  ce  ne  sont  plus  les  Cyloniens,  mais  leur  chef, 
dont  le  nom  est  d'ailleurs  omis,  qui  allume  l'incendie;  ensuite, 
par  une  erreur  d'origine  paléographique,  le  nom  d'Archytas  a 
remplacé  celui  d'Archippe.  Mais  ce  ne  sont  là  que  petits  accrocs. 
Diogène  (ou  son  auteur)  lui  a  fait  subir  une  nouvelle  conta- 
mination avec  une  légende  qui  faisait  périr  Pythagore  devant 
un  champ  de  fèves  : 

y£v6[JL£V0Ç  TTATipe!.  X'jà[JLWV,    Tva    <  p.Yj  >    ÙlépyOl'ZO,    aÙToGt,   £(jTr\,  eiTUWV 

aAwvai  <  av  >  iJiàAÂov  yi  7raTT|a-at.,  àva',p£8rjvai.  0£  xpeï-zzov  t,  XaXria-at.. 

Le  texte  présente  plusieurs  difficultés  :  d'abord,  le  discours 
passe  brusquement  de  la  forme  indirecte  à  la  forme  directe^ 
pour  reprendre  plus  loin  sa  première  tournure;  ensuite,  le  sens 
des  mots  :  «  il  est  préférable  d'être  tué  que  de  parler  »  est 
insaisissable.  Pour  l'expliquer,  il  faut  recourir  au  texte  d'une 
légende  pieuse  racontée  par  Néanthe  (et  Hippobotos)  dans 
Jamblique,  V,  P.,  189-194  (^)  :  deux  Pythagoriciens,  Myllias 


(*)  Cf.  Musée  belge,  4908,  p.  205. 

(*)  On  retrouve  le  même  scénario  avec  d'autres  personnages  dans  YArtemii 
Passio,  29;  Olympiodore,  In  Phaed.,  p.  5;  Ambroise,  De  virg.,  I,  4. 


—  -248  — 


et  riniyclia,  li.Kiiiés  par  les  shires  de  Deiiys  le  Tyran,  ik;  [)ar- 
vieiinont  [)as  à  leur  éclia|)|)er,  parce  (pi'ils  n'osent  traverser  un 
clianip  (le  fèves;  amenés  devant  Denys,  ils  refusent  d'indicjuer  la 
raison  de  la  vénération  (pi'ils  professent  à  l'égard  de  cette 
plante. 

Or,  le  biographe  [lernii[)pe,  nous  le  verrons  bientôt,  fait 
périr  Pythagore  devant  un  champ  de  fèves  qu'il  ne  veut  pas 
traverser.  L'auteur  de  Diogène  paraît  avoir  agrémenté  une  tra- 
dition semblable  de  détails  empruntés  à  l'histoire  de  Myllias 
et  l'avoir,  ainsi  parée,  insérée  dans  le  récit  de  Néanthe.  là  le 
mélange  le  plus  hybride  qui  soit,  et  le  plus  obscur  aussi,  par 
la  faute  de  procédés  malhabiles  d'abréviation. 

La  citation  de  Dicéarque  doit  être  complétée  par  le  texte  de 
Porphyre,  V.  P.,  56-57.  On  peut  conjecturer  que  Dicéarque 
attribue  aux  Métapontins  des  sentiments  hostiles  à  Pythagore, 
puisque  celui-ci  doit  chercher  refuge  dans  un  temple  et  qu'il  y 
meurt  de  faim  après  un  jeûne  de  quarante  jours.  Cette  tradition 
est  contredite  par  des  notices  d'autres  auteurs  qui  représentent 
Métaponte  comme  une  ville  accueillante  pour  le  Pythagorisme 
(cf.  ci-dessus,  p.  183).  Le  caractère  légendaire  de  ce  récit  de 
Dicéarque  est  mis  suffisamment  en  relief  par  la  notice  sur  la 
durée  du  jeune. 

2.  Récit  d'Héraclide  Lembos.  Héraclide  fait  coïncider  les 
troubles  de  Crotone  avec  le  voyage  de  Pythagore  à  Délos, 
entrepris  pour  aller  ensevelir  son  maître  Phérécyde  :  en  quoi  il 
ne  faisait  que  reprendre  pour  son  compte  l'opinion  d'un  Ano- 
nyme déjà  critiqué  par  Dicéarque  (Porphyre,  F.  P.,  55-56)  (^). 
A  son  retour,  Pythagore  «  trouve  le  banquet  de  Cylon  m. 
Cette  phrase  obscure  signifie  apparemment  que  Cylon,  lors  du 
retour  de  Pythagore,  célèbre  de  grandes  réjouissances  pour  fêter 
la  fuite  et  le  massacre  des  Pythagoriciens.  Cylon  est  le  chef 
des  conjurés,  désigné  plus  haut  (39)  par  les  mots  tlvo;  twv  ixy\ 


(1)  Cf.  Musée  belge,  1908,  p.  205. 


—  244  — 


TrapaooyTiÇ  àç'.wôsvTwv.  Il  faut  doiic  supposer,  dans  ce  résumé  mal 
fait,  une  assez  grande  lacune,  où  auraient  été  exposés  le  rôle 
joué  par  Cylon  et  le  massacre  des  Pythagoriciens.  Diogène 
pouvait  croire,  il  est  vrai,  que  la  lecture  de  la  tradition  précé- 
dente suppléerait  ce  qui  manque  ici.  Héraclide  ajoute  que 
Pythagore  se  retira  à  Métaponte,  où  il  voulut  mourir  de  faim. 
Ce  détail  paraît  être  une  nouveauté  ajoutée  au  récit  de  Dicéarque. 
Héraclide  n'a  pas  pris  garde  que  ce  genre  de  mort  était  en  dés- 
accord avec  l'interdiction  pythagoricienne  du  suicide. 
3.  Récit  d'Hermippe. 

Dans  une  guerre  des  Syracusains  et  des  Agrigentins,  Pytha- 
gore, ayant  pris  le  parti  de  ces  derniers,  est  vaincu.  Poursuivi, 
il  n'ose  traverser  un  champ  de  lèves,  ce  qui  lui  eût  permis 
d'échapper.  Il  meurt  victime  de  sa  superstition.  Ses  disciples, 
réfugiés  à  Tai'ente,  font  de  l'opposition  au  parti  régnant.  Ils 
périssent  dans  un  incendie  allumé  par  leurs  ennemis. 

Dans  la  légende  de  la  mort  de  Pythagore,  l'intention  sati- 
rique est  évidente.  On  peut  croire  cependant  qu'Hermippe  n'a 
fait  que  tirer  parti  d'un  récit  édifiant  semblable  à  celui  dont 
Myllias  est  le  héros. 

l.es  éléments  de  la  seconde  partie  du  récit  sont  empruntés 
aux  mêmes  sources  que  l'exposé  de  Dicéarque,  mais  ils  ont  été 
bien  déformés.  Selon  Dicéarque,  la  catastrophe  principale  s'était 
produite  à  Crotone;  les  troubles  antipythagoriciens  s'étaient 
ensuite  étendus  à  Caulonia,  Locres,  Tarente  etc. 

Jean  de  Rhodes,  dans  YArtemii  Passio,  29,  reprend  l'histoire 
d'Hermippe,  en  remplaçant  les  Syracusains  par  les  ïarentins  (^) 
et  en  ajoutant  l'histoire  de  ïhéano,  qui  aime  mieux  mourir  que 
de  révéler  le  secret  des  fèves. 

§41.  Tradition  d'Hermippe  sur  la  KaTapaT-.;.  Voici  com- 
ment Hermippe,  esprit  fort  et  écrivain  satirique,  explique  la 


(*)  Une  confusion  s'est  produite  aussi  dans  l'esprit  du  sclioliaste  de  Platon,  selon 
qui  Pylhag-ore  fut  tué  par  les  Agrigentins. 


—  24r;  — 


foi'in.'ilion  (les  lé«;('n(l('s  pyllui^oi  icicnncs  iclalivcs  à  iiiic  (Icscciite 
do  Pylh;ii;()i'(' ;uix  hjiloi's  (cf.  supni,  pp.  iri^i  cl 

Airivr  (MI  llalic,  le  jjhilosoplic  se  crcnsc,  à  riiisii  de  Ions, 
une  (IcmcMii'c  soiilci'i'Minc ;  s;i  inôic,  complice  de  son  projcl,  lui 
coinmimicpic,  pcuihiiU  son  scjoiii'  sontcn'niii,  des  lahlelles  iiien- 
lioiiiiîMil,  avec  leui'  date,  les  évéïienienls  (pii  se  j)assenl  sur  la 
terre.  Au  bout  d'un  certain  temps,  Pythai^ore  reparaît,  émacié, 
S(|ueleirKpie.  Il  entre  dans  V Assemblée  (des  disci[)les  |)rol)able- 
nient)  et  annonce  ([u'il  revient  de  l'iladès.  Pour  confirmer  ses 
dires,  il  raconte  ce  (jui  s'est  passé  [)endant  son  absence.  Les 
disciples  croient  en  sa  nature  divine  et  lui  confient  leurs  femmes 
pour  qu'il  leur  enseigne  ses  doctrines. 

Selon  Tertullien,  De  an.,  28,  et  le  scboliaste  de  VÊlectre  de 
Sophocle,  V.  6"2  (cf.  Suidas,  5.  v.  T,0'n),  It's  nouvelles  (pu^  Pytha- 
gore  se  fait  communiquer  concernent  surtout  la  mort  de  cer- 
tains de  ses  disciples.  Lors  de  sa  résurrection,  il  donne  sur  ce 
sujet  des  détails  qui  enlèvent  tout  doute  à  ses  fidèles.  Il  leur 
apprend  en  même  temps  quelles  furent  ses  existences  anté- 
rieures. 

Hermippe,  Tertullien  et  le  scboliaste  n'admettent  pas  que 
Pytbagore  ait  présenté  sa  description  des  Enfers  comme  le 
résultat  d'une  vision  ou  d'un  songe,  ou  encore  d'un  souvenir 
de  ses  existences  antérieures.  Pythagore  a  réellement  disparu 
(pendant  sept  ans,  selon  Tertullien),  mais  par  calcul,  grâce  à 
une  supercherie. 

On  doit  rapprocher  cette  histoire  d'une  descente  aux  Enfers 
de  Zamolxis  (Hérodote,  IV,  95,  et  Hellanicus,  dans  Suidas, 
s.  V.  Z.).  Précisément  Origène,  C.  Celse,  II,  55,  et  Eustathe, 
Ad  Odyss.,  p.  1701,  61  et  p.  I9G1,  10  (où  le  nom  de  Zaleucus 
est  cité  par  erreur),  unissent  les  deux  légendes.  Ce  dieu  gète, 
héroïsé  par  les  Grecs  de  l'Hellespont  et  du  Pont  et  considéré 
comme  un  disciple  de  Pythagore,  justement  à  cause  de  sa 
doctrine  sur  l'autre  vie,  prédit  à  ses  disciples  qu'ils  ne  mour- 
ront pas,  mais  qu'ils  iront  habiter  avec  lui  un  endroit  plein  de 


—  246  — 


délices.  Il  disparaît  mystérieusement  un  jour  (dans  un  souter- 
rain) et  revient  au  monde  trois  ans  après  (^). 

13.  42-43.  —  Renseignements  sur  la  famille  de  Pytha- 
gore. 

On  est  frappé  des  divergences,  parfois  considérables,  des 
auteurs  anciens  sur  ce  sujet.  Pour  qu'on  puisse  se  rendre 
compte  de  la  valeur  et  de  la  place  de  la  notice  de  Diogène  dans 
l'ensemble  de  la  Tradition,  je  vais  tenter  de  classer  les  diffé- 
rents textes  anciens  relatifs  à  cette  question. 

Notons  d'abord  un  premier  désaccord  à  propos  de  la  per- 
sonne de  Théano,  dont  on  fait  souvent  la  femme  de  Pytha- 
gore.  Certains  auteurs  la  considèrent  simplement  comme  une 
pythagoricienne,  originaire  de  Métaponte  ou  de  Thuries 
(Suidas,  s.  v.  Bcavw  ou  de  Grotone  [id.,  s.  v.  ©savw 
fille  de  Léophron,  femme  de  Carystos  ou  de  Croton  ou  encore 
de  Brontinos  (Suidas,  ibid.,  1  et  2,  un  Anonyme  cité  ici  par 
Diogène  et  Jamblique,  V.  P.,  267).  Dicéarque  (Porphyre,  F. 
P.,  19)  et  Didyme  (Clément,  Strom.,  I,  16,  80)  ne  paraissent 
rien  savoir  de  son  union  avec  Pythagore.  L'auteur  de  Suidas, 
pour  se  tirer  d'embarras  dans  ces  contradictions,  distingue 
deux  homonymes. 

Le  plus  grand  nombre  d'auteurs  font  de  Théano  la  femme  de 
Pythagore,  mais  il  faut  distinguer  plusieurs  groupes  dans  les 
traditions  qui  rapportent  les  noms  des  enfants  issus  de  ce 
mariage. 

A.  Une  des  notices  les  plus  anciennes,  celle  de  Timée  (^),  leur 


(*)  Dans  la  tradition  d'Hérodole,  on  se  demande  qael  but  vise  la  supercherie  de 
Zamolxis.  Dans  le  texte  d'Hellanicus,  au  contraire,  on  peut  encore  se  rendre 
compte  du  sens  originel  de  la  légende.  Les  peuplades  gèles  croient  à  un  retour  des 
âine>  sur  la  terre,  ou,  si  l'on  veut,  à  la  métempsycose  :  xal  touç  aTro.S'avovTaç  cb; 
ZapioX^tv  çpaaiv  oty_£jOat,  -rjÇctv  os  auOtç...  3uouat  Se  /.ai  suw^ouvTat,  th^  au.S't; -rjçovxoç 
Tou  àTToOavû'v-oç.  La  résurrection  de  Zamolxis  est  une  preuve,  par  l'exemple,  de  la 
vérité  de  cette  doctrine. 

(2)  Musée  belge,  i920,  p.  12. 


allribiic  un  lils,  Miu''s;ir(|ii(>,  (pii  ôljiit  Ibii,  jciirw'  ciicoii'  <|ii:iii(l 
son  j)ère  inoiirul(J;mil)li([ii(',  \  .  I * . ,  llCh)) ,  i'I  une  lillc  (Tinicc  dans 
Poi'[)liyr(\  V.  /*.,  4).  l^c  nom  de  celle-ci  nVst  pns  connu  par- 
ce passage,  niais  dans  le  inèiiie  exlrail  de  Tiniée  repris  par 
Janil)rKjii(\  V.  P. y  170,  nous  apprenons  (|iie  Pylliagore  la 
maria  à  Ménon  de  Croton(\  Or,  dans  le  (Catalogue  des  Pytiiago- 
riciens  de  Jainblique  ^67),  Muia,  (|ui  est  citée  dans  une  foule 
d'autres  textes  comme  la  fille  de  Pythagore,  est  dite  avoir 
épousé  Milon.  Il  y  a,  dans  l'un  ou  l'autre  passage,  une  simple 
confusion  ou  une  erreur  paléographique  dans  le  nom  du  mari  (^). 

B.  Une  autre  tradition  dérive  d'une  version  de  la  Lettre  de 
Lysis  à  Hipparque  [Epist.  gr.,  p.  601)  ou  à  Hippase  (^),  qui, 
justement,  est  citée  par  Diogène  à  l'appui  de  sa  notice.  C'est 
Jamblique  qui  présente  ce  tableau  généalogique  sous  sa  forme 
la  plus  complète,  dans  un  passage  où  il  s'inspire  évidemment 
de  la  Lettre  de  Lysis  (F.  P.,  146).  De  Théano,  Pythagore  eut 
une  tille,  Damo,  et  un  fils,  Télaugès,  qui  était  très  jeune  encore 
quand  son  père  mourut  et  qui  épousa  plus  tard  la  fille  de  Damo, 
Bitala.  La  Lettre  ne  mentionne  ni  Théano  ni  Télaugès,  et 
Diogène,  qui  suit  la  même  tradition,  ne  parle  pas  de  Bitala. 

C.  Un  troisième  groupe  de  notices  paraît  dériver  d'une 
contamination  des  deux  premières  traditions.  Théano,  fille  du 
Crétois  Pythonax,  met  au  monde  :  Télaugès,  Mnésarque,  Muia 
et  Arignote  (Suidas,  s.  v.  Bsavw  ~,  'ApLyvwTYi  [où  (jLaGriTpta 
dérive  peut-être  d'une  erreur  de  transcription  de  8'jYàTT,p], 
T7iXauy7)<;,  Muia).  Porphyre,  V.  P.,  4,  omet,  dans  cette  série, 
Mnésarque;  l'Anonyme  de  Photius,  Cod.  249,  remplace  le 
nom  d'Arignote  par  celui  de  Sara  et  classe  Théano  parmi 
les  enfants  de  Pythagore.  Eusèbe  [Praep.  ev.,  X,  14,  14) 
et  Arsénius  {Viol.,  p.  310)  ne  citent  que  Télaugès  et  Mnésarque. 


(1)  Gasaubon  rétablissait  Mi'Xwvi  au  §  170.  Cf.  Clément,  Strom,,  IV,  19,  et  la 
tradition  C. 

(2)  Hippase  avait  été  accusé  aussi  d'avoir  enseigné  des  doctrines  de  l'École  sans 
procéder,  au  préalable,  à  une  purification  morale  de  ses  disciples  (Vors.,  P,  p.  37). 


—  248  — 


Tout  à  fait  isolée  est  la  tradition  de  Duris  (Porphyre, 
F.  P.,  3),  qui  donne  le  nom  d'Arimneste  au  fils  de  Pytha- 
gore  :  ce  nom  parait  être  une  variante  de  Mnésarque.  La  même 
remarque  s'applique  à  une  note  de  Plutarque  (Numa,  8,  11, 
et  Paui-Émile,  il,  1)  et  de  Festus  [s.  v.  Aemilia),  qui  appellent 
Mamercus  l'un  des  fils  de  Pytliagore,  sans  doute  parce  que 
certaines  traditions  donnent  à  son  père  le  nom  de  Marmacus  : 
encore  faut-il  supposer  une  confusion  orthographique. 

La  version  la  plus  ancienne  est  celle  de  Timée.  La  seconde 
vaut  ce  que  vaut  la  seconde  recension  de  la  Lettre  de  Lysis,  qui 
n'est  qu'un  faux  (^).  Cette  tradition  est  liée  à  la  légende  des 
«  livres  de  famille  »  secrets  de  Pythagore,  sur  lesquels  veillent 
Damo  et  Bitala.  Le  nom  de  Télaugès  a  remplacé  celui  de  Mné- 
sarque, mais  il  conserve  certains  traits  de  sa  personnalité  : 
comme  lui,  par  exemple,  il  est  très  jeune  lors  de  la  mort  de  son 
père.  Il  a  usurpé  sa  place  dans  les  o',aoo'/a{  philosophiques  de 
date  récente  (Diogène,  I,  15,  VIK,  43  [cf.  53];  Suidas,  s.  v. 
TTiXauvr^ç  et  'E^meooTuXrjÇ  ;  Photius,  Cod.  ^249;  Eusèbe,  Pr.  ev., 
X,  14',  14;  Arsénius,  Viol.,  p.  310). 

La  construction  artificielle  où  Télaugès  sert  de  trait  d'union 
entre  Pythagore  et  Empédocle  est  tardive.  Hippohotos  est  cité 
par  Diogène,  non  pour  confirmer  cette  tradition,  mais  parce 
qu'il  établit  au  moins  (ys  tol)  certains  rapports  entre  Télaugès 
et  Empédocle. 

Selon  Diogène,  Télaugès  n'aurait  pas  laissé  d'ouvrages;  cette 
tradition  est  contredite  par  Suidas  [s.  v.  T.),  qui  lui  attribue  un 
Tcepl  TeToaxTÙoç  en  quatre  livres.  Les  écrits  de  Théano  auxquels 
notre  auteur  fait  allusion  sont  cités  par  Suidas,  qui  les  répartit 
entre  les  deux  homonymes.  Déjà  Didyme  d'Alexandrie  (Clément, 
Strom.,  I,  16,  80)  connaissait  des  7^orr,p.aTa  de  la  femme-philo- 
sophe. 

Théano  était  l'héroïne  de  plusieurs  anecdotes,  tirées  peut-être 


(*)  Études  sur  la  Littérature  pythagoricienne,  pp.  403  et  suiv. 


des  àTcOçOéyuaTa  lui  alliibiic  Suidas.  Dio^riic  en  conU;  deux 
qui  ont  pour  {hl'iwc  la  chaslcir  l'éniiniiie.  La  |)r('uiière  est 
rapporter  |)ar  J;nul)li(jU('  (  \  .  /*.,  Tiri)  à  Pvlliagore,  mais  d'autres 
auteurs  conlirment  rattiil)ution  à  Théano.  QuanI  à  la  seeondo 
historiette,  elle  ne  li^uie  (jue  dans  Diogène,  mais  l'idée  maîtresse 
parait  inspirée  d'Ilérodole,  J,  H  :  T:a.Gr,ve'-  ajjia  to^ç  svcut^ao-'.  xal  r>,v 
aiayûvTjV  àTïOT'Jjeo-Ga'.  =  a{JLa  oè  x',Otov'.  £xo'JOfj.£V(})  T'jVcXoûeTa»,  xa».  tV;./ 
aiûw  yjvr,.  J.e  mot  de  la  lin  (TajTa  o».'  a  yuvV,  x£xÀY,[Aa'.)  l'cpose  sur 
un  jeu  d'étyniologie  :  yuvTi  —  a'iayûvr,. 

14.  ^  ii,  fin  du  ^  45  et  ^  16''.  —  Notes  ehronologiques. 

La  chronologie  de  la  Vie  de  Pvthagore  a  été  étudiée  par 
Jacoby,  Àpollodors  Clironik  {P/iiloL  l'nters.,  XVI  (1002), 
pp.  215  et  suiv.)  (^).  J'ai  réuni  ailleurs  Ç^)  quelques  observa- 
tions qui  permettent  de  corriger,  semble-t-il,  la  classification 
des  notices  chronologiques  qu'il  a  établie. 

Héraclide  Lembos,  rapporte  Diogène,  évalue  à  80  ans  la  durée 
de  la  vie  de  Pvthagore.  Cette  estimation  ne  repose  pas  sur  des 
données  historiques,  mais  sur  des  combinaisons  théoriques. 
Pvthagore  partageait  en  quatre  périodes  de  vingt  ans  la  durée 
idéale  de  la  vie  humaine  (cf.  ^  10)  :  il  a  donc  dù  vivre,  dit  Héra- 
clide, quatre-vingts  ans.  C'est  ainsi,  semble-t-il,  qu'il  faut  com- 
prendre les  mots  :  xaTà  ty,v  •o'iav  JTroypacpr.v  twv  r,).'.x'.wv. 

Diogène  oppose  à  cette  notice  l'opinion  qu'il  appelle  courante 
et  qui  évalue  la  durée  de  la  vie  de  Pythagore  à  90  ans.  Or  c'est 
le  seul  texte  où  l'on  relève  ce  chiffre.  Un  Anonyme  dans  Syn- 
cellus,  p.  247  C.  fixe  la  durée  de  sa  vie  à  75  ans;  les  Tliéol. 
Arithm.,  p.  40,  à  82  ans;  ïimée  (Jamblique,  V.  l\,  265), 
suivi  par  Syncellus,  ihid.,  et  Tzetzès,  C/iU.,  XI,  92,  à  99  ans; 
Photius,  Cod.  249,  à  104  ans;  Galien  (t.  XIV,  p.  567,  K)  va 
jusque  117  ans.  Pour  accorder  le  texte  de  Diogène  avec  la  majo- 


(1)  Cf.  encore  Laqueur,  Zur  griech.  Sagenchron.,  —  Hermès,  XLII  (1907),  p.  530. 

(2)  Musée  belge,  1920,  pp.  5  et  suiv. 


—  250  — 


rité  de  ces  estimations,  Jacoby,  après  Gasaubon,  propose  évevri- 
xovTa  <  svvéa  >  .  Mais  le  texte  des  Scholies  de  Platon  (Hésychius) 
et  celui  du  Papyrus  d'Herculanum  (Gronert,  Studien  zur  Pa- 
Idogr.,  VI  [1906],  p.  i  i7)  confirment  la  leçon  des  manuscrits  de 
Diogène. 

Jacoby  [op.  cit.,  p.  2:20)  veut  encore  corriger  l'autre  notice 
chronologique  de  Diogène  :  -nx^iat^e  8e  xaià  tV  s^yixoo-TV  'OXu|jl- 
TTtàSa,  pour  la  conformer  à  l'opinion  d'un  grand  nombre 
d'auteurs  anciens  qui  fixent  Taxari  de  Pythagore  à  la  soixante- 
deuxième  olympiade.  Mais  un  passage  de  S'  Augustin  (De  civ. 
Del,  XVIII,  37)  présente  une  tradition  analogue  à  la  nôtre  : 
qui  eo  tempore  quo  [udaeoriim  est  soluta  captivitas  coepit 
excellere  atque  cognosci  {==^  531).  La  chronologie  adoptée  ici 
s'écarte  quelque  peu  de  celle  d'Aristoxène,  selon  qui  Pythagore 
avait  40  ans  (=  àx|jLri)  au  début  de  la  tyrannie  de  Polycrate 
(Porphyre,  V.  P.,  9).  Diels  {Rli.  Mas.,  XKXI,  p.  26)  a  cru 
retrouver  dans  la  biographie  d'Anaximandre  (II,  2  :  axpiàcyavTà 
7z-f\  |jiâÀicr-a  xaxà  lIoXuxpâTYiv)  la  notice  qui  aurait  convenu  à 
Pythagore. 

Diogène  évalue  à  neuf  ou  dix  générations  la  durée  de  l'École 
pythagoricienne;  il  cite,  comme  ayant  été  ses  derniers  repré- 
sentants, Xénophile,  Phanton,  Dioclès,  Polymnaste,  etc., 
disciples  d'Eurytos  et  de  Philolaos.  Ces  renseignements  sont 
empruntés  à  Aristoxène,  qui  avait  pu  approcher  (eloe)  les  philo- 
sophes du  cercle  de  Phlionte  (Aulu-Gelle,  IV,  M,  et  Suidas, 

s.  V.  'ApiTToçevoç). 

Il  est  évident  que  le  mot  yeveà  n'est  pas  employé  ici  dans 
l'acception  spéciale  que  ce  mot  a  prise  dès  la  période  alexan- 
drine.  S'il  fallait,  en  effet,  compter  dix  générations  de  trente- 
trois  ans  en  partant  de  râx|jiT|  de  Pythagore  (60^  olympiade 
—  540-536),  on  toucherait  à  la  fin  du  IIP  siècle,  dépassant 
de  cent  ans  l'époque  de  Xénophile.  Le  nombre  de  généra- 
tions correspond  donc  ici,  comme  dans  Jamblique,  V.  P.,  265 
(Timée),  qui  compte  sept  générations  jusqu'à  Platon,  au  nombre 


des  persomiîi^^'s  (|ui  se  soiil  siiccrdé  à  lu  UHi;  de  l'Kcole;  la  yevcâ 
coiupoi'Le  stîiilomiiiU  mie  hoiim;  viii^'laiiK^  d'années  ('). 

g§  4i^-ir>\  Vu  hiMii  inili(Mi  des  noies  ehroaoIo^i(iiies  du 
fonds  antérieur,  l)iog*ène  a  inséré  les  épi^raniines  tirées  de 
nâ|jLm.£r3o;.  La  mitière  en  est  eniprinitée  à  la  Bioi^raphie.  On 
remarquera  que  les  épigramuies  raillent  des  doctrines  [)ytliago- 
riciennes.  C'est  (jue  Diogène,  tout  en  se  montrant  partout 
ailleurs  spiritualiste,  ne  caelie  pas  son  aversion  pour  les  charla- 
tans qui  exploitent  la  crédulité  des  foules,  au  nombre  desquels 
il  compte  Pytlnigore  el  Empéilocle. 

15.  §§  —  Homonymes. 

Ce  genre  de  notes  appartient,  pour  la  plus  grande  part,  au 
fonds  antérieur  à  Diogène  (cf.  Introd.,  p.  5:2).  Cette  liste  est 
composée  de  deux  parties  :  1*"  trois  Pythagore  à  peu  près 
contemporains  du  philosophe;  2°  d'après  une  autre  source 
(ol  ô£  xa'!.. .),  cinq  nouveaux  homonymes,  d'époque  plus  récente 
sans  doute. 

Parmi  les  contemporains  de  Pythagore,  celui  de  Zacynthe, 
qui  est  un  musicien,  est  connu  par  d'autres  textes.  Les  deux 
autres  paraissent  être  entièrement  imaginaires.  Le  Pythagore 
de  Crotone,  personnage  despotique,  et  celui  de  Phlionte,  maître 
de  gymnastique,  semblent  avoir  été  créés  pour  concentrer  en 
leur  personne  les  traits  de  la  vie  de  Pythagore,  qui,  d'après 
certains  auteurs,  ne  convenaient  pas  au  philosophe.  Ainsi  Théo- 
pompe, Hermippe  (Athénée,  V,  p.  213  F),  TertuUien  [Apol., 
46,  13)  représentent  Pythagore  comme  un  ambitieux  ou  un 
tyran  :  c'est,  d'après  l'inventeur  des  Homonymes,  qu'ils  ont 
confondu  le  philosophe  avec  im  homme  politique  du  même  nom. 
La  création  du  Pythagore  de  Phlionte  répond  à  une  double 
préoccupation  :  elle  vise  d'abord  à  expliquer  pourquoi  certaines 
traditions  placent  à  Phlionte  le  berceau  de  la  race  du  philo- 


(^)  Cf.  E.  RoHDE,  Kieine  Sckriften,  I,  p.  23,  n.  1,  et  mes  remarques  sur  la  Chrono- 
logie pijlhigjncimfie  di  Ti  nie,  dans  le  Musée  belge,  1920,  p.  11. 


—  25-2  — 


sophe  ;  elle  rend  compte,  en  outre,  de  l'introduction,  par  un 
personnage  nommé  Pylhagore,  du  régime  carné  dans  l'alimen- 
tation des  athlètes  (cf.  supra,  p.  175). 

Diogène  rapporte  au  philosophe  le  «  secret  de  la  philo- 
sophie »  (il  eût  été  plus  exact  de  dire  le  précepte  du  secret 
philosophique)  et  la  formule  aÙTÔç  èça.  Celle-ci  est  expliquée  par 
une  foule  de  textes  anciens  :  les  Pythagoriciens,  interrogés  sur 
les  raisons  d'être  de  telle  ou  telle  doctrine,  se  contentent  de 
répondre  :  œj-zhc,  scpa,  «  c'est  lui  (le  Maître)  qui  Ta  dit  ». 
Suidas,  s.  v.  auTÔç  l'cpa,  comprend  :  «  Dieu  l'a  dit  »,  soit  que  le 
mot  Dieu  désigne  ici  la  Divinité  en  général,  soit  que  l'auteur 
entende  le  Dieu  qu'était  Pythagore. 

Le  témoignage  le  plus  ancien  est  celui  de  Cicéron,  mais  la 
formule  mérite  d'être  rapprochée  d'autres  textes  pythagoriciens, 
dont  Timée  est  en  parlie  la  source.  Ils  rapportent  que  les  dis- 
ciples n'appelaient  pas  Pylhagore  par  son  nom;  de  son  vivant, 
on  l'appelait  Beiô;,  après  sa  mort,  Exelvoc;  (Jamhlique,  F.  P., 
58,  88,  255,  etc.) 

Les  Pythagore  de  la  seconde  série  nous  sont  connus  par 
d'autres  textes  :  on  en  trouvera  l'indication  sous  l'apparat 
critique.  L'orateur  seul  est  inconim;  mais  dans  la  Vie  des 
Sophistes  de  Philostrate  (§  19),  on  trouve  la  mention  d'un 
riE'.Gavôpaç  :  on  peut  supposer  une  confusion. 

16.  Notes  finales.  Diogéne  a  réuni,  à  la  fin  de  la  bio- 
graphie, une  série  de  notes  disparates,  qu'il  n'a  pas  pris  la 
peine  de  distribuer  dans  les  diverses  sections  qui  leur  eussent 
convenu. 

g  47^.  —  La  première  est  la  notice  chronologique  d'Eratos- 
lliène,  que  Diogène  tient  de  Favorinus.  Eralosthène  confondait 
Pythagore  le  philosophe  avec  un  athlète  dont  il  avait  trouvé  le 


(1)  Voyez  là-dessus  une  étude  intéressante  de  Ch.  Michel,  Note  sur  un  passage  de 
Jamblique,  dans  les  Mélanges  L.  Havet,  1909,  pp.  279-287. 


—  — 


nom  <l;ms  l;i  lislc  des  vaiii(|iaMirs  olynipMjucs.  P\ lliaj^oii^, 
(l'api'os  ces  calculs,  était  â^c  de  dix-linil  ans  vers  588.  Celte 
tradition  a  proiliiil  une  i;ranile  perl urhal ion  dans  la  Biographie 
de  Pytliagore.  Tout  d'abord  au  j)oint  de  vue  clnonologique  : 
la  date  de  la  naissance  fut  reporlée  par  certains  auleui  s  juscpi'au 
VIÏ'' siècle;  d'autres  allongèrent  la  durée  de  sa  vie,  jiour  per- 
mettre à  la  date  di^  la  uiorL  de  rejoindre  celle  que  doiniaient 
d'autres  biographes.  En  outre,  plusieurs  auteurs  admiient  ([ue 
Pythagore  avait  été  athlète  avant  de  s'adonnei'  à  la  {)hilosophie 
(S' Augustin,  Ep.,  111,  137,  3;  Lucien,  Gallus,  8;  Syncellus, 
Cliron.,  p.  239  B).  Ailleurs  encoi'c,  le  philosophe  est  appelé  le 
«  Chevelu  )>  [xo'j.'f\-r\q)  comme  l'athlète  d'Eratosthène,  sans  que 
soit  mentionnée  sa  qualité  d'athlète  (Jamblique,  V.  P.,  1 1  et  30; 
Lucien,  Vit,  auct.,  i).  iMais  selon  la  source  commune  a  Hésy- 
chius,  5.  V.  £v  Sàa(}j  xo[jLT|T7](;,  Ps.-Plutarque,  Prov.  Alex.,  108, 
Diogénien,  IV,  58,  et  d'autres  parémiographes,  cette  épithète 
désigne  un  autre  personnage  que  le  philosophe. 

§  48.  —  Diogène  a  tiré  de  Favorinus  trois  nouveaux  eOprifjiaTa 
(voyez  une  autre  série  aux  ^§  10-14)  :  l'emploi  de  la  méthode 
des  définitions  en  mathématiques;  la  désignation  de  l'Univers 
par  le  mot  xÔTpio;;  la  doctrine  de  la  rotondité  de  la  terre.  La 
variante  doxographique  tirée  de  Théophraste  ne  se  rapporte 
qu'à  cette  dernière  notice,  comme  le  prouve  la  comparaison 
avec  IX,  21. 

La  note  relative  à  l'hostilité  de  Cylon,  qui  eût  mieux  été  à 
sa  place  dans  le  récit  des  persécutions,  provient  d'Aristote, 
d'après  II,  46. 

§§  49-50.  —  La  lettre  de  Pythagore  à  Anaximène  est  em- 
pruntée au  Corpus  épistolaire  que  Diogène  utilise  surtout  dans 
le  premier  livre  (cf.  Introd.,  p.  61).  C'est  la  réponse  aux 
lettres  citées  au  livre  11,  5.  Ces  taux  sont  d'origine  tardive  :  la 
mention  d'une  intervention  de  Pythagore  dans  les  luttes  des 
cités  italiques  le  fait  supposer. 

Diogène,  dans  la  transition  à  la  biographie  d'Empédocle, 
trace  les  grandes  lignes  du  plan  qu'il  va  suivre.  La  oiaSo^ri 


—  254  — 


indiquée  dans  le  Prologue,  au  paragraphe  15  :  Pylhagore, 
Télaugès,  Xénophane,  Parménide  etc.,  paraît  ici  un  peu 
modifiée.  Empédocle,  omis  dans  le  Prologue  et  rattaché  à 
Télaugès  au  paragraphe  43,  est  présenté  ici  comme  un  disciple 
direct  de  Pythagore.  Xénophane  est  traité  ici  d'isolé,  comme 
Héraclite  (ol  (TTcopâ8T,v,  VUI,  91  et  IX,  20),  alors  qu'il  avait  une 
place  dans  la  ùiacoy-ri  du  Prologue.  Enfin  Diogène  a  réservé 
quelques  biographies  aux  Pythagoriciens  illustres,  ce  qui  n'était 
pas  prévu  dans  l'Introduction. 


CORRIGENDA 


Page  26, 

ligne  32,     au  lieu  de  : 

46, 

lire  :  47. 

—  27, 

note  2, 

293, 

-  239. 

—  425, 

ligne  27, 

343, 

-  243. 

—  426, 

-  33, 

409, 

249. 

—  427, 

-  32, 

II, 

--  V. 

—  428, 

-  3, 

—  aùxîf). 

—  428, 

—  32, 

V, 

-  IV. 

-  440, 

—  32, 

49, 

-  40. 

—  460, 

-  t3, 

VIII,  9, 

-    III,  9. 

—  466, 

lignes  8  et  42, 

Héraclide, 

—  Héraclite. 

-  204, 

note  4,  ligne  3, 

à  223  e 

,  ajouter  : 

=  270,  D. 

TABLE  ALPHABÉTIQUE. 


A  (codex),  92. 

Abaris,  14,  155  s.,  171. 

abstinence  de  viande,  114-8  ss.,  173  ss. 

Académie,  21 

accordemeiHs  de  la  grossesse,  128  ss., 

216-219. 
accouchée,  130-u,  229  ss. 
àxfjiTi  de  P.,  141-H,  250. 
àxouafxata,  170,  186  s.,  189,  210,  238  s. 
àSuxa,  105-6,  153. 
Aemilia  (gens),  148. 
Aethalide,  106-7,  107-3  et  u,  154. 
âges  (de  la  vie  humaine),  ill-i  ss. 
agneau,  121-^,  193. 
Agrigente,  137-7  s.,  141-io,  244. 
Agrippa,  49. 

akuiQ  (définition),  123-6, 197. 
air,  126-i  ss.,  206. 
a'iTtov,  234  s. 

Alexandre  Polyhistor,17,  30,47,  60, 167. 

Amasis,  105-3,  151. 

âme,  127-6,  I28-12,  213  ss.,  222  ss. 

Anacharsis,  57,  61. 

Anaxarque,  52. 

Anaximène,  144-ii  et  u. 

Andanie,  231. 

Androcyde,  167,  181,  195. 

animaux  (respect  dû  aux),  123-5,  196. 

anneau  (symbole),  117-h,  186,  231. 

Annicériens,  31,  53,  60. 

Antigonos  de  Carystos,  21,  28. 

Antiloque,  144-6. 

Antiochus,  49. 

antipodes,  125-4,  205. 


Antistliène,  biographe,  17. 
Apelle,  49. 

àcppoôtata,  110-6,  120-6,  190. 
ApoUodore,  10,  40,  56. 
Apollon,  107-9  ss.,  112-6,  115-2,  122-6, 
170,  195. 

Apollonidès  de  Nicée,  22,  35,  n.  2,. 

'  48,  58. 
Apollonius  de  Tyr,  21,  27. 
apophtegmes,  43,  58. 
Apulée,  19. 
Arabie,  153. 
Archytas,  136-io.  242. 
Areios  Didymos,  34. 
Argos,  158. 
Arignote,  14,  247. 
Arimneste,  248. 
Aristippe,  53. 

'Api'aTtTTTroc;  (pamphlet),  43,  57. 
Aristocratès,  185. 
aristocratie,  IO6-5,  153  s. 
Ariston,  59. 

Aristote,  20  s.,  31,  57,  59,  61,  144-5,. 

195,  232  ss. 
Aristoxène,  142-i,  160, 168,  195,  250. 
arithmétique,  113-6, 172. 
arilhmologie,  199. 

àp[j.ovîa.  128-1  et  4,  130-8  ss.,  229;  cf. 

accordements. 
Aston,  108-16.. 
astres,  126-4,  207. 
astrologie,  207,  226  s. 
astronomie,  204,  207  s. 
Athénée,  33. 


—  256  — 


athlète,    homonyme    de  Pythagore, 

143-G  ss.,  144-7,  174  s.,  252  s.  ' 
Aulu-Gelle,  19,  33. 
Aurigalli  codex,  91. 

autel  non  sanglant  de  Délos,  115-i, 

122-10,  176  ss.,  196. 
aÙTÔc;  ecpa,  142-9,  252. 

B  (codex),  63  ss. 
bains.  130-15,  229,  232. 
Basilide,  54. 
bélier-,  121-G,  192. 
(3£v6oç,  129-1,  236. 
piatoeàvaxoi,  225. 
Bitala,  161,  247  s. 

blanc,  '13,  120-i,  132-g,  190,  229,  231  s., 
288. 

bœuf  laboureur,  121-6,  192  s. 

bœuf  de  pâle,  174. 

boisseau  (symbole),  117-9,  119-1. 

bouclier  d'Eupliorbe,  107-io  ss.,  141-3, 

154,158  s. 
Branchides,  iOT-o,  154. 
bronches  (àprript'at),  129-i,  224. 
Brontinos,  138-8  s.,  165,  246. 
Ppwxà  xpÉata,  130-15,  229. 

C  (codex),  92  s. 

xaxoxey  vÎT)  (de  P.),  108-5,  159. 

Callimaque,  41. 

canon  (monocorde),  113-6,  172. 
Carnéade,  53. 
Carystos,  246. 
Casas,  171. 

KaxâSaaiç  sU  "AtSou,  cf.  Descente. 
Caucase,  171. 

Ceratinos  (autel  de  Délos),  115-2. 
cercle,  132-ii. 

«  cerc'e  de  nécessité  »,  115-6, 177  s. 
Cercops,  165. 

Chalcidique  de  Tlirace,  142-2. 
Chaldéens.  105-2,  152  s. 
chaleur, source  de  vie.  126-5,207  s.,  213. 
champ  fie  fèves,  136-6,  137-9,  141-9, 

242  ss. 
chants,  123-9,  197. 
Charondas,  117-^,  154,  185. 
Chevelu  (P.  le),  27,  143-7  ss.,  253. 


cheveux  coupés  (symbole),  118-4. 
chevreau,  121-4,  192. 
chien  battu  (anecdote),  134-2,  240. 
chroniques,  40,  55  s. 
chronologie  de  la  vie  de  P.,  140-4  ss., 
141-11,  143-6,  150  s.,  249  s.,  252  s. 
Xpuffa  "Eitri,  14,  163. 
Chrysippe,  53,  59. 
X6dvtoç  ('Epfxrjç),  129-8,  228. 
citations  de  Diogène,  10  s.,  44. 
Cléanthe,  59. 

Clément  d'Alexandrie,  28,  30  ss.,  44,  96. 
Cléobule,  61. 
Cléonyme,  103-ii. 
Clinias,  167. 
Clitomaque,  52  s. 

cœur  (abstinence  du),  H7-9,  119-5  et  9, 
188  s. 

xoivà  xà  cpîXwv,  111-6,  168. 
colère,  120-8,  123-8, 190,  197. 
KoixTQXTjç  (P.),  cf.  Chevelu. 
Comiques  (auteurs),  43,  58, 134  s.,  240. 
communauté  des  biens,  III-7,  123-5, 

168  ss.,  196. 
compilations  biographiques,  15. 
KoTii'Se;,  43,  109-4,  240. 
coq,  121-3,  192,  231  s. 
coq  blanc,  23, 132-2  s.  et  5  s.,  238. 
Cornutus,  53. 

Corrections  dans  les  manuscrits,  93. 
Cosas,  171. 

cosmogonie,  127-i  ss.,  209  ss. 
KoŒfxoç,  125-3,  144-4,  203  s.,  227,  253. 
couvertures  (symbole),  H7-io. 
couvertures  (couleur  des),  120-4, 190. 
Créophyle,  104-8,  151. 
Crète,  i05-s.  153. 
Cronos,  104-i.  149  s. 
Croton,  246  s. 

Kpoxwv,  écrit  de  P.,  108-14,  165. 
Crotone,  IO6-3,  122-4,  136-4,  183,  194, 

241,  246. 
cuisse  d'or  (de  P.),  112-7,  171. 
Cylon,  137-5,  144-6,  243  s.,  253. 
Cyniques,  176. 

cyprès  (cercueil  de),  112-5,  170. 
Cyrénaïques,  31. 


—  2ri7  — 


D  (codex).  76-89. 
Dame  platonicienne,  8,  35. 
Damo,  U,  138-10  ss.,  161,  247  s. 
Danion,  U. 

dccouverles  de  P.,  cf.  eûp-rifjLaxa. 
dédicace  (de  l'ouvraij^e  de  Dioi^cne),  8, 35. 
définitions  mathématiques,  144-i,  253. 
Délo.s  115-2,  137-4,  150,  176,  178,  243. 
Delphes,  109-2,  121-8,  158. 
Démêler  (temple  de),  116-io,  183. 
Démétrins  de  Magnésie,  16-19,  29,  41. 

48,  52,  57,  163. 
Démocrite,  44  s..  52. 
démons,  123-i,  129-13,  227  s. 
Denys  d'Halicarnasse,  48. 
Denys  le  Tyran,  243. 
Descente  aux  Knfers  d'Orphée,  165. 
—  de  Pythagore,  121-9, 135-r>,  137-15  ss., 

155  ss.,i81,19i,  241,245. 
deuil,  130-u,  229. 

StaSoyai'  des  Écoles  de  philosophie,  12, 
17's.,  21,  29  s.,  35,  40,  51  ss.,  139-3, 
145-8,  248.  250.  253  s. 

Dieu-harmonie,  130-9,  229. 

Dioclès  de  Magnésie,  16  s.,  27-31,  48. 

Dioclès,  pythagoricien,  142-3,  250. 

Diodore.  96, 160. 

Diogène  d'Apoilonie,  52. 

Diogène  le  Cynique,  29,  58  s. 

Diogène  Laërce  : 

Époque,  7  s.  ;  méthodes  de  travail, 
40  ss.;  noms,  5  s.;  œuvres,  7  s.; 
personnalité,  34  ss.;  Histoire  de  la 
philosopfiie  ;  commentaires,  98  s.; 
composition  de  l'ouvrage,  9-49;  cri- 
tique, 43  ss.  ;  éditions,  97  s.  ;  éten- 
due du  sujet,  53  ss.;  plan,  50  ss.; 
rubriques,  54  ss.;  sources,  40  ss.; 
46  ss.;  tradition  manuscrite,  63  ss. 

Stoi'x-nai;,  126-9,  209. 

Dion,  184. 

Dioscoride,  48. 

divination,  121-i,  123-8,  130-2,  192. 
divinisation  de  P.,  112-6,  116-i,  138-5, 

170,  180,  245,  252. 
documents  historiques,  41. 
doxographie,  40,  60  s. 


droit  naturel  des  animaux,  175. 
droit  romaitï,  219, 

'KxeTvoç  (  =Pythagorc),  252. 
èxxÀTidi'a  (les  Pythagoriciens,  138-î,  245. 
Échécrate,  142-2,  250. 
écrits  de  P.,  107-111,  II6-1,  159-168. 
écrits  pythagoriciens,  cf.  Û7ro|AVT^[j.aTa. 
éducation  des  P.,  117-2, 185,  191. 
Égypte,  104-2,  105-2  et  e,  149,  151  .ss., 
178. 

£t[JLap[X£VT),  126-8,  209. 

éléments,  li5-d,  201  s. 
Éleusis,  230  s. 
Élien,  33. 

illioo  TTuXat,  128-10,  220  s. 
'HXoôaXîiç,  écril  de  P.,  lOS-u,  164. 
embryologie,  216-219. 
Empédocle  le  philoso|)he,  21,  29,  39,  40, 

42,  44,  52,  139-i  s.,  145-io,  248, 

253  s. 

Id.  (son  grand  père),  174. 
encyclopédies,  18,  41. 
£vSEla6at,  115-7, 178. 
Énésidème,  35,  49. 

Enfers,  107-6,  122-i  ss.,  135-s,  154  ss., 

194,  -225  s. 
ensevelissement  (rites  d'),  470,  232. 
Épaminondas,  IO8-9. 
épée  (symbole),  117-8,  II8-5-7. 
Épicharme,  108-ii,  164. 
Épicure,  22,  29,  31,  36,  40,  42,  45,  48, 

52,  54  s.,  57,  60  ss.,  145-9,  167. 
Épigrammes  de  Diogène,  7,  25,  37  ss,, 

58 

Épiménide,  42,  59,  61,  105-s,  153. 
Ératoclès  (?),  144-9. 
Éraloslhcne,  26  s.,  40,  56. 
Tip£{j.£Tv  (de  l'âme),  129-5,  224. 
Érinyes,  129-12,  225. 
eschatologie,  129-6  ss.,  225-228. 
Eschine  le  Socratique,  59. 
ésotériques,  169  s. 

éther,  127-i  ss.,  129-3,  202,  212,  223. 
ethnographie,  186,  238. 
Étrusques,  14,  147  s. 
études  de  P.,  104-106. 


Tome  XVII.  —  Lettres,  etc. 


17 


—  258  — 


Eubulide,  49, 

euSaijjLovelv,  130-5,  228. 

Eudoxe,  10,  54,  59. 

Eumélus,  49. 

Eunomos,  104-3,  149. 

Euphorbe,  107-2  s.,  7,  u,  141-3, 154-159, 

182. 
Euphron,  148. 

eupT^fjLaTa,  dans  les  biographies,  29,  41. 
47,  56. 

tupTiixaxa  de  P.,  168  ss.,  172,  177  ss., 
253. 

Eurymène,  144-4,  174,  177. 
Eurytos,  142-4,  250. 
Eusèbe,  30,  33. 

EùaEpeiaç  (Tcepl),  écrit  deP.,  108-13, 164. 
Euthyclès,  185. 
Euthyphron,  103-n. 

examen  d'admission  dans  la  Société 

pyth.,  122-1,  169. 
examen  de  conscience,  122-7,  196. 

F  (codex),  64  ss. 

famille  de  P.,  103  s.,  138  s.,  149  ss., 
246  ss. 

fantômes,  129-6,  225. 

fardeau  (symbole),  117-io,  187. 

Favorinus,  16-21,  33,  35,  46  s.,  49,  56. 

feu  central,  231,239. 

fèves  (abstinence  des),  119-9,  123-io- 
124-4,  131-1-6,  141-7,  188  s.,  195, 
197  s.,  211,  231,  239;  cf.  champ. 

folklore,  238. 

formes  géométriques,  124-io,  200  s. 
formules  de  clôture,  62  s. 
fr.  (frobeniana  editio),  91. 
frontières  (symbole),  118 -s,  119-4,  186. 

G  (codex),  76-89. 
Galien,  22. 
Ps.-Galien,  33. 
Gaule,  153. 
Y£veoc,  250. 

géométrie.  113-3  et  s  ss.,  124-io,  172  s., 
200  s. 

gestation,  127-15-128-5,  216-219. 
Gètes,  104-4,  149,  246,  n.  1. 


gloutonnerie,  llO-s,  123-7,  197. 
Ypacpii  de  P.,  II6-1, 155, 180  s. 

H  (codex),  93. 
harmonie,  cf.  accordement. 
harmoniques  (lois),  172. 
hécatombe,  113-8  ss.,  173. 
Hélicaon,  185. 
Héraclide  Lembos,  29  s. 
Héraclide  Pontique,  43,  52,  56  s. 
Héraclite,  61,  254. 

Hermès,  IO6-7  s.,  107-4, 129-7,  154,  225. 
Hermippe,  34,  43,  57,  59. 
Hermodamas,  104-7, 151. 
Hermotime,  107-8-14, 154,  158  s.,  182. 
héros,  123-1,  129-i5,  130-io,  131-8,  227- 
280. 

Hésiode,  121-9,  144-5, 194. 

Hespéros,  115-9,  178. 

Hésychius,  13  s.,  17,  19  ss.,  24  s.,  27, 

31,  59,  96. 
hiérarchie  divine,  123-i,  130,io,  196, 

229  s. 
Hipparque,  161,  247. 
Hippase,  ancêtre  de  P.,  103-n,  148. 
Hippase,  pythagoricien,   138-ii,  161, 

247,  n.  2. 

Hippase,  adversaire  de  P.,  IO8-15, 166. 
Hippobotos,  17,  21,  27-30,  34,  51,  53. 
Hippolyte,  31,  33. 
hirondelle  (symbole),  II8-3. 
historien,  homonyme  de  P.,  143-3. 
Homère,  122-i,  143-5, 194. 
homonymes  (rubrique  des  biographies), 

10,  16, 19  s.,  26  s.,  29,  41,48,  59. 
homonymes  de  Pythagore,  114-7, 142-5- 

143-4,  175  s.,  251  s. 

Ida  (mont),  105-6,  153. 
lepov,  186  s. 

'hpo;  Adyoc;  orphique,  165. 

—  de  P.,  en  vers,  108-n,  163  s.,  167, 
196, 198,  226,  228. 

—  de  P.,  en  prose,  161,  164. 

—  parodie,  165. 
imagerie,  57. 

immortalité  de  l'âme,  127-8,  214  s. 


—  2: 


\m  — 


incendie  de  la  Salle  des  séances  des  P., 

136-5,  137-11,  241-244. 
Inde,  153. 

initiations,  iOo-i,  l31-«,  231  s. 
intervalle  des  réincorporations,  181  s. 
ionienne  (philosophie),  51, 103-0. 
taofjLOtpt'a,  125-r;,  *205  s. 
îffxoptT)  de  P.,  108-1,159,  166. 
Istros,  49. 

Italie.  106-Ô,  137-i  et  i3,  145-s. 
italique  (philosophie),  52,  103-8. 
ivrognerie,  110-3,  120-6,  190. 

Jalysos,  231. 

jeunesse  (définition),  132-12. 
joug  (symbole),  117-9, 118-8. 
Judée,  153. 
Julis.  232. 

Justiis  Tiberiensis,  49. 

l  (traduction  latine),  93  s. 

Lacédémone,  153. 

laine,  120-i,  190,  193. 

légumes,  120-3, 190. 

Lemnos,  147. 

Léodamas,  151. 

Léon,  tyran,  109-5, 148, 165. 

Léophron,  246. 

Lesbos,  103-14. 

Lettres  citées  par  Diogène,  61. 
Lettres  des  Vit  Sages,  41. 
Lettre  de  P.,  144-io  ss.,  253. 
liens  de  l'âme,  129-5  ss.,  223  s. 
lin,  120-s,  190. 
Linus,  50. 

livres  pythagoriciens  (les  trois),  116-6, 

183  s. 
Locres,  185. 
Lucaniens,  116-3, 182. 
Lucien,  96,  160.  . 
lune,  126-6,  208. 
Lycon,  52  s.,  57,  61  s. 
Lycosura,  231. 

Lysis,  108-8,  136-n,  138-io,  161,  163, 
183,  185,  242,  247  s. 

Mages,  105-s,  152  s. 
magie  de  P.,  133-9. 


main  (syinhole),  HH-«  s. 

maison  de  P.,  116-io,  183. 

maître  de  gymnastique,  homonyme  de 

P.,  114  7,  142-7.  175,  251. 
maladie  (délinilion)  133-i. 
Mamerctis,  148,  248. 
manuels  employés  par  Diogéne,  31, 

33,  63. 

manuscrits  anciens  de  Diogène.  63  ss., 
70  ss..  95. 

—  récents,  67  ss.,  75  ss.,  100. 

—  d'Excerpta,  66,  70  ss.,  75.  100. 
Marmacus,  103-ii  s.,  148,  248. 
marmite  (symbole),  117-ii. 

matrice  des  animaux  (abstinence  de), 

12ii-i,  188. 
médecine,  113-7,  172  s.,  233  ss 
médecin,  homonyme  de  P.,  143-2. 
Mèdes,  145-2. 

mémoire  (exercice  de  la),  123-8,  197. 
mémoire  de  P.,  106-9-107-ii,  154  ss. 
Mèn,  132-2. 

Ménélas,  107-3  et  lo,  155. 
Ménippe,  54. 
Ménodote,  49. 
Ménon,  247. 
Messapiens,  116  182. 
|jL£xapocXX£tv,  125-2,  202,  234  s. 
Métaponte,  116-io,  137-i  et  s,  183,  243  s 
246. 

métempsycose  (doctrine  de  la),  115-6, 
116-1,^  134-2  ss.,  177  s.,  229,  240, 
246,  n.  1. 

métempsycoses  de  P.,  106  s.,  154  ss., 
181. 

Métrodore,  164. 
miel,  120-1  s.,  189  s. 
miettes  de  la  table,  131-7  ss.,  238. 
Milet,  144-15. 
Milon,  136-2,  242,  247. 
miraculeuse  (littérature),  156  ss. 
Mnésarque,  14, 103-8,  IO8-1, 148,  246  ss. 
mœurs  (rubrique  des  biographies),  57. 
Moiris,  113-3,  172. 
monocorde,  cf.  canon, 
monuments  figurés,  41. 
mort  des  philosophes  (rubrique  des 
biographies),  58  s. 


—  260  - 


mort  de  P.,  136  s.,  140-i,  Ul-e  ss.,  241- 
2-44. 

Mouae"tov,  ilô-n,  183. 
J\luia,  U,  247. 
Musée,  50. 

Muses  (temple  des),  137-i,  183. 
musicien,  homonyme  de  P.,  142  s,  251. 
Muaxixèç  Ao'yoç,  43,  108-13,  165. 
Mycènes,  158. 
Myllias,  243  s. 
Myron,  16. 
Myronianus,  49. 

Nausicydès,  12,  52. 
Nausiphanès,  52. 
nerfs,  221. 

Nessos  (salut  du  fleuve),  112-8,  171. 
Nicias  de  Nicée.  23,  27. 
Nicomaque,  28,  30. 
Ninon,  165. 
noir,  132-6.  238. 
nombres,  124-6  ss,,  198  ss. 

Vo'jJLlf)  PoTjÔE'lV,  123-i,  196. 

voOç,  128-12  ss.,  222. 
noviciat,  169. 

vuxxsptvT)  àxpoaai<;,  116-8,  183. 
Numa,  182. 

Oblade  (pieXàvoupoc;),  119-9,  188  s.,  232. 
Ocellus,  160,  234. 
ôSotuopÎTi,  123-7,  195,  197. 
œufs,  131-1,231. 

Ot/vOVO{JLtXOt  (ol),  160. 

ô'Xov  (TOI,  164,  239. 

"OXo'j  (Trepl Toijj,  écrit  de  P.,  108-n,  164. 
Olympie,  165,  171. 

ongles  crochus  (animaux  aux),  sym- 

'bole,  118-3. 
«  Oppositions  »,  205. 
"Opxioc;  (Zeus),  129-7,  229. 
Orphisme,  37,  50.  109-5,  158,  164,  178, 

208,  225,  231  s. 
ortie  de  mer  (àxaXi^cpTj),  188. 
o'jToi;,  pour  désigner  le  personnage  de 

la  biographie,  27, 114-8,142-8,143-6, 

144-1  et  s. 
Ovide,  160. 


ovipares  (animaux),  i31-i,  230 

P  (codex),  64  ss. 
TcatÔapTôcv  (?),  191. 

IlatSEuxty.dv,  écrit  de  P.,  108-7,  160  s., 

166  ss.,236. 
pain,  120-2,  189  s. 

-  (émietter  le),  132-7,  238  s. 
nâ[ji.(jiexpoç  de  IHogène,  cf.  Épigrammes. 
Pamphila,  18,  31,  49,  56. 

Papyrus  d'Herculanum,  96. 
Trap'  TifjLwv  (6),  22  s.,  35,  n.  2,  48. 
Parménide,  10,  n.  1,52, 144-5, 157,  n.  1, 
178  s. 

paroles  (nature  des),  129-2,  223. 

TreSapxav  (?),  191. 

Peithagoras,  252. 

TrsXapYav.  73,  n.  1,  121-i,  191  s. 

UétzXoç,  écrit  orphique,  165. 

Périandre,  61. 

Pétélie  (tablettes  de),  178. 

Peucétiens,  116-i,  182. 

<ï>  (Exerpta),  66  ss. 

Phanton.  142-2,  250. 

Phérécyde,61,  l04-iet6.137-4, 150  s.,  243. 

(ptXt'a  taoxTiç,  111-7,  130-10,  168. 

Philodème,  49. 

Philolaos,  54,  116-5,  142-4,  460,  163, 

182  ss.,  203  s.,  250. 
«  philosophe  »  (nom  dei,  50  s.,  109-6  ss., 

165  s. 

Phlionte,  103-12,  109-6,  142-3  et  7,  148, 

165  250  s. 
Phlionte  (P.  de),  142-7,  251. 
Phosphoros,  115-9,  178. 
cppsvEç,  128-15  SS.,  222. 

<I>UCTtXOl  (ol).  160. 

<ï>uaixà.  écrit  orphique,  165. 
<ï)uat>cov,écriideP..108-4et7,159ss.,236. 
Phytios,  185. 
pieds  nus,  231, 
Pittacus.  61. 

plantes  (nature  des),  127-5,  213. 

—  (respect  dû  aux),  123-4,  196. 
Platon,  18,  20,  29,  31,  35  ss.,  38,  42,  55, 

60  s.,  160. 
TrXàCsaÔat,  129-c,  236. 


Plularquo,  M,  -19. 
Plutoii,  13a-s. 

poids  et  inosures,  115-8,  178. 
poissons  (absliiicnce  des),  119-8,  l'JO-i 

et.-,,  13-2-1,  188  ss.,  231,  238. 
rioXtxtxoî  (ol),  IGO. 

lloXtxixo'v,  écrit  do  P.,  108-;,  160  s.,  236. 
politique  (rubriniuî  des  biographies),  ;)6. 
politique  des    Pythagoriciens,  106-îs, 

136-1, 153  s. 
TToXufjLaOetTi  de  P.,  108-3,  159,  162,  166. 
Polycrate,  105-2,  106-2,  151  ss. 
Polymnaste,  142-3,  250. 
no(lîr£Ûc:  (Hermès),  129-8,  228. 
porcelet,  121- 1,  192. 
TTo'poi,  cf.  nerfs. 
Porphyre,  19,  30  s.,  33,  96. 
Potamon,  31,  51,  54. 
présages,  129-ii,  228. 
prêtres  égyptiens,  104-2,  149. 
prier  (manière  de),  110-2. 
Trpovoia,  126-7,  208. 
Protagoras,  52. 

W^jxn^  ('^ep'),  écrit  de  P  ,  IO8-13, 164. 
psychologie,  127-5  ss,  128-12,  129-s, 
222  ss. 

noXaloç  (Hermès),  129-8,  228. 
pureté  (définition  de  la),  130-i2,  229. 
purifications,  130-2  et  i3,  228. 
Pyrrhon,  52. 

Pyrrhos,  107-T3  ss.,  154,  182. 

Pythagore  :  passim.  Cf.  surtout  :  chro- 
logie,  divinisation,  écrits,  études, 
eupTQfxaxa,  famille,  métempsycoses, 
mort,  politique,  régime,  sacrifices, 
société,  voyages,  etc. 

Pythagore  (étymologies  du  nom),  122-6, 
194. 

Pythagoriciens,  passim;  surtout,  142- 1 

'  ss.\  145-7,  250,  254. 
Qu6ayop£iot  (ol),  sens  spécial,  184. 
nuBayopiatai',  135-4  et  6. 
Pythonax,  247. 

Q  (codex),  65,  67. 

qualités  physiques,  125-6,  205,  212. 

quartier  de  P.,  116-n,  183. 


Railleries,  120  7,  190. 
références  dans  Diogène,  7,  45. 
régime  de  P.,   114-i»  ss.,  119-121, 

135-n,  140-8-16,  175  ss.,  188  ss., 

192  s.,  240. 
régime  des  athlètes,  114-.-,  ss.,  140-3  ss,, 

174  s.,  252. 
reproduction  des  animaux,  127-!)  ss., 

215  s. 
respiration,  214. 
Khégium,  185. 

Khégium  (P.  de,  statuaire),  142-ii. 
rhéteur,  homonyme  de  P.,  143-2,  252. 
rhétorique  pythagoricienne,  109-i,  130-i, 

134-  9,  228,  240  s. 

rire  (défense  de),  123-6,  197. 

rognures  d'ongles  (symbole),  118-*. 

Romains,  116-4,  182. 

pooç,  130-6,  228,  236. 

rouget  (£puO"tvo;),  119-8,  130-is,  188  s. 

route  (grand'),  symbole,  II8-2,  186. 

S  (Excerpta  de  Diogène  dans  Suidas). 

66  s.,  72  s. 
Sabinus,  49. 

sacrifices,  113-8,  115-i,  121-3,  122-io, 

135-  2,  192  s.,  196. 
Sages  (les  VII),  51,  59,  61. 

saisons  (formation  des),  125-7  ss.,  205. 
saleté  des  P  ,  135-io  ss.,  240. 
Samos,  103-9  et  13, 104-7,  IO6-1,  183. 
Samos  (P.  de,  statuaire),  143-i. 
sang,  129-1,  223. 
santé,  130-8,  133-i. 
Sara,  247. 
satire,  244  s. 

Sceptiques,  17,  31,  35,  39,  45,  49  ss., 

53  s.,  60. 
sceptre  de  Zeus,  112-3,  170. 
Scholies  de  Platon,  13,  n.  1,  14,  17, 

26,  96. 

secret  (précepte  du),  116-i3,  138-i2  ss., 

142-8,  160,  180,  184,  251  s. 
sectaire  (littérature),  40,  42,  57. 
Sectes,  40,  51-54. 
sel  (emploi  du),  133-2. 
sel  (origine  du),  133-3. 


—  262  — 


sensations,  128-6  ss.,  219  ss. 
serment,  122-n,  196,  229. 
Sextus  Empiricus,  35,  49. 
siège  (symbole),  H8-i. 
silence  de  cinq  ans,  111-8,  169. 
Sillographes,  43,  58,  133-7. 
Simplicius,  33, 
(TtveaÔat,  123-s,  195. 
Six  (cube  de),  181,  217,  n.  1. 
Six   Cents  (disciples  de  P.),  116-7, 
182  s. 

Société  pythagoricienne,  154, 160, 168 ss. 

Socrate,  52,  55,  144-2  et  e,  205,  n.  1. 

soleil,  126-4,  127-1,  210. 

Selon.  57,  61. 

songes,  124-3,  129  i*. 

Sosicrate,  27,  30. 

solériologie,  158,  170. 

Sotion,  22,  o8. 

souffles  de  l'âme,  129-2,  223. 

sperme,  127-io,  216. 

Speusippe,  59. 

sphère,  132-h. 

(jxâdEiq  parmi  les  P.,  200  s. 

statuaires  (homonymes  de  P.),  142-!o, 

143-  1. 
axotyelov,  125-1,  202. 

Stoïciens,  19,  31,  36,  42,  48,  53,  57, 

144-  4,  175,  235. 
Straton,  51,  61. 

suicide  (de  P.)';  137-6,  244. 
Suidas,  13,  n.  1,  14,  17,  25,  96. 
auaTTifj.a  (de  P.),  141-12,  250. 
Symboles,  97,  117-119,  186  s. 
Syracuse,  137-7  et  lo,  244. 

T  (codex),  89  ss. 
tabou,  186  s. 

Tarente,  108-8,  136-ii,  137-ii,  142-4, 
244. 

Télaui>ès,  12,  14,  52,  139-3  et  7,  145-9, 

161,  247  s.,  253  s. 
tendons  (vsupa),  129-4,  224. 
tension  et  relâchement,  123-7,  197. 
terre,  125-3,  144-4,  205,  253. 
testaments  (des  philosophes),  41,  61. 
Thaïes,  25,  59,  61,  158,  n.  1,  174. 


Théano,  138-8,  139-6  et  8,  145-9,  244, 

246  ss. 
Thèbes,  IO8-9. 

Théétète,  épigrammatiste,  143- 10. 
Théétète,  pythagoricien,  185. 
Thémistoclie,  109-8,  121-8. 
Théoclès,  185. 
Théodoriens,  31,  53,  60. 
Théodose,  49. 

Théophrasle,  31,  40,  51,  59,  61  s. 

0£lOp7JXtXOt  (ol),  160. 

Oeou  cpwvat,  116-1,  179  s. 

6vT)a£toia  xpéaxa,  130-is,  229,  231. 

eu^dç,  128-15  ss„  222. 

Thuries,  246. 

Timarate,  185. 

Timarès,  185. 

Timée,  pythagoricien,  185. 

Timon,  43,  58. 

Timycha,  243. 

torche  (symbole),  II8-1. 

traduction  latine  de  Diogène,  cf.  /. 

transmutation  des  éléments,  152-2, 

201  ss.,  212. 
trigle,  120-1,  130-i5,  188,  232. 
tristesse,  119-5,  123-6. 
Troie,  l07-io. 

Trois  Cents  (disciples  de  P.),  106-4, 153  s. 
troubles  antipythagoriciens,  241-244, 
253. 

Tyrrhénien,  103-9,  147  ss. 
Tyrrhénos,  104-3,  149. 

'rTro[JiviQ{j.axa  '/ruôayopixà,  30,  12i-6, 
133-s,  138-13,  161,  184,  198  ss.,  236, 
n.  3, 

utj^taxoc:  (6),  129-10,  225  ss. 
uriner  (symbole),  II8-2  et  4,  186. 

Varron,  160. 

veines,  129-4.  224. 

Vénus,  planète,  178  s. 

«  Vers  dorés  »,  cf.  Xpuaà  "Eut). 

vertu,  130-8. 

vêtements,  120-4,  130-ii.  190,  231. 
vie  (origine  et  essence),  127-4  et  s,  213. 
vieillesse  (définition),  132-i2. 


vieillesse  (honneurs  dus  à  la),  \'i'i~\<i, 

m. 

vue  de  Pytliaijore,  112-i,  I16-.s, 

169,  183,  'm  s.,  m. 
vision  (théorie  de  la),  l28-o  ss,,  "219  ss. 
«  voix  de  Dieu  »,  cf.  Heou  cptovat. 
voyages  de  P.,  10i-d06,  i51  ss 

Xénocrate,  59. 

Xénophane,       37,  52,  253  s. 
Xénophile,  117-i,  142-i,  185,  250. 


Xénoplion,  55. 

Zacynlhe  (P.  de),  musicien,  142-8,  251 
Zaleucus,  117-4,  154,  185. 
Zamolxis,  104-*,  149,  245. 
Zaras  ou  Zaratas,  cf.  Zoroaslre. 
Zéuon  de  Ciltiutn,  57,  59. 
Zenon  d'Elée,  GO. 
Zeus,  129-7,  229. 
Zeuxis,  49. 
Zoïle.  104-1. 

Zoroastre,  14, 160  s.,  200,  n.  1,  211 ,  n.  2 


TABLE  DES  AUTEURS 

CITÉS  DANS 

L'INTRODUCTION,  LE  TEXTE  DE  DIOGÈNE  ET  LE  COMiUENTAlRE  (i). 


Aëtius,  I,  3-8  :  198.  —  I,  8-2  :  227.  — 
I,  9-2  :  203.  -  I,  14-2  :  202.  — 
I,  15-5  :  202,  204.  —  I,  25-2  :  209.  — 

I,  25-.->  :  209.  —  II,  l-i  :  203.  — 

II,  6-2  :  202.  —  II,  6-0  :  201  s.  — 
II,  25-14  :  208.  —  II,  28-0  :  208.  - 
II,  29-i  :  208.  -  IV,  4-1  :  222.  - 
IV,  5-10  :  222.  -  IV,  7-d  :  204,  208, 
226.  —  IV,  9-10  :  202,  221.  -  IV, 
13^9  :  210.  -  V,  l-ô  :  192.  —  V, 
3-2  :  216.  -  V,  4-2  :  216.  —  VI, 
14-3  :  221. 

Africanus,  —  Eusèbe,  Chron.,  I,  p.  200  : 
27,  n.  1. 

Albinus,  Inst.  de  Plat,  doclr.,  14  :  221, 
n.  1. 

Alcméon,  fr.  4  :  206.  -  Vors.,  133-54  : 
224.  -  133-io  :  206.  —  134  :  216. 

Alexandre  Polyhislor,  sv  -zcCiq  Tôiv  ^Cko- 
aocpwv  Aiaôo)(^a^(;,  Diogène,  VIII, 
24  ss.  :  124-s,  133  -/.,  168,  175,  198- 
237.  —  Clément,  Strom.,  I,  69  :  30, 
n.  3.  —  Eusèbe,  Chron.,  I,  p.  29  et 
p.  35  :  3U.  n.  3. 

Ambroise,  De  virg.,  I,  4  :  242,  n.  2. 


Ammonius,  In  Categ.  Arist.,  p.  I-12  : 
51.  n.  1. 

Analolius.  De  décade,  pp.  5  s.  :  199. 
Anaxagore,  — Vor.y.,  390-4 : 209.  —  396-36  : 

222.  -  397-30  :  223.  -  398-i  :  216. 
Anaximandre,  —  Vors.,\l-^  et  21-7 : 211. 
Anaximandre  le  jeune,  —  Suidas,  s.  v.  : 

186,  238. 

Anaximène,  —  For^., 24-ii  :  207.— 25  7: 
208. 

Androcyde,  —  Jamblique,  V.  P.,  145  : 
167.  -  Tfiéol.  Ar.,  p  40  :  157.  -  Try- 
phon  (Rhet.  gr.,  III,  193)  :  186,  189. 

Anthologie  Palatine,  VII,  95  :  5. 

Anticlide,  ev  ^'  Ttepl  'AXs^àvopou,  Dio- 
gène,  VIII,  11  :  113-i,  172. 

Antiphon,  èv  xqj  Tispt  xwv  év  àpexf^ 
Ttpwxôuaàv-wv,  Diogène,  VIII,  3  : 
105-i,  151  s.  -  Porphyre,  V.  P., 
7-9  :  149,  151.  183. 

Antonius  Diogène,  —  Lydus,  De  mens,, 

IV,  42  :'2I1,  239*  -  Porphyre, 

V.  P.,  10  :  148.  —  11  :  152.  -  12  : 
161.  -  36  :  174.  38  :  199.  -  44  : 
211,  239. 


(1)  Cette  table  ne  contient  pas  les  noms  des  auteurs  cités  sous  l'apparat  critique 
de  l'édition,  parce  qu  elle  en  eût  été  surchargée.  L'abréviation  Vors.  désigne  la 
troisième  édition  des  Fragmente  der  Vorsokratiker  de  Diels. 


—  iLi 


h}  — 


Apollodoiv,  -  Diogi^iu»,  VIll,  1^2  :  1 13-7, 
173.  -  Alhônée,  X,  418  F  :  173.  - 
Pluiarque,  Non  passe  .siiav.  vivi..., 
11  :  173.  —  8lobée,  Ed.,  I,  24  :  179. 

Apollonius  de  Tyane,  —  Jainbli(|iii\ 
V.  P.,  7  :  194.  —  11  :  151  s.  -  13  : 
176,  193  -  25  :  153,  176.  -  68  : 
176.  -  69  :  175  s  ,  193.  -  71-73  : 
169.  -  254  : 154.  -  Porphyre,  V.  />., 
2  :  151. 

Apollonius,  Mirab.,  6  :  171. 

Apostolius,  Prov.,  II,  652  :  71. 

Apulée,  Apol.,  56  :  90.  —  Flor.,  II,  15  : 
1.^0-153.  -  De  mundo,  '11  :  226.  — 
De  Plat.,  1,  12  :  2-i6. 

Archélaos,  -  Vors.,  411-2  s.  :  211,  223. 

—  41^2-2:211.  —  412-7:222. 
Archytas,  —  Vors.,  330-18  :  220.  —  Jam- 

biique,  frotr.,  4  :  210. 
Aristarque,  —  Clément  d'Alexandrie, 

Strom.,  I,  62  :  147. 
Aristide  Quinlilien,  De  mus.,  III,  p.  142  : 

218. 

Arislippe  de  Cyrène,  sv  xqj  izepl  tôîv 
<I>uGioXoyicov,  Diogène,  VIII,  21  : 
122-3,  194. 

Aristophane,  âv  xo'tç  "Hpwcrc,  Diogène, 
VIII,  34  :  131-8. 

Aristophon,  IluôayoptaT'^,  Diogène,  VIII, 
38  :  135-i,  135-11,  156. 

Arislote,  De  an.,  A,  2,  205  />  24  :  213, 
n.  2.  —  De  cœlo,  B,  2,  285  b  22  : 
205.  -  Met.,  A,  5  :  219.  -  A,  986 a4  : 
202.  —  A,  987  a  2  :  202,  233.  - 
A,  989  b  28  :  203.  —  A,  990  a  16  : 
202,  n.  2,  233.  -  Z,  2,  1028  b  16  : 
200.  -  N,  3, 1090  b  5  :  200.  —  Phys., 
A,  6,  213  b  22  :  204.  —  Fragments 
dans  :  Aulu  Celle,  IV,  11  :  188.  — 
Damascius,  De  princ,  II,  172  :  236. 

—  Diogène,  VIII,  13,  sv  Aï)X''cov 
Tzoladcf  :  115-i,  177.  -  19  :  H9-9, 
188.  —  34,  £v  -rq)  Tcspt  xôov  xuâ[Jt.ajv 
(chapitre)  :  131-5. 133-6, 188, 237,  n.  1 . 

—  Elien,  V.  H.,  11,  26  : 170  s.,  188.— 
IV,  17  :  170  s.,  180,  188,  230.  - 
Jamblique,  V.  P.,  82  :  180,  210, 


238  ss.  -  83  :  230.  —  85  :  193,  195, 
2;H.  —  Simplicius,  (jOtiun.  in  Ar.  de 
cœlo,  511-.10  ss.  :  210.  —  ♦  Grande 
Morale,  W,  15  :  168. 
Aristoxèiie,  —  Athénée,  11,  47  A  :  190.  — 
X,  418  K  ;  192.  —  Aulu-(;elle,  IV, 
11  :  18H,  192,  195.  —  Clément 
d'Alex.,  Slrom.,  1,  62  :  147.  —  Dio- 
gène, l,  118  :  150.-  VIII,  1  :  103-9, 
147.  -  VIII,  8  :  108-17.  -  VIII,  14  : 
115-8.  —  £v  0£y.âxt|j  riaiOEuxtxôJV 
No[xcov,  VIII,  15  : 116- 15,  160,  185.  — 
VIII,  16  :  117-1,  185.  -  VIII,  20  : 
121-5,  192.  —  VIII,  21  :  121-6,  192. 

—  VIII,  46  :  142-1,  250.  —  Ilippo- 
lyte,  Adv.  haer.,  I,  2-i5  :  160.  — 
Jamblique,  V.  P.,  97  :  189.  -  98  : 
188,  190,  192  s.,  213,  230.  -  99  : 
227,  229.  -  100  :  190,  230.  —  101  : 
191.-111  s.  :  197.  -  130  :  185.  - 
164  :  171.  —  172  :  185.  —  174  :  209. 

—  175  :  185.  -  196  :  197.  -  197  : 
190  s.  -  203  :  185.  -  231  :  191.  — 
241  :  182.  -  248  s.  :  185,  n.  2,  242. 

—  Porphyre,  V.  P.,  9  :  151,  453, 
250.  —  22  :  182.  —  Stobée,  Flor., 
43-79  :  185.  —  Theol.  Arithm.,  40  : 
157,  181. 

Arsenius,  Viol.,  p.  310  :  52,  n.  2,  247  s. 
Athénée,  1,  5  E  :  174.  -  IV,  161  :  240  s. 

—  Vif,  308  C  :  189. -VIII,  336  D  : 
58.  —  X,  427  D  :  238. 

Augustin,  De  civ.  Dei,  VllI,  8  :  52,  n.  1. 

—  XVIII,  37  :  250.  -  Ep.,  III,  137-3  : 
174,  253. 

Aulu-Gelle,  1,  9  :  160,  n.  2.  —  III,  17  : 
184.  —  IV,  11  :  250.  -  XIV,  6  :  19. 

Bacchylide,  X,  119  :  171. 
Basile,"^/rom.  IV  in  Hex.,  5  :  203. 

Gallimaque,  -  O.ujrh.  Pap.,  VII,  33 : 158. 

Censorinus,  De  die  nat.,  IV,  3  :  210. 

Chalcidius,  In  Tim.,  30  :  222,  n.  1. 

Cicéron,  Caton,  21-78 :  208.  —  De  fin., 
V,  2  :  183,  n.  2.  —  De  nat.  deor., 
I,  11-27  :  204,  208.  -  III,  88  :  174, 


—  266  — 


n.  1, 177.  —  De  rep.,  III,  II-19 : 175. 

—  Sonm.  Scip.,  4  :  226.  —  TuscuL, 
IV,  10  :  222.  -  V,  13-38  :  208. 

Cléarque,  —  Aulu-Gelle,  IV,  11  :  155. 

Clément  d'Alexandrie,  Strom.,  I,  63  : 
52,  n.  3.  —  I,  131  :  165.  —  III,  24  : 
190.  -  V,  28  :  231.  -  VII,  31  : 
177  s. 

Commentaire  de  Berne  à  Lucain,  p.  289, 
Us.  :  182. 

Cratinos,  sv  nuôayoptCouaTfi,  Diogène, 
VIII,  37  :  134-7,  240  s.  —  iv  Tapav- 
xi'voiç  :  134-8,  240  s, 

Démétrius,  —  Diogène,  VIII,  85  :  163. 
Démocrite,  fr.  171  :  228.  -  Vors.,  IP, 

p.  6-io  :  209.  —  39-11  :  229.  —  49-6  : 

211.  -  55-18  :  224. 
Denys,  —  Diogène,  VIII,  47  :  143-4. 
ûenys  d'Halicarnasse,  Ant.  Rom.,  II, 

58  : 175. 

Dicéarque,  —  Aulu-Gelle,  IV,  11 : 155.  — 
Diogène,  VIII,  40  :  136-u,  242  s.  - 
Porphyre,  V.  P.,  19  :  175,  213,  246. 

—  56  :  150. 

Didyme,  —  Clément  d'Alex.,  Strom., 

i,  80  :  246,  248. 
Diodore,  X,  3-4  :  150.  —  X,  5-2  : 190.  - 

X,  6-4  :  158,  n.  1.  -  X,  9  :  116  s., 

230.  —  X,  10  :  166,  n.  1.  —  X,  17  : 

176. 

Diogène  d'ApoUonie,  fr.  5  :  207.  — 
Vors.,  425-5  et  426-n  :  222. 

Diogène  Laërce,  I,  1  ss.  :  45.  —  3  :  36, 
43.  —  5  :  12,  36.  -  6  ss.  :  50.  - 
11  :  50,  62.  —  12  :  51,  165.  -  13  : 
51.-15  :  248,  253.  -  16  :  51,  163. 

—  20  :  45,  62.  —  23  :  62.  —  25  : 
158,  n.  1,  173.  -  30  :  45.  —  32  : 
45.-33:62.  -  38:48.-  39:37. 

—  53  :  62.  -  54  :  62.  —  60  :  229, 
n.  1.-  62:42. -63:7,  38,  48.— 
81  :  62.  -  82  :  45.  -  97  :  38.  - 
103  :  37.  —  104  :  42.  -  112  :  11, 
61.  -  114  :  62.  —  115  :  49.  -  118  : 
10.  -121  :151.  -11,1  :47.  —2: 
250.  —  5  :  253.  -  10  :  47.  -  11  : 
47.  -14:56,62.-20:47.-21  :  63. 


—  38  :  47.  -  39  :  45.  -  40  :  41. 

—  41  :  49.  -  42  :  49.  —  44  :  62. 

—  46  :  37.  -  48  :  56.  —  55  :  56, 
62.  —  57  :  45.  -  58  :  37.  —  59  :  11, 
49,  56.  -  65  :  7,  45.  -  68  :  45.  — 
85  s.  :  53. —  97:11,53,  60.-  103: 
45.  — 106  :  47.  -  115  :  56.  —  134  : 

45.  -  141  :  56.  —  III,  4  :  47.  —  5  : 

48.  -  9  :  184.  —  17  :  63.  —  19  : 
47.  -  24  :  47.  —  36  :  7,  45.  -  37  : 

46.  —  40  :  47.  -  41  :  49.  —  43  :  62. 

—  45  :  37  s.  62.  —  47  :  8,  11,  36, 

49,  60.  -  48  :  47.  —  49  :  45.  -  63  : 

47.  -  IV,  1 : 11.  —  4  :  10, 45,  49.  — 

5  :  47,  59.  -  8  :  49,  56.  -  14  :  49, 
59.  —  20  :  38.  —  24  :  45.  —  27  : 
37  s.  -  39  :  56.  -  44:61.-  54: 
47.  —  57  :  38.  —  62  :  48.  -  63  :  46. 

—  65:56. -V,  4:56. -5:47. - 

6  :  45.  -  10  :  49.  —  11  :  14,61  s. - 
16  :  62.  -  21  :  11,  37,  59,  62.  — 
28  :  62.  —  34  :  63.  —  36  :  49.  —  37  : 
56.  -  41  :  47.  —  42  :  11,  37,  59. 

—  50  :  62.  -  51  :  11,  62.  —  57  : 
62.  —  58  :  51.  -  64  :  62.  —  65  :  51. 

—  67  :  56.  -  68  :  45.  -  69  :  11, 
62.  —  75  ss.  :  56.  —  76  :  47.  —  77  : 
47.  -  83  :  62.  —  88  :  56.  -  89  :  56. 

—  91  :  62.  -  VI,  12  :  48.  —  20  : 
49.  —  25  :  47.  —  73  :  47.  —  89  :  46. 

—  103  :  37,  45,  60.  -  VII,  4  :  62, 
235.  -  7  :  56,  61.  —  10  :  4i.  —  12  : 

62.  -  31  :  62.  -  34  :  62.  —  37  :  45. 

—  38  :  60.  —  47  :  45.  —  48  :  48.  — 
160  :  60,  63.  -  175  :  62.  -  179  :  48. 

—  185  :  56.  -  189  :  11,  59,  62.  - 
VIII,  2  :  10  s.,  45.  -  3  :  26,  56.  — 
6  ss.  :  45,  48.  -  7  :  43,  45.  —  8  : 
43,  45,  63,  71,  80  s.  -  9  :  74,  81.  - 
10:56.-  11:45.-  12:47,  81.- 
15:47.-17:72,  82,97  —19:44, 
82.  —  21  :  45,  71.-24  ss.  :  30,  47. 

—  26  :  92.-  28  :  83.  -  :  83.  - 
34  :  72.  —  34  :  H,  23  s.,  84.  -  35  : 
11.  —36  :  63.  -  38  :  73.  -  39  :  11, 
24,  44,  45.  —  40  :  24,  44,  85.  —  41  : 

63,  85.  -  42  :  161.  —  43  :  94.  — 
44  s.  :  86.  ~  46  :  87,  175.  -  47  :  26, 


47  s.  —  48  :  47,  -  49  :  7*2, 
87,  —  :)3  :  il,  «21,  46  s.,  174.  -  : 
157,  n.  1.  -  63  :  47.  -  7-i  :  4-2,  56. 

—  73  :  47.  -  74  :  62.  -  82  :  57.  - 
88  :  47.  -  84  :  57,  184.  —  85  :  184. 

—  88  :  57.  —  90  :  10,  47,  59.  -  91  : 
254.  -  IX,  11  :  63.  -  14  :  62.  - 
18  :  240.  -  20  :  47,  254.  -  21  :  52, 
203,  n.  2.  -  23  :  10,  27,  57,  178.  - 
24  :  57.  -  26  :  57.  -  28  :  37.  -  29  : 
47.  -  34  s.  :  45.  -  43  :  62.  -  45  : 
63.  -  49  :  62.  -  55  :  62.  -  59  :  38. 

—  60  :  49.  -  61  :  48.  -  65  :  57.  - 
69  :  52.  —  79  ss.  :  35.  -  87  ss.  : 
49.  -  89  :  47.  —  109  :  22,  35,  n.  2, 
58.-  110:57.  -  111:58.  -  X,  3  : 
45,  49.  -  4  :  48.  -  9  :  36,  54.  - 
11  s.  :  48.  —  13  :  52.  -  16  :  62. 

—  22  :  62.  -  24  :  49.  ~  25  :  54.  — 
27  s.  :  60.  -  29  :  36.  —  83  :  62. 

—  117  :  62.  —  121  :  62.  —  138  : 
36,  60. 

Diogénien,  Prov.,  IV,  58  :  253. 
Duris,  —  Porphyre,  V.  P.,  3  :  248. 

Ecphante,  -  Vors.,  340-^8  :  203  s.  — 

341-7 :  208  s. 
Empédocle,  l'r.  34  :  239.  -  45  :  208.  - 

105:221-  129:157.-  135:175. 

—  136  s.  :  240.  —  Vors  ,  213-i  : 
211.  —  221-10  :  221.  —  273-5  :  209. 

—  Diogèoe,  VllI,  43  :  139-5. 
Épicharmp,  fr.  2  :  229.  —  9  et  22  :  227. 

—  Vors.,  127-22  :  210. 

Épigène.  —  Clément  d'Alex.,  Strom., 

i,  131  :  105. 
Épiphane,  Adv.  haer.,  1,  1  :  193,  206, 
■     208.  -  1,  7  :  204.  -  III,  2-9  :  199. 
Èratosthène,  —  Diogène,  VIII,  47  :  26, 

1  lis,  474,  252  s. 
Etyinologicum  Mai>num,.s.  v.lzpov  ^[Jiap  : 

230.  —  6.  V.  nuôayopa?  :  194. 
Eubulide,  -  Theol.  ar.,  40  :  157,  181. 
Eudore,    —    Siinplicius,    In  l*hys., 

p.  181-10  :  199. 
Eiidoxe,  —  Por()liyre,  V.  P.,1  :  193. 
Euripide,  Oreste,  735  :  108.  —  Phén,, 

243  :  168.  —  536:  16S,  n.  1. 


Kiisèbe,  Prq).  (>v.,  X,  1  i- ii  :  52,  u.  2, 

217  s. 

Eustalhc,  In  lloiiier.,  p.  8%-w  :  5.  — 
1701-01  :  245.  —  1720-31  :  189.  - 
1961-10  :  245. 

Eiixilliee,  —  Alliénoe.  IV,  157  G  :  178,. 
224. 

Favorinus,  èv  Tpi'xtp  xûiv  'A7to(xvTjpLoveu- 
[jLaxwv,  Dioirène,  VI 11.  12  . 114-i,  174. 

—  £v  oyoô-^  llavTOoa7T?i(;  'laxopi'ac;, 
VIII,  12  :  114-0,  25!.  -  VIII,  47  : 

143-  :i.  —  £v  riavxoôaTcaïc;  Mixoptatc;, 
YiU,  15  :  116-11,  183.  -  VIII,  48  : 

144-  1,  203,  253.  -  VIII,  49  :  144-5, 
253. 

Festus,  s.  V.  Aemilia  :  148,  248. 

Galien,  Œuvres,  éd.  Kiihn,  f.  XIV, 

218  :  8,  n.  3.  -  T.  XIV,  567  :  249. 
Ps.-Galien,  Hist.  phiL,  2  :  52,  n.  3.  — 

3  :  51,  n.  1.  —  10  :  203,  209.  —  28  : 
222.  -  30  :  192.  -  35  :  199. 
Grégoire  de  iNaziance,  Ep.,  198  :  174. 

Hellanicus,  —  Suidas,  s.  v.  Zap-oX^tç  : 
245. 

Héraclide  Lembos,  ev  -fi  Swxt'wvoç 
sTiixopif,,  Diogène,  VIII,  7  :  IO8-10 
et  15,  163  ss.  —  £v  XT)  xdiv  Saxûpou 
Biwv  iizixoixfi,  VIII,  40  :  1.37-5,  150, 
243  s.  -  VIl'l,  44  :  140-4,  164,  249. 

—  Porphyre,  ///  Ptolein.  harm.,  I, 
3  :  172. 

Héraclide  Pontique,  —  Cicéron,  Tnsc, 
V,  3  :  165.  -  r)io<;ène  1. 12  :  165.  - 
VIII,  4  ss.  :  106-c  -  d07-ic,  154  ss. 

-  Porphyre,  De  nbsl.,  I,  26  :  174, 
193.  —  Proclus,  In  Tini.,  II,  p.  8-9  : 
221. 

Heraclite,  fr.  35  :  166.  —  40  :  166.  — 
129  (=  Diogène,  VIII,  6)  :  107-i8  ss., 
166.  —  Vors.,  68-28  et  69-8  :  209.  — 
69-28  :  205.  -  72-.55  :  209  -  75-ii 
214. 

Hermippe,  —  Athénée.  V,  ^J13  F  :  251.  — 
Diogène,  VIIl,  I  :  103-9.  —  âv  osuxspcu 
TTôpl  riuOayopoj,  VIII,  10  :  103-9.  — 


—  268  — 


VllI,  40  :  137-7.  —  VIII,  41  :  137-13, 
455.  —  VIII,  85  :  184. 
Hérodote,  I,  8  :  249.  —  I,  30  :  166.  - 
II,  81  :  190.  -  IV,  95  : 10,  44, 104-5, 
140,  245. 

Hésychius  lexicogr.,  s.  v.  h  Jlà^x.^) 
xo{ji.TQTT)<;  :  253. 

Hiéroclès,  In  Aur.  Carm.,  67  :  230. 

Hiéronyme  de  Rhodes,  —  Diogène,  VIII, 
21  :  121-9,  156,  194. 

Hippase,  —  Vors.,  38-9  ;  203,  n.  1. 

Hippobotos,  —  Diogène,  VIII,  43  : 139-4, 
248.  —  Jamblique,  V.  P.,  189  ss.  : 
242.  —  Theol.  ar.,  p.  40  :  157,  181. 

Hippocrate,  Aphor.,  3-9  :  206.  —  De 
Carn.,  2  :  207.  —  3  :  211.  —  />e 
Diaeta,  I,  8  :  219.  —  De  gen.,  1  : 
216.  -  De  morbis,  I,  30  :  223.  —  De 
morbo  sacro,  1  :  232.  —  14 :  224.  — 
De  nut.  inf.,  12  :  214.  —  De  sept, 
par  tu,  9  :  219.  —  De  ventis,  14  : 
223. 

Hipiiolyte,  Adv.  haer.,  I,  2-i5  :  161.  — 
I,  i-u  :  211.  —  I,  2-18  :  178.  —  I, 
25-2  :  191  —  IV,  51  :  201,  n.  1.  — 
VI,  2-25  :  210.  -  VI,  2-28  :  210.  - 
VI,  23  :  161,  199.  -  VI,  27  :  186, 
189. 

Hippon,  —  Vors.,  289-3G  :  214.  —  290  : 
^J16. 

Ion  de  Chios,  ev  zo'.c,  Tpt,aY(J(.o"cc;,  Dio- 
gène, VIII,  8  (fr.  2)  :  109-2,  165. 
—  fr.  4  :  162. 

Irénée,  Adv.  haer.,  II,  14-o  :  199. 

Isocrale,  Busiris,  28  :  152.  —  29  :  169. 

Jamblique,  In  Nie.  av.,  p.  74  :  199.  — 
Protr.,  21  :  84,  189,  231.  —  Vie  de 
Pijthagore,  1-9  :  170.  —  11  :  27, 
n.  2,  253.  -  25  :  175,  193.  -  27  : 
183.  —  29  :  183.  —  30  :  27,  n.  2, 
170,  253.  -  48  :  194.  —  50  :  165, 
194.  -  54  :  193.  -  55  :  249.  -  56  : 
45.  -  59  :  203.  —  63  :  80.  -  72 
et  74  :  160,  n.  2.  -  84  :  84.  -  86  : 
8k  —  88  :  252.  —  91  s.  :  170  s.  — 


93  :  192.  -  97  :  82.  -  99  :  197.  — 
106  ss.  :  176,  197.  -  107  s.  :  160, 
n.  2.  —  108  :  175,  193.  —  109  :  188. 

—  127  :  147.  —  132  :  194.  —  134  : 
171.  —  135  :  170.  —  138  :  231.  — 
140:171.-146:30,  n.  2,  161,184, 
236,  n.  3,  247.  —  147  :  192.  —  149  : 
190,  19i\  197.  -  150  :  82, 160,  n.  2, 
193.  —  153  :  178,  208,  n.  2,  224, 
230.-  154  :  170,  211.-  155:170, 
232.  -  157  :  30,  n.  2.  —  161  :  180. 

—  162  :  203.  —  163  :  81.  —  166  : 
164.  -  168  :  175.  -  170  :  183.  - 
175  :  197.  -  193  :  24,  n.  1.  -  199  : 
160,  184,  236,  n.  3.  —  217  :  209.  — 
218  :  194.  —  219  :  209.  —  223  et 
224  :  197.  -  240  :  209.  —  241  :  164. 

—  244  :  81.  —  266  :  164,  180.  — 
267  :  182,  185,  246  s. 

Jean  de  Rhodes  (?),  Artemii  Passio,  29  : 

171,  240,  242,  n.  2,  244. 
Jérôme,  Adv.  Jovin.,  II,  14  et  38  :  190. 
Julien,  Or.,  8,  p.  306,  H.  :  187. 
Ps-Justin,  Coh.,  19  :  199. 

Lucien,  Dial.  mort.,  20-3  :  170.  — 
Gallus,  8  :  174,  253.  —  15  et  18  : 
170.  —  Philops.,  29  :  225.  -  Vit. 
Auct,,<^  :  27,  n.  2,  "253.  —  4  s.  :  202  s., 
229. 

Lycus,  —  Porphyre,  V.  P.,  5  :  148. 
Lydus,  De  mens.,  II,  101  :  209. 
Lysis,  Lettre  à  Hippase  (ou  Hipparque), 
"  Diogène,  VIII,  42  :  138-io,  161,  184, 
223,  247. 

Macrobe,  In  Somn.  Scip.,  I,  5-i2  :  201, 
n.  1.  -  I,  6-11  ss.  :  218.  —  I,  6-53  : 
201,  n.  1.  —  1,  6-50  :  203.  —  I,  6-57  : 
210,  n.  1. 

Martianus  Capella,  VIII,  882  :  179. 

Mnaséas,  —  Suidas,  s.  v.  Zà[jLoX^i(;,  et 
Etym.  magn.,  ibid.,  :  149. 

Mnésimaque,  'AXx|j.at'tovt,  Diogène,  VIU, 
37  :  135-1. 

Modératus,  —  Porphyre,  V.  P.,  49  s.  : 
199. 


—  m)  — 


■  Néantlio,  —  .lainl)li(iii(\  V.  /'.,  180  ss.  : 
24*2.  -  l'oi  phyre,  V.  /'.,  1  :  l.W  s.  — 
2  :  147,  149.  -  54-:i6  :  l.'iO,  Ui  s.  - 
Thcol.  av.,  p.  40  :  157,  181. 

NicoriKUiuo,  —  .lamblicjue,  V.  /*.,  33  : 
154.  -  184  01  -252  :  150.  -  Photiiis, 
Cod.  187,  p.  l'.3  A  :  199.  -  Poi- 
pliyrp,  V.  /'.,  21  :  154. 

Numénius,  —  Chalciiiius,  in  7'///?.,  193: 
200. 

Ps.-Ocellus,  De  Univ.  imL,  111  :  209  s. 
Olympiodore,  in  i%aed.,  p.  5  :  242, 

n.  2.  —  8  :  82.  ~  25  :  187.  -  103  : 

178. 

Onésicrite,  —  Sirabon,  XV,  716  :  193. 

Origène,  C.  Celse,  II,  55  :  245. 

Orphée,  Litfi.,  431  :  158,  n.  2.  —  Op.  et 
dies,  fr.  24  :  230.  —  Fragments  123  : 
204,  n.  1 .  -  222  s.  et  226":  178.  - 155  : 
225.  —  Vors.,  IP,  p.  170-30 :  214. 

Ovide,  Met.,  XV,  214  :  229.  -  XV.  237  : 
202  s. 

Pamphila,  —  Diogène,  I,  24  :  174. 
Papyrus  d'Hereulanum  (biographie)  : 
153,  249. 

Parménide,  fr.  9  :  205.  —  14  et  15  : 
208.  —  Vors.,  p.  138-12  :  210.  — 
Diogène,  VIII,  14  (fausse  citation)  : 
10,  115-10,  178. 

Paul  le  Jurisconsulte,  Sentent.,  IV,  9-5  : 
219. 

Pausanias,  II,  13-i  ss.  :  148. 
Philolaos,  fr.  2  :  219,  n.  1.  —  6  :  2l9, 

n.  1,  229.  -  7  :  204.  —  12  :  201, 
'      204.  —  13  :  222.  —  Vors.,  p.  306-i7  : 

202.  -  308  :  233,  n.  1.  -  308-i6  : 

214.  -  318-'U9  :  203,  n.  1.  -  3'i0-i2  : 

2:>7. 

Philoponus,  Comm.  in  Arist.  De  an., 

p.  92-2  :  213,  n.  2. 
Philostrate,  Vit.  ApoL,  1,  32-2  :  190.  — 

Vit.  Soph.,  19  :  252. 
Photius,  Cod.  249  :  160,  n.  2,  247  ss.  — 

249,  p.  438  1{  :  193.  —  439  A  :  200, 

224.  -  439  B  :  206,  209.  —  440  A  : 

203. 


Plaloii,  .\p()l  ,  pp.  23  cl.  20  :  ICO.  - 
lianqui't,  mab\  206.      I !)  1    :  2 1 5. 

—  Lois,  VI,  757  a  :  168,  n.  1.  - 
Li/sis,  207  c  :  168.  -  Hu'flre.  278  r/  : 
166  -  279  r  :  168.  -  liép.,  VIII, 
546  /'  :  181,  11.  1.  —  Timéc,  43-45  : 
224,  n.  1.  -  73  :  216,  224.  -  91  />  : 
216.  —  *  Lettre  à] Dion,  IMogcne, 
Vlll,  15  :  116-(;,  183  s. 

Pline,  liist.  Nat.,  Il,  37  :  179.  -  XXIIl, 
63  :  175.  -  XXXV,  46  :  170. 

Plutarquc,  De  an.  procr.,  2  :  161.  — 
12  :  218.  —  13  : 181 .  -  De  esu  carn., 
2-3  :  175.  —  De  f'ac.  in  orbe  Lunae, 
28  :  225.  -  De  gen.  Socr.,  16  :  170. 

—  Nnma,  8-.;  :  171.  -  8-io  •  193.  — 
8-M  :  148,  248.  -  13  :  175.  —  Paul- 
Émile,  2-1  :  148,  248.  —  Quaest. 
conv.,  II,  3-1  :  188,  n.  I.  -  II,  3-2  : 
231.  -  IV,  5-2  :  188,  n.  1.  -  VIII, 
2-i  :  173.  —  VIII,  7  :  148.  -  VIII, 
8  :  188,  n.  1,  189.  —  Quaest.  PlaL, 
VIII,  4-3  :  204.  —  SijUa,  36-5  :  10. 

—  *  De  ed.  pueor.,  17  :  189.  — 
*  Prov.  Alex.,  108  :  253.  -  *  Vita 
Honi.,  122  :  223.  -  145  :  199,  218. 

Pollux,  Ononi.,  II,  226  :  221 

Porphyre,  De  antro  nymph.,  31  :  225.  — 
De  abst.,  II,  28  :  193.  —  III,  1  et  26  : 
175.  -  IV,  16  :  230,  n.  1,  231.  - 
IV,  22  :  231.  —  Vie  de  Pijthagore, 
2  :  14.  -  4  :  14,  153.  -  7  :  26,  30. 

—  12  :  14.  -  15  :  150,  174.  -  17  : 
153.  -  26  :  80.  —  27  :  171.  -  28: 
14,  170  s.  -  34  :  82,  190.  -  36  : 
192.  -  38  s.  :  197.  —  40  :  196.  — 
45  :  188.  -  55  :  150. 

Posidonius,  —  Galien,  De  Hipp.  et  Plat., 
5  :  222.  —  Sénèque,  Ep.,  90-6  : 
185. 

Priscianus  Lydus,  Met.  in  Theophr., 

20-16  :  221. 
Proclus,  in  Renip.,  I,  p.  97  :  199.  — 

II,  p.  26  :  219.  -  II,  p.  34  s.  :  217. 

—  II,  p.  68  :  181.  -  II,  p.  109  : 
161.  -  II,  p.  173  :  182.  —  in  Tim., 
Il,  p.  270  :  181,  201,  n.  1. 

Psellus,  De  nuineris  :  217,  n.  1. 


—  270  — 


Satyrus,  —  Diogène,  III,  9  :  160,  484. 
Scholies  à  Apollonius  de  Rhodes,  I, 
645  :  455. 

Scholies  à  Homère,  Iliade,  f,  1  :  203.  — 

e,  66  :  230.  -  T,  119  :  2l9. 
Scholies  à  Lucien,  p.  124,  R.  :  171. 
Scholies  à  Platon,  Alcib.  I,  p.  480  :  460. 

Rép.,  X,600/?:  14,  96,  244,  n.  4,249. 
Scholies  à  Sophocle,  EL,  62  :  89,  n.  2, 

155  s.,  245. 
Scholies  à  Théocrite,  XIV,  5  :  460,  n.  2. 
Sénèque,  Ep.,  108-18  :  475. 
Servius,  In  Aen.,  VI,  724  :  203  s. 
Sexlus  Empiricus,  Adv.  matk.,  IX,  427  : 

475,  204,  208.  —  X,  249-284  :  200.  - 

Pyrrh.,  III,  452  ss.  :  200. 
Sopatros,  —  Photius,  Cod.  464,  p.  404 

A2:5. 

Sosicraie,  èv  Aiaco^/^a^ç,  Diogène,  VIII, 
8  :  109-5. 

Speusippe,  —  Theol.  arithm. ,  p.  62  :  201 . 
Stéphane  de  Byzance,  s.  v.  Aput'ôat, 

'Evcxot,  XoXXetoai  :  5. 
Slobée,  Ed.,  I,  4-io  :  218.  —  I,  48-i  C  : 

204. 

Strabon,  XIV,  632  :  452. 

Suidas,  s.  v.  'AptyvwTT)  :  247.  —  'Apiaxô- 
^£voç  :  250.  —  aÙTÔç  Icpa  :  252.  — 
vvwpifjLot  :  483.  —  'E[ji.TT£§oxX7](;  : 
52,  n.  2,  248.  —  Zt^vwv  :  466.  — 
ZwpoàaTpTjç  :  464.  —  /joT)  :  89,  n.  2, 
156,  245.  —  0£ava)*et2  ;  153^  i65, 
246  ss.  Mma  :  247.  —  TreXapyav  : 
494.  —  nuôaydpaç  :  44,  96,  460, 
n.  2,  483.  —  xâoe  ex  xou  TptTioôoç  : 
74.  —  TcTpaXoyta  :  5.  —  T-nXauyrjç  : 
52,  n.  %  247  s. 

Syncellus,  Chron.,  p.  239  6  :  27,  n.  2, 
253.  -  P.  -247  c  :  249. 

Tertullien,  De  an.,  28  :  456,  245.  — 

Apol.,  46-15  :  254. 
Théétète,  —  Diogène,  VIII,  48  :  443-io. 
Théol.  Arilhm.,  pp.  4  et  7  :  499.  — 

P.  39  :  247,  n.  4.  -  P.  40  :  452,  249. 

-  P.  47  :  248. 


Théophraste,  Char.  :  Superst.,  9  :  230, 
n.  2.  —  Met.,  33  :  499.  —  De  Sensu, 
3  et  25  :  223.  —  Alexandre,  In  Met., 
A,  3,  9SAb3:  235.  -  Diogène,  VIII, 
48  :  144-5. 

Théopompe,  —  Athénée,  V,  243  F  :  251. 

—  Clément  d'Alexandrie,  Strom.,  l, 
62  :  447. 

Timée,  —  Diogène,  VIII,  40  :  441-6, 
468  ss.  —  ev  ôsxàxi})  'laxoptûiv,  VIII, 
41  :  443-1,  474.  —  VIII,  54  :  457, 
n.  4.  -  Jamblique,  V.  P.,  37  :  496, 
203,  227,  229.  —  40  :  496.  -  47  : 
496,  229.  -  50  :  483.  —  53  :  480, 
252.  -  54  :  496.  —  56  :  171.  — 
163  :  472.  —  470  :  247.  -  244  : 

172.  -  254  ss.  :  154,  169,  n.  2,  183, 
m.  -  255  :  252.  -  256  :  196  s., 
230.  —  257 : 165.  —  259  : 16.^.  -  264  : 

173,  183.  —  265  :  247,  249  s.  - 
Justin,  XX,  4  :  153  s.,  175,  n.  1,  183, 
241.  —  Photius,  s.  V.  xotvà  :  468.  — 
Porphyre,  V.  P.,  4  :  483,  247.  — 
Scholie  du  Phèdre,  p.  279  c  :  468. 

—  Zénobe,  Prov.,  IV,  79  :  468. 
Timon,  ev  xoic,  Si'XXoiç,  Diogène,  VIII, 

36  :  433-7,  239. 
Tzetzès,  Chil.,  X,  797  :  484.  —  XI, 92 :  249. 

Valère-Maxime,  VIII,  7,  ext.  2  :  153, 
165,  183,  n.  2.  —  VIII,  15-2  :  183. 

Varron,  De  re  rust  ,  I,  3  :  209.  —  Au- 
gustin, De  civ.  Dei,  XXII,  28  : 182.  — 
De  ord.,  II,  20  :  160,  n.  2.  —  Censo- 
nnus.  De  die  nat.,  9  ss.:  217,  n. 1,219. 

Vers  Dorés  :  61  s.  :  228.  —  70  s.  :  226. 

Virgile,  Énéide,  VI,  740  et  435  :  225. 

Vitruve,  De  arch.,  II,  2,  et  VIII,  1 :  202  s. 

Xénocrate,  —  Aristote,  Top.,  II,  6  : 
228.  —  Porphyre,  In  Ptol.  harm., 
I,  3  :  172. 

Xénophane,  èv  iltydc^  (fr.  7),  Diogène, 
VIII,  36  :  113- H,  178,  240.  -  Dio- 
gène, IX,  18  :  240. 

Zénon,  —  Diogène,  VIII,  48  :  144-5. 


TABLE  DKS  MATIERES 


faces 

Avant-propos   3 

Introduction   5 

I.  Nom,  époque  et  œuvres  de  Diogène  Laërce   5 

IL  L'Histoire  philosophique  de  Diogène   9 

1.  Problème  relatif  à  la  composition  de  cet  ouvrage   9 

2.  L'état  de  la  question  d'après  les  recherches  antérieures.    ...  16 

3.  Étude  de  la  composition  de  l'ouvrage   34 

A.  La  personnalité  de  Diogène   34 

B.  Ses  méthodes  de  travail   40 

a)  Choix  des  sources   40 

b)  Esprit  critique   43 

c)  Sources  immédiates  de  Diogène   46 

4.  Plan  de  l'œuvre   50 

a)  Dans  le  Pr  ologue   50 

b)  Dans  le  corps  de  l'ouvrage   51 

c)  Étendue  chronologique  du  sujet   53 

0.  Les  rubriques  d'une  biographie   54 

III.  La  tradition  manuscrite   63 

ÉDITION  CRITIQUE  DU  TEXTE  DE  LA  Vie  de  Pythogore  (1.  VIII)   101 

COMMENTAIRb;  ET  ÉtUDE  DES  SOURCES   147 

Table  alphabétique   255 

Table  des  auteurs  cités  dans  l'Introduction,  le  texte  de  Diogène  et  le 

Commentaire   264